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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Sam 12 Nov 2011 19:43 
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Elle te regarde un brin étonné de tant d'aplomb, puis te répond par un sourire. Elle lève la main et claque des doigts et aussitôt un serveur emprunté lui apporte une pinte pleine de cervoise. Elle l'attrape et la porte à ses lèvres, descendant quasiment la totalité du liquide avant de la reposer fortement sur la table, accompagnant son geste d'un râle de satisfaction. Apparemment cette femme n'a pas la même éducation que toi.

"J'avais soif, excuse-moi, je m'appelle Mey Haardowien, mon père était Kendran et ma mère d'ici. Et si tu entends par aventurières quelqu'un qui voyage et loue sa lame aux plus offrants, alors je suis peut-être une aventurière. Et toi ?"

Elle te jauge un instant, observant tes affaires.

"Qu'est que fille de bonne famille fait dans une taverne à cette heure ? "

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Dim 13 Nov 2011 02:26 
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Elle la regarda avec grande admiration en l'attendant répondre à l'affirmative à son questionnement. Indifférente à ses manières que sa mère aurait trouvée outrageante et déconcertante Fujimi pris la parole :

-''Ce n'est rien Mlle Haardowien j'ai déjà visité les camps militaires et j'y suis très habituée.Pour ce qui est de ma présence ici cela est du à ma grande curiosité, j'aime entendre les récits des nombreux aventuriers qui font halte à cette auberge,vous vous doutez certes que je n'ai pas quitté cette ville, alors le vaste monde m'est connu qu'à travers les livres poussiéreux de la grande bibliothèque dont mes parents en sont les gardiens ou alors des dires des voyageurs qui font un court séjour ici à Oranan.''

Elle fit une pause en regardant la serveuse qui lui apportait sa tasse d'eau chaude et une théière en verre transparente ainsi qu'une boule étrange sur une assiette. Fujimi la pris et la mise à l'eau . La petite boule hirsute se métamorphosa sous leurs yeux en magnifique fleur magenta,orange tango et jaune citron avec quelque strie de violet.Elle attendit quelques minutes et minutieusement elle versa l'eau chaude dans sa tasse. Elle saisi son breuvage et l'amena sous son nez pour en humer le parfum, elle en but quelques gorgée et se remis à parler à l'intention de son interlocutrice:

-'' J'imagine donc que vous avez dût à de nombreuses occasions, défendre votre vie contre de déloyaux adversaires, qu'est-ce qui vous a poussée à devenir une guerrière?''

On voyait les étincelles dans ses magnifiques yeux noisettes.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Dim 13 Nov 2011 16:06 
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"Ce qui m’a poussé à devenir aventurière ?"

Elle reste songeuse et semble légèrement préoccupé.

"C’est plutôt les coups du destin qu’une réelle volonté."

Elle boit une autre gorgée de sa bière, et reviens vers toi avec un sourire.

"Et toi justement, tu n’en as pas marre de vivre par procuration ? Justement je dois partir avec des amis pour le duché des montagnes, on cherche des mercenaires, si cela t’intéresse viens avec nous."

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Dim 13 Nov 2011 16:47 
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Elle regarda son interlocutrice avec grand intérêt, jamais on avait proposé à Fujimi d'aller vers d'autre chemin. Ses parents avaient déjà tracés son destin pour elle il y a bien longtemps. Elle avait tant rêvée de quitter sa cage doré et maintenant qu'on lui proposait de le faire c'était une opportunité à ne pas manquer.

-Je dois vous dire que je suis bien intéressée par votre proposition Mlle, mais à part bander vos blessures et reconnaitre les types de plantes comestibles je ne vous serez d'aucune utilité quand à la capture de ses montagnards puisque je n'ai jamais tenu armes de ma vie.

Elle fit une pause et pris une gorgée de thé en regardant la jeune femme droit dans les yeux.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Lun 14 Nov 2011 11:56 
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Elle te regarde toujours en souriant, amusé de ta réponse.

"Tu sais soigner, mais c'est merveilleux. Tu es libre de faire ce que tu désires, mais tu n'apprendras pas à combattre derrière tes livres. En fait un village à des soucis avec une troupe de gobelin, le chef du village offre une bonne récompense et cela te fera voir du pays"

Elle t'offre un clin d'œil tout en déposant quelques pièces sur la table.

"On part demain matin, si tu changes d'avis rejoins moi aux portes de la ville aux premières lueurs du soleil."

Elle se lève et rassemble ses affaires.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Mer 8 Fév 2012 13:26 
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L'Auberge des hommes libres était animée par toute sorte de clients : depuis le groupe de marin jovial venu manger autre chose que des rations de bateau à la petite famille profitant du beau jour pour sortir un peu.
Ma venue entraîna des vagues successives de silence suivit de chuchotements. Certaines personnes, apparemment au courant de mes actions pour sauver le monde du rêve, me saluèrent et exprimèrent leur remerciement. Les discussions n'étaient plus chuchotées et exprimaient ouvertement l'étonnement de voir un Garzok qui avait combattu du coté du "bien".

(Hmm, au moins ils l'admettent.)

Le tenancier me vit chercher une table et demanda à sa femme de m'amener à une table libre. Celle-ci me fit signe de la suivre.

"Cette table et cette chaise sont plus adapté à votre gabarit."

"Effectivement ce sera plus pratique, merci."

Après avoir commandé de quoi me rassasier j'ai attaqué mon plat sans ménagement et sans m'intéresser aux règles qu'appliquaient les Humains. Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas mangé un bon repas bien chaud et mes mains dégoulinaient de gras lorsque je finis d'avaler le gros morceau de porc qui était dans mon assiette. Je me sentais bien mais j'avais encore faim alors j'ai demandé une nouvelle portion accompagné de cidre, un alcool à base de pomme.

"Vous avez bon appétit dis-donc."

Mon voisin de table avait l'allure d'un pirate mais devait être un simple marin. Sa remarque me fis sourire et hoché la tête mais en le regardant de face je vis que son visage avait un reflet. Il était comme doré. En regardant de plus près je vis qu'il avait un dessin de loup sur le visage.

"C'est le tatouage qui vous intrigue ?"

Mon regard était fixé sur lui de manière inconfortable et sa question me rappela à la politesse.

"Oui, comment est-ce que vous avez pu vous faire ça ? Et surtout comment un tatouage peut-il avoir des reflets si…"

Les mots me manquaient pour décrire ce que je voyais sur cet homme mais il les trouva à ma place :

"Mystiques ? C'est grâce à Anthelia, la tatoueuse d'Oranan. Elle utilise de la peinture magique pour ses tatouages ce qui donne ces reflets spéciaux. Mais cette peinture apporte bien plus qu'un simple effet esthétique, elle confère des pouvoirs à ceux qui les portent. Moi et Cirg on en porte tous les deux pour avoir plus de force et d'endurance. Ça nous permet de réagir plus efficacement en mer lorsque la tempête tire sur les cordages."

Cirg, qui était assis à coté de son compagnon, hocha de la tête. Son tatouage n'était pas visible et il ne voulut pas le montrer certainement par pudeur.

"C'est impressionnant."

"Mais ce n'est pas donné, il faut mettre le prix et il y a des contreparties parfois dérangeante. Elle nous a conseillé d'éviter les combats car nous finirions à terre en moins de coups qu'il n'en faudrait à un autre. La magie puise toujours son énergie quelque part."

(Mais ça reste un avantage pour ses hommes, s'il suffit de ne pas combattre. Pour moi ce serait stupide mais elle a peut-être des tatouages qui m'iraient mieux.)

Au-delà de l'aspect pratique de la chose, le fait de pouvoir tatouer mon corps par un expert serais une vraie preuve de maturité. Et c'était l'occasion de marquer sur mon corps un souvenir de toute mon aventure.

(Et si en plus elle pouvait… Je vais voir.)

"Comment peut-on se rendre chez elle ?"

"Elle habite près d'ici, si vous sortez et que vous prenez la direction du port elle se trouvera dans une petite ruelle sur votre droite. Cherchez une porte à doubles battants en fer forgé noir, il n'y en a qu'une."

"Merci, bon appétit à tous."

Crig me sollicita avant que je n'ais fini de me lever :

"Dite-lui que Crig et Tupel sont très content de leurs tatouages."

J'acceptais de transmettre le message avant de les saluer, de payer mon du au tavernier et de partir pour la maison de la tatoueuse.

(Ils n'étaient pas bien méfiant ces deux-là. Peut-être que l'alcool et le respect des autres à mon égard les ont rendu amicaux.)

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Barelfe vous frappe
Krochar Brrati, Garzok Barbare niveau 12 issu de guerrier, dans la ville d'Oranan

New Krochar rasé de près :
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Orque barbare un jour, orque barbare toujours :grr:

Quête 18 terminé ! 5 ans de quêtes mais ça en valait tellement la peine.


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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Ven 26 Oct 2012 12:08 
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~3~



Avançant à un bon rythme, nous parvenons bientôt à proximité de l'auberge. Un trio de silhouettes familières se tient à proximité de l'entrée, discutant apparemment tranquillement. Mon oncle tient en main un petit paquet, soupesant ce dernier. Ce doit être la bouteille de saké que Junji a parié avec lui. Eh oui, ce n'est pas demain la veille que le jeune homme pourra battre mon parent sur ce jeu de stratégie. Les jumeaux sont vêtus de yukatas d'un vert sombre, resserrés par une bande de tissu d'un marron pâle. Ce ne sont pas des getas qu'ils ont aux pieds, mais de simples zoris. Junji a laissé sa chevelure totalement libre, alors que Genji a fait l'effort de les nouer en queue-de-cheval à l'arrière de sa tête.

En parlant de ce dernier, quelque chose m'intrigue. Il a l'air songeur, l'esprit ailleurs. Il doit être préoccupé, et cette pensée se confirme quand Junji se protège d'un possible coup de son jumeau, frappe qui ne vient pas. Au contraire, le jeune homme sérieux semble surpris quand son frère lui adresse la parole. Il n'a l'air de se reprendre que lorsque nous entrons dans leur champ de vision. Junji agite alors la main vivement, nous hélant avec un sourire radieux.

"Hidate ! Kiyo' ! Nous sommes là !"

"Tu ne passes déjà pas facilement inaperçu, pourquoi en rajouter une couche, gamin ?"

"Eh ! "

"Bonjour à vous. Hidate. Kiyoheiki."

Malgré le sourire amical qu'il nous offre, j'ai du mal à savoir si le jeune homme est sincère ou simplement poli. Avant que nous ne puissions répondre, Junji s'empresse d'entrer, entrainant son jumeau et mon oncle par le bras. J'émets un souffle amusé quand il se justifie par le risque de devoir être à des tables séparées si nous attendons trop. Il est vrai que d'autres oraniens, et parfois non-ynoriens, s'y dirigent. Une jeune femme sobrement mais élégamment vêtue nous indique une table de six places à laquelle nous nous installons bientôt.

Quelques instants plus tard, nous décidons de commander des parts de coq au praijo, du riz oranien, mais aussi de la liqueur d'amande douce et du thé ynorien. Pendant que nous attendons, la conversation reprend.

"Alors comme ça tu es passé instructeur, pas vrai ? Félicitations !"

"Je n'aurais pas dit mieux. Votre dernière mission a du être un franc succès. J'ai entendu certains camarades en parler, mais sans rentrer dans les détails."

J'adresse brièvement un coup d'oeil à mon oncle, occupé à échanger un long regard silencieux avec Hidate. C'est à croire qu'ils font un concours où le premier à détourner les yeux a perdu. J'ai envie de parler aux jumeaux de la mission, mais pas d'inquiéter mon oncle avec trop de détails.

"Nous sommes allés jusqu'aux environs du lac de Nostyla. Il y avait un repaire où était retenu prisonnier l'homme à secourir. Je ne dirais pas que le succès a été complet, par contre. "

"Ah ? Pourtant vous êtes tous revenus sains et saufs, non ?"

"Oui, mais au prix de matériel appartenant à la milice, et en laissant l'un des criminels fuir. Et je ne suis pas certain de pouvoir retrouver facilement les lieux, la forêt qui entoure les ruines est assez dense par endroits."

"Au prix de matériel ?"

"Prêté par la milice ? Aouch ! J'imagine la tête de l'officier... Brrr ! Je n'aurais pas aimé être à ta place."

Junji s'agrippe les bras, baissant la tête avec une moue de personne frigorifiée. Il se décrispe dès que nos plats nous sont apportés. Ce mouvement marque aussi la fin de la joute de regard entre mon parent et Hidate. Visiblement, tous deux ont l'air amusé par cet échange silencieux. Après avoir attrapé la bouteille de praijo, Genji en propose à tous les convives. Levant ma coupelle, je le laisse me servir. Lorsque toute la tablée est prête, nous élevons lentement nos boissons. Mon coeur cogne rudement quand les quatre hommes me félicitent avec chaleur. C'est par tradition familiale, presque obligation, que j'ai rejoins les rangs de la milice. Pourtant, en ce jour, je ne regrette pas d'en faire partie. Je le sais, je pourrais confier ma vie à ces humains, et cet échange amical renforce encore la sympathie que j'ai pour eux.

Baguettes en main, je déguste la chair du volatile rôti, écoutant les paroles des uns et des autres. Mon oncle fait bientôt une remarque à Junji, m'incitant à lever les yeux vers lui.

"Tiens ? Je ne l'avais pas remarqué. Tu as décidé de porter des bijoux, gamin ?"

"Hum ? Oh, ce pendentif ?"

Tirant sur la chaîne à son cou, le jeune homme nous montre une médaille où se trouve le symbole d'Oranan. En fait, cette affirmation n'est pas exacte. Il s'agit de la moitié seulement d'une médaille. A en juger par la coupe et l'égalité des rebords, elle n'a pas été cassée. D'un coup, le jeune humain jovial affiche un sourire resplendissant.

"C'est un symbole précieux, et c'est ma promise qui détient l'autre."

Immédiatement, nous cessons tous de manger, y compris Genji, mais qui n'a pas l'air surpris. C'est oncle Masaya qui intervient le premier.

"Promise ? Toi ? Tu vas t'unir avec quelqu'un ? "

"Eh oui !"

"Mais quel genre de personne peut être assez adulte pour vouloir de toi ?"

Mon parent éclate de rire tandis que Junji fait une moue entre air boudeur et amusement. Il nous regarde ensuite chacun à notre tour, puis reprend un air heureux.

"Oh, ce n'est pas une inconnue. Tu ne l'as jamais vue, mais tous les miliciens de cette table, si."

Vivement, j'agite cette information dans mon crâne. Je n'ai pas fait la connaissance de nombreuses femmes ces derniers temps, néanmoins trois d'entre elles me sautent aux yeux. Il ne peut pas s'agir de Uzuuma Akiko, leur cousine semblant avoir une dizaine d'années de plus qu'eux. Serait-ce le capitaine Harkan ? Non, j'en doute. Même s'ils ont l'air de bien s'entendre, de là à s'unir, il y a une marge. La seule candidate que je vois, c'est la milicienne Nawakura Ayame.

"Est-ce que ce serait Nawakura ?"

Junji affiche un air espiègle avant de faire un geste positif de la main.

"Exactement !"

Je suis presque interloqué par cette annonce, mais je suis aussi intrigué par l'expression de Genji. Il a l'air heureux pour son frère, mais son regard reste distant. Je me demande bien à quoi il peut être en train de penser.



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Dernière édition par Kiyoheiki le Ven 26 Oct 2012 22:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Ven 26 Oct 2012 22:03 
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~4~



Maintenant que le sujet sur la Promesse de Junji a été ouvert, la discussion va bon train. Seul le jumeau sérieux n'y prend pas une part active. Il se sert une autre coupelle d'alcool en silence, tandis que même le grand milicien scrute le futur uni avec un vif intérêt. Je dois avouer que c'est aussi mon cas. Je n'ai jamais assisté à la moindre union, et c'est aussi la première fois que je vois un symbole d'engagement. Toutefois, je peux me rendre compte que Junji est sérieux. Il irradie presque de bonheur. Quand je songe au caractère de la pyromancienne, et de son animosité à mon égard lors de ma deuxième mission, j'ai du mal à comprendre comment ils en sont arrivés là. Se connaissent-ils depuis si longtemps que cela ? Ai-je été aveugle pour ne pas voir une affection certaine dans leurs interactions ou ont-ils simplement caché ce détail ?

Suivant distraitement les échanges, mes oreilles en pointe se redressent quand Junji claque ses mains l'une contre l'autre, tout en se tournant vers son jumeau.

"Désolé mon frère, mais je vais devoir compter sur toi pour payer ma part."

"Je le sais bien."

"Hum ? Pourquoi donc ? Tu n'as plus un yû vaillant ?"

Le visage du jeune homme s'adoucit un peu, puis il étend les mains, prenant une voix presque rêveuse.

"C'est presque cela. Pour dire la vérité, j'ai même contracté une dette envers un créancier. Aya' et moi allons emménager dans une petite maison tranquille, pas si loin que cela de ta boutique, Masaya. Le bâtiment n'est pas très cher en lui-même, mais les anciens propriétaires l'ont quelque peu négligé. Du coup, nous allons devoir faire quelques réparations."

"Je me trompe peut-être, mais tu as l'air ravi de la chose."

L'expression de Junji devient presque aussi lumineuse que s'il manipulait des fluides de lumière. J'ignorais qu'une telle chose était possible, mais c'est apparemment le cas.

"Oh que oui ! Imagine-toi à ma place ! Vivre dans un petit nid douillet que tu as en partie façonné de tes mains, avec la personne à laquelle tu a décidé de dédier ta vie ! On a déjà visité ensemble. Il y a un petit vestibule, une grande pièce à vivre, une salle d'eau, une chambre et un débarras. "

"Et l'habitation sera à vous ?"

Le visage de Junji se pare soudain d'une moue embarrassée. Un rire un peu nerveux lui échappe pendant qu'il incline la tête sur le côté, se frottant la tempe. C'est d'ailleurs quand cette attitude apparait que son jumeau lui adresse un regard presque dépité.

"Ce gamin était si enthousiaste d'avoir son propre foyer qu'il est allé négocier seul."

"Chut !"

"Résultat, certes les possesseurs des lieux vont se charger d'une partie des travaux et demandent moins cher pour les murs, mais ils ont refusé de céder le titre de propriété. Pour y vivre, ils devront régulièrement les payer."

"Ah mais ! Il n'y a pas de quoi en faire un drame ! Nous serons deux miliciens actifs vivant ensemble. A nous deux, nos soldes couvriront largement le loyer et le montant de l'emprunt. Bon, par contre Masaya et Kiyo', peut-être que nous viendront vous embêter pour vous emprunter du thé. On va devoir se serrer un peu la ceinture."

Genji fronce légèrement les sourcils, puis il m'adresse un regard douloureux. Il a quelque chose de plus à dire, j'en ai la conviction. Cependant, il refuse de s'exprimer davantage. Ses lèvres entrouvertes se ferment brutalement lorsqu'il voit l'air heureux de son jumeau, et il se sert une coupelle de praijo supplémentaire. J'aimerais savoir ce qui le travaille, mais je ne me vois pas lui poser la question maintenant. Tout en mangeant, Hidate regarde intensément Junji, comme admiratif.

Maintenant que j'y songe, avec son tempérament, je doute que le grand milicien ait réussi à s'attirer les faveurs d'une dame. Quid de Genji ? A part son jumeau, les hommes de cette table font partie de la catégorie des non-unis. Je me demande d'ailleurs si oncle Masaya a déjà envisagé la chose. Il ne m'en a jamais parlé, et n'a jamais manifesté d'attirance particulière en ma présence. D'un coup, comme s'il avait suivi le même cheminement de pensée que moi, l'ynorien jovial pose sa question à la tablée.

"Puisqu'on parle romance, vous avez sans doute quelqu'un en vue, pas vrai ?"

Echange de regards, haussement de sourcils, puis expression amusée de mon parent.

"Tu crois vraiment que j'ai envie de convoler à mon âge, gamin ? "

"Eh ! Je vais m'unir je te rappelle, arrête de m'appeler comme cela ! Non mais, vraiment ? Tu n'as jamais eu le coeur palpitant pour quelqu'un ?"

L'herboriste lève une main, l'accolant à son menton. Ses yeux sombres se perdent dans le bois d'un mur proche.

"Oh si, cela m'est arrivé. Il y a eu deux personnes que j'ai aimé jusqu'à m'en briser le coeur. La première en a choisi un autre, et la seconde a du quitter Oranan avant que nous ayons pu vraiment faire connaissance."

"Oh. Triste."

Junji baisse un peu le nez, comme se sentant coupable. Il ne se redresse qu'aux paroles de mon oncle.

"Ressaisis-toi, petit. Je ne suis pas malheureux pour autant, j'ai passé des années heureuses en élevant Kiyo' comme mon fils. D'accord, il lui est arrivé de faire quelques bêtises mais..."

Embarrassé par les souvenirs qu'il est capable d'énoncer tout haut, je lui coupe la parole.

"Oncle Masaya ! Personne n'a envie d'entendre cela."

Évidemment, le sourire malicieux de Junji me fait craindre le pire.

"Mais si, moi cela m'intéresse !"

"Je dois admettre qu'imaginer Kiyoheiki faire des sottises est assez difficile."

"Hum hum."

"Ah, tu vois ?"

Levant la main, je plaque cette dernière sur mon visage tandis que mon parent commence à conter diverses anecdotes. Il se met à rire en racontant comment, quand j'étais bien plus jeune, je me cachais derrière les yukatas suspendus dans la chambre, effrayé par le grincement de la porte de la boutique. Echec monumental puisque mes pieds étaient visibles depuis l'entrée. Il narre avec sérieux le jour où, voulant l'aider à préparer le repas, j'ai fabriqué un monticule de chaises. La soudaine perte d'équilibre m'a fait attraper la première chose à portée de main, l'étagère, et décrocher cette dernière du mur. Je ne m'en rappelle pas spécialement, mais à l'entendre, j'arborais ma bosse comme une blessure de guerre.

Et j'avais sauvé le sac de riz.

Malgré la gêne, un souffle amusé m'échappe, accompagnant les rires plus ou moins prononcés de mes compagnons. L'ambiance est chaleureuse, agréable. Même l'expression de Genji s'est visiblement apaisée. Sur sa lancée, son jumeau m'interpelle.

"Et toi, Kiyo' ? Est-ce que tu as quelqu'un de particulièrement précieux en vue ?"

Aussi étrange que cela puisse paraitre, je sens que ma réponse est attendue avec une pointe d'angoisse, sans savoir de qui elle émane. Secouant la tête, je réponds.

"Pas exactement. Il faut dire que les personnes que je connais le mieux et auxquelles je tiens le plus se trouvent toutes autour de cette table."

Sur ce, je regarde mes compagnons de repas un par un. Hidate, d'ordinaire quasiment inexpressif, affiche un sourire visible. Oncle Masaya vient me tapoter la tête avec sa chaleur presque paternelle. Junji émet un rire entre embarras et satisfaction tandis que son frère me fixe avec des yeux ronds. Quand nos regards se croisent, il baisse un peu la tête, mais une expression ravie marque ses traits. Face au léger silence, je décide de détendre un peu l'atmosphère.

"J'espère que vous avez bien entendu. Dire ce genre de choses à voix haute est si embarrassant que je ne risque pas de recommencer avant un moment."

Sur ce, remplissant nos coupelles, nous trinquons une nouvelle fois, mais en l'honneur du futur uni. Le reste du repas se passe dans une ambiance détendue, Hidate faisant l'effort de participer verbalement aux échanges. Nos plats terminés, quelques circonstances extérieures nous contraignent à nous séparer. Junji, attendu à la sortie par la milicienne me lançant un regard froid, est entrainé par cette dernière en ayant à peine le temps de nous saluer. De son côté, le grand milicien se masse l'estomac, semblant avoir trop mangé. Mon parent l'invite à la boutique, histoire de lui faire prendre un digestif.

Levant le nez vers un ciel de début d'après-midi relativement dégagé, je songe à aller prier au temple de Gaïa. Je n'ai pas encore fait un pas que le jumeau sérieux me rattrape. Je lui trouve de nouveau un air songeur, mais il s'abstient de toute parole. C'est donc moi, en m'efforçant de ne pas le contraindre par mes mots, qui lui fais une proposition.

"Souhaitez-vous faire un bout de chemin avec moi ?"

"Ah. "

L'ynorien semble surpris par mes paroles. Ses yeux finissent par se plisser légèrement. Il acquiesce, puis adapte ses pas à mon allure. En restant avec lui, j'arriverai peut-être à savoir ce qui le rend aussi différent de d'habitude.



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 Sujet du message: Oranan - 370 mots
MessagePosté: Dim 13 Avr 2014 18:12 
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Pour trouver la ville en venant de la mer, Silmeria n'eut aucun mal. Les terres étaient largement dégagées à plusieurs lieux à la ronde autour de la ville et ses champs. De longues bordures de terre en jachère et de champs de blé dorés. Les parfums champêtres avaient chatouillé Silmeria jusqu'à son arrivée en ville.

Ville qu'elle avait pu observer de loin et qui déjà, lui parut singulière. Jamais auparavant elle n'avait vu pareille architecture. Les murs semblaient bas et les toits avaient une forme singulière, noirs et gondolés sous lesquels étaient accrochés de petites lanternes. Tout la ville était construite de la sorte avec un échelonnement de maisons et d'échoppes retranchée autour de bâtiments de garde.

Un paysan qui se rendait en ville lui offrit de s'assoir sur sa charrette pour lui épargner la route, chose que la femme accepta avec grand plaisir. L'homme avait un âge respectable et lui dit venir en ville pour y vendre son riz. Le vieil homme ne mit pas longtemps à comprendre que Silmeria n'était qu'une étrangère et que la ville et ses alentours lui étaient totalement inconnus. Il lui expliqua donc très brièvement ce qu'elle trouverait en ville et ce qui serait susceptible d'intéresser une voyageuse. En passant devant les portes, elle vit deux soldats, les armures avaient une forme singulière aussi, gondolée comme le toit des maisons et les masques gravaient des expressions terrifiantes, probablement pour apeurer les ennemis. Le grand-père expliqua qu'ils étaient Samouraï et qu'ils défendaient la ville des assauts répétés des orques et gobelins qui grouillaient en masse dans les parages.

-----


L'intérieur de la ville était étonnement propre en comparaison de celles qu'elle connut par le passé. Le sol était pavé et il y avait ça et là de petits pans de terre entretenus avec soin. Les facades étaient propres, les mendiants rares et les odeurs n'étaient pas systématiquement désagréable. Elle fut conduite devant une auberge au style identique aux autres édifices, les odeurs agréables qui se dégageaient d'un petit foyer externe où deux grosses marmites de fonte bouillaient bruyamment.

Elle descendit après avoir remercié le vieil homme qui lui rendit la politesse.

« Bien. Tout ceci me semble très convenable. » dit la tueuse pour elle même.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Jeu 19 Mar 2015 00:52 
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<--- Quand je rentrai, peu de monde me remarqua avec le bruit ambiant. Je me dirigeai immédiatement vers le bar où je hélais l'aubergiste :

- S'il vous plait ! J'aurai besoin d'une chambre pour la nuit
, puis j'ajoutais, et payable d'avance !

- Il m'en reste justement une. Sous les combles et donnant sur les toits, cela ne vous dérange pas ?

- Non, ça m'ira très bien.

(C'est même parfait)

C'est au moment où je lui tendais les Yus que la porte de l'auberge s'ouvrit dans un grand fracas. Deux miliciens entrèrent et s'approchèrent du bar. Ils s'arrêtèrent juste derrière moi et le premier apostropha le patron :

- Toi là ! Dis-moi, tu n'aurais pas vu ce genre de bonhomme par hasard ?


Et tout en disant cela, il lui tendit un avis de recherche. Quand l'aubergiste le posa pour le regarder, je pus y voir mon visage. Son regard passa de l'affichage à moi une ou deux fois, comme s'il voulait vérifier la correspondance et déclara son verdict :

- Vous savez messieurs, des quidams comme ceux-là, on en voit passer tous les jours, mais celui-là, non, je pense ne jamais l'avoir vu !

Le second homme commença à s'approcher de moi et me dis :

- Et toi là, tu es qui ?

Il commençait à poser sa main sur mon bras afin de me retourner pour m'identifier, et là, il aurait été clair que j'aurai été reconnu quand le patron éleva la voix :

- Messieurs ! Je vous interdis de maltraiter ma clientèle ! Cet homme est ici pour se reposer et j'ai bien l'intention de respecter cela ! Et vous aussi ! Alors maintenant, si vous n'avez rien d'autre à faire ici, sortez, vous effrayez mes clients !

- Hmmmmm très bien. Soit. Viens, on se barre, y a rien ici !

Il fit demi tour et emprunta la sortie suivi de son acolyte.

- Pourquoi ? Pourquoi avez-vous pris ce risque ? Vous auriez pu tout aussi bien me livrer à ces hommes ?

- Et pourquoi je l'aurai fait ? Ces crétins passent leur temps à faire peur à mes clients et ce n'est pas eux qui font rentrer l'argent dans mon coffre. Et puis, si vous étiez si dangereux que cela, vous ne paieriez pas d'avance, vous ne paieriez pas du tout en fait. Alors pour moi, vous êtes un client comme les autres. Donc cette chambre, vous la voulez toujours ?

- Oui je vous la prends !

- Si vous voulez, passez voir Igor, notre cuisinier, il doit lui rester un bol ou deux de soupes.

- Merci encore ! Tenez, prenez cela en supplément pour votre discrétion et pour le diner

Je lui jetai quelques Yus supplémentaires et me dirigeait vers le fond de la salle où se trouvait le fameux Igor. Un homme de petite taille, un peu rondouillard, une vilaine barbe mal taillée mais pas l'air méchant. À ma demande, il me tendit une assiette d'un liquide fumant que je ne fus pas capable d'identifier. Je la pris et partis m'assoir sur la table à droite de la porte, à cause d'un jeune garçon qui jouait aux cartes. Je trempai ma cuillère dans l'assiette et en mélangeai un peu. La consistance est à moitié collante et l'odeur qui s'en dégageait commençait déjà à me couper l'appétit.

(Je suis bien contente de pas avoir à en manger moi !)

(Je suis sûr que c'est très bon, il ne faut pas s'arrêter au premier avis !)

La première cuillerée m'apprit que ma première impression était la bonne. La seconde se trouva être encore pire que la première et la troisième faillit me faire vomir.

(L'accueil est sympa mais faudrait voir à changer le cuisinier. Bon tant pis, je n'avais pas si faim que ça finalement)

Repoussant mon assiette, je décidai de monter à l'étage afin d'aller dormir et d'ordonner mes affaires.

Il ne m'avait pas menti : c'était une chambre plutôt modeste, assez basse de plafond car sous les combles, mais meublée en conséquence avec un lit occupant la partie la plus haute de plafond, pour éviter de se cogner, une chaise pour y déposer ses affaires et une commode vide dans l'angle du fond. Mais ce qui m'intéressait surtout, c'était la fenêtre. Elle donnait bien sur le toit, un excellent moyen de fuir en vitesse en cas de problème. Parfait.
En me penchant à la fenêtre, ma blessure se rappela à mon souvenir. Je profitais donc de ces quelques instants de calme pour changer mes bandages et nettoyer un peu la plaie. Elle avait meilleure allure que ce matin, mais ça restait à surveiller. Une fois, cette opération de nettoyage terminée, je refis un nouveau bandage et m'allongeai sur mon lit.

(Dis Kym', ça dort une Faera ?)

(Non)

(Mais alors vous faites quoi la nuit ? Vous devez sacrément vous emmerder, nan ?)

(On vous regarde dormir, c'est fascinant et on surveille. C'est amusant de vous voir dans vos rêves, vous ne vous en rappelez plus le lendemain matin, mais nous si !)

(Tant que tu ne me réveilles pas, fais ce que tu veux. Bonne nuit Kymera !)

(Bonne nuit !)

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Dernière édition par Ibouky le Lun 26 Juin 2017 15:09, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Jeu 6 Oct 2016 11:00 
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La brasserie, d'habitude si calme et si ordonnée, ressemblait à présent à une arène intérieure. Toutes les tables avaient été poussées contre les murs, ainsi que les chaises qui allaient avec. Les clients, debout pour la plupart, se tenaient en cercle au centre de la salle, les yeux rivés sur quelque chose que Marthalion, malgré sa taille, ne pouvait apercevoir. Et le bruit des spectateurs ne lui donnait aucune indication sur ce qui se pouvait se passer actuellement. Plutôt que de chercher à entrer dans le cerceau de joyeux buveurs, il se dirigea vers le comptoir où Kanumi et Nokora, les aubergistes, étaient occupés à servir toutes sortes de boissons à l’assistance. Lorsque l’homme aperçut Marthalion, il lui sourit et lui fit comprendre d’un signe qu’il devait attendre. Le semi-elfe s’adossa au comptoir et respira un grand coup. L'odeur qui mélangeait le houblon, l’alcool de riz et la transpiration emplissait la salle, qui, mêlée à l’agitation croissante, allait finir par lui donner la migraine.

Fort heureusement, Kanumi délaissa sa compagne pour venir auprès du bâtard. Il l’emmena dans les escaliers qui menaient à l’étage et aux chambres.

‘’ Monsieur Marthalion ! Comment puis-je vous être utile ? ‘’

‘’ Qu’est-ce qui se passe, en bas ? Vous allez gagner l’équivalent d’un mois de paye avec autant de clients ‘’

Kanumi lâcha un petit rire, puis répondit :

‘’ En réalité, Monsieur, nous gagnons bien plus. Bien que ces événements soient très rares, il ne s’agit pas de la première fois que cela arrive. Il s’agit tout simplement d’un concours de bras de fer, lancé par les clients, et dont nous nous occupons de rentabiliser, si vous me permettez l’expression ! ‘’

Mi- étonné, mi- amusé, Marthalion ouvrit grand les yeux et dévoila une large rangée de dents blanches : il ignorait que ce genre d’épisodes pouvait arriver dans une ville à l’apparence sérieuse et ordonnée comme Oranan.

‘’ J’irais jeter un coup d’œil. Pourriez-vous me préparer une bière ? Je dois récupérer quelques affaires auparavant. ‘’

‘’Avec plaisir ! N’hésitez pas à aller voir du côté du concours, croyez-moi, ça vaut le détour ! ‘’

Kanumi délaissa son client pour retourner derrière le comptoir, où l’on avait sûrement besoin de lui. Marthalion partit quant à lui dans la direction opposée, remontant les escaliers vers la chambre qu’il avait déjà payé. Il avança dans le couloir et poussa la porte : toutes ses affaires étaient encore là : sa rapière posée sur le lit, avec la bourse qui contenait ses réserves financières accrochée au pommeau ; une besace qui contenait, entre autres, une gourde et divers petits matériaux comme du fil ou de la mousse de Cuilnen ; ses seules pièces d’armure, des protège-poignets en acier léger, reposant également sur le sommier. Et le message, au milieu de toutes ses affaires, encore déplié de la veille.

Marthalion s’assit sur le sol, croisa les jambes et ferma les yeux. Il voulait être en pleine forme avant la rencontre tardive. En dépit du bruit produit dans la salle inférieure, il réussit à méditer durant une bonne heure.

Il pensa à son ancienne vie, près du lac… Les agréables moments passés avec ses parents et leurs voisins… L’apprentissage du duel auprès de Jëannar dans la forêt de Cuilnen… Alors qu’il se remémorait des souvenirs agréables, les images plus douloureuses firent leur apparition. Le départ vers la capitale elfique. La maison brûlée de son maître d’armes. La simplicité de la tombe de son père.

Lorsqu’il sortit de sa transe, un peu secoué, le brouhaha ne semblait pas avoir baissé en intensité. Attachant son épée à sa ceinture, enfilant ses protections et sa besace en bandoulière – qu’il recouvrit de sa cape, il jeta un dernier regard à la chambre et quitta les lieux.

Marthalion se retrouva à nouveau dans la salle de dîner. Le soleil avait à présent presque disparu : il ne lui restait pas beaucoup de temps. Approchant du comptoir, il héla Kanumi :

‘’ Excusez-moi, je me suis assoupi. Il vous en reste ? ‘’

‘’ Bien sûr ! Tenez, voilà une belle chope bien remplie juste pour vous ! ‘’

Le tenancier la fit glisser sur le comptoir, et Marthalion l’attrapa au vol. Il la descendit en quelques gorgées. Délicieuse, bien qu’il l’aurait préféré plus amère. Il lança un yu à Nokora, en guise de payement, puis se dirigea vers le troupe qui continuait de regarder avec attention ce qui devait être un duel de force entre un orc et un colosse de Wiehl.

Sur ce coup là, il s’était royalement trompé.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Ven 7 Oct 2016 09:29 
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Au centre du cercle des spectateurs, il y avait effectivement un homme de Wiehl, vêtu d'une simple tunique déchirée sans manches qui laissait apparaître ses bras musclés, ses épaules puissantes et sa poigne vigoureuse. Il avait les traits crispés par l'effort et son visage, petits yeux porcins et mâchoire carrée, se renfrognait un peu plus à chaque seconde.

Face à lui se tenait une étonnante créature. Humaine elle aussi, elle avait la peau mate et une carrure des plus impressionnantes. Tout ses membres, bras, jambes, cou et même une partie du visage, étaient recouverts de tatouages qui évoquaient des spirales interminables. Elle était en plein bras de fer avec l'homme qui semblait avoir bien du mal à la faire faiblir...

Fascinés par ces motifs qui semblaient danser sur les bras de la femme, Marthalion voulut s'avancer, avec l'envie soudaine de toucher les dessins imprimés à l'encre sur les biceps colossaux... Mais il fut tiré de sa rêverie par un bruit d'os brisés. L'homme hurla de douleur, la femme de victoire en maintenant le bras de son adversaire sur la table et le public explosa de surprise, faisant trinquer les chopes de bière dans un concert d'écorce. Nombre d'entre eux avaient fait des paris, et chacun allait à présent réclamer ses gains – ou payer ses dettes.

L'homme qui avait été défait se leva tant bien que mal, le regard plein de haine, et sortit de l'auberge sans un mot, suivi par ce qui semblait être ses deux acolytes. On ne le railla pas lorsqu'ils s'en allèrent la tête basse : toute l'attention se portait sur la femme qui était à présent en train de vider une coupe d'alcool fort. Lorsqu'elle eut fini de boire, elle la prit entre ses doigts et la brisa, déclenchant à nouveau les hourras de l'assemblée. Elle prit la parole :

'' Hé bien, il semble que j'ai encore une fois triomphé ! Les hommes sont des vraies tapettes..."

Deux personnes, vexées par la déclaration et plongés dans un profond état d'ébriété profond, s'avancèrent à l'intérieur du cercle. La femme les regarda avec un rictus. Apparemment, elle avait souhaité les provoquer, et avait réussi.

" Deux nouveaux adversaires ? Vous avez l'air aussi frêles que le bras que je viens de briser..."

Piqué au vif, l'un des deux hommes sortit un couteau. Avant que l'assistance n'ait pu réaliser ce qu'il se passait, la femme-colosse assénait un coup puissant dans l'estomac de son ennemi, puis, arrachant un bout de la chaise sur laquelle elle était assise quelques instants auparavant, elle le brisait sur le son crâne. Le malheureux s'écroula sur le sol, et son compagnon, devant une telle démonstration de brutalité, fila sans demander son reste. Le public ne bougea pas, encore stupéfait. La furie empoigna une chope, et déclara :

" Je crois que je peux bien vous offrir une tournée, avec ma performance de ce soir ! "

Très vite, toute l'assistance, même le semi-elfe qui avait à nouveau le regard fixé sur les tatouages, se retrouva avec une bière dans la main. Kanumi et sa compagne servaient les boissons à une vitesse folle, presque surhumaine. Si la soirée continuait comme elle avait commencé, les réserves d'alcool de l'Auberge des Hommes Libres seraient vides le lendemain. La femme demanda le silence, et personne ne s'y opposa. Quand un semblant d'ordre sembla régner dans la salle, elle leva sa bock et dit :

" Moi, Madsagnir, je vous souhaite à tous de profiter de votre vie ! Puissiez-vous un jour nager dans un océan de gueuze ! Et comme vous dites de par chez vous, kanpai ! "

Sur ces mots, elle porta la chope à sa bouche et en fit descendre le contenu dans sa bouche. Mais plutôt que de l'avaler, elle le cracha sur l'homme qui était resté étendu au sol, inconscient. L'assemblée suivit la nommée Madsagnir dans sa folie et but à son tour. Certains crachèrent même sur celui qui avait été défait en un instant. Devant ce spectacle, Marthalion leva les yeux au ciel : lui n'aimait pas se pavaner en public, bien qu'il en ait peu eut l'occasion. Il adressa un signe de tête à Kanumi, qui lui répondit par un clin d'oeil, puis sortit de l'auberge.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Mer 23 Nov 2016 18:26 
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Peu à peu les rues se vident, rendant à la nuit le calme qu'elle devait apporter, ne laissant plus que les patrouilles de gardes et quelques animaux errants se promener au gré des allées.

Au fil de la soirée, j'ai eu la chance de tomber sur un groupe d'Ynorien qui m'ont partagé une bouteille d'un alcool local et c'est un peu éméché après avoir parcouru de nombreuses rues et ruelles et demandé de nombreuses fois mon chemin que je parviens à atteindre une auberge.

Un bâtiment de plusieurs étages portant le nom d'Auberge des Hommes Libres.

J'entre et distingue au fond de la salle contenant tables et chaises vide une femme souriante bien que visiblement fatiguée.

Je m'approche du comptoir derrière lequel elle nettoie les derniers verres sales.

"Désolé de débarquer si tard."

Elle m'offre un léger rire.

"Ne vous en faites pas, nous avons l'habitude depuis qu'on a ce spectacle nocturne. Vous désirez une chambre j'imagine."

"Exact et d'un conseil également."

"Oui ?"

"J'aimerais rejoindre Kendra Kar le plus rapidement possible mais j'ai besoin de quelqu'un pour m'accompagner sur la route. Au cas où je croise des types mal intentionné. Vous n'auriez pas quelqu'un dans vos contacts ? Je paierais bien sûr !"

Tout en se tournant pour décrocher une clé du mur elle me répond d'un ton enjoué.

"Oh oui, je pense à quelques personnes mais si vous voulez rejoindre Kendra Kar rapidement et sans risque il y a un trajet aérien qui fait le voyage depuis Oranan. "

Je me mets une tape sur le front. Mais oui bien sûr ! Les Aynores ! Ces engins volants que j'apercevais parfois décoller depuis les toits blancs de ma cité. Ça me paraissait tellement inaccessible que je n'y avait même pas pensé. Maintenant j'ai largement les moyens.

"Je suis idiot. Heureusement que vous êtes là ! Je vais faire ça !"


Elle rit chaleureusement.

"Oui c'est plus sûr et moins couteux que de se payer les services d'un garde du corps. Voilà votre clé, passez une bonne fin de nuit."

J'incline la tête et la remercie une dernière fois avant de prendre les escaliers pour rejoindre ma chambre.

Je m'installe sur le lit et pose mon sac au sol, devant moi avant de l'ouvrir et de m'accouder sur mes genoux en fixant mes Yus.

Je soupire devant tellement d'argent. Beaucoup trop pour pouvoir le dépenser. Je n'ai aucune envie de devenir un de ces bourgeois. Dire que je moquais d'eux il y a un peu plus d'un an.

En réalité je sais exactement qui en a besoin. Méli s'occupe de tous les enfants qui ont besoin d'aide. Elle fait tous les sacrifices pour ça et cette argent servirait à les nourrir, les blanchir, à ce qu'ils aient tous un lit où dormir.

Depuis que j'ai tous cet argent je ne pense qu'à ce qu'il pourrait apporter à ces gosses.

Je referme le sac et m'allonge sur le lit, laissant vagabonder mes pensées. On ne peut pas dire que j'ai sommeil. J'ai dormi une année et je vois encore les aurores boréales par la fenêtre, me stimulant suffisamment pour rester éveiller.

Le souvenir du vieux sage me revient en tête, difficile de l'oublier. Les vieux dans ce genre sont vraiment particuliers. Je me demande pourquoi il m'a demandé d'être prudent ? Que sait-il ? Bizarrement, je prends sa mise en garde très au sérieux.

Pendant des heures, je laisse encore mon esprit partir dans tous les sens, allant jusqu'à se poser des questions existentielles sans aucun intérêt jusqu'à ce qu'enfin la fatigue me gagne et que je m'endorme paisiblement.


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Dernière édition par Xël le Sam 26 Nov 2016 17:13, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Ven 25 Nov 2016 16:29 
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La chambre était de première qualité ; un lit moelleux aux parures presque luxueuses, une large armoire, un tapis de première facture et même un fauteuil assez long pour s'y allonger. Il y avait une aération dans un coin, directement reliée à l'âtre de la cheminée principale et qui plongeait la salle dans une chaleur réconfortante. Nokora, la tenancière, avait eu vent de l'arrivée possible des "Sauveurs d'Aliaénon" moins d'une heure avant l'arrivée d'Alistair, premier à avoir rejoint Yuimen, mais elle avait déjà préparé toutes les chambres les plus confortables pour les accueillir. Et, mieux encore, elle proposait ses services au prix des loges les plus modestes. Enfin, le voleur voyait quelque bénéfice à avoir fait parti de cette mascarade.

« Alors, qu'est-ce que ça fait de ne plus être sur ton monde ? » demanda-t-il à Loona en posant son lourd sac de voyage près du fauteuil.
« Je ne sais pas, » répondit-elle, les sourcils froncés. « Je n'ai pas encore réalisé, je suppose. J'ai l'impression d'être à Fan-Ming. »

Alistair laissa échapper un léger sourire. Elle verrait certainement mieux la différence lorsqu'ils arriveraient à Kendra Kâr. Quoique ce n'était pas prévu avant un très long moment, le voleur souhaitant rester quelques semaines à Oranan avant de reprendre la route. Premièrement parce qu'il était encore très faible physiquement et qu'il espérait avoir le temps de récupérer une once de sa forme initiale avant de repartir, mais également – et surtout – parce que l'Ynorie était réputée pour avoir les plus belles prostituées de Nirtim. Si on aimait les bridées, en tout cas. En Imiftil il y avait bien le Purgatoire de Tulorim qui proposait les services d'une telle variété de femmes que presque tout homme hétérosexuel de Yuimen pouvait y trouver son bonheur. Mais sur ce continent, c'était Oranan qui avait les plus belles catins. Et Alistair en savait quelque chose : il s'était rendu dans presque chacune des grandes cités de Nirtim et avait goûté à un nombre incalculable de bordels. Et ses souvenirs de l'Ynorie étaient indélébiles. Car s'il était accompagné par l'une des plus belles femmes qu'il lui ait été donné de côtoyer, l'assassin n'en restait pas moins particulièrement frustré sexuellement. Il n'avait pas passé tant de temps sans goûter à la chair d'une demoiselle depuis ses quinze ans et c'était une habitude qu'il aurait aimé garder. Alors tant que Loona n'accepterait pas de le voir dans sa couche, il visiterait celles des plus belles catins d'Oranan. Et ce dès cette épouvantable soirée.

« Peut-être que les choses te paraîtront différentes en journée, » fit-il finalement. « Oranan n'est pas aussi militarisée que Fan-Ming, lorsque tu visiteras les marchés de la ville tu devrais voir la différence. »

La jeune femme ne répondit pas. Il n'y avait pas grand chose à répondre, et elle n'était pas du genre à donner une réponse si il n'y en avait pas besoin ; ce n'était pas une grande bavarde. Réservée plus que timide, de ce qu'il en avait vu. Et étrangement, il aimait bien cela. Lui qui ne vivait que du mensonge, des faux semblants, des manipulations orales et des longs et grands discours... Lui qui avait si souvent brillé par l'éloquence trouvait ce mutisme rafraîchissant. Et plein d'honnêteté, d'une certaine manière.

Le silence fut bien vite interrompu par quelques cognements à la porte. Immédiatement après, Nokora rentrait dans la pièce avec une couverture. Elle avait un grand sourire aux lèvres, comme chaque fois qu'elle s'adressait à Alistair, qu'elle voyait comme l'un des héros qui avaient empêché Oranan de tomber aux mains d'Oaxaca. Il se sentait comme un imposteur. Elle installa le linge sur le fauteuil et, quelques échanges plus tard, elle quittait la salle dans des dizaines de saluts Ynoriens.

« Tu es sûr que tu ne veux pas le lit ? » demanda Loona au voleur. « Ce sera ta première nuit hors de ce sarcophage depuis un long moment. »
« Le fauteuil est très confortable, » la rassura l'assassin. « Et puis je ne vais pas beaucoup dormir ce soir. »

La jeune femme leva des sourcils interrogateurs.

« J'ai besoin de marcher un peu, » mentit-il. « Seul. »

Elle ne chercha pas à en savoir plus, acceptant – ou décidant d'accepter – cette explication sans plus de question. Ce qu'avait en tête Alistair, pourtant était moins innocent qu'une simple marche. Il avait calmé ses névroses et frustrations avec le sexe pendant près de dix ans et il comptait bien utiliser cette soirée pour renouer avec cette habitude.

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 Sujet du message: Re: Auberge des hommes libres
MessagePosté: Ven 25 Nov 2016 16:34 
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Les jours suivants se ressemblèrent tous pour Alistair. Le matin il se réveillait aux aurores sur le fauteuil de sa chambre, il se préparait, petit-déjeunait puis se lançait dans une routine matinale pour se remettre en forme. De la course, des pompes, des tractions, des abdominaux puis quelques mouvements de combat pour réhabituer son corps aux gestes brusques. Les quelques premières journées furent éprouvantes tant il avait manqué d'exercice les mois précédents, mais bien vite son organisme reprit de l'aplomb et il agrémenta ses activités de quelques séances d'escalade à travers Oranan, autant pour améliorer sa forme physique que pour se réaccoutumer à la discrétion, évitant les gardes avec de plus en plus de facilité.

Venait très rapidement le midi, qu'il passait silencieusement avec Loona à l'Auberge des Hommes Libres, avant de lui faire visiter la ville pendant quelques heures, prenant pour la première fois depuis des années le temps de simplement discuter, ou de justement rester parfaitement muet. La première semaine avait été morose pour l'assassin et les quelques mots échangés avec la ténébreuse jeune femme étaient rares et inconfortables, mais très vite leur rapport s'était développé et, si elle restait toujours peu loquace, elle avait rapidement contribué à le remettre de bonne humeur.

Le soir venu, cependant, Alistair continuait ses escapades nocturnes jusqu'au bordel de Tsubame, couchant généralement avec celle-ci, parfois avec d'autres, plus jeunes. Loona semblait se douter de la nature de ses balades au clair de lune, mais jamais elle ne semblait le juger, quoiqu'elle ne donnait pas l'impression d'aimer cela. Mais même s'il commençait, peu à peu, à se soucier du regard de la jeune femme, le voleur repartait voir les prostituées presque tous les soirs, incapable de se passer du réconfort que lui procurait le sexe.

Bientôt, un mois entier était passé. Un mois à utiliser la chambre luxueuse de l'Auberge des Hommes Libres, à se remettre en forme, à apprendre à connaître Loona et à visiter la ville. Son corps s'était vite accoutumer aux intenses exercices qu'il lui imposait et il se rapprochait peu à peu de son ancienne forme physique. Les routines matinales commençaient maintenant avant le lever du soleil pour se terminer à l'heure du déjeuner. Il courait bien plus longtemps, faisait un nombre de plus en plus impressionnant de pompes et de tractions et tous ses muscles se redessinaient. Il fut rapidement capable de se glisser derrière des patrouilles entières de garde sans émettre le moindre son et poussait parfois le vice jusqu'à voler sous leurs yeux, voire carrément directement dans leurs bourses.

C'est à ce moment là qu'il décida, plutôt que de récupérer son ancienne forme, de l'améliorer. Il intensifia les exercices et se rendit au terrain d'entraînement de manière quotidienne pour apprendre auprès de la Vénérable Kurasta, ancienne experte en arts martiaux Ynorien. Les cours durèrent près de deux mois supplémentaires. Deux mois pendant lesquels Alistair s'entraîna près de la moitié de chaque journée, autant physiquement que mentalement – car sa nouvelle professeur exigeait de lui une parfaite maîtrise de sa personne. Une véritable formation pour son tempérament.

Mais après ces deux mois supplémentaires d'entraînement mais également d'oisiveté à Oranan, le voleur décida qu'il était temps de changer d'air. Il n'était pas encore tout à fait prêt à se lancer dans la construction de son empire, mais une opportunité s'offrit à lui depuis les airs. Car dans les cieux, des aurores boréales étaient visibles pour la première fois depuis la création de la ville. Et bientôt un appel vint depuis Kendra Kâr : le Roi lui-même avait besoin d'aventuriers.

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