L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Ven 27 Jan 2012 00:25 
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Distrait, le garzok déversa sur la planche en piteuse état qui faisait office de comptoir le nombre exact de pièces qu'exigeait le sekteg, ne prenant même pas la peine de regarder ce dernier alors qu'il balayait du regard le restant des échoppes présentes.
Un bref calcul, très simple même, lui fit comprendre que ses sous étaient maintenant trop limités pour de nouvelles dépenses et que le temps passé dans cette ville ne lui servirait plus à rien sinon à perdre du temps en voulant atteindre Omyre.

L'idée que son clan ait subit d'importantes pertes était certes troublant pour Rägrok, mais le plus étrange était tout de même que ce clan, pacifique, ait put revêtir le tabard de guerre qu'il arborait maintenant, et prendre les armes contre un ennemi commun, et de surcroît assez puissant pour les décimer, voir les tuer jusqu'au dernier.

La mort de ces derniers n'inquiétait aucunement le guerrier, mais son angoisse résidait dans le fait que ses shamans puissent avoir perdu la vie, auquel cas plus personne ne pourrait le sacrer chef de la tribu et personne ne conterait à l'avenir son épopée guerrière et ses hauts faits d'armes.

Les idées se bousculaient dans sa tête, trop vite pour qu'il ne puisse en suivre le rythme, que devait-il faire à présent ? Rejoindre Oaxaca et tenter de se faire un nom à ses côtés, à son service, ou bien tenter de recréer un véritable clan des Mâchefers, dont il redeviendrait le chef et auquel il devrait péniblement redonner ses traditions passées ? S'il était bel et bien le dernier Mâchefer, le nom même du clan s'envolerait en même temps que lui, et c'était ce côté là de la mort, le côté technique et historique, qui l'embêtait au plus haut point.

Se ressaisissant, Rägrok put finalement reprendre sa marche, pensif, en direction des portes de la ville. Il lui restait du chemin à parcourir, et il se devait de le parcourir à pied, de plus, avec le nombre d'attaques orques dans les environs, il risquait de tomber ou bien sur des pillards orques ou bien sur des patrouilles d'humains, ce qui le menait à prendre la décision de voyager uniquement de nuit. Les orques voyaient dans le noir, mais il n'hésiterait pas à leur arracher les yeux pour défendre son titre...

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Mar 9 Oct 2012 14:46 
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La maison de Mamie Rita

Le marché de Bouhen, son animation, les badauds attirés par les spectacles de la foire, les jongleurs et les chanteurs, rien ne semble pouvoir arrêter mamie Rita dans sa détermination à rejoindre son étal ; à peine Caabon réussit-il à se glisser dans son sillage pour ne pas se retrouver bloqué puis distancé. La journée a poussé les riverains à profiter des rues de la ville, et le marché a fait office de point de convergence, pour le plus grand malheur du wotongoh.

« Mais presse toi ! Et renverse pas la hotte ! J’ai pas usé mon vieux dos pour ramasser tout ça pour rien ! »

Comme par malice, la vieille presse le pas et profite de sa petite taille pour se faufiler là où un homme un peu plus grand peine en se heurtant aux épaules des passants. Assez soudainement, elle stoppe devant un cabanon de bois, l’auvent ouvert, où une jeune fille aux cheveux blonds, de taille moyenne, portant une robe verte, s’active au milieu de bouquet de plantes sèches, de fleurs, de boîtes débordant de sachets colorés et de graines.

« Madame Thigori ! Comment allez-vous ? Mon infusion vous a plu ? Elle a eu l’effet escompté ? Ah… je vous l’avais dit, vous pensiez que ce n’était que des mensonges ? Ahlalala, il faut croire mamie Rita lorsqu’elle parle de ses plantes, elle ne ment jamais. Vous en voulez encore ? Ma petite-fille est en train de vous servir ? Bien, bien, elle fait du bon travail non ? Ah oui, une bonne fille, sa mère me l’a envoyé pour que j’en fasse quelque chose. Et toi grand nigaud ? Tu crois qu’rester planté comme un piquet d’pature d’vant ma boutique va m’faire v’nir les clients ! Pose toi à côté, sur l’tabouret, d’mande à ma p’tite fille le casse noix, un panier et mets toi au boulot ! Lui madame Thigori ? Oh, un bon à rien, un soldat, une amie à moi me l’a envoyé pour en faire quelque chose. Ma pauvre dame ! Un garçon courageux, il s’est battu, c’est là qu’il s’est brûlé, alors il a commencé à boire, enfin des choses comme ça. Il faut que j’en fasse quelque chose. Mais il y a du travail ! Et votre fils ? Il est toujours second ? Mais prend donc soin d’ces noix comme si c’était les tiennes ! J’vends pas d’la poudre à mes clients ! D’belles noix d’belle qualité ! Vous voyez madame Thigori, vous voyez tout le travail ? Alors votre fils ? Second ? Ah vous avez de quoi en être fier, un garçon comme ça c’est rare… »

Les premiers gestes de Caabon furent hésitants, il peinait à trouver la bonne prise pour le casse noix dans sa main, le métal glissait sur ses gants. L’expérience venant avec le temps, les remarques acides et stridentes de mamie Rita aidant tout autant que la pratique, Caabon finit par prendre le coup, trouver la juste pression pour faire céder la coque sans broyer la graine. Le panier continue de se remplir, et les gestes de Caabon deviennent plus machinaux. Il n’entend plus les cris stridents de la grand-mère, ni les berceuses de la petite-fille qui rendort l’arrière-petit-fils, toute son attention est concentrée sur le barde installé non loin de là autour de qui la populace a fait cercle. L’homme de toute évidence jeune ne manque pas de talent, sa voix grave et posée, accompagnée d’un air de mandoline, a imposé le silence à ses auditeurs, tandis qu’il raconte une histoire dont Caabon ignorait jusque là l’existence.

« … Les gardes de Kendra Kâr se précipitèrent au repère d’Irald l’assassin, mais trop tard… Au cours de cette journée, où la belle hésita à troquer pour son bien aimé la vie contre la liberté, le destin avait choisi pour elle. Les Cinq Frères l’avaient retrouvé, et cinq lames se trouvaient fiché dans ce cœur qui venait d’apprendre à aimer… Les larmes de la prostituée émurent le capitaine des gardes, qui la laissa enterrer dignement le corps : il ordonna seulement à ses hommes de dépouiller le tueur de ses biens complices, afin que nul ne puisse les employer à nouveau à de sombre desseins. On raconte que dorment dans un coffre de la milice de Kendra Kâr ces sinistres trophées à la macabre réputation, et que nul ne les a plus touchés. Certains prétendent au contraire que l’esprit d’Irald quitta la tombe, reprit possession de ses biens, et que son ombre, vêtue comme il l’était autrefois, erre à travers Yuimen, à la recherche des descendants des Cinq Frères, pour obtenir vengeance… »

D’un air plus badin, le barde poursuit :

« Votre serviteur, après vous avoir narré ces illustres mais sombres aventures, ne pouvait vous laisser dans l’incertitude. En quête de vérité, il s’est rendu à la milice de Kendra Kâr, et fut accueilli par des quolibets et des moqueries. On refusa de me répondre, aussi ne puis-je que vous laisser dans le doute… J’ose espérer que cela n’éclipsera pas votre générosité, dont dépend l’humble conteur que je suis. »

Ayant recueilli un nombre honorable de piécette dans la coupelle de bois tendu à la ronde, don qui fait honneur à la probité des gens de Bouhen, le ménestrel glisse sa recette dans sa bourse, son instrument préalablement enveloppé d’une belle couche de tissu dans un étui de cuir qu’il lasse avant le l’ajuster sur son épaule. Son public s’étant dispersé, il se met à arpenter les étals avec l’air de celui qui cherche la bonne affaire qui justifierait qu’il dépense sa maigre fortune. Une chose cependant retient l’attention de Caabon lorsque le musicien poursuit son petit manège à portée de ses oreilles. L’air de rien pour qui n’y prend par garde, et voit en lui un client bavard, mais un client avant tout, ses questions sont anodines. Seulement, leur récurrence auprès de trois marchands ne manque pas de piquer au vif l’attention de l’auditeur attentif. Systématiquement, il est question de mutation de soldats kendrans.

« …quel beau bracelet ! Un merveilleux travail ! Je m’en inspirerai pour mes histoires, pour les rendre plus réaliste. Non, mieux, je vous l’achète ! Non, je n’ai pas de dame à qui l’offrir, mais sait-on jamais… Merci. En tout cas vous avez de la chance d’avoir une telle garnison pour veiller sur vous… Oui, oui, vous avez raison, par le temps qui courent, mieux vaut plus de soldats que pas assez. Enfin, à Kendra Kâr, on dit que les soldats sont mutés ici lorsqu’ils gênent trop à la capitale… Ah non, je ne prête pas foi à ces racontars ! Bouhen est loin de l’idée que je me fais de la punition ! J’aimerais en apprendre plus sur la ville, les petites histoires, des sujets de chanson… Vous croyez qu’aux Archives quelqu’un pourra me parler de tout ça ? … Parfait ! Encore merci pour le bracelet, j’espère trouver bien vite un poignet auquel l’accrocher, une beauté à rehausser. »

Le renseignement sur les Archives obtenu, le conteur met fin à sa série d’achat, interpelle un passant, visiblement pour lui demander son chemin, et quitte la place du marché en se dirigeant vers le nord. Caabon le perd de vue, hésite à le suivre, mais son ouvrage n’est pas encore terminé, et il soupçonne mamie Rita de veiller malgré le silence qu’elle a jusque là observé à son égard.

(Elle m’a fait entrer, m’a proposé de me nourrir, me donne un travail, je ne peux décemment pas l’abandonner comme cela, partir en abandonnant un travail avant son terme. Je lui donnerais des raisons de se méfier, et je perdrais probablement mon seul soutien ici. Si je dois ressortir, c’est elle qui pourra me faire passer à nouveau les portes de la ville. Et si elle me demande une explication ? Dois-je lui avouer qu’un musicien de rue a attiré mon attention à cause de quelques questions. Mais peut-être me fais-je des idées. Je pourrai toujours vérifier, je crois savoir où il est parti. Si je retrouve sa trace aux archives, mes doutes seront confirmés.)

« Ben v’là du bon travail ! Tu sais faire que’qu’chose, c’est d’jà ça. Bon, la journée est pas finie, y’a encore des clients qui vont v’nir d’ici ce soir, à la fraîche, quand y z’auront fermé leur boutique. Ah les marchands trop pressés d’rentrer chez eux y z’en manquent des clients ! Tant qu’j’peux travailler, j’me dit qu’un sous est un sous, qu’y’a pas d’raison pour qu’j’me r’pose si j’peux faire une affaire. Quand j’pourrai plus sortir d’chez moi, j’veux pas être au crochet d’mes filles, j’veux vieillir et mourir in-dé-pen-dante moi ! Bon, j’ai rien d’autre à t’faire faire, ma p’tite fille peut bien s’occuper d’met’ toute seule les herbes dans les sachets. File donc profiter un peu d’la ville, tiens, v’la les yus pour ton travail, va donc les dépenser comme ça t’chante ! Si t’as faim, viens à la maison au coucher du soleil. Si tu t’perds, d’mande ton ch’min, y’a bien des gens qui connaissent où j’vis. Ben file ! Et m’fais pas honte ! »

Les pièces empochées, après s’être épousseté les vêtements pour en faire tomber les petits morceaux de coquille de noix, Caabon obéit consciencieusement à l’ordre qui lui a été donné. Comme le musicien avant lui, il fait le tour des échoppes, conscient du regard de la vieille vissé sur son dos. La proximité de toutes ces marchandises éveille chez lui une envie ancienne, contre laquelle il ne veut plus lutter. Des gardes patrouillent sur la place, sans doute pour dissuader les voleurs, ou tout du moins intercepter ceux qui seraient pris sur le fait. Certes, ils ont l’air menaçant, dans leurs armures frappées aux armes de la milice de Bouhen, la lance ou la hallebarde négligemment appuyée sur l’épaule, déambulant d’un pas lourd sur le pourtour de la place, et il ne vaudrait mieux pas les défier. Mais l’habileté et la ruse peuvent faire façon de la force brute et de ses représentants. Les voleurs ne sont pas tant redoutés pour leur capacité au combat que pour les mille tours auxquels ils recourent pour détrousser les honnêtes gens. Pas un des gardes ne pourrait rattraper un bon tire-laine, si celui-ci a le pied agile et connaît les ruelles de la ville dans leur moindre détails, avec leurs pièges et leurs recoins. Mais cette ville n’est pas celle de Caabon, et la chose tempère son audace.

Eplucher de vieux volumes

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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4


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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Mar 29 Jan 2013 20:40 
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En ce début d'après-midi, une fois le débarquement effectué, et les promesses de retrouvailles échangées, mon oncle agrippe fermement mon poignet valide. Son geste brusque me fait plisser les yeux tant la sensation est désagréable. Je sais que c'est pour mon bien, qu'il souhaite juste que je ne m'égare pas dans la foule agitée du port et des rues, mais je suis certain aussi que c'est sa frustration qui le fait serrer si fort. J'endure en silence, persuadé que nous arrivons bientôt à destination. Pratiquement assuré de ne pas trébucher, je jette un regard aux alentours, surpris de ne voir que des humains tout autour de moi.

J'ai beau savoir que Bouhen est un lieu rattaché à Kendra Kâr, j'étais certain que la vie serait similaire à Oranan, avec diverses races représentées. Là, cela ne semble absolument pas le cas, et les regards des gens dans ma direction me font rapidement comprendre l'empressement de mon oncle. J'en ignore la raison, mais je perçois une méfiance lisible dans l'attitude de ceux croisant mon regard. Peut-être n'apprécient-ils pas les étrangers, surtout ceux au teint aussi marqué que le mien.

Malgré l'inconfort que cela représente, je m'efforce de bouger mon bras à attelle afin de rabaisser ma capuche. Cette agitation désordonnée et ces regards me mettent mal à l'aise. Ces humains sont visiblement bien différents des ynoriens.

(Par la Dame marine, j'espère avoir la force de supporter ce séjour.)

Avant que je ne m'en rende compte, l'humain âgé m'a mené sur une place presque aussi agitée que les rues. Il s'y arrête un instant, scrute les alentours, puis se dirige à grands pas vers un étal où je reconnais certaines plantes médicinales. Lorsqu'il s'est assuré que je suis bien à ses côtés, il lève la main dans une salutation non républicaine. Son visage trahit une joie certaine tandis qu'il s'adresse à un humain de grande taille.

"Eh ! Marko ! "

L'homme à qui il parle est revêtu d'une tunique d'un beige grisâtre, fermée au col par un lacet de cuir, et un tablier moucheté de résidus végétaux. À ses traits, je ne lui donne guère plus de la quarantaine. Il a un aspect auquel je ne suis guère habitué. En plus d'être grand, il possède une chevelure relativement courte, mais surtout d'une teinte blé mûr. Ses grands yeux ne sont pas bridés, et plus intriguant encore, ils sont bleus. Forte carrure, menton large, il semble être dans la force de l'âge.

Aux paroles de mon oncle, l'homme relève la tête, affichant un air neutre.

"Et j'ai affaire à ?"

Masaya n'a pas le temps d'afficher un air incrédule que son interlocuteur a fait le tour de son étal, et vient lui poser rudement la main sur l'épaule.

"Je plaisante ! Haha ! Bienvenue à Bouhen, Masaya ! T'as fait bon voyage ?"

"Doucement mon grand, je n'ai plus ton âge."

"Arf. Tu sais, moi et cette force. C'est à se demander si je suis vraiment apothicaire !"

Demeuré silencieux, je jette un regard à mon parent. Ce dernier a l'air ravi d'échanger avec lui, me donnant la sensation d'être oublié. Ce n'est qu'après plusieurs longues secondes que le dénommé Marko semble remarquer ma présence.

"Oh ? Mais t'es accompagné ?"

"Hum ? Ah oui ! Laisse-moi te présenter D'Esh Elvohk Kiyoheiki."

Dès que mon nom est cité, je rehausse légèrement ma capuche, de sorte à rencontrer le regard de l'humain. Je m'incline ensuite légèrement, selon la tradition ynorienne, pour le saluer. Après être resté muet, Marko reporte son attention sur mon oncle.

"Par D'Esh Elvohk, tu veux dire..."

"Le fils de Myrimak, oui. Et le mien aussi, depuis quelques mois."

Je ne parviens pas à m'empêcher d'éprouver une certaine suspicion et de la curiosité. Voilà encore une personne que je ne connais pas, et qui a pourtant l'air d'en savoir long sur Père et ma relation avec Masaya. J'ai tant de questions qui me taraudent que je ne parviens pas à en formuler une seule. Je n'aurais sans doute pas pu le faire de toute façon, car deux nouvelles silhouettes s'approchent de nous. Il s'agit de deux jeunes filles, visiblement adolescente pour l'une d'elle, et un peu plus âgée pour l'autre. Le plus frappant est leur ressemblance avec Marko. Elles sont juste plus fluettes.

Le grand humain leur adresse un sourire protecteur, puis il les présente.

"Ah, en parlant d'enfants. Voilà mes filles, Moïra la future unie, et Rannie."

Les deux demoiselles adressent un sourire agréable à leur père, puis font un petit geste poli pour nous saluer. Une union ? Est-ce la raison pour laquelle nous sommes ici ? Alors que je cogite, je suis surpris par le mouvement de la cadette. La jeune humaine, qui doit bien me dépasser d'une tête, vient chercher mon bras valide et l'entoure du sien. Ce n'est que distraitement que je perçois les voix adultes l'incitant à aller faire des achats pour le dîner, et me faire visiter un peu.

Avant que je ne puisse tenter la moindre protestation, Rannie m'entraine avec elle entre les passants, un large panier suspendu à son autre bras. Plusieurs minutes s'écoulent avant qu'elle ne se décide à ralentir puis à s'arrêter. Elle me fait face, affichant un demi-sourire coupable.

"Désolée, mais Papa avait envie de parler au sieur... Euh..."

"Kawarin. Mais à quel sujet ?"

"Euh... À mon avis, ça doit être au sujet de la plante médicinale. Celle pour le coeur, je crois. Une racine qui sent vraiment fort."

Malgré moi, j'entrouvre les lèvres. Cette demoiselle est-elle en train de parler de cette plante qui a failli coûter la vie à mon parent ? Je revois encore la scène, Masaya allongé par terre, sa gorge enflée à cause de l'allergie. Je secoue lentement la tête. Si Marko connait déjà les effets de ce végétal, pourquoi en avoir envoyé à Masaya ? La boutique dispose déjà de provisions suffisantes pour les troubles cardiaques, et je ne vois vraiment pas ce que l'herboriste pourrait en faire. À moins que...

Rannie attire mon attention sur un étalage sobre, où de nombreuses effigies sont disposées. L'une d'elle attire particulièrement mon attention. Il s'agit d'une statuette à peine plus grande que ma paume, et qui représente la Dame de Lumière. De minces filaments dorés parcourent la chevelure stylisée, chose qui me fait immédiatement reporter mes yeux violets sur ma bague coloris soleil. Le métal a l'air étrangement similaire, me faisant instinctivement saisir la statuette. Une sensation presque apaisante en émane. C'est sans hésitation que je décide d'en faire l'acquisition. Avec un sourire et une phrase destinée à promouvoir une certaine échoppe magique, le marchand pousse également une petite fiole dorée dans ma direction. Devant mon regard curieux, il s'empresse d'ajouter m'en faire cadeau pour quelques yus de plus. Je n'ai que peu d'hésitation, surtout en comprenant qu'il s'agit d'un fluide de lumière.

J'ai à peine le temps de ranger mes biens dans ma sacoche que l'humaine blonde reprend mon bras sous le sien, m'attirant à sa suite en direction d'autres étalages.

(Par Gaïa, cette visite n'a décidément rien d'un voyage d'agrément.)

Je suis tout de même concerné par cette histoire de racine. La seule raison qui justifierait son acheminement à Oranan, et en une quantité trop infime pour le commerce, serait pour un usage personnel. Un frisson me dévale le dos.

Oncle Masaya me cacherait-il quelque chose ?





[Acquisition rp de la Statuette de Gaïa et du fluide 1/8e de lumière]

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Dernière édition par Kiyoheiki le Lun 11 Fév 2013 00:46, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Lun 11 Fév 2013 00:45 
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Malgré l'affluence sur la place, la jeune Rannie parvient à m'entraîner à sa suite, et à faire ses achats sans difficulté. Mieux encore, j'ai l'impression qu'elle s'amuse à se glisser entre les passants, quand bien même elle est chargée. Par moments, elle sourit à certains êtres que je ne regarde qu'à peine. Vaguement, je perçois des félicitations pour l'union de sa soeur, chose qu'elle promet de transmettre par la suite. Je me contente de garder le nez un peu baissé, pour éviter les coups d'yeux indiscrets sous ma capuche. Je ne suis plus d'humeur à toutes ces choses, l'inquiétude que je ressens pour mon oncle se faisant croissante.

Bientôt, nous sommes de retour à l'étalage de Marko, où ce dernier discute toujours avec mon parent, tout en vendant quelques plantes. Quand les adultes nous voient revenir, ils nous incitent à nous approcher. Un passant, visiblement client, tousse à proximité d'eux. À l'entendre, ce n'est pas un bête rhume, sa toux n'ayant pas un son gras. Je suis persuadé que sa gorge doit le faire souffrir. En jetant un coup d'oeil aux parents, je perçois un air quelque peu ennuyé. Mon oreille pointue me permet d'entendre que l'apothicaire ne dispose plus de remède pour la gorge. Mon regard rencontre celui de mon oncle, qui fait immédiatement un signe positif du chef.

Il se tourne vers Marko, esquissant un sourire.

"Pas de panique. Tu as deux herboristes sous la main pour t'aider, n'est-ce pas Kiyo' ?"

Je pousse un léger souffle par le nez, et cherche du regard ce qu'il nous faut. Malheureusement, nul chaudron ou récipient pour faire bouillir de l'eau. Comme s'il lisait dans mes pensées, Marko incite sa progéniture à me guider vers leur demeure. Il n'en faut pas plus pour que la jeune humaine me reprenne le bras valide avec vivacité, me causant un inconfort renouvelé. Qu'ont donc ces humains du sud pour vouloir à tout prix chercher le contact ? J'ai beau tenter de faire glisser mon coude de sa prise, elle la raffermit dès qu'elle s'en rend compte. J'ai beau n'avoir aucun grief contre elle, je n'apprécie pas d'être mené ainsi.

En peu de temps, nous atteignons une maisonnette grouillante d'activité et dont la porte ouverte donne sur le marché. Plusieurs humaines de différentes tranches d'âge s'affairent à décorer les lieux. Je n'ai cependant pas beaucoup de temps pour y attarder le regard, me faisant conduire directement vers une cheminée. À peine défaite de son panier, la jeune Rannie me scrute avec ses grands miroirs bleus. Je jette un bref coup d'oeil par-dessus mon épaule, constatant que mon oncle n'a pas suivi. Pour quelle raison l'aurait-il fait, de toutes manières ? Il connait mes capacités dans l'usage des plantes médicinales. D'ailleurs, je ne perds pas davantage de temps.

La demoiselle blonde me montre une pièce relativement sombre, où des plantes sont entreposées. J'y repère rapidement la racine qui a manqué tuer mon parent, et en détourne le regard. J'ai plusieurs préparation en tête, mais la plus rapide à faire requiert un ingrédient que je cherche rapidement du regard.

"Ah, la voilà."

De ma main libre, j'attrape la plante que l'on appelle guimauve, et en particulier ses racines. Plissant les yeux, je me remémore le client. C'était un humain avoisinant la taille de Masaya, mais plutôt frêle. Avec la teinte presque délavée de ses mains, signe qu'elles passent du temps en contact avec de l'eau ou de l’humidité, et les résidus sous ses ongles, je suis pratiquement certain qu'il travaille la poterie. La poussière d'argile pourrait irriter sa gorge, chose que je ferai bien de lui dire s'il ne l'a pas deviné lui-même. Avec ceci en tête, je donne des instructions à l'humaine. Elle place de l'eau à bouillir, puis y met le fragment de racine que je lui tends.

Pendant que la décoction se fait, sa curiosité me pousse à lui expliquer et lui montrer la fabrication de certains remèdes. Je fais tout de même attention à n'utiliser que de petits échantillons. Cette réserve n'est pas la mienne, et je n'aimerais pas qu'un autre herboriste vienne se servir dans nos stocks, à la boutique. Attentif, je surveille la préparation, faisant rajouter un peu d'eau quand l'ébullition en ôte. Après plusieurs minutes, Rannie m'aide à filtrer la préparation, pour n'obtenir que le liquide, qu'elle place dans une gourde. J'ai à peine le temps de souffler qu'elle décide de reprendre mon bras pour me faire parcourir le chemin en sens inverse.

Lorsque nous parvenons une nouvelle fois à l'étalage, oncle Masaya ne parvient pas à cacher son amusement. D'ordinaire patient, je dois dire qu'être trainé ainsi ne me plait pas du tout. J'ai beau comprendre pourquoi je suis venu, j'ai la sensation d'avoir déjà le mal du pays. Je hausse brièvement un sourcil en réalisant que je préfère la compagnie d'êtres silencieux comme le milicien Tanigura plutôt que celle d'humains d'ici. Quand ces derniers se mettent à rire ouvertement, mon parent inclus, je me sens presque à part.

Sous ma capuche, je secoue vivement la tête.

(Allons, ce n'est pas le moment de repartir dans tes anciens travers, Kiyo'. Ce doit juste être la lassitude du voyage qui joue sur ton moral.)

Soit c'est cela, soit je suis plus ynorien encore que ce que je croyais. Après ma petite absence, je me rends compte que la plupart des regards sont braqués dans ma direction. D'ailleurs, oncle Masaya a un air quelque peu contrarié. Visiblement j'ai raté quelque chose, et je n'ai aucune idée de ce qui m'a été demandé. Un mince souffle s'échappe des lèvres de mon parent.

"Et c'est irrévocable ?"

"Malheureusement oui. Seuls les hinïons trouvent grâce aux yeux de cette famille."

"Tch ! Navré Kiyo', j'espère que la cérémonie ne sera pas trop longue. Je te dirais bien d'en profiter pour visiter la ville, mais apparemment les habitants n'apprécient pas trop ceux qui ne sont pas humains. Même moi j'ai l'impression d'être observé."

"C'est juste ton charme naturel, Masaya ! Haha !"

Je me concentre, tentant de recomposer ce qui a été dit auparavant. Je crois deviner qu'il me sera impossible d'assister à l'union de l'aînée de Marko, parce que je ne suis pas un humain. La remarque sur les elfes doit concerner la famille du futur époux. Quelque peu dépité, je demeure silencieux de longues secondes, puis décide d'acquiescer. Je ne me sens guère en forme, assailli par des pensées négatives. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu ce sentiment d'être rejeté, de devoir démontrer que je suis quelqu'un d'honorable. J'ai beau en comprendre les raisons, ma fierté est néanmoins blessée.

Tandis que je ne parviens pas à suivre la conversation des humains qui m'entourent, je perçois soudain une traction légère, presque timide, sur ma cape. Un regard par-dessus mon épaule, et ma contrariété s'évanouit en grande partie.

"Ouf ! C'est bien Kiyo' ! J'croyais que j'm'étais trompé !"

"Tohru ? "

Les autres personnes autour de l'étalage cessent momentanément de parler, observant l'enfant qui vient de me rejoindre. Le sourire innocent de mon interlocuteur me fait beaucoup de bien, et il n'hésite pas à garder ma cape en main, m'apportant sans s'en apercevoir un soutien dont j'avais rudement besoin. En quelques minutes, les présentations sont faites, et la jeune pousse fait sourire ses congénères. Gonflant le torse, mon interlocuteur ou interlocutrice, puisque je ne parviens toujours pas à déterminer son genre, se propose de me protéger le lendemain, pendant que nous visiterons la ville. Suite à cela, il adresse un signe à une femme relativement potelée, tenant un étalage face à celui de Marko. Cette dernière, à la longue chevelure blonde et tressée, sourit en retour à l'apothicaire.

Je suis ravi de sa proposition, songeant que j'ai besoin de m'éloigner un peu de tout cela. L'enfant tend son petit doigt, enserrant le mien en une promesse de se retrouver à cet endroit le jour suivant. Je redoute un instant que l'on se méfie de moi, parfait étranger se baladant avec un être jeune, mais le regard compréhensif et presque confiant de la femme me rassure. Faire partie des connaissances de Marko doit sans douter jouer en ma faveur.

J'esquisse un sourire. Tout dans ce séjour ne va peut-être pas se révéler désagréable, en fin de compte.


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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Dim 8 Mar 2015 21:29 
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Ah Bouhen, son bruit, sa vie, ses ruelles chargées. C'est mon élément, je me fond dans la masse, passe dans les ombres, derrière les échoppes du marché. Je me souviens du temps où je venais discrètement voler ma nourriture et parfois de quoi me vêtir. En y pensant, ça ne serait pas du luxe tant mes vêtements sont dans un état misérable, ainsi que de quoi me chausser, à mon âge je ne peux pas rester va-nu-pieds comme tous ces gamins qu'on était. Dans cette partie du marché, les marchands de tissus, de peaux, de vêtements sortent leurs plus belles pièces, sur les étals les plus exposés. Trop risqué, trop surveillé. Mon désavantage est mon aspect, je dois pour cela me faire ignorer et faire diversion. Attendre que le marchand soit en négociation d'un coté, le passage d'une charrette de l'autre et être rapide. Repérer d'abord ce qui m’intéresse, juger d'un coup d’œil sans s'arrêter, sans toucher, feindre l'indifférence. Puis passer à l'action, voir dérouler son plan d'abord sans anicroche, puis avec une petit dose de chance sans sortir sans dommage. Allons, avec l'habitude que j'ai, ça ne devrait pas causer problèmes...

Une échoppe attire mon attention, ils ont tout ce que je veux, à l'écart pantalon et haut, de l'autre coté des bottes en cuir souple. Juger de la taille en un clin d’œil est une science que je dois avoir, même s'il m'est arrivé des surprises dans le passé. Ce qui est bien après cinq ans, c'est que personne ne me reconnaît, mais pourtant moi je sais qui ils sont. Peu ont changés, ici c'est de père et fils et ça continuera ainsi tant qu'il y a aura de quoi vendre. Ne pas attirer l'attention, faire semblant que mes yeux sont au sol, mais toujours balayer le périmètre sans croiser un seul regard, jamais. Délicatement du pied je fais le tour de ma jambe à une cordelette qui tend une échoppe, comme je le faisais sur mes mats, je m'éloigne tranquillement en déroulant cette longue ficelle. Je sais qu'elle tient le auvent, et vu sa vétusté, ça sera ma diversion. Voila il est temps, un coup sec et crac l'avant-toit de l'échoppe dégringole, sans mal, sur un client. Toute l'attention est porté sur l'incident. Moi j'ai déjà disparu, je m’empare d'un sac de cuir et y fourre des bottes à ma taille. Un peu plus loin discrètement c'est le haut et le pantalon qui tombent dans le sac et je file dans une venelle adjacente déserte, une de ces caches de voleur connu par les habitués. Je quitte alors, à l'abri des regards, mes guenilles et je me vêtis de mes nouvelles emplettes... ainsi que des bottes, ce qui ne m'étais pas arrivé depuis quelques années. Sac sur le dos, bien habillé, je quitte le marché par des sentiers peu fréquentés pour me diriger vers l'endroit de mon enfance.


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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Jeu 28 Avr 2016 11:36 
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Ni le vent, ni les nuages menaçants, ni même la neige n'empêcheraient les habitués d'arpenter ce marché aux premières lueurs du jour. Les étalages de légumes, de fruits, de poissons frais, de viandes et de produits de la ferme sont les premiers à être assiégés par une drôle de danse. Bien qu'ayant l'air pressées, beaucoup s'arrêtent juste devant ou entre deux caravanes pour discuter les uns avec les autres, bloquant souvent le passage des suivants qui se contentent de marmonner, de les contourner avant de faire de même quelques mètres plus loin.
Un tumulte de discussions s'élève dans les allées, parfois rieuses, parfois inquiètes, souvent indiscrètes et accompagnées d'œillades et de mouvements de menton désignant telle ou telle personne.
Etrangement, dans cette partie du marché ni le fait qu'elle dépasse d'une bonne tête la quasi-totalité des habitants, ni sa race peu commune ne semble le centre des curiosités … bien au contraire, elle a l'impression d'être invisible tant leur routine matinale est encrée en eux.

De l'autre côté de la fontaine centrale s'installe cependant un tout autre monde. Sur des petites scènes faites de planches abîmées se forment des groupes aux habits colorés, un troupe de théâtre, à en juger par leurs atours et manières, est en train de s'installer tandis que des acrobates et bouffons s'amusent et amusent les passants.
Les comptoirs de marchandises fraîches et de fermiers sont remplacés par des artisans, travaillant le bois, le cuir ou la terre, des herboristes ou des fripiers et, au milieu de ces marchands attirant déambule un vendeur ambulant et sa petite charrette, proposant des friandises, des fleurs, quelques babioles souvenirs et des plans de la ville qu'il tient et remue d'une main ferme au dessus de sa tête. Le papier est de piètre qualité et le plan grossier mais l'essentiel y est, assure-t-il en scrutant l'elfe grise du dessous de son chapeau. Elle lui laisse quelques pièces de bronze dans la main en échange du plan et d'un bon morceau de nougat noir.

Ici, les discussions n'en sont plus aux petits potins domestiques entre dames devant une botte de poireaux. Elles se propagent de groupe en groupe et sont souvent politiques ou concernent la cité tout entière.
Maâra décide alors de s'installer au milieu de tout ce beau monde, sur un banc de pierre autour de la fontaine et étudie d'une œil distrait le plan de la ville, son ouïe entièrement consacrée au le tri et démêlage des conversations environnantes.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Jeu 28 Avr 2016 20:27 
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Le marcher devient vite oppressant. Tu as du mal à entendre au milieu du brouhaha et des vendeuses de poissons qui crient à tût-tête. Tu es bousculer d'un peu partout...

jet de chance : réussite critique !

Mais miraculeusement, tu arrives à dissuader tous les voleurs et même à écarter une main un peu trop aventureuse. Non content de cet exploit hors norme (un haut fait qui serait resté dans les annales du marcher de Bouhen si les malandrins savaient écrire), tu entends une vieille commère parlant de la "dame blanche", affirmant que celle-ci, qui hante les environs, annoncerait la mort du comte...

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Ven 29 Avr 2016 12:50 
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Le temps passe, le soleil prend son envol et transperce les nuages chassés par un vent changeant. Et avec ce soudain changement climatique en vient un autre directement lié : celui de la densité de population sur le marché.
Comme si toute la ville s'était donné rendez-vous ici-même, attirée par la musique et les chants.

Très vite l'endroit calme où elle était assise fluctue en un entassement pêle-mêle de dames en robe longues dont le bas traine sur la terre guère sèche, des hommes aux chausses à peine plus propre et aux étranges cordes attachées à la ceinture qui passent par-dessus leur épaules, d'enfants au nez et à la bouche crottés qui suivent tant bien que mal leurs génitrices en les tenant du bout des doigts … sans parler d'animaux sans cesse plus nombreux qui se précipitent sur le moindre objet qui tombe des sacs, poches ou présentoir et s'écharpent entre eux

Une densité et une atmosphère qui prennent doucement l'ascendant sur la volonté de Maâra.
"Cherchez de votre côté, je chercherais du mien" Pourquoi diantre a-t-elle accepté ? Seule parmi des humains dont elle ne sait rien. Comment leur parler, comment les regarder, comment les comprendre. Ils sont tellement petits, disgracieux, brusques, bruyants, impulsifs, et tout le temps trop …

((Trop quoi ?
- Trop, juste trop. N'importe quel adjectif peut être précédé de trop quand je pense à ce qu'ils sont et font.
- Faut les comprendre … ils vivent pas longtemps, ils n'ont pas le temps pour relativiser. ))

Les vendeurs à la criée poussent maintenant des hurlements ; bien loin des ritournelles du début de journée ; afin d'être entendus de toujours plus loin, toujours plus fort, et si possible mieux que le vendeur à quelques mètres. Si elle a pu se concentrer sur quelques conversations anodines et sans grand intérêt, si ce n'est l'amusement de son Faera pendant la première heure, elle ne perçoit maintenant qu'un bourdonnement corrosif résonnant jusque dans ses dents.

Et encore, s'il n'y avait que cela.

Avec la cohue, son espace devient de plus en plus restreint et finit par ne plus lui appartenir du tout et comme tous ceux assis sur les bancs de pierres autour de la fontaine, elle se relève brusquement afin de ne pas finir écrasée par une masse informe et crasseuse ou des roues boueuses. Sa grande taille, son humeur maussade, son regard sombre lui évitent cependant la visite de quelques fumistes malandrins, du moins pendant un temps. A plusieurs reprises, en relevant les yeux vers une foule de plus en plus compacte, elle a croisé des regards surpris, des personnes soudainement intéressé par leurs pieds, quand elles ne lorgnaient pas par-dessus son épaule en secouant nerveusement de la tête.
Lorsque, n'en pouvant plus de l'oppression de la foule, elle décide de s'en échapper et rejoindre la sortie de la ville, elle bouscule violemment un jeune homme entre deux âges bien trop prêt d'elle à son goût, le bras encore suspendu à l'intérieur de sa cape. D'un mouvement vif elle attrape son poignet et le soulève à hauteur d'yeux. Les yeux du jeune homme s'écarquillent face à ceux brusquement en mouvement de Maâra et tente en vain de retirer sa main de la poigne de la Sindel. Un mouvement agite la foule. Plusieurs silhouettes déjà plus que discrètes au demeurant, se volatilisent comme par magie, chacune d'elle cependant semblent se tourner une seconde vers le duo.
La foule toute proche d'eux émet une sorte de hoquet commun, comme si l'elfe venait d'arrêter à main nue un carreau d'arbalète. Face à l'inconfort d'être soudain le centre des attentions, elle toise l'humain avec une insensibilité bien à elle.


- Il n'y a que de la poussière au fond de ces poches, disparaît ! Rajoute-t-elle en le relâchant.

Le voleur ne se fait pas prier et à peine un clignement d'œil plus tard, il n'y a que du vide autour de Maâra, un vide intense et total car la stupeur des témoins s'accompagne d'une sorte de lourde chape de silence gênant.
Maâra s'en détourne aussitôt et … providence, hasard ou destin … passe au même instant dans le dos d'une femme d'un certain âge, petite, rabougrie et bavarde. Bavarde et bruyante ; mais pas au point d'être entendue par Maâra s'il n'y avait pas eu ce soudain silence de stupéfaction derrière elle.

L'humaine parle d'une "Dame Blanche", un mythe qui traverse les âges et les continents qui fait bien souvent référence à une femme, qu'elle soit sorcière, annonciatrice de mort ou fantôme ; et qui dans chaque histoire hante un lieu, comme ce mythe des lavandières lu dans un livre qui réclament de l'aide à travers leurs chants et se vengent de qui le fait de mauvaise grâce.
Selon l'humaine, leur Dame Blanche hante les environs et annonce la mort du Duc. Une annonciatrice de mort …

- Grands Dieux, s'exclame Maâra d'une voix chevrotante en passant à côté de la vieille dame. Le comte de Bouhen en personne ? L'avez-vous vu Madame, la Dame Blanche ?

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Ven 29 Avr 2016 13:02 
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La vieille dame semble ravie de trouver quelqu'un qui lui prête attention. En quelques minutes tu sais tout de Maturine et de sa famille, notamment du cousin de la sœur d'un amis qui connait un bucheron qui aurait vu la dame blanche dans les bois, alors qu'il rentrait particulièrement tard. Hélas, tu n'en tireras aucune autre info. Pour tout dire, tu es en grand danger de mourir d'ennui sous le flot ininterrompu de paroles décousues.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Sam 30 Avr 2016 10:05 
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La réaction de l'humaine ne se fait pas attendre. Son ravissement certain d'avoir trouvé là une personne intéressée par son récit ne la rend guère curieuse quant à la race de la nouvelle venue. De ses précédents auditeurs, un petit nombre se reculent discrètement avec un léger sourire au coin des lèvres que les deux femmes ne repèrent pas ; heureux quant à eux de profiter de la candeur de la grande elfe pour finalement s'éclipser.

De sa vie de recluse monastique, Maâra n'eut pas l'occasion de croiser ces personnes que d'aucun nomment commères. Cela est maintenant chose faite et à bien des égards elle ne semble pas s'en plaindre, malgré l'extrême vivacité de son Faera pour lui faire saisir à quel point elle perd son temps et en quoi poser plus de questions à cette dame est une grave erreur.
Mais il semble qu'en fin de compte la patience de la Sindel, entre autre, ne soit pas calibrée comme pour la plupart des Yuimeniens. Le mutisme du serviteur de Gaïa, bien que poli et sans aucun doute loin d'être mal intentionné, a plus élimé son endurance que le flot constant, décousu, hors de propos de la vieille dame.
Elle écoute chaque parole avec un zèle incompréhensif, allant même jusqu'à lui poser une question sur sa famille avant d'en revenir au sujet initial afin d'entretenir le feu babillard de l'humaine.

Pour au final, ne pas apprendre grand-chose ; ou tout du moins sur le sujet qui l'intéresse. Elle sait tout de la volubile Maturine, car tel est son nom, de ses enfants, de son premier mari mort en mer, son second, plus âgé et ami de la famille lui aussi veuf d'un premier mariage ; de sa passion pour la couture et la confection de chapeau, de sa vie de fermière après ses secondes épousailles, des métiers de ses enfants … mais surtout d'un certain bucheron dont elle n'arrive cependant pas à avoir le nom, qui aurait aperçut la Dame Blanche dans les bois un soir qu'il rentrait plus tard que d'ordinaire. Un fait dont la source même ne semble pas choquer Maâra ; car la vieille dame ne connait pas l'homme en question mais il en aurait parlé au cousin de la sœur d'un ami proche avec qui elle partage cette passion pour le babillage et les craintes quant à la véracité de l'histoire.

Maâra remercie chaleureusement Maturine pour l'agréable moment passé ensemble et l'aide inestimable qu'elle vient de lui fournir quant à ses recherches.


((Comment ça inestimable ??
- Oui. Je n'ai pas encore pu vérifier tout cela, mais c'est toujours mieux que rien, non ? répond une Maâra pleine de ressort, visiblement contaminée par l'engouement de l'humaine.
- Mais t'as rien ! Rien que des ragots de quatrième zone, tu sais à quel point une histoire change à chaque intermédiaire ?
- Oh, pardon, au temps pour moi, rajoute l'elfe en reprenant les mots du Faera. Je devrais sans doute me fier aux informations de l'érudit planqué dans son temple, il sait forcément mieux de quoi il parle qu'une dame un peu bavarde.
- UN PEU !?! ))

Laissant l'exténué Faera de côté un instant, elle se retourne vers l'humaine après avoir fait quelques pas pour lui demander une dernière chose, se souvenant que le bucheron avait aperçu la dame blanche dans les bois.

((Mais t'es folle !))

- J'ai entendu dire qu'un vieil homme un peu excentrique et difficile d'approche vivait dans la forêt. Vous devez surement avoir votre petite idée pour l'amadouer, peut être a-t-il vu lui aussi la Dame Blanche, qu'en dites-vous ?

((Qu'en DITES-vous !! Tu le fais exprès ?
- Oui.))

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Sam 30 Avr 2016 10:40 
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L'après midi est déjà bien avancé quand tu en as fini et ton ventre gargouille. Sans entrer dans les détails, voici ce que tu as appris : Il y a en effet un vieil homme dont certains disent qu'il maîtrise la magie. Il se nomme Ekitus et les gens préfèrent l'éviter à cause de toutes les légendes qui courent sur lui, comme quoi il mangerait des enfants, participerait à des rituels maléfiques et mettrait ses chaussettes à l'envers pour éloigner les mauvais esprits... et voilà.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Lun 29 Aoû 2016 22:04 
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[Début]


Arolde était arrivé au marché pour faire le plein d'ingrédient pour son père. Le marché était particulièrement bruyant à ce moment de la journée. Certaine vendeur de fruit criais a tue-tête qu'ils avaient les plus fraie ajoutent de la puissance au brouhaha ambiant. Les personnes cherchant à se déplacer peinait à se frayer un chemin parmi la foule dense. Après plusieurs minutes de déambulation et plusieurs négociations, Arolde arriva devant une vieille dame qui vendait des sortes de petites babioles qui auraient pu intéresser son père. Elle avait une chevelure blanche légèrement grisée et des yeux gris ardoise. Elle portait une robe verte émeraude qui contrastait avec l'aspect négligé de sa coupe de cheveux. Son étale était assez petite en comparaison des autres marchant que l'on trouve habituellement au marché. Arolde eut à peine le temps de prendre une inspiration pour sortir une première phrase que la dame le coupa:

"Arolde est que c'est toi ? Tu as tellement changé. Cela doit faire des années que je n'ai plus eux l’honneur de voir ce regard."Articula-t-elle d'une voix cassée.

"Comment connaissez-vous mon nom ?"Répondit-il d'un ton assez confus.

"Je me suis, occupez-vous plus petit. Votre regard n'a ne pas changé depuis et je n'oublie jamais un regard. Mais laisse moi contempler vos yeux de plus près."

(Mais qu'est-ce qu'elle a avec mes yeux.)"Mais cela veut dire que vous avez connus ma mère."

"Je l'ai bien connu, Oui ! Mais cela fait de longues années que je n'ai plus eux de ces nouvelles. Elle est partie du jour au lendemain sans ne laisser aucune trace."

"Vous ne savez donc pas ou elle se trouve?"

"Mal heureusement non. Les dernières paroles que j'ai eux de sa part étaient qu'elle avait besoin de prendre du recul sur le monde. Probablement un problème avec votre père."

"Ah! Merci quand même."Dit-il d'un ton assez déçu.

"Mais vous allez quand même m'acheter quelque chose! Si vous me laissez regarder vos yeux, vous aurez une ristourne."Réplicat elle sur un ton de vendeur.

(Elle me fait peur avec mes yeux.)

Arolde lui acheta quand même, une sorte de petite statuette représentant une sorte de créature aillée lui rappelle étrangement un ancien souvenir...

Il se trouvait dans la forêt de Bouhen et était perdu. La noirceur de cette forêt commençait à s'intensifier due à la tomber de la nuit. Les arbres prenaient une apparence de plus en plus effrayante. Arolde commençait à se dire qu'il n'allait peut-être pas revenir de cette petite expédition. Il regrettait le fait de ne pas avoir écouté son père qui lui avait dit de ne pas y aller pour trouver cette plante rare. Il pouvait presque sentir le poids des regrets sur sa nuque. La zone dans laquelle il se trouvait était très dense et contrastait avec le reste de la forêt. Le tapis feuille au sol semblait également devenir de plus en plus étrange. Une créature s'éleva du sol a quelque centimètre de l'endroit où il se tenait. C'était un mâche-pied ! Il en avait déjà vu dans les encyclopédies de son père. La créature avait commencé à s'attaquer à sa jambe. Arolde dégaina aussitôt son arc et tenta de lui décocher une flèche qui malheureusement se planta à côté. La plante lâcha tout de même prise et s'éloigna légèrement. La jambe d'Arolde était dans un sale état. Il réussit quand même à surpasser la douleur et décocha une seconde flèche qui se planta sur sa cible, mais elle n'était pas encore au tapis. Elle s'apprêtait à lancer un second coup de mâchoire qu'il réussit à parer de justesse. Il tira la dernière flèche qui la tua. Arolde arracha le cristal de la créature et le brandi dans le ciel telle un trophée.
Il avait beau réussis à terrasser cette plante il était toujours perdu. Quand l'espoir de retrouver la civilisation était presque entièrement envolée, une dernière lueur d'espoir se fit plus intense dans le ciel étoiler. Il vit une sorte de créature dans le ciel, elle resplendissait de mille feux. Il l'a suivi dans la forêt essayent de ne pas la perdre de vue. Après plusieurs minutes de marche avec une jambe ensanglantée, il revint enfin à la ville. Quand il regarda à nouveau dans le ciel, la créature avait disparus.

Une main baladeuse le fit sortir de sa rêverie. Il remarqua que le ciel commençait à se couvrirent et à devenir de plus en plus menacent. Il était temps de rentrer pour Arolde, mais après avoir appris de nouvelles informations au sujet de sa mère, il était déterminé à avoir des explications de la part de son père.

[Suite dans les rues]

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Sam 18 Fév 2017 21:06 
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La place se vidait lentement et seul quelques mendiants patrouillaient à la recherche d'une caisse oubliée ou d'un sac abandonné. La nuit tombait vite mais la luminosité me permettait encore de bien me repérer. Je passais au milieu des étals vides où la nourriture et les objets de toutes sortes devaient être abondants la journée. Les rares passants ne faisaient pas attention à moi et seuls quelques mendiants m'adressèrent la parole afin de négocier quelques yus. Malheureusement pour eux, je préfère économiser ma petite fortune acquise au terme de nombreuses parties de cartes. Traversant la grande place, je repensais à ces jeux auxquels je prenais part dans mon ancien village.

Je suis assis devant une table, la partie est bien avancée et je ne devrais pas tarder à battre mes 4 adversaires assis à mes côtés. Mon jeu n'est pas terrible. La carte bien cachée dans le replis de ma manche va encore une fois devoir agir afin d'assurer ma victoire.
Les règles du jeu ne sont pas très compliquées. Trois cartes dans la main de chaque joueur, six cartes sont tirées sur le dessus du paquet et le joueur ayant la plus grosse combinaison remporte les paris des autres joueurs.
Les paris de cette manche sont relativement élevés et perdre reviendrait à abandonner la moitié de mes économies. Profitant d'un moment d'inattention de mes adversaires j'échange une carte de mon jeu avec ma carte dissimulée. Les tours s'enchaînent et je remporte sans surprise la manche sous les insultes de mes adversaires dénonçant un subterfuge. Les événements s'accélérant tout à coups, les cartes se mirent à s'envoler autour de moi, tirant mes vêtements dans tous les sens.


Réagissant brusquement, c'était finalement un pickpocket qui me tirait de mes pensées en fouillant de manière très indiscrète l'unique poche située sur la gauche de ma tunique. Me retournant afin de faire face à ce voleur de rues, je me retrouvais face à un individu de taille moyenne emmitouflé dans une tenue sombre qui m'empêchait de distinguer autre chose que son visage. Son teint blafard contrastait de manière inquiétante avec son regard qui, malgré sa couleur noire ressortait étrangement dans l'obscurité. L'action se déroula très rapidement et je ne dû ma survie qu'à mon entraînement au combat.
Le voleur de rues saisit son couteau d'un geste rapide et fluide avant de le diriger vers mon abdomen. Mon bâton de marche bloqua le coups au dernier moment et d'un mouvement répété de nombreuses fois dans mon enfance, j'enfonçais mon bâton dans sa poitrine. Le souffle coupé par cette riposte, il ne pût éviter le second coup qui l'emmena directement vers le sol. L'affrontement n'avait pas duré plus de deux minutes et l'assaillant était allongé au sol mis KO par ce coups. Je décidais de récupérer la sacoche, contenant sûrement le butin de ses précédentes victimes en compensation.

"C'est toujours ça de pris" Dis-je à vois haute ramassant le petit sac sans en fouiller le contenu.

Je regardais une fois encore la silhouette au sol.

(Il ne mérite pas de finir en prison. Les habitants de cette ville semblent pour la plupart pauvres et cherchent simplement à survivre.)

Ne souhaitant pas effectuer d'autres rencontres dans ce style, je pressais le pas vers l'auberge laissant le corps assommé derrière moi.
J'arrivais enfin en face de la bâtisse. Faite de bois et de pierres taillées, le résultat était élégant et se distinguait des autres bâtiments. Une pancarte visible et propre annonçait le nom de l'auberge.

(L'auberge de la vieille Paulette, enfin... )

Bien décidé à me trouver un endroit ou passer la semaine, je poussais la lourde porte en bois pénétrant ainsi dans l'auberge, laissant derrière moi la vie nocturne de Bouhen.

Partie suivante

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Lun 23 Oct 2017 17:41 
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Le marché de Bouhen battait son plein. Juste après l’aube, alors que la plupart des marchands s’installaient, il y avait eu quelques averses. Mais, peu à peu, le soleil était apparu pour sécher le sol détrempé.
Je trainai sur le marché au cas où quelque chose pourrait potentiellement m’intéresser. Le capitaine nous avait donné rendez-vous au zénith et il me restait une bonne heure avant de devoir rejoindre le navire. La nourriture composait l’essentiel des étals, mais des vêtements et des armes étaient aussi vendus. Sans y trouver quoi que ce soit qui m’intéressait, j’arrivai dans la partie du marché qui faisait office de foire. Des bouffons et des sorciers de bas étage divertissaient la foule, tandis que des voleurs de rues débarrassaient les spectateurs de leurs bourses trop lourdes. Mon odorat m’entraina devant un stand ou des cochons grillaient sur un feu, empalés sur des broches. J’optai pour une part de lard grillé entre deux grosses tranches de pain afin de ne plus entendre les grondements incessants de mon estomac. La viande n’était pas des plus tendres, mais je fus surpris des qualités gustatives de celle-ci. Ce repas allait au moins avoir le mérite de me tenir au corps jusqu’au soir.
Après avoir passé encore un peu de temps à me promener et à observer les différentes animations, je me dirigeais enfin vers le port afin de rejoindre le navire.

Partie suivante

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Dernière édition par Hertann le Lun 23 Oct 2017 18:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Bouhen
MessagePosté: Lun 23 Oct 2017 18:23 
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J’étais partis de mon côté, retournant sur le marché où j’étais la veille. Je fus surpris de ne pas y trouver autant d’étals que la dernière fois. Un énorme tas de planches de bois était posé au centre de la place, juste à côté de la fontaine. Je me remémorais alors les différentes affiches que j’avais pu observer et me rappelais les exécutions qui devaient avoir lieu.
Trainant sur ce marché que je n’avais pas pris le temps de fouiller en détail la dernière fois, je recherchais tout ce qui pouvait nous être utiles pour effectuer un cambriolage. Ne me focalisant pas sur toute la nourriture venue des quatre coins de Nirtim, je découvris mon bonheur chez un petit marchand dans un coin de la grande place. Différentes tenues sombres étaient entreposées sur une longue table de bois, derrière laquelle se tenait le vendeur.

"Bonjour, j’ai besoin de trois capes. Elles doivent être de couleur sombre et posséder un capuchon."

Grand et barbu, le vendeur ne paraissait pas très bavard. S’approchant de moi, il me tendit trois capes qui correspondaient à ma demande.

"Ça fait trente Yus."

Ne désirant pas faire durer la vente plus de temps, je m’empressais de sortir la somme correspondante afin de régler l’homme et le quitter au plus vite.
Je possédais maintenant des tenus qui nous permettront d’être discrets lors du cambriolage. J’avais bien évidemment fait attention de prendre une taille très petite pour Syraèl.
Une corde pourrait aussi nous être utile mais il y’en avait surement sur le navire. Tout en réfléchissant, j’avançais dans le marché à la recherche de tout autre achat potentiellement utile.
J’eus l’agréable surprise de tomber sur un étal vendant des jambes de bois. Archibald serait heureux d’en posséder une, lui qui perdait espoir de pouvoir remarcher un jour. Je décidais de d’en acheter une de la meilleure qualité possible, espérant lui remonter le moral. Composée d’une base en fer, la jambe était décorée par des motifs en bois qui la rendait à la fois esthétique et solide. Fier de mon achat, je décidais de continuer à explorer ce marché qui me réservait décidément de nombreuses surprises.
Ne trouvant rien d’intéressant, je décidais d’observer les différents tours d’un magicien de rue qui divertissait les enfants. Il faisait disparaître des cartes, les faisant réapparaître derrière les oreilles de ces derniers.
Le temps passait rapidement, et l’heure de la réunion approchait. Après un dernier achat constitué d’un pied de biche, je m’empressais de rejoindre le navire espérant que les autres membres de l’équipages avaient été plus productifs que moi.

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