L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Mer 31 Oct 2012 20:02 
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Le soleil brillent de mille feux, perché haut dans le ciel en ce début d'après-midi. Ses rayons m'insupportent quelque peu un instant, le temps que mes yeux s'habituent à la clarté ambiante. Posté sur le pallier de l'orphelinat, je scrute la rue de mon regard neuf. Je ne me rappelais pas l'effervescence de la ville, que pourtant, j'arpentais régulièrement dans les limbes. Être entouré d'autant de personnes "réelles" me dérange. Je ne me sens pas à l'aise au milieu de tout ce monde. En face de moi, de l'autre côté de la veine, un petit étale de fruits et légumes s'est monté. Le marchand, un petit homme trapu au ventre rebondi, s'occupe à arranger ses marchandises. J'avance d'un pas et pénètre dans le flot de la foule. Une fois dans le groupe, je progresse dans la cité, ne recherchant rien de particulier, si ce n'est me réhabituer au monde présent. Soudain, la puanteur de la ville me monte aux narines. En effet, cela me rappelle des souvenirs, mais je m'en serais bien passé. Je m'imagine un moment, adolescent, arpentant les ruelles d'Exech en compagnie d'Andy, parfois accompagné d'Elena. Perché dans ma nostalgie, je me retrouve rapidement dans le cœur de la cité, sur la place. Elle est bondée. Je ne m'attarde pas sur les quelques marioles exécutant leurs tours, faisant des acrobaties, ou encore crachant du feu. Non, je suis dans un état de suffocation avancé. Tout ce monde autour de moi m'oppresse. Il fut pourtant un temps où j'arpentais cette place dans un tout autre but que le tourisme. Je me revois un instant, fourrant ma main dans une poche ou glissant une pomme d'un étalage dans ma sacoche. Le vol était ma spécialité. Je suppose qu'il l'est encore d'ailleurs. Ma dextérité passée n'est peut-être pas révolue.
Tout à coup, mon regard se porte sur l'estrade surplombant la place. Mes yeux fixés, occupés, je me sens mieux. Je ne perçois plus vraiment le monde qui m’entoure et mon pouls se calme, ma vue légèrement troublée reprend sa précision habituelle. Le calme et la sérénité reviennent.
Comme la plupart des gens sur la place, je contemple le bourreau se préparer et deux miliciens apporter un homme jusqu'au gibet. Juste au dessus de la trappe, une corde nouée pend, remuant légèrement dans le vide au gré des à coups du vent, attendant sagement sa victime. Rapidement, celle-ci est placée, prête à l’exécution. Un humain de taille moyenne, robuste, le teint clair et les cheveux noirs. La foule s'agite, discutant entre elle et attendant la sentence. Pour eux, il ne s'agit là que d'un spectacle quelconque. Un divertissement dans leur vie monotone et ennuyeuse. Pour moi, c'est bien plus que cela. Un rappelle à la dure réalité de la vie. Le bourreau ne se fait pas attendre, pose sa main sur une manette et tire. La trappe ouverte, le criminel - qui n'a peut-être rien fait pour vraiment mériter ce titre – chute, se débat, jambes dans le vide, essayant de trouver un appui. C'est peine perdue. Néanmoins, la place est immédiatement chamboulée. Les gens se bousculent, crient, s'enfuient ou, pour les plus téméraires, se reculent légèrement et admire la scène. Une troupe d'hommes armés jusqu'aux dents s'infiltre et gagne rapidement la potence. L'un d'eux s'écrit vivement "On arrive Capt'aine ! Tenez le coup !". Des pirates sans doute. Une bonne dizaine. Les miliciens ripostent, fonçant dans le combat. D'autres viennent les rejoindre en un instant et l'affrontement commence. Pour ma part, je reste là, sans bouger, admirant le spectacle. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux m'en détourner. Les lames pénétrant dans les corps, le sang jaillissant à flot, les hommes tombant au sol, et le capitaine, toujours dans le vide, vacillant légèrement, mort. Une minute passe sans que mon corps ne bouge, mes yeux rivés sur le combat qui est en train de se jouer. Soudain, je suis chahuté. Elena me secoue vivement.

"Bouge ton cul ! Bouge Rayd, on s'en va ! Viens !"


Je la suis immédiatement, sans réelle conviction. Je suis complètement perturbé. Je crois. Elle me tire par le bras sur tout le trajet jusqu'à l'orphelinat, me ramenant rapidement à la réalité. En la suivant, je remarque ses courbes généreuses. Son fessier bombé enrobé dans son pantalon moulant noir, sa poitrine assez volumineuse ballottant à chacune de ses enjambées maintenue par son corsage tout aussi sombre, ses hanches bien plus larges qu'auparavant dévoilant un ventre plat et gracieux, ses longs cheveux d'argent descendant jusque dans le bas de son dos. Sa féminité est apparente. Aucun doute, elle est devenue une femme. Une belle femme. Je ne l'avais pas remarqué jusqu'à ce jour. Mais maintenant, je la trouve attirante. Néanmoins, sa façon de parler et de se comporter est moins élégante. Elle s'adresse à moi, à la fois énervée et inquiète, d'une voix rapide et au ton réprobateur.

"T'es malade ou quoi ?! Tu veux te faire tuer c'est ça ?! Tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant, tu t'en fou ?! Trois ans à s'occuper de ton corps inerte, à garder espoir devant ta dépouille, à pleurer chaque nuit en attendant ton retour..." Elle se tait à peine sa phrase finie, se rendant compte qu'elle en avait trop dit.

"Tu as pleuré, pour moi ?"

"Oublis ! Rentre, j'ai des trucs à faire, je reviens plus tard."

Elle me laisse là, sans une once d'explication, devant la porte de l'orphelinat et s'en va, emportée par la foule. Mais mes soucis sont tout autre. J'ai encore l'esprit embrumé par ce que j'avais vu sur la place publique.
Je passais donc le reste de l'après-midi à ruminer mes pensées, sur l'incident des pirates, sur les paroles d'Elena, et aussi un peu à imaginer son corps svelte et attirant. J'imaginais aussi la réaction d'Andy, si elle savait que sa sœur ne m'était pas indifférente. Aurait-elle de belles paroles comme "Je ne suis plus là maintenant mon cœur, refais ta vie et soit heureux..." ou bien me rétorquerait-elle plutôt "Touche pas à ma sœur mon salaud !".
Une chose reste certaine. Andy a disparut, je suis maintenant seul, mais j'ai déjà fais mon deuil. Les trois années passées dans mon monde parallèle m'ont permis de me protéger de la douleur de sa perte. Mais une fois revenu dans le présent, j'ai accepté celle-ci. Autre chose est sûre, je suis un homme. Et un homme a besoin d'une femme - ou de plusieurs – à ses côtés – ou dans son lit. Je ne peux donc pas rester constamment dans le passé d'un amour perdu. Mais rien ne dit que Elena puisse ressentir quoi que ce soit pour moi. De plus, c'est bien connu. Les femmes, sauf celles que l'on paie, ne font rien sans sentiments quelconque. Ça peut paraître étrange pour un homme, pas pour une femme. Perdu dans des pensées autrement plus compliquées que l'assaut d'un équipage sur les milices d'Exech, je reste là, jusqu'au soir.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Ven 31 Mai 2013 03:36 
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Sans surprise, je n'avais pas retrouvé mon épée.

Et à vrai dire, je m'en contrefichais.
Pour le moment j'arpentais tranquillement les rues, perdu dans la masse de badauds tout en me donnant l'air le plus "citoyen" possible (même si cela impliquait d'ordinaire une démarche patibulaire et agressive, un couteau dans chaque main).
J'avais ce coup-ci emprunté un chemin différent de la dernière fois, passant par des ruelles que ne couvraient pas mes rondes du temps où j'étais milicien (afin d'éviter de tomber sur d'anciennes connaissances, ce qui serait vite problématique pour ma longévité): j'avais ainsi donc débouché sur le quartier des marchands, dans des ruelles largement éclairées qui embaumaient les odeurs de friture et de poiscaille...
La vie à Exech ne connaissait ni couvre feu, ni lever du jour: il y avait autant d'actifs la journée que la nuit, rendant certains quartiers invivables en raison du vacarme continuel qu'ils engendraient.

Pour l'heure, j'évoluais au milieu des ouvriers qui s'en revenaient chez eux, achetant au passage un "coupe-faim" le temps de rejoindre leurs familles... En effet, les rues étaient parfois tellement encombrées qu'on en perdait des heures entières pour parvenir à ne serait-ce qu'en sortir... et un véritable commerce s'était mis en place autour de ce phénomène, les marchands vendant aux riverains coincés entre les charrettes divers produits; du vulgaire pain fourré à la viande bon marché (en gros, celle dont la provenance restait obscure) en passant par les lamelles de volaille rôtie et ce, sans oublier la bière.
Dans mon cas, je mâchonnais paisiblement un... "truc" que m'avait fourgué un colporteur pour une somme modique, et force était que constater qu'en dépit du prix, la chose n'était pas dégueulasse, presque... bonne. Je supposais qu'il y avait du fromage à l'intérieur, même si je ne pouvais l'affirmer.

Toujours était-il que j'avançais à mon rythme vers le port, mon sac sanglé sur le dos, mon armure soigneusement rangée à l'intérieur, le tout en étant en proie à une sérénité aussi soudaine qu'inhabituelle... On partait.

Quelques risques subsistaient toutefois: la milice qui rodait, une possible trahison du nain qui allait nous transporter... Mais bon, rien d'insurmontable hein?

C'est donc avec un rictus de contentement plaqué sur le visage que je m'en descendais vers le port, persuadé que ma chance tournait enfin.


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Finalement le mieux dans un combat, c'est quand on est pas impliqué.







a beaucoup aimé ce passage du blabla: an epic time qui prend fin page 13366!


Dernière édition par Vilnish le Sam 21 Mar 2015 00:04, édité 6 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Dim 4 Aoû 2013 17:47 
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Je pouvais entendre le bruit des pas de la petite troupe de milicien qui me coursait dans les rues d'Exech. Je venais de tourner à côté de la boutique magique de la ville, il était hors de question pour moi de les diriger vers l'entrée des catacombes, sinon ils pourront imputer ce crime à mes semblables. Si je devais m'en sortir, je ferais accuser un des 4 autres clans.

Je connaissais suffisamment les rues dans le coin pour savoir qu'elles recelaient de nombreux secrets, de nombreux recoins et de nombreuses zones ombragées qui me permettraient de m'y cacher aisément. Encore fallait-il que j'y arrive sans encombre et sans que les miliciens à mes trousses ne me voient tourner.

J'allongeais donc le pas, allant jusqu'à avoir une pointe au côté, puisant dans mes réserves pour mettre de la distance entre mes poursuivants et ma petite personne. Précipitamment, je tournais au coin d'une rue avant de tourner de nouveau pour me retrouver dans un cul-de-sac. Pour moi c'était quitte ou double. Soit j'arrivais à garder profil bas le temps que les chasseurs perdent la trace de leur proie, ici moi, soit il me trouvait et j'étais dans de beaux draps.

Je n'avais pas de connaissance concernant le panthéon de Yuimen mais je me mis à prier intérieurement le dieu de la chance pour que son pouvoir soit avec moi, si dieu de la chance il y avait sur cette terre. Je me mis à couvert derrière un tonneau de vin, la main sur ma dague en cas de pépin. Je vis alors le petit groupe de miliciens qui me poursuivait passer devant la ruelle où je me trouvais.

Je soufflais un grand coup venant de l'échapper belle. Je me collais contre le mur et glissais pour me retrouver les fesses sur le sol. En tombant, je fis tomber une caisse de bois qui se trouvait à côté du tonneau et ce fut le moment où un milicien arriva à la hauteur de ma planque. Aussitôt il tira son épée complètement essoufflé et regarda dans ma direction avant de tourner la tête vers l'endroit où venait de tourner ses confrères.

- "Les gars, elle est là notre voleuse !"

Il s'époumona mais rien, aucun bruit de pas qui revenait en arrière. Il était seul, tout seul contre moi et surtout il me barrait la route.

- "Viens là ma petite, je ne te veux aucun mal."

Mais bien sur ! Et les putes du Serpent Rouge vont te faire une gaterie ! Vu ta tête ça m'étonnerait ! M'enfin, j'allais devoir me battre plus tôt que je ne l'aurais cru...

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Dernière édition par Katerine le Lun 5 Aoû 2013 12:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Dim 4 Aoû 2013 21:41 
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Je n'avais aucune autre alternative à part le face à face avec le milicien. Petite analyse rapide de la situation. J'étais dans un cul-de-sac, il fallait que je l'y attire de manière à ce qu'il n'alerte personne dans la rue mais d'abord rapide coup d'oeil vers lui afin de regarder son attirail. Hum, et bien, il ne devait pas être milicien depuis bien longtemps, il ne portait que son épée, une paire de poignets en cuir et un plastron au couleur de la ville.

Bien, ça n'allait pas être de la tarte mais j'avais ma chance à cause de l'exiguïté de notre champ de bataille et surtout grâce à tout ce qui trainait dans le coin. Je pourrais aisément me servir de toutes ces caisses empilées en ma faveur, espérons simplement que ce milicien ne pense pas comme moi, sinon ce serait la fin des haricots.

J'entendis des pas, le milicien s'avançait vers ma position, parfait, il était suffisamment stupide pour s'aventurer en terrain glissant.

- "Allez montre-toi sale petite voleuse !"

Voilà que nous passions aux insultes, bon il était temps de lui montrer de quoi j'étais capable. Je me levai et m'avançai tranquillement, ma dague bien en main et me positionnai en face de lui.

- "Ainsi c'est de ta faute si j'ai couru pendant 10 bonnes minutes dans les rues. Tu es bloquée, rends-moi ce que tu as volé et j'oublierai que je t'ai vu."

- "Jamais !"

Je changeai ma prise sur la lame, la mettant en position défensive, avant-bras devant moi, poignard vers l'extérieur, vers le milicien. Ce dernier ne comprenait pas trop que je veuille me battre. Il devait se sentir bien supérieur à moi avec son épée, c'était là sa première erreur. Il s'avança vers moi dans une sorte d'attaque à l'estoc mais je l'avais vu venir. Je me décalai légèrement sur la droite afin d'éviter la lame et tentai de contre-attaquer dans la foulée mais le milicien se recula pour éviter ma dague.

Un partout, balle au centre. J'étais vive mais il n'était pas trop mal non plus. Et maintenant, tentons autre chose. D'un coup de hanche, je fis tomber la caisse la plus haute sur ma droite puis d'un coup de pied, je la dirigeai dans sa chute vers mon adversaire qui se prit le projectile en plein ventre. Il se plia de douleur sur le coup et je tentai de nouveau d'en profiter pour terminer ce combat mais il était malin voir rusé car il garda néanmoins son épée à hauteur et bloqua ma lame.

Nous étions bloqués lame contre lame et le jeune homme revint à la situation à ce moment précis. Il impulsa un mouvement vers l'avant, rapprochant sa lame de ma tête et par la même occasion sa petite personne.

- "Abandonnes !"

- "Je n'abandonne jamais !"

- "Ce sera donc une première."

Il serra les dents et me poussa encore plus fort, me désarmant et m'envoyant en arrière dans une magnifique glissade sur les fesses. Il jubilait je pouvais le voir sur son visage et moi je ne ressemblais plus à rien. Le milicien avança doucement vers ma position, levant sa lame avec la même tranquillité. Il n'était plus qu'à quelques centimètres de moi et moi j'accusais toujours le coup, ne sachant trop que faire de mes dix doigts.

Je cogitais beaucoup, ma dague, cadeau de cérémonie d'intronisation au sein de mon clan était loin derrière le milicien. Je ne pouvais pas l'abandonner, je me devais de la récupérer et rapidement. Mon adversaire leva sa lame bien haut, c'était mon ouverture. Je me relevai avec vivacité et utilisai cette vitesse afin de lui asséner un uppercut en effectuant un puissant mouvement du bas vers le haut et vers son menton à mon poing droit.

Je vis ses yeux tourner dans leurs orbites, je l'avais envoyé sur une autre planète. J'en profitai pour passer derrière lui à toute vitesse afin de récupérer mon arme dans une glissade. Je pouvais si je le voulais partir et laisser le milicien dans les vapes mais il avait vu mon visage, il pouvait donner ma description au reste de la troupe et à ma prochaine sortie, je marcherais sur des braises ardentes. Ce n'était pas une solution, mais un problème.

Je fis demi-tour et constatai que le milicien avait commencé à reprendre ses esprits, et merde ! J'aurais mieux fait de partir. Je m'avançais prudemment vers lui alors que ce dernier se retournait pour me faire face.

- "J'avais sous-estimé ta force petite."

Il avait encore les tiques d'une personne qui récupérait d'un uppercut à se secouer brutalement la tête pour se remettre les idées en place. J'avais utilisé mon meilleur coup contre lui et je n'avais pas réussi à mettre mon adversaire à terre en le sonnant. Je me devais de faire couler son sang et vite sinon ces potes allaient rappliquer en faisant le chemin inverse pour vérifier ma présence.

Alors que je tergiversai, le milicien était de nouveau dans la partie et me coupa au bras du bout de sa lame, entaillant superficiellement les chairs. Malheureusement, c'était mon bras droit et cela allait poser problème, le sang en coulant vers ma main ferait glisser ma main. Je devais riposter rapidement à cette attaque sournoise qui m'avait prise par surprise.

Je me concentrai de nouveau dans cet affrontement. Mon adversaire fort de sa touche précédente tenta de faire la même chose de l'autre côté, je m'en doutais, c'était tellement voyant que son visage affichait sa stratégie de combat. D'un mouvement de la hanche gauche vers l'arrière, j'esquivai le coup, fit un pivot sur la jambe droite et passai derrière lui.

Me postant en position d'attaque, j'attendis sa réponse qui ne se fit pas attendre. Il me chercha derrière lui, baissant sa garde et j'en profitai pour lui couper la gorge d'un coup vif et rapide. Il porta sa main à son cou, lâchant son épée qui tomba dans un bruit métallique au sol. Lui-même tomba à genoux avant de choir lourdement sur le côté gauche. Je le vis lentement se vider de son sang sur le sol de cette impasse.

Il eut quelques soubresauts avant de définitivement rendre l'âme. C'était la première fois que je tuais quelqu'un, cela me fit une drôle d'impression car je ne ressentais rien si ce n'était le sentiment du devoir accompli. Je m'approchai de lui, m'accroupissant et regardai la lueur dans les yeux de ma victime ou plutôt son absence. Je regardai son corps et me rendis compte que j'avais bien envie de récupérer ses poignets en cuir pour m'en parer comme symbole de ma victoire.

Je lui enlevai ses protections de bras puis jetai un dernier regard sur lui avant de me relever.

- "Je t'avais dit que je n'avais jamais perdu."

Puis ce disant, je pris la poudre d'escampette, rejoignant prudemment l'entrée des catacombes.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Mer 18 Déc 2013 10:53 
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Nous marchâmes l’un à côté de l’autre dans les rues de la ville dans un silence presque religieux. De toute évidence, le malaise n’était pas encore passé. Nous nous étions lancés des choses affreuses au visage, c’était douloureux et j’avais toujours ses paroles en tête. Une vierge effarouchée, voilà le qualificatif qu’il avait utilisé à mon égard lorsque moi je le traitais de puceau.

Nous arrivâmes rapidement devant le Serpent Rouge, nous fîmes un premier passage pour éviter de nous faire remarquer. La première chose que l’on pouvait noter c’était la présence de quelques prostituées à l’entrée qui étaient là pour aguicher les passants. Nous continuâmes notre route et nous tournâmes au carrefour suivant sur la droite.

C’était un cul-de-sac, parfait. Il y avait quelques caisses vides qui allaient probablement finir en petit bois. Je regardai Bastian et nous acquiesçâmes en même temps. Nous nous comprenions d’un simple regard. Nous commençâmes à empiler des caisses afin de me permettre de monter sur le toit. En quelques minutes, ma route était tracée. Bastian me donna la main et j’escaladai la pile me rendant sans problème sur le toit.

Je regardai en bas et vis mon fiancé me faire signe que non de la main et m’indiqua l’autre côté de la rue. Il voulait se poster sur le toit de l’autre côté du bordel pour observer les allers et venus par la sortie de derrière. Bonne initiative. Je levai mon pouce droit vers le haut et je le vis partir dans la direction opposée.

Je me relevai et observai la position du soleil pour connaître l’heure qu’il était, deux heures bien tassées. De longues heures d’observation m’attendaient, mieux valait me trouver un endroit à l’abri des regards indiscrets de la rue. Un toit plat serait l’idéal pour ce genre de mission.

Coup de bol, il y avait une maison à côté qui possédait une telle structure mais cela me rapprochait du bordel. Le rebord du toit m’obligeait à m’allonger en me cachant sous ma cape, j’allais mourir de chaud sous ma cape mais je n’avais pas le choix. Je me mis en position, la tête sur les mains et observai les allers-et-venus des clients et des employés du lieu.

Je ne saurais dire combien de temps je restai dans cette position plus qu’inconfortable à regarder tous ces hommes et parfois ces femmes entrer au Serpent Rouge mais toujours était-il que je fus surprise de voir un mouvement sur le toit d’en face, en la personne de Bastian qui me faisait de grands signes afin d’attirer mon attention.

Je relevai la tête, fronçant les sourcils pour essayer de comprendre le message qu’il me faisait passer. Il voulait … il m’indiquait la rue… descendre… il me montrait le Serpent Rouge… entrer dans le bordel ? Je lui fis non de la tête tout en faisant les gros yeux, il me répondit oui de la sienne, bien décidé à y aller sans ma permission.

Il était pas croyable ! C’était ma mission, c’était moi qui devait donner les ordres et pas lui. Je lui passerais un savon maison lors de notre retour aux catacombes. Je le vis descendre souplement du toit avant de mettre ses habits en ordre pour finalement se diriger très tranquillement vers l’entrée de cette maison close. Et maintenant, je n’avais qu’à croiser les doigts pour le voir ressortir en vie.

Deux minutes… cinq minutes… dix minutes… Toujours rien… J’angoissais à l’idée qu’il se soit jeté dans la gueule du loup pour moi, je ne supporterais pas de le perdre. Je levai les yeux vers le ciel et l’implorai de le faire revenir rapidement. Je soupirai profondément me disant que j’aimais à sentir les rayons du soleil sur ma peau, c’était une sensation très agréable, aussi agréable que la main de Bastian…

Katerine réveille-toi, tu es en mission de reconnaissance, Bastian est chez l’ennemi ! Regardant de nouveau vers l’entrée du Serpent Rouge, je m'inquiétais de ne pas le revoir. J’avais perdu le fil de mon attente et cela me fit paniquer. J’avais les yeux rivés sur le lieu, notant chaque mouvement, gardant en mémoire chaque visage, regardant en détail ses mains pour voir s’il n’y avait pas du sang dessus, prête à lui rentrer dans le lard.

Une certaine agitation émergea à l’entrée, je n’aimais pas ça du tout, je me relevai prudemment regardant à droite et à gauche pour voir si personne ne se trouvait sur les toits. Je remis ma cape en place et accroupie je scrutai le moindre détail. Je vis alors Bastian ressortir accompagné d’un homme qui lui serrait chaleureusement la main. Ce dernier lui fit ensuite une tape amicale dans le dos avant que mon fiancé ne lui fasse un signe de la tête, signifiant la fin de l’entretien.

Il prit la direction des catacombes non sans lever les yeux vers moi, me faisant comprendre qu’il était temps que je le rejoigne. Je ne me fis pas prier, je rejoignis les caisses que nous avions empilées et sautai en toute hâte afin de me fondre dans la foule. Bastian se mit à flâner dans les rues, il devait jouer un rôle, s’arrêtant devant une échoppe de temps en temps.

Regardant la foule, je cherchai à voir si quelqu’un ne le suivait pas et passai très près de lui avant de rejoindre rapidement l’entrée des catacombes. Il allait entendre parler du pays en rentrant !

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Dernière édition par Katerine le Jeu 24 Juil 2014 11:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Dim 16 Fév 2014 14:35 
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« Hé bien ! Il n'est pas commode... ça ne va pas, entre vous ? »

Leyna haussa les épaules. Que pouvait-elle bien faire ? Elle aurait dû commencer tout de suite, mais elle avait comme devoir religieux impératif d'aller au temple de Moura. Elle n'avait pas le choix.
Valgan proposa galamment de lui faire visiter la ville. Une ville qu'il valait mieux visiter en compagnie d'un homme, sans aucun doute, car beaucoup de paires d'yeux la reluquaient ostensiblement. Le sang-pourpre expliquait comment la ville était dirigée non par son roi mais par un ensemble de guildes de brigands, pirates et contrebandiers.

« Méfie-toi particulièrement de la Confrérie du crâne. Ce sont des adeptes de Thimoros et ils sont dangereux... »

Pléonasme, assurément. La jeune femme se jura de ne pas s'approcher du temple du dieu noir. Une ville dans laquelle ses fidèles avaient une vraie influence était une ville perdue...
Valgan lui montra divers établissements comme la taverne de la chope renversée, dans laquelle elle pourrait sûrement trouver des sang-pourpres le soir. Puis, il lui montra une boutique de magie, l'invitant à la visiter, mais elle déclina. Par respect pour Moura, le temple de l'eau devait être le premier bâtiment qu'elle visiterait. D'autant plus qu'elle ignorait toujours comment la déesse considérait la mort de son ancien amant.

Elle se dirigea donc vers le temple après avoir remercié d'un sourire le bosco qui partait vers le marché.
Le temple de Moura d'Exech était un des plus grands, dû aux nombreux marins de la ville, elle n'eut donc aucun mal à le trouver. L'édifice était assurément majestueux, tranchant avec les bâtiments crasseux de la ville.

(Moura, je viens à vous, humble servante, non pour vous demander votre aide, mais simplement parce que je m’épanouis dans votre main bienfaisante.)

Sur cette prière, elle entra.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Mar 18 Fév 2014 21:13 
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Elle marchait d'un pas dansant, virevoltante et comblée de bonheur. Elle était jeune, elle était belle et elle était prêtresse de la plus forte des déesses ! Rien ne saurait enlaidir ce jour ! Pas même la crasse, ni les regards des individus louches qui parsemaient les rues.
D'ailleurs, comme il fallait s'y attendre, quelques-uns, sans doute attirés par son escarboucle et sa belle robe argentée, sortirent de l'ombre pour s'approcher. Elle ne réfléchit même pas et plongea la main dans sa sacoche. Tout en leur adressant un regard pétillant de malice, elle extirpa la fiole de fluides de l'eau qu'elle transportait depuis un moment et en but le contenu. Le liquide rafraîchissant lui donnait l'impression d'être plus vivante que jamais. Les malandrins, en revanche, reculèrent dans l'ombre comme si de rien n'était, reconnaissant une mage.
Avec un éclat de rire cristallin, elle poursuivit son chemin. Cela lui avait rappelé la boutique de magie dont lui avait parlé Valgan. Mais où était-elle, déjà ?

Il lui fallut remettre de l'ordre dans son esprit, réfléchir profondément, chercher alentour et, ces efforts s'étant révélés inutiles, demander son chemin à un mendiant contre une pièce. Même ainsi, son esprit vagabond faillit oublier encore le chemin, mais elle atteignit tout de même sa destination et entra en quête d'articles magiques qui pourraient renforcer son lien avec Moura.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Mar 9 Déc 2014 03:23 
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Algernon décrocha son manteau et sortit de la vieille bâtisse pour s'engouffrer dans la ruelle. L'air chargé de brume matinale le fit frissonné et il enfonça sa tête un peu plus dans ses vêtements. Ses pas le guidèrent machinalement à travers les sinueuses ruelles de la cité réputées ô combien dangereuses, mais qui étaient pour l'heure vidées de ses coupe-jarrets. Le jeune homme n'avait de toute façon que rarement maille à partir avec la racaille, et les gêneurs étaient plutôt des tireurs isolés qui n'avaient aucune connexion avec les vrais caïds de la ville. Des petites frappes en somme.

Les rues à la chaussée défoncée et boueuse, bordée de part et d'autre de maisons sales et délabrées s'enchainaient sans grâce. Cela importait bien peu à notre jeune homme qui n'était pas un esthète. D'aussi loin qu'il se souvienne ce décor était la seule chose qu'il connaissait, et il s'y sentait bien. Même l'odeur fétide qui s’immisçait dans ses narines ne le dérangeait plus depuis longtemps. Mais cela l'avait-il dérangé un jour ? Il ne s'en rendait surement pas plus compte que la différence entre l'odeur d'une fosse commune et celle d'un champ de rose.

C'était sans doute une particularité olfactive que partageait bien des habitants d'Exech. La ville était en effet plus connue pour le raffinement de ses dissections de plein air au couteau rouillé que pour sa culture botanique. Quoiqu'en ce domaine elle pourrait se vanter de produire un terreau de première qualité. Ses occupants s'appliquaient tant et si bien à la tâche que cette bourgade moyenne avaient réussi à décrocher une solide réputation de ville du crime. Les honnêtes gens l'évitait comme la peste et les pires malfrats de la contrée étaient attirés, comme des insectes le sont par la lumière d'une lanterne. Une vieille lanterne rouillée dégageant une lumière malade dans le cas d'Exech.

Algernon n'était pas un criminel, ce qui ne voulait pas dire qu'il était un honnête homme. Il avait ses combines pour survivre au milieu de cet environnement hostile. Mais disons qu'il ne trainait pas dans le cercle des différents clans qui régnaient sur la ville et il suivait son petit bout de vie tranquillement dans cette cité-poubelle. Quel pouvait être l'avenir alors d'un jeune homme qui n'exerçait aucun crime dans une ville dédiée quasi exclusivement à cette activité ? Et bien Algernon avait un métier bien particulier, que personne ne lui enviait mais qui avait le mérite de lui procurer la tranquillité et une certaine protection. Algernon ramassait les morts.

Une petite bruine crachait à présent sur le visage du garçon qui descendait une rue presque dépourvue de pavé et qui menait tout droit sur une petite place grisâtre ou trônait en son centre un amas de pierres qui avaient dû autrefois former une fontaine. Il s'en approcha et seul les clapotis de ses pas dans la boue brisèrent le silence de mort qui régnait en ces lieux. Il s'assit sur la pierre brisée et attendit, la tête prostrée avec le col de son manteau lui remontant aux joues. Quelques minutes plus tard, un son parvint de la ruelle par laquelle Algernon était lui-même arrivé. La silhouette d'un homme commença à se découper, lourde et nonchalante. Un bruit de grincement le suivait, sinistre. Son origine ne tarda pas à se révéler quand une petite charrette se dessina à son tour. L'homme à la charrette s'approcha d'Algernon sans que celui-ci ne manifesta une quelconque réaction. Avec cette eau qui dégoulinait de ses vêtements, il donnait l'impression d'une statue triste et pitoyable, repliée sur elle même. Le nouveau venu arriva à la hauteur du garçon.

Algernon releva légèrement la tête et lui adressa un bref salut. L'autre lui répondit de la même manière.
- On a repéré un crouni dans le coin ? Demanda Algernon. Le crouni, c'était le cadavre dans l'argot du métier. L'homme était le partenaire de l'adolescent.
- On m'a dit d'ramener la carriole vers la berge au nord-ouest, y paraît qu'un zigue a vu un truc flotter. Mais il a dit qu'il savait pas si il allait prier ou bien s'il allait pêcher alors on va p'têt devoir fouiller un peu.
Il faisait allusion au fait que le corps devait se trouver quelque part entre le temple de Moura et le port. L'adolescent soupira.
- Tss j'aime pas les flottants. C'est tout gonflé, ça a le temps d'pourrir des jours avant d'venir à portée d'bâton... Sa voix mourut. Il n'était pas du genre à se plaindre d'habitude. Cependant il avait depuis le levé une sensation étrange dont il n'arrivait à à se défaire et qui jouait sur ses nerfs. Un picotement lui parcourut le crâne comme pour confirmer ses pensées mais s'estompa aussi vite qu'il était apparu.

Orland, le nom de l'autre compère, grogna une réponse dont Algernon ne prêta pas attention et commença à se diriger en direction du port. L'adolescent chassa de son esprit ce qui venait de se passer et suivit docilement. La place replongea dans le silence au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient.

Sur le seuil de sa porte, un vieil homme n'avait rien perdu de la scène. Alors que nos deux protagonistes s'étaient évaporés dans une ruelle brumeuse, le grand-père maussade cracha par terre. Les ramasseurs de cadavres n'étaient pas très populaires, même à Exech.

Algernon et son comparse traversèrent les rues sans échanger une parole. Il n'y avait pas de complicité entre les deux ramasseurs, non plus que la présence de cette camaraderie naturelle qui réunie pourtant ceux qui exercent le même labeur. Ce n'était pas vraiment la nature des deux personnages qui voulait cela. Une chape de plomb recouvrait la profession. On entendait dire parfois qu'un ramasseur seulement taciturne passait auprès de ses confrères pour l'amuseur de la bande. On disait également qu'un collègue de la veille était probablement un travail pour le lendemain. C'était des choses qui arrivaient.

Au fur et à mesure des années de pratique, la pudeur que voulait le métier se transformait parfois en honte, gangrenant l'esprit et le corps. Et chaque jour, le dos se courbait un peu plus de même que le regard se faisait plus fuyant. Jusqu'au jour ou soutenir celui d'autrui devenait impossible, où on en venait à se sentir autant coupable que le meurtrier de la victime que l'on ramasse, comme complice du sort qui lui avait été réservé. Par la force des choses, les ramasseurs étaient en majeure partie des solitaires. Rares étaient ceux qui avaient une femme et des enfants.

Approchant de la cinquantaine, l'homme massif qu'était Orland marchait à présent devant Algernon, les deux séparés par le tombereau servant à transporter les corps. Orland n'avait pas toujours fait ce triste métier. Ame isolée par la force des choses, devenu alcoolique, même lui ne savait plus très bien comment il s'était retrouvé dans cette situation. Ancien forgeron, l'accumulation de ses dettes contractées auprès de prêteurs sur gage peu scrupuleux a eu raison de son commerce. Puis une lente coulée vers le néant social, la solitude et à l'arrivée des journées à trainer des cadavres en compagnie d'un gamin.

Il ne savait pas à vrai dire qui était le plus à plaindre, lui le vieux déchu, ayant presque tout perdu jusqu'à l'estime de soi, ou bien ce gosse. Du point de vue d'Orland, l'adolescent ne connaitrait de la vie sur cette terre que ces longues journées à ramasser le cadavre. Cela rassurait un peu l'ainé même si il ne voulait pas se l'avouer. Mais le jeune homme pourtant paraissait si indifférent. Il fût quelque peu étonné lorsqu'un peu plus tôt celui-ci s'était plaint, ne serait-ce que fugacement. Mais en brave type qu'il était il oublia vite ce détail étrange. Bientôt ils arrivèrent au port.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Mer 22 Avr 2015 22:20 
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Et ces planches, Aigle Brutal les foulait depuis maintenant quelques semaines, tant et si bien qu'il n'avait que peu de difficulté à circuler dans les rues de la cité. Il se repérait sans mal, commençait à savoir quelle ruelle éviter à certaines heures de la journée. Oui de la journée, car la nuit, toutes les voies traversant la ville étaient dangereuses, de la plus grande des rues à la plus petite des traverses. Et la nuit était tombée depuis quelques temps déjà, l'astre lunaire et ses petites sœurs déversant leur lumière blafarde sur la cité, renforçant l'aspect inquiétant des alentours.

Mais bien qu'habitué à cet environnement, Aigle Brutal ressentait toujours une légère crainte à parcourir les rues de la ville après le coucher du soleil. Il s'efforçait de ne pas y penser et gardait la main sur le pommeau de son épée en permanence. Il savait se battre, avait confiance en ses capacités mais n'était pas très friand d'imprévus. Ne pas savoir qui peut vous attaquer ni où, il n'aimait pas ça. C'était pour cette raison que le mercenaire se rendait sur le port. Certes, il avait été payé, mais cela n'était dû qu'à la stupidité du client. Aigle Brutal n'avait pas dit qu'il acceptait, il n'avait accepté aucun contrat, ne serait-ce que verbalement et il voulait plus d'informations avant de le faire.

Et alors qu'il réfléchissait, ses pas le guidèrent automatiquement vers le port, s'il en croyait l'odeur nauséabonde qui commençait à lui titiller les narines.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Sam 26 Déc 2015 12:43 
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( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation malsaine/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


La ruelle dans laquelle s’engagea Rosemary était peu attrayante. Les murs de habitations étaient par trop rapprochés, ne laissant qu’un petit espace pour avancer. Les rebords des toitures se rejoignaient, seul un petit interstice par lequel les rayons du soleil filtraient péniblement permettait d’avoir un peu de luminosité.

De petites formes sombres lui évoquant des rats se tapissaient dans les sombres recoins, lâchant des couinements stridents. Ces bêtes, Rosemary les affectionnait particulièrement. Ils étaient porteur d’un mal souvent mortel, un mal qui rongeait ses victimes de l’intérieur, les faisant agoniser un long moment.

Mais pour l’heure elle n’avait guère le temps de s’en préoccuper et quand l’un d’eux s’approcha d’elle, il fut reçu avec un coup de botte l’envoyant valser parmi ses congénères. Elle n’avait pas jaugé sa puissance, le rat était immobile, son corps secoué par quelques spasmes. Ses camarades ne furent pas long avant de se ruer sur lui, mutilant son corps, s’en délectant…

Rosemary continuait d’avancer à travers cette crasse et ces fragrances nauséabondes. Une odeur pestilentielle régnait en ces lieux, l’amas de déjections, jetées par les fenêtres donnant sur le passage devait y être pour quelque chose. Des flaques d’eaux croupies parsemaient le sol, parfois s’y mélangeaient des teintes pourpres, témoignage cru de la violence d’Exech.

Elle était perdue dans ses pensées, se demandant intérieurement quel était le meilleur moyen d’assouvir son besoin de sang concernant sa voisine. Il fallait qu’elle souffre, qu’elle renonce à Gaïa et implore Thimoros… Qu’elle geigne, hurle tout en restant consciente. Sinon où était la jouissance ? Non, indéniablement, Rosemary devait encore réfléchir à cette partie du plan.

Pour l’heure il lui fallait déjà se procurer son ingrédient secret, puis faire la cuisine pour le jouet sexuel de son estimée amie. Celui-ci devait mourir rapidement, elle n’avait aucune envie qu’il ne prenne le dessus, bien qu’empâté, ses muscles étaient bel et bien présents et il ne lui suffirait que d’une pression pour rompre le cou de Rosemary.

Un détail la tira de ses pensées, une personne ramassée sur elle-même se tenait juste à sa droite. Elle était seule, piteusement assise sur un volumineux tas de déchets. Ses cheveux étaient graisseux et effilés, ses yeux lançaient des appels à l’aide et quand elle regarda Rosemary, ce fut pour l’implorer de lui faire la charité.
Rosemary, feintant d’être aveugle comme à son habitude regarda à droite, à gauche, comme si elle cherchait l’origine de la voix. Elle fut rassurée, personne ne semblait venir vers elle pour le moment.

Elle se savait bonne actrice et c’est d’une voix chevrotante qu’elle demanda :

« Où êtes-vous… ? A mon âge la vision baisse… Aider moi à vous aider. »

Elle jubilait intérieurement mais faisait tout pour ne pas sourire, pour garder son rôle de faible femme sans défense. Elle vit la sans-logis commencer de se lever lentement, avec difficulté. Elle se redressa en maudissant ses rhumatismes, le froid de la saison et se présenta sous le nom d’Isolda.

Rosemary avait toujours dans sa manche l’aiguille, elle resserra son emprise dessus, prête à frapper, le moment opportun venu. La femme était maintenant à sa hauteur, son corps se révélait squelettique, la peau sur les os. D’une voix faible celle-ci remercia Rosemary, elle commença à tendre sa main tout en expliquant qu’elle avait des bouches à nourrir, que la vie était vraiment dure…

Son discours se termina dans un flot inaudible. Elle cracha des gerbes de sangs, dans ses yeux luisaient l’incompréhension et la douleur. Rosemary se délectait toujours de la surprise se mêlant à la douleur, voir à la haine dans les yeux de ses victimes. Quoi de plus jouissif que de faire un humble sacrifice à son Dieu, à la souffrance elle-même quand cela était possible. Son aiguille était plantée dans la gorge, tranchant net la corde vocale de la martyre qui essaya de saisir les mains de Rosemary. Celle-ci dégagea aussi sec son aiguille, le sang s’écoula abondement du trou que la sans-logis essaya de combler avec ses doigts sales.Elle était maintenant à genoux, lâchant de petits râles de douleur. C’était sa vie qui lui filait littéralement entre les doigts.

Rosemary pria alors Thimoros, avant de planter son aiguille dans l’épaule de la pauvre femme. Elle rencontra l’os qui refusa de briser. Agacée par cet état de fait Rosemary décida de s’y prendre autrement. Elle vérifia de nouveau qu’aucun badaud ne passait par là avant de redresser le visage de sa victime par le menton.

« Soit heureuse ma fille, tu vas mourir pour une raison qui te dépasse. Ta vie n’était que souffrance, je te délivrerais comme tu as toujours vécu. »

Elle termina sa phrase en enfonçant vivement son aiguille dans l’oreille droite, cette fois elle ne rencontra aucune résistance et pénétra dans une matière molle… Quand elle désengagea son arme, Rosemary put voir le sang s’écouler également de cet orifice. La femme essaya de colmater avec son autre main mais c’était futile…
Terriblement vain, elle était voué à mourir ce jour, dans d'atroces souffrances. Elle allait probablement agoniser quelques heures avant de rejoindre Thimoros, Rosemary aurait donc le temps de prier comme il se devait une fois rentrer chez-elle. Mais pour l’heure elle devait vraiment se hâter de récupérer le nécessaire pour la confection du plat.

C’est quand elle s’apprêta à tourner talons qu’elle vit le tas sur lequel reposait la femme se convulser brièvement. Toute intriguée qu’elle était, Rosemary alla planter au hasard son aiguille dans l’amas. Un petit cri brisa alors le silence, une tête apparue, puis un corps… C’était une gamine, pas plus de dix ans. Sa tête était couronnée d’une chevelure blonde pale qui jurait avec la saleté de ses loques. Ses yeux étaient pareils à deux petits saphirs, sa bouche n’était qu’une fine fente.

Elle pleurait, apposant ses petites mains sur le corps secoué de spasmes de sa mère. Rosemary se trouvait tiraillée entre deux options. L’emmener et la garder pour plus tard, ou bien en finir immédiatement… Après tout elle ne pouvait que mal finir, à cet âge la meilleure chance qu’elle avait était de finir dans un bordel.

(Ah que dois-je faire Thimoros… ?)

Après un moment de concertation elle décida de prendre la gamine, elle aurait tout le temps de s’occuper d’elle plus tard. Rosemary pris la main la petite fille qui pleurait en silence et l’emmena à travers la ruelle.

Rosemary tenait à connaître le nom de ses victimes, afin de les revendiquer devant son dieu, elle s’enquerra donc du nom de la jeune demoiselle qui, dans un sanglot à moitié avalé lui livra.

« Je… Je m’appelle Ingrid… »

« Bien, maintenant Ingrid je vais te demander d’être sage, ou alors… »

Elle termina sa phrase en exhibant son aiguille, encore souillée par le sang d’Isolda.
Elles marchèrent pendant ce qui semblait être des heures avant d’arriver enfin devant la destination de Rosemary, les catacombes.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Ven 8 Jan 2016 15:54 
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Rosemary accompagnée d'Ingrid marcha en direction du nord de la ville, villégiature de sa cible. Le soleil s'avouant vaincu pour l'heure déclinait à l'horizon, préparant la venue de sa sœur la lune. Le ciel était couvert, de grands nuages sombres voguaient au gré du vent. La rue principale se dégorgeait, la plupart des habitants préférant rentrer sans tarder dans leurs demeures respectives. Quelques bandes d'orphelins arpentaient encore les rues, privés de domiciles ils n'avaient guère le choix. Ces derniers en rencontrant Rosemary s'écartaient sans tarder, ils connaissaient la sombre réputation qui la précédait. Cette vieille bique était dangereuse, autant ne pas tenter sa chance contre plus fort que soi, tel était le dicton de la plupart de ces gangs infantiles.

Rosemary aimait sortir quand la nuit tombait, les bâtisses projetaient leurs ombres donnant une atmosphère particulière à Exech. Cette période de la journée était la plus propice pour les jeunes aventureux. Ces derniers, à la faveur de la nuit se laissaient tenter à voler tout ce qui était récupérable. Que ce soit du linge suspendu ou tout simplement des morceaux de métaux ou de bois pouvant être vendu contre quelques yus au marché noir.

Rosemary marchait d'un pas pressé, impatiente de rejoindre la grande place qui lui permettrait de rejoindre l'avenue menant vers le marché, et sa cible.

Pendant une dizaine de minutes elle avança, empruntant de temps en temps les ruelles qui lui faisaient gagner de précieuses minutes. Elle déboucha finalement sur la grande place. Quelques torches suspendues l'éclairait mais cela ne durerait pas. Elles n'étaient jamais remplacées le jour même, de ce fait même cette artère principale se trouvait vite plongée dans le noir le plus complet. Le vestige d'une fontaine trônait en son centre, depuis longtemps maintenant délabrée.

Rosemary s'en voulait, elle n'avait pas songé à se munir d'une torche. Tant pis, il faudrait se dépêcher. Elle alla tout droit, vers l'accès au nord. Quelques badauds avinés traînaient encore ici mais elle n'y prêta pas attention, se fixant sur son objectif principal.

Pendant encore une vingtaine de minutes Rosemary continua sa route jusqu'à atteindre le but convoité, le marché aux poissons. Pour le moment il était désert, seule la présence des nombreux étals en bois témoignaient de l'activité journalière. En revanche l'odeur elle n'avait pas disparue. Ce mélange de sel et de poissons rendait le lieu insupportable, Rosemary se hâta de continuer sa route, suivant les indications du laquais de Jonquille.

La recherche ne fut pas trop laborieuse, et Rosemary put constater par elle-même qu'un garde se tenait effectivement devant la porte de la maison. Elle ne se démarquait pas vraiment des autres à l'exception d'un détail d'importance. Le jardin était bel et bien entretenu consciencieusement, arborant une toison verdoyante, quelques fleurs parachevaient le tableau. Ce jardin qui faisait la fierté de son propriétaire était, il fallait le reconnaître, joli. Mais cela s'arrêtait là. Rosemary ne comprenait pas qu'un homme y attache tant d'importance. Ce n'était qu'un détail qui ne lui servait à rien.

La maison en elle même avait un étage, des fenêtres étant présente en hauteur mais aucune prise ne semblait permettre une escalade aisée. Il faudrait donc forcement passer par l'entrée, qui était gardée.

Rosemary décida d'approcher un peu plus tout en restant suffisamment loin pour ne pas éveiller les soupçons. Le garde devait s'ennuyer, la preuve en était les nombreuses bouteilles qui s'accumulaient à ses pieds. Il en tenait encore une à la main. Ce détail était on ne peut plus important, si l'homme était porté sur l'alcool, il serait bien plus simple de le corrompre...

Rosemary décida de rentrer, elle reviendrait demain armée de plusieurs bouteilles. Il ne lui restait plus qu'à prier que l'homme accepte les présents sans se douter de quoi que ce soit. Entrer dans la maison ne serait pas un problème si l'étape précédente était réussie. Ne resterait qu'à régler le problème du valet, si ce dernier existait bel et bien en tout cas, pour finir par Rodrick lui-même. Rosemary se demandait par quel moyen elle pouvait le tuer rapidement, dans son sommeil restait la meilleure option mais en aurait-elle l'opportunité ? Elle connaissait bien des personnes dotées d'un sommeil léger, que le moindre grincement pourrait réveiller. Elle détestait improviser mais n'avait guère le choix. La dernière problématique consistait en la personne d'Ingrid. Cette sotte pouvait tout faire capoter tout bien réfléchi... Au début Rosemary avait bien songé à se servir d'Ingrid comme excuse pour pénétrer dans la maison mais de toute évidence cela ne sera pas possible. Pas si sa cible est suffisamment précautionneuse pour poster un garde à l'entrée. Il faudrait qu'elle prenne les mesures s'imposant pour empêcher Ingrid de sortir de sa maison.

Tout en tirant de sa main Ingrid, Rosemary retourna chez-elle.

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Dernière édition par Rosemary-Sangdebouc le Dim 10 Jan 2016 14:21, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Sam 9 Jan 2016 15:35 
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Localisation: Dans le sang et les os brisés
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RP VIOLENT
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Passée devant la porte, je m’arrête un instant, subjuguée de voir à quel point les humains se sont encrassés dans leur misérable carapace qui les empêche de connaître la véritable nature du monde. Partout, de nouvelles maisons de pierre isolent les habitants de l’extérieur. Certains ont même poussé le vice jusqu’à orner celles-ci de décorations, afin de la faire paraitre plus importante, plus riche que celle de leurs voisons. Une façon de dorer les coussins qui tapissent leur prison de stupidité et de déni. Déni d’un monde qui se refuse à eux, et qu’ils doivent fuir pour survivre, car ils sont incapables de l’affronter.

Les rues sont un dépôt à ciel ouvert, et les immondices partout sont répandues, qu’elles soient d’hommes ou d’excréments. Les effluves qui me montent aux narines sont épouvantables. Partout l’odeur de mort, de la maladie, des déchets, de la sueur me prend à la gorge. Et nulle part ne se fait sentir l’humus, le végétal, la viande fraiche, le vent. Putride, voilà quel devrait être le nom de cette ville. Personne, encore, ne se presse dans la rue. Les rares piétons qui ne sont pas vautrés sur les murs changent de côté de la rue lorsqu’ils m’aperçoivent, et ceux qui me voient trop tard retiennent un glapissement. Les yeux exorbités, ils se pressent de laisser la voie libre devant moi, quitte à marcher dans le caniveau central. J’écarte ceux qui n’ont pas la présence d’esprit de le faire d’un coup d’épaule vigoureux, continuant de marcher sans prêter la moindre attention aux imprécations de ces mécontents ignares.

Jusqu’à ce que l’un d’eux m’agrippe le coude. C’est tout ce qu’il peut atteindre, mais il ne se démonte pas pour autant. Je me retourne en lui décochant une gifle magistrale qui l’envoie rouler dans la rue. Il se redresse, la joue zébrée.

« Tu vas me payer ça, fils de chienne en chaleur ! »

Il dégaine deux coutelas avant de se ruer vers moi. Je m’apprête à le réceptionner lorsqu’il se jette au sol pour me planter une lame dans la patte. J’esquisse un mouvement de recul juste au moment où j’aurais du être transpercée. Un éclair de douleur me fait quand même comprendre que j’ai été touchée. L’homme enchaine immédiatement avec un nouveau coup en direction de mon estomac. Je le devance, esquivant son poing pour lui retourner le mien au niveau du menton.

« Ough ! »

L’homme est sonné un bref moment. Trop bref pour que je puisse lui assener un nouveau coup. Il est plus habille que les crétins précédents que j’ai rencontrés. Plus vif. Il me saute de nouveau dessus, lames en avant, en postillonnant sa colère !

« Fils de bâtard ! »

Je me défile, pour lui sauter également dessus. Je le percute en plein saut, les genoux au niveau du ventre. Il est repoussé de quelques mètres. Je pousse mon avantage, m’élançant vers lui. Il s’immobilise avant de se laisser tomber au sol une nouvelle fois pour me frapper au bas ventre. Je saute pour l’éviter, mais je sens un nouvelle plaie s’ouvrir. Peu profonde, cependant. Je profite du fait d’être en l’air pour décrocher une violente frappe du pied, le clouant au sol. Il tranche de nouveau, dans l’espoir sans doute de toucher de nouveau ; mais je suis entrainée par mon élan, qui m’évite de subir une blessure supplémentaire. J’atterris pendant qu’il se relève. Du coin de l’œil, je vois ma protégée qui se colle au mur pour éviter d’être prise dans le conflit. Bien. Je fais mine de passer à l’assaut. Au dernier moment, je me retourne, le giflant de ma queue. Son exclamation étouffée se mue dans un cri de souffrance tandis que mes griffes lui raclent la pommette, créant un symétrique par rapport à ses blessures précédentes. Je décoche un nouveau coup de griffe vers sa tête, dans le but de mettre fin à ses souffrances de façon définitive. Mais l’instinct lui sauve la vie, lui dictant de se baisser avant de voir son corps s’éloigner de sa tête. Mon coup ne frappe que le vide tandis qu’il me fauche au niveau des chevilles. Tente de me faucher serait plus exact. S’il joue parfaitement des désavantages que ma taille, il a oublié que mon poids est élevé en conséquence. Il se fracasse le tibia sur mes appuis solides.

En souriant, je transperce ses bottes fines de mes griffes larges, plongeant profondément les dagues de kératine dans son mollet. Il crie de douleur. C’est une bonne chose. Il n’a probablement plus de grand challenge à l’intérieur des murs. Peut-être qu’il pourra survivre quelques temps à l’extérieur. Mais pour cela, il faut qu’il prenne conscience que cette ville ne peut plus lui servir. S’abriter derrière deux mètres de pierre ne le feront pas devenir plus fort, ni ne lui feront prendre conscience de l’immensité de choses qu’il doit apprendre pour gagner le droit de vivre en ce monde. Mais au moins cet individu de la race haïssable n’est-il pas destiné à mourir comme ses congénères : il a en lui ce talent du combat, cette dextérité, et ne laisse place qu’à l’instinct de conflit que tant de faibles préfèrent enfouir en se targuant d’être assez forts pour ne pas y recourir. Des ahuris médiocres. Seule la force nous garantit de vivre en ce monde. L’idée même de la délaisser est la définition de la stupidité.

Sans cesser de hurler, il tente tout de même de me frapper. Bien que rendu maladroit par la douleur et l’urgence de la situation, je dois tout de même reculer pour éviter de me faire trancher le bras. Il se relève péniblement et lève les yeux plein de douleur vers moi. A reculons, il s’éloigne vers le bord opposé de la rue. Le regard affolé, il se demande par où il va fuir.

« Tu me paiera ça, le loup ! »

Une pure bravade : ses blessures ne guériront pas avant longtemps, et il ne pourra pas s’entrainer en attendant. Il n’a aucune chance de pouvoir me battre plus tard. Je le laisse fuir : il a peut-être compris le sens de ce monde. Vu le peu qui y parviennent, autant ne pas détruire les rares qui y comprennent quelque chose. Il claudique sur quelques mètres, je me désintéresse complètement de lui. Et repars dans cette ville à la recherche de quelqu’un qui saura m’indiquer le chemin que je cherche. Des bruits parviennent dans mon dos. Je me retourne pour voir l’homme qui tente de me planter une de ses dagues dans le dos. Je me corrige : il n’a rien compris. C’est encore un faible de plus qui me barre la route ! Même s’il a l’instinct du combat, il a le tempérament d’un lâche et sa force, il n’en fera rien. Je bloque son bras en l’attrapant. Rugissant de rage, je le soulève pour le plaquer au mur de pierre derrière moi, ses pieds à plus d’un mètre du sol. J’ouvre ma gueule pour lui hurler ma rage au visage. Tandis qu’il me martèle le torse de coups de pieds sans force, je me rends compte que j’ai été adoucie par l’espoir que j’avais. Rien ne sert de faire preuve de pitié face à ces lâches. Mes deux mains prises, je plonge mes crocs dans le cou sans défense de la racaille attardée.

L’intelligence que j’ai crue voir en lui n’apparait plus que dans la terreur qu’il éprouve et qui transparait dans ses prunelles. Les os craquent sous la pression de ma mâchoire, et les muscles laissent s’écouler le sang riche qui occulte les senteurs répugnantes de la ville. Mon odorat revit pendant que l’homme se vide à gros bouillon de son fluide. Je le lâche d’un coup, et le laisse s’écraser au sol comme un pantin désarticulé.

Je regarde alentour. Les spectateurs me regardent avec des yeux terrifiés, les tournant vers le sol lorsque je les regarde. De la soumission. C’est la seule chose vers laquelle leur instinct les guide. Ils n’ont pas les moyens de faire autrement. Le spectacle terminé, l’hypnose macabre de voir le pouvoir faire son œuvre est rompue, et les badauds déguerpissent sans demander leur reste. Leur odeur reste, cependant. Mais voir la rue déserte m’apporte, je ne sais pourquoi, un contentement qui me fait retrousser les babines sur mes crocs ensanglantés. Je m’approche de ma sangsue personnelle. Elle est le modèle qu’ils doivent suivre, j’en suis maintenant convaincu : le renoncement, l’acceptation. Je pose ma patte sur son épaule. Elle vacille sous le choc, mais tient bon sans se plaindre.

« En route. Je n’ai plus rien à faire ici. »

Elle acquiesce, et se laisse guider par la pression que j’exerce sur son dos. Nous débouchons dans une autre rue…puis une autre…puis une autre. Tous fuient à ma vue. Je commence à être exaspérée de tant de faiblesse et de couardise. La nuit est tombée, et j’ai réussi à nous procurer un peu de viande gratuitement chez un marchand. Des pustules parmi les pustules : rien à redouter de leur part, ils sont sans doute incapable de seulement tuer les animaux qu’ils prétendent vendre. J’entre dans une nouvelle rue, éclairée par la lune, seul élément de l’environnement qui ne fuit pas ce misérable abri pour déchets vivants.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Dim 10 Jan 2016 20:02 
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Une fois à l’extérieur de l’Auberge à la Cruche Fendue, Clodomir lance un regard vers l’écurie qui apparaît légèrement entre les habitations. L’odeur nauséabonde de la ville emplit ses narines et il se surprend à se demander ce qu’il détecte principalement.

(Est-ce les excréments des chevaux? La mousse qui attaque toutes les parcelles de cette ville? L’humidité des marécages? La chaleur qui réchauffe les déchets éparpillés par terre? L’odeur d’alcool que dégage cet homme? Une merveilleuse et magnifique combinaison de tous ces éléments extrêmement nauséabonds? De toute façon, je suis bien content de quitter cette puanteur.)

''Hey!''

La patience a des limites et celui qui s’exclame est couché sur le sol et vient tout juste de goûter à ce principe, mais ne semble pas apprendre de sa leçon. Clodomir soupire et tente de réfléchir malgré ce personnage de plus en plus irritant.

''Hey! Cet homme m’a frappé!''

N’importe quel passant un tant soit peu perspicace aurait compris cela depuis longtemps. Mais dans une ville comme Exech, ce n’est pas un simple coup de poing qui attire l’attention. La criminalité et les meurtres s’avèrent si nombreux que ce coup de poing constitue un généreux cadeau. D’ailleurs, un voleur de cet avis décide de remédier à cette générosité. Portant une cape noire, son visage peint de couleurs sombres est à peine visible. Il se penche vers sa victime toujours couchée sur le sol et fouille les poches de l’homme trop ivre pour se défendre.

''Hey!''

(Est-ce la seule chose qu’il peut dire?)

Clodomir sait très bien que cet ivrogne sait communiquer plus amplement. Seulement, avec tout ce qui se produit, cela commence réellement à lui taper sur les nerfs. Cependant, un sentiment de satisfaction s’installe tranquillement pendant qu’il contemple ce spectacle qui se déroule devant lui.

(Peut-être cela l’empêchera de boire à l’avenir… Et qui est-ce? Est-il dans le clan de la Confrérie du Crâne? Je ne crois pas… Il est plutôt audacieux de commettre un crime dans leur secteur.)

En effet, il prend des risques en détroussant un homme si près du Temple de Thimoros. Les choses se passent plutôt rapidement et le voleur repart sans anicroche et avec un léger butin supplémentaire. Satisfait que le sort ce soit acharné sur l’ivrogne, Clodomir entame sa marche vers les écuries.

(C’est probablement inutile et je n’ai que 50 yus. Mais je ne paie rien pour me renseigner…)

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Dim 10 Jan 2016 23:46 
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En sortant de l’écurie, Clodomir fait quelques pas et se retrouve de nouveau devant l’auberge de son enfance. La pensée de son défunt père lui traverse l’esprit et une once de tristesse se dépose doucement sur son cœur. L’ivrogne ne gît plus par terre et n’ayant aucun obstacle à contourner, il traverse la flaque avec distraction.

(Bonjour père.)

Continuant son chemin, il passe devant la Place Publique sans y porter un grand intérêt. Pourtant, aujourd’hui une pendaison a lieu. Il s’agit d’un veuf qui s’occupe de ses deux progénitures. Le clan des Crocs de l’Ombre s’est organisé pour corrompre un milicien et ainsi acheté quelques fausses accusations de meurtre. Le plus cruel dans cette tactique se révèle lors de la sentence publique. Le père se retrouve puni pour l’homicide de sa propre femme. Bien qu’il clame haut et fort son innocence, personne ne l'écoute. La plupart observent la scène avec une soif vicieuse de sang. Les autres sont curieux de voir une scène si rare. Au moment de l’exécution, un cri se produit :

''Hey!''

Il s’agit de nouveau de ce stupide énergumène qui s’abreuve, cette fois, à la Taverne de la chope renversée.

(L’Auberge de la Cruche Fendue... La Taverne de la choppe renversée… L’originalité n’a sûrement pas traversé l’esprit du propriétaire lorsqu’il a tenté de voler les clients de mon père.)

''Hey! C’est à toi que je parle!''

''Tu ne vas pas recommencer!''

Évidemment, Clodomir reconnait la voix, mais lorsqu’il se retourne, il remarque que l’ivrogne s’approche en compagnie d’un autre homme, un Kendran. Il est grand, maigre et arbore son regard bleu plein d’orgueil. Sa peau pâle, ses grandes oreilles et son nez pointu, il donne l’impression qu’il se prend pour un elfe. Mais il provient simplement de cette nation amère qui a déclaré la guerre aux Wiehls. Les Kendrans sont tellement harcelants avec leur commerce qu’ils s’attirent le mépris des Wiehls depuis plusieurs décennies. En plus, ils ne possèdent aucune éducation et ils croient que les Wiehls sont responsables de cette guerre. Le sourire qui flotte alors encore son visage disparait.

(Voilà un autre imbécile…)

''Tu as frappé mon ami?''

Clodomir n’en croit pas ses oreilles. Ce prétentieux se lie d’amitié avec un homme qui oublie son propre nom! Lorsque son interlocuteur s’approche d’un air menaçant, il cesse de réfléchir et esquive de justesse un coup de poing qui se dirige directement sur son visage. Le Kendran perdu dans sa furie continue de frapper son adversaire au niveau du corps. Clodomir, qui tente de bloquer, regarde l’ivrogne. Celui-ci semble étonné de la situation. Il reste figé, complètement hébété pendant quelques secondes. Soudain, son regard croise celui de sa victime et il commence à sautiller sur place en clamant des encouragements à son ami et en vociférant des injures pour son ennemi. Après le cinquième coup reçu en plein dans les côtes, ce dernier ressent finalement la douleur qui monte rageusement jusque dans sa gorge. Voulant se soulager, il porte ses mains sur ses côtes et penche ton torse vers l’avant. Le Kendran a le temps d'atteindre la main gauche puis la tête dégarnie du Wiehl. Le poing douloureux il s’exclame :

''Maintenant que tu en as assez, donne-moi tes yus et disparais de ma vue.''

Cependant, l'intimé ne se laisse pas faire. Habituellement passif, il a l’impression aujourd’hui que les gens tentent à tout prix de le provoquer. Il serre sa main sur son bâton et s’appuie fermement dessus. Celui-ci se dresse bien droit entre les deux hommes et le Kendran est soudainement attiré par cet objet qu’il aimerait bien utilisé pour frapper son ennemi. Lorsqu’il tente de s’en emparer, le poids exercé l’empêche de prendre ce qu’il désire.

''Tu devrais me donner ton bâton plutôt que de l’utiliser pour marcher. De toute façon, tu n’es pas si vieux. Tu n’as pas besoin de cette stupide branche.''

Relevant la tête, Clodomir lance un regard empli de colère vers son adversaire. Il se redresse de toute sa hauteur et avance tranquillement sa main libre vers le bâton. Le Kendran lance avec son ton narquois :

''C’est ça! Donne-le-moi gentiment et tu resteras peut-être en vie aujourd’hui.''

Il s’arrête puis redirige sa paume, ouverte vers le sol, dans l’autre sens. Surpris et agacé, le Kendra demande sèchement :

''Que fais-tu? Donne-moi ton bâton et je te laisse tranquille!''

À cet instant, il soulève légèrement son arme et le fait pivoter à l’horizontale vers sa paume qui se présente maintenant en bonne position. De toutes ses forces, il dirige l’extrémité vers la tête de son ennemi qui affiche maintenant un air complètement ahuri. N’étant pas trop affecté par l’alcool, il réussit à s’accroupir pour éviter le coup. Finalement, le sourire de Clodomir revient. Le temps paraît alors pratiquement suspendu. Le Kendran se demande pourquoi ce Wiehl sourit. Lui ne peut s’empêcher de dire :

''L’avantage lorsqu’on n’utilise pas une lame, l'arme est efficace dans tous les sens.''

Il redirige alors le bâton dans l’autre sens toujours en direction de la tête. Cette fois, la posture précaire de la cible ne permet pas d’esquiver ce coup qui étourdit l’homme. La ferveur de l’ivrogne redescend rapidement. Visiblement agacé, il regarde ce personnage et dit :

''Si vous le permettez, j’aimerais aller prier en paix.''

''Bien... bien sûr.''

''Merci et bonne journée''

Déçu de subir une telle humiliation, le Kendran dirige un doigt sur sa joue droite. La douleur lui enlève immédiatement le goût de répéter l’expérience. Surtout, qu’il doit avoir quelques clients dans la taverne qui voient la scène et qui se feront un plaisir de le ridiculiser. N’ayant aucune envie de subir une autre défaite ou les railleries de ses pairs, il se dirige vers le nord d’un pas rapide et saccadé. L’ivrogne envahit maintenant par un hoquet puis un rôt, il se rappelle qu’il n’a pas terminé la chope qu’il a laissée sur la table avant de tenter cette vengeance ridicule. De mauvaise humeur, l’appel de la soif se ressent et il tourne lui aussi les talons et entre dans la taverne en exécutant une sorte de danse mélangeant les coups de pieds dans le vide et la perte d’équilibre. Les deux hommes disparus, Clodomir se retourne vers le sud et s’exclame :

''Quand on mélange l’alcool et les Kendrans, il en résulte un mélange explosif!''

Sur ces paroles, une détonation se produit. Probablement un des nombreux effets spectaculaires du Cirque de la troupe flamboyante. Cela n’empêche pas Clodomir de penser que les hasards d’aujourd’hui sont plutôt exceptionnels.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Exech
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 01:59 
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Soudain, un souvenir refait surface. Il s'agit d'une chaude journée et Clomodir a à peine 10 ans. À cette époque, il est plus facile à impressionner et l’alcool le dégoute moins. Lors de son entrée dans la salle de spectacle. Il s’écrie de peur, croyant que la pièce se consume. Rassurant, son père lui fait comprendre que ce n’est que babioles et décorations. Il lui dit :

''Parfois, le feu détruit, mais ici, il crée. Lorsque le spectacle commencera, je te jure que tu seras en parfaite sécurité. Laisse la peur se métamorphoser en émerveillement et laisse l'émotion t’envahir. Un jour, tu ressentiras une passion aussi ardente que le feu et tu ne devras pas la craindre. Tu devras la contempler et la vivre avec la même ferveur que tu verras chez les artistes.''

Le spectacle commence, une humaine fait son entrée entourée de flammes. Sa beauté est subjuguante et Clodomir est immédiatement charmé. Elle a une peau rouge et quelques vêtements orange cachent ses parties intimes, mais sont suffisamment moulants pour exhiber son corps ferme. Les vêtements flottent dans l’air et forment des flammes en harmonie avec le corps rougeoyant de la femme. Puis elle place ses mains en l’air et d’énormes flammes s’en extirpent comme si l’on arrose le feu avec de l’alcool pur. La lumière produite par ce spectacle éclaire le visage de Clomodir d’admiration. À l’époque, il ne comprend pas ces émotions, mais aujourd’hui il sait qu’il a vécu la première étape que son père avait décrite : la passion.

Puis, Lichia Vela sort de scène et laisse place aux artistes. D’abord déçu, l’enfant observe alors des exploits physiques inimaginables. Des hommes et des femmes se tiennent en équilibre sur une main. D’autres peuvent courber leurs jambes par-derrière et toucher leur tête. Des acrobaties incroyables se produisent devant lui. Différents costumes représentent différents personnages qui rappellent des éléments de la nature. Des danses et des rubans de feux virevoltent en cadence. Puis, l’ambiance enflammée disparaît et Lichia Vela fait une nouvelle entrée cette fois escortée par quatorze hommes. Clodomir lance un regard interrogateur à son père, mais celui-ci se contente de répondre par un sourire et continue de fixer la scène. Sept de chaque côté, les artistes tiennent des bâtons en bois ordinaire. Ils s’approchent lentement de la femme et pointent leurs armes sur elle. Ses pieds s’illuminent lentement et la lumière s’accroît de plus en plus jusqu’à former deux points incandescents. Puis, la chanteuse s'enflamme. Elle entame une chanson qui hérisse tous les poils du garçon. Les hommes immobiles regardent leurs bâtons s'allumer. Tout à coup, ils bougent tous ensemble dans un parfait synchronisme. D’abord, ils tentent d’éteindre les flammes en agitant leurs mains, puis en soufflant de toutes leurs forces. Finalement, ils agitent leurs bâtons et les font tournés dans leurs mains. Des cercles de feu se dessinent, puis des œuvres plus complexes se forment. Des animaux de toute sorte prennent vie sur la scène et les artistes s’acharnent sur leurs instruments avec une ardeur inégalée. Une nouvelle émotion se rajoute à la passion : la ferveur.

De retour dans la réalité, Clodomir se demande s’il possède un bâton pour cette raison. Il a beau argumenter avec lui même, les deux seuls éléments qu’il prît de ses parents sont ce morceau de bois et la cape. Pour la cape, son père avait jadis insisté sur l’importance de celle-ci, mais Clodomir ne sait pas pourquoi. Ayant déjà parcouru quelques mètres, il s’arrête devant le Temple de Yuimen. De l’extérieur, il ne ressemble à rien d’autre qu’une habitation, mais il saurait le reconnaître en mille, car il y va presque tous les jours. Embrouillé par les différentes émotions qui se mélangent, il entre lentement dans la cour du temple afin de s’y recueillir.

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Dernière édition par Clodomir le Lun 11 Jan 2016 19:18, édité 1 fois.

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