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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 16 Nov 2010 14:13 
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Adweinna m’avait suivi dans le bar ou de nombreuses personnes s’entassaient. Il était difficile de circuler parmi cette foule. Mon amie parvint à se frayer un chemin jusqu’au comptoir ou elle commanda une bière et demanda combien de temps il restait de trajet. Une dizaine de minutes, le vol s’était passé si vite. J’avais le gosier sec, à mon tour de demander quelque chose à boire.

- « Un verre de gouttes du soleil, s’il-vous-plaît. »

Le serveur me donna ma consommation rapidement. Je pris mon verre et en but une gorgée avec plaisir. Ce breuvage me rappelait Hidirain. Adweinna se tourna alors vers moi pour me demander si j’étais prêt pour la suite du voyage. Elle caressa son loup qui commençait à en avoir marre de ce voyage.

- « Pour tout te dire Adweinna, je n’ai pas vu le temps passer. Le voyage s’est déroulé tellement vite ! Il y a quelques minutes on voyait encore les montagnes d’Hidirain, dans peu de temps nous pourrons admirer les murs de la cité de Kendra Kâr. J’ai hâte de rejoindre l’Ermitage pour rencontrer nos pairs. »

Je regardais quelques minutes Annoryn, son regard croisa le mien. Je pus lire la peur dans son regard. Moi aussi j’avais peur de cet inconnu qui s’annonçait. Mais j’avais choisi mon destin, il était temps de faire face à cette évidence, je ne verrais peut-être jamais plus mes amis et ma famille.



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Dernière édition par Kalispero le Lun 29 Nov 2010 19:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 16 Nov 2010 15:06 
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Je fus heureuse de constater que Kalispero était très enthousiaste à l’idée de la suite du voyage. Tout en son verre de gouttes du soleil, il manifesta sa joie teintée de nostalgie. En effet notre pays était loin et l’on mettrait certainement énormément de temps avant de pouvoir y revenir, mais ni lui ni moi n’avions le choix, il nous fallait rejoindre l’ermitage.

" Je sens son appel de plus en plus fort.

Je suppose que c’est normal étant donné que nous nous approchons du point de chute.

Oui…sans doute."

Tout cela me laissait dans un état de perplexité profonde. En réalité ma faera m’accompagnait mais n’en savait guère plus que moi sur cette histoire. Il allait falloir que j’attende d’être sur place pour obtenir les réponses à toutes les questions qui fourmillaient dans mon esprit.

Je remarquais qu’Anorynn et Kalispero échangèrent un regard rempli de peur. Je ne savais pas de quoi mon compagnon de route avait peur mais je savais de quoi Anorynn avait peur. Le vol ne semblait pas lui réussir. C’est vrai que pour un animal, monter à bord d’un aynore est une chose peu agréable. Soudain une voix résonna et me fit sursauter.

"Chers voyageurs nous allons commencer notre descente sur Kendra Kâr. Nous espérons que notre compagnie vous a permis de passer un agréable voyage. Nous vous souhaitons à tous un bon séjour dans la cité Kendranne."

Le moment était venu. Je pu clairement sentir que l’aynore perdait de l’altitude et se dirigeait vers la zone d’atterrissage. J’étais soulagée de me dire que bientôt, de nouveau, je me retrouverais seule avec Kalispero et que j’allais pouvoir lui parler. Un idée me vint alors à l’esprit. Je captais l’attention d’une hôtesse.


"Excusez moi, pour se rendre à Bouhen, quels moyens existent-ils ?

C’est très simple. Vous pouvez vous y rendre en cynore ou bien par la route. Par la route il vous faudra entre 4 et 5 jours à pieds, seulement 2 en cheval. Bien sûr en cynore vous ne mettrez que quelques heures.

Très bien… Je vous remercie."

Nous n’allions pas avoir l’occasion d’admirer Kendra Kâr. Alors que l’on attendait l’ouverture des portes je demandais à Kalispero :

"Alors, comment préfères tu faire la route entre ici et Bouhen ?"

Sur ce je commençais à descendre de l’aynore.


(((HRP : Kalispero tu peux poster dans la zone d'embarcation ^^)))

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Dim 5 Déc 2010 22:37 
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<les ruelles de Tulorim>

Mohir avait conduit le jeune homme du désert jusqu’à la zone d’embarcation et avait prit deux billets à destination de Kendra Kâr. Adeim était muet et tremblant de peur face à ce qui venait de passer. Comment cela était-il possible? Mais surtout la question qui lui posait le plus de problème était : pourquoi lui? Dans son esprit, il devenait de plus en plus clair qu’il représentait un danger pour tous ceux qui avaient le malheur de s’approcher de lui.

Mohir le conduisit dans une partie reculée de l’aynore, là où il n’y avait personne pour pouvoir lui parler tranquillement. Mai avant que le mage n’ai pu commencer, Adeim sombra dans un profond sommeil. Il revit plusieurs choses, ses retrouvailles avec sa soeur, son rêve de la nuit où il avait été arraché à ses parents, les moments de tendresses passés avec Kaesa, son assassinat... Tout cela ne devait pas ce reproduire. Il revint à lui et reconnut la sagesse de l’homme qui se trouvait en face de lui.

"Vous avez bien fait d’envoyer Erora loin de moi...
Je ne l’ai pas fait avec plaisir, mais c’était nécessaire.
Je sais... Je...
Attendons d’avoir décollé! Ensuite je te parlerais."

Sur ce le vieillard se leva et se rendit au bar de l’appareil pour prendre deux boissons revigorantes, idéales dans ce genre de situation, deux bières. Il revint, posa les chope sur la table et s’assit. Il but une gorgée et fit semblant d’être un passager lambda que personne ne remarquait. On ne pouvait pas en dire autant d’Adeim. Son visage figée de terreur pouvait alerter.

"Essaye de paraître décontracté sinon on va vite se faire repérer.
Mais par qui?
Attends le décollage je t’ai dit."

Adeim tenta tant bien que mal et parut un peu plus décontracté, mais à l’intérieur de lui Adeim était sous tension surtout par le fait de ne rien comprendre du tout à ce qui se passait. Il ne se souvenait de quasiment rien hormis la fureur qui l’avait envahit. Une question lui était alors venu à l’esprit : la nuit où sa belle fiancée avait était tuée, il avait ressentit une fureur sans pareil, comme dans la ruelle, et pourtant rien ne s’était produit, il ne s’était pas transformé en machine à tuer, pourquoi? Comment diable cela marchait-il? Après cinq minutes d’un silence des plus pesant, une hôtesse annonça l’imminent décollage de l’aynore et donc des réponses aux questions qu’Adeim se posait.

Dans le bruit incessant des gens présents, la conversation entre les deux hommes ne s’entendait pas. Ce fut Adeim qui parla le premier pour être sûr que Mohir ne se défile pas.

"Euh...vous semblez tout savoir sur moi alors que moi je ne sais rien...c’est illogique vous en conviendrez.
J’en conviens et je comprends ton désarrois...
Vous comprenez?! Ça non je ne crois pas!
Calme toi. Maintenant que tu es actif, tu pourrais tuer tous les gens ici présents et nous par la même occasion.
Et bien tant mieux, au moins si je mourrais, les gens auraient la paix et moi aussi!
Tu n’as pas toutes les données. Tu ne peux pas dire ça.
Les données...?! Décidément, vous venez d’une autre planète ou quoi?
Je ne peux rien te dire pour le moment. Mais je ne suis pas de votre monde c’est certain."

Face à cette révélation, Adeim ne savait comment se comporter. Cet homme était une énigme, un mystère et il voulait en savoir plus sur lui mais visiblement le vieillard n’était pas prêt de révéler ses secrets. En revanche le jeune de désert comptais bien faire en sorte qu’il lui révèle tout sur ce qui s’était passé à Tulorim.

"Alors, commençons, par le début. Qu’ai-je de spécial?
Il y a des siècles et des siècles, mon peuple à prédit qu’un enfant spécial viendrait au monde.
Moi?
Toi.
Et quelle est ma spécialité?
Tu es la clé d’un dénouement extraordinaire."

Ok, là s’en était trop. Genre il était celui qui règlerait un problème majeur et personne d’autre ne pouvait prendre ce poids de ces épaules. Donc toute sa vie il allait devoir se cacher des autres, fuir, être seul à jamais, sauf si...

"Puis je me débarrasser de ce truc?
Non. Tu es né comme ça et tu le seras toute ta vie.
Vous voulez dire que je vais devoir fuir tout vie pour ne pas causer des dommages irréparables?
Non, tu peux te contrôler et il le faut.
Mais comment?! Regardez vous, vous êtes vieux, sage, facile pour vous de vous contrôler! Je suis jeune et sujet à de fortes émotions que je ne peux ignorer!
Il va le falloir. C’est pour ça que je t’envois à Kendra Kâr. La ville est plus calme, tu sera moins sujet aux sautes d’humeur."

La vie d’Adeim dérivait de plus en plus vers des eaux sombres et terrifiantes. Peut être n’allait-il pas vivre? Sa survie était quelque chose qui le préoccupait, mais pas plus que celle d’Erora. Il se prit la tête entre ses mains et se sentit si désemparé qu’il ne souhaitait qu’une seule chose...

"Pourquoi moi?
C’est le destin qu’il a voulu."

Mohir se mit à lui raconter son histoire. Adeim trouva cette situation ironique car il aurait du être capable de la raconter lui même. Enfin, quoi qu’il en soit, le jeune écouta son histoire sans rien dire. Le peuple de Mohir avait donc prédit qu’un enfant doté de dons particulier apparaîtrait dans les pays du désert. C’était un fait avéré qu’une guerre avait lieu entre deux tributs du désert. Une tribut de l’est et une tribut de l’ouest. Cette enfant serait la clé d’une victoire assurée d’où la raison de la traque.

"Donc j’offre la victoire à l’un des deux camps et ensuite?
Ensuite tu seras libre, mais....
Et bah voilà! Ramenez moi au désert, je fais ce que j’ai à faire et je reprends le cours de ma vie.
Ce n’est pas aussi simple, tu te doutes bien.
Ouai... Il est où le problème?
Si tu offres la victoire à l’une des deux tribut, la gagnante deviendra invincible et fera régner la terreur sur l’ensemble du désert.
Je fais comment alors?
Pour le moment, tu ne peux rien faire à part aller à Kendra Kâr."

Adeim était désespéré. Il allait devoir renoncer à tout uniquement à cause d’un destin qu’il n’avait pas demandé. Il but une gorgé de sa bière et s’effondra, la tête en arrière sur son siège. Tout cela le dépassait et s’était bien trop pour lui.

"Je suis un monstre...
Non. Je n’ai pas finit, il me reste une chose à te dire.
Ok...allez y, enfoncez moi un peu plus dans le gouffre dans lequel je suis...
Tu n’es pas destiné à détruire tout ce que tu touches. Ce qui s’est passé avec Kaesa n’était qu’une manière de déclencher tes pouvoirs. Tu tenais à elle, tu l’aimais elle était la cible parfaite. Kaera n'était que le premier, ces gens n'ont aucun scrupules.
Peuvent-ils faire du mal à Erora?
Non. Ils ignorent sont existence, encore moins sont lien avec toi.
Alors pourquoi pourquoi nous suivaient-ils à Tulorim.
Il attendait le moment où tes pouvoirs apparaîtraient. Certains sont prêt à tout.
Et en quoi aller à Kendra Kâr va-t-il m’aider?
Pour le moment je ne sais pas, mais tu dois y aller. C’est mon instinct et je suis toujours mon instinct."

Il marqua une pause et examina le visage suspicieux d’Adeim qui le fixait sans ciller.

"Je ne suis pas ton ennemi Adeim. Cette guerre me concerne indirectement et je me dois de te protéger, mais je ne suis pas contre toi et le poids que tu dois porter est horrible et si je pouvais te l’ôter je le ferais. Mais je ne le peux pas."

Adeim avait écouté cet homme lui dire combien il était désolé. Il émanait de lui une sorte de réconfort. Il sentait qu’il pouvait faire confiance à Mohir et c’était déjà un réconfort en soit. Le reste du voyage se déroula dans un silence pesant. Ils ne savaient pas quoi dire et préférèrent s’abstenir. Alors qu’Adeim était sur le point de s’endormir, la voix de l’hôtesse résonna de nouveau pour annoncer leur arrivée imminente à Kendra Kâr.

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ImageAdeim, Humain des déserts et fanatique
"La vengeance est un plat qui se mange froid"


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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Ven 28 Jan 2011 00:00 
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Depuis qu'il avait embarqué, Ssar était resté sur le pont, les yeux fixant sans la voir la mer infinie qui s'étendaient tout autour de l'aynore. Volant paisiblement dans le ciel, celui-ci avançait un peu plus à chaque instant vers le trésor que Ssar cherchait. Trésor auquel il était en train de rêver. Des amas de brillants joyeux, des tas de pièces aux doux reflets métalliques,...

Notre héros n'était pas seul sur ce gigantesque pont. D'autres personnes se tenaient là, certaines accoudés comme lui aux rebords, plongés dans des abîmes de réflexion ou une contemplation ébahie, d'autres marchaient un peu pour se dégourdir les jambes, et il y avait même un groupe de jeunes filles qui discutaient en partant parfois dans de grands éclats de rire. Ssar notait distraitement la présence de tout cela, sans que cela n'affecte sa rêvasserie.
Mais des pleurs et des cris le firent très bien.

Se retournant pour apercevoir la source de ce vacarme, Ssar vit un petit garçon sur le pont, assis par terre, et pleurant toutes les larmes de son corps dans une symphonie de hurlements.


"Mamaaaaaaaaaaaaaaaan! Maaaaaaaaaaaamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan!

Le groupe de jeunes filles se déplaça immédiatement vers lui, mû sans doute autant par la compassion que par une sorte d'instinct maternel. L'entourant, le consolant, elle partirent avec lui à l'intérieur de l'aynore, sans doute pour chercher sa fameuse maman.
Mais Ssar, avec cette royale hypocrisie qui est le lot de biens des adultes, c'était déjà détourné de tout cela et cherchait à reprendre le cours de sa rêvasserie.
Sans succès.


"... Voir ce gamin en mauvaise posture m'émeut-il tant que sa?"

Et tandis qu'il y réfléchissait, il pensa soudain que la traversée était courte, et que si ce jeune garçon ne retrouvait pas très vite sa mère, il serait seul à Tulorim...
Ssar se détourna à regret du pont pour entrer à son tour dans l'aynore, furetant dans es couloirs, cherchant une jeune femme à la recherche de son marmot.

Il croisa plusieurs des jeunes filles qui étaient parties avec le garçons. Elles couraient en tout sens, interrogeant toutes les femmes qu'elles trouvaient, sans succès. L'aynore étant immense, il n'y avait pas grand chose d'étonnant à cela... S'écartant du secteur que les jeunes filles quadrillaient, Ssar marcha jusqu'à l'autre bout de l'aynore. Et quand il entendit des sanglots au détour d'un couloir, il sentit qu'il touchait au but. Tant mieux, l'aynore entamait lentement sa descente vers Tulorim...

Dans le couloir dans lequel notre héros venait de tourner, il aperçut une jeune femme aux cheveux coupés court d'un châtain terne, qui s'était agenouillé sur le sol, dos à lui, et qui se vidait de ses larmes sur le sol.


"Ho, mon chéri, mon petit chéri, où es-tu passé?"
"Si vous voulez mon avis, vous devriez demander ça aux jeunes filles qui vous cherchent de l'autre côté de l'aynore."
Ma voix soudaine la fit sursauter, et elle se retourna face à moi pour me laisse voir un visage rouge striée de larmes.
"Qu'est ce que..."
[color=#408040]"Votre fils se trouve de l'autre côté de l'aynore. Des jeunes filles vous cherchent pour vous le rendre. Je vous y conduis."


Se tournant sans tarder, Ssar se mit en marche, en entendit peu après le pas de la jeune femme dans son dos, et sentit sans le voir son regard lourd de remerciement.
L'aynore venait fraîchement de se poser quand Ssar, restant légérement en retrait, désigna du menton le groupe de jeunes filles, visiblement exténué et très embêté, qui entourait le jeune garçon.


"Joaquim!"
"Mamaaaaaaaaaan!"

Dans une scène digne d'un roman, ils s’élancèrent l'un vers l'autre, se prirent dans les bras, la mère lançant des " ne me refait plus jamais un coup comme sa!" et l'enfant répondant " oui maman je te le promet!" sous le regard attendris des jeunes filles et des autres passagers, bien soulagés que tout se finisse bien alors qu'ils venaient d’atterrir.
Ssar fut le premier à sortir, le coeur léger et l'aventure encore à découvrir.

_________________
Ssar, Varrockien, rôdeur flâneur et chasseur de trésor

Ssar : #404080


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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Lun 21 Fév 2011 17:47 
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Trajet Kendra Kâr -> Tulorim.


Après moins de vingt minutes au sol, l’aynore se soulève doucement, et se dirige vers la côte. Étrangement, je me détends, et me laisse bercer. Mon corps est toujours est toujours tendu, mais mon esprit semble rationaliser la situation… Après tout, ais-je jamais entendu parler de voyage volant finissant mal ? Je chasse la pensée que je n’ai jamais entendu parler de tel voyage finissant bien, et je tente quelque pas. Le vaisseau elfique est stable, et la marche, aisée. Je remonte lentement sur le pont : aucune terre à l’horizon, seule la mer et le ciel, sans réelle distinction.
Tant d’appréhension pour si peu de choses… Après tous, cela ne fait pas une grande différence d’un voyage en bateau, si ce n’est la hauteur au-dessus de l’eau. Le soleil réchauffe le pont, ainsi que la plupart des passagers, qui, comme moi, ont décidé de profiter du paysage. Seul témoin de notre vitesse dans ce monde d’un bleu uniforme, les quelques nuages, défilant au-dessus de nous.

Curieuse, je tente un regard par-dessus la rambarde. La vision du vide, et l’eau, en dessous, loin en dessous, semble décider les veines de mes poignets à me planter là et à se tirer. C’est du moins la sensation que j’en retire. Je n’ai jamais réellement eu le vertige ; mais je ne crois pas être déjà monté sur quelque chose de plus haut qu’une maison. Je recule, doucement, trouve un point d’appui sûr, la paroi de je ne sais quoi. Une fois là, je ferme les yeux, et je m’assois après m’être assurée de la présence du plancher. Les jambes serrées contre mon corps, j’essaye d’oublier ce qui me tient en l’air : de la magie elfique.



Je recroisais Ezel une semaine plus tard : une devanture d’un rouge criard indiquait « Ezel, barbier ». Le sinari, lui, fumait tranquillement une pipe, assit devant sa boutique. Me reconnaissant, il me fit entrer, et nous discutâmes autour d’un thé. J’eus même l’impression qu’il me reprochait de n’avoir pas attendu son réveil au temple pour qu’il puisse m’inviter.
Le hobbit était un vrai moulin à parole, mais possédait également une réserve impressionnante de gâteaux et biscuits, ce qui me le rendit fort sympathique : je n’avais pas mangé à ma faim depuis un bon mois.
Apprenant que j’étais à la rue, il me proposa de me loger dans un appentis poussiéreux de son arrière-boutique. Je me retrouvais donc finalement avec un logis, même si celui-ci était réduit au minimum, et les nuits d’hiver furent rudes. Mais avoir une pièce où rentrer le soir fut un changement des plus agréables pour moi. La générosité d’Ezel m’étonne encore. Il ne me demanda en échange que de maintenir propre sa boutique, et parfois, de lui narrer un des nombreux contes que j’avais entendus pendant mon enfance.



Ezel est parti dans un des tripots qu’il fréquente. C’est le jour des morts. Je ne trouverai aucun travail, aujourd’hui. Les rues sont combles ; à chaque intersection, un étal proposent des fleurs pour honorer un proche défunt. La foule a dû envahir le temple de Phaistos.

Ironiquement, je décide d’aller voir ma propre tombe. Je quitte la ville, un bouquet sous le bras ; les gardes me laissent passer sans encombre. Un jeune homme, probablement le fils d’un marchand livrant une commande, m’accepte sur son chariot.
Cela fait trois mois maintenant que je n’ai pas quitté la ville… Le paysage ne ressemble que peu à mon souvenir. Je quitte mon charmant conducteur à quelques miles de Kendra Kâr, et tente de retrouver mon chemin. Mes souvenirs sont confus ; je me dirigeais alors vers la ville, et je pensais à autres choses qu’à chercher des points de repère.

Après quelques heures d’errance, je reconnais le bosquet où se trouve ma tombe. Celle-ci n’est plus qu’un vague tas de terre gelée. Je dépose mes fleurs, et hésite. J’aie l’étrange envie de me créer une véritable tombe, d’inscrire une épitaphe. La prudence me retient cependant. Je n’ai aucune envie que celui qui m’a enterrée là ait la moindre information sur moi.

Un éclat, à mes pieds, un morceau de verre reflétant le soleil… Je me penche, et découvre une sorte de monocle, fait d’un verre étrangement sombre. Il semble en bon état, si ce n’est la terre qui l’enduit en grande partie. Sa présence en ce lieu est insolite… Un bien de mon inquisiteur, qu’il aurait égaré ?

Quelques jours plus tard, je fis examiner le monocle par un marchand d’objet magique dont j’avais fait la connaissance. Un ouvrage d’histoire de la bibliothèque de Kendra Kâr semble confirmer ses dires.
Des monocles de ce type furent créés aussi bien par les partisans de Gaïa que des adeptes de Thimoros, afin de s’identifier aisément. Celui en ma possession permet de déceler les possesseurs de fluides obscurs et à probablement été fabriqué par l’un d’eux.
Comment est-il arrivé sur ma tombe ? Étrange objet pour un inquisiteur. Du moins, sachant que celui-là ne semblait pas avoir de preuve de ma culpabilité… Qui d’autres serait venu là ? Père ?
Si c’est le cas, aurait-il su, pour mes fluides, avant que je m’enfuie ?

Père… Si seulement je pouvais me souvenir de votre visage…



Je me servis du monocle régulièrement, sur des passants quelconques, sur des individus qui me semblaient pouvoir être porteur de fluide, parfois, sans la moindre raison, à l’instinct, le tout sans le moindre succès. Pourtant, bien plus tard, il y a maintenant un peu plus d’une semaine, je trouvais mon premier porteur de fluide sombre.

Je revenais du marché, où l’inattention d’un marchand m’avait fourni une fort agréable collation. Je faisais un dernier tour en ville avant de rentrer quand je le croisais, non loin de la bise d’Ynorie. J’avais déjà vu quelques liykors à Kendra Kâr, mais celui-là avait une sorte de grâce, d’assurance… Du charme peut-être seulement.
Son pelage était d’un blanc magnifique, pur, rehaussé par les touches de noirs de ses yeux, de ses griffes et de son museau. Malgré l’hiver, il était vêtu fort légèrement, bras nus, portant apparemment sans aucune difficulté un sac assez volumineux sur son épaule. Il ne semblait pas gêné par la foule, bien qu’une grande partie des passants le dévisageait.

Sans y croire, je sortis comme tant d’autre fois le monocle de ma poche, et activait son pouvoir. La magie de l’objet, prévue pour néophytes, ne fit pas de difficulté, et se focalisa sur le liykor. Une aura sombre, sorte de fumée liquide d’un noir des plus purs, l’entoura soudainement. Je pressai le pas, gardant en vue cet étrange citoyen. Un porteur de fluide d’ombre… Un allié, peut-être. Tout du moins pourrait-il savoir où je pourrais me fournir en fluide. Mais comment l’aborder ? Un disciple de Thimoros est dangereux, même pour ses condisciples… Et je n’en suis plus vraiment un.

Je traversai la ville, suivant le liykor, sans grande difficulté. Il se dirigeait vers les bas quartiers, où je savais se trouver une communauté de worans et de liykors. Il ne s’engagea cependant pas vraiment dans le quartier qui leur est dédié ; mais il se contenta de s’en approcher, puis de bifurquer dans de petites ruelles un peu avant, pour arriver devant quelques bâtisses appuyées contre les remparts.
Le soleil se couchait, éclairant de rouge les toits.

Le liykor pénétra dans un bâtiment trapu, que j’aurais cru abandonné. D’aspect plutôt miteux, il n’avait qu’un étage, et l’obscurité naissante le rendait plutôt lugubre. Je restais dans la rue un instant, dans l’encoignure d’une porte proche. Bientôt, une lueur s’alluma derrière les persiennes d’une fenêtre à l'étage. Satisfaite, j’entrepris de faire le tour du bâtiment. Aucun accès visible autre que la porte principale, les remparts bloquant l’arrière. Déçue, j’étudiais les maisons des alentours. Rien d’intéressant non plus. Pestant intérieurement, j’allais rapidement aux embranchements proches : pas un bruit.

Que moyennement rassurée, je m’approchais du coin sud du bâtiment, où quelques poutres légèrement saillantes offraient de modestes prises. Retroussant manches et robe, je grimpais le long du mur. J’avais sous-estimé la difficulté de l’entreprise, et c’est avec grand soulagement que je me rétablis sur le toit. Je m’allongeais un instant, scrutais la nuit, tendant l’oreille : le silence, encore.
Je me relevai et, courbée en deux, je progressai jusqu'à la fenêtre derrière laquelle se trouvait le liykor. Un craquement du toit me fit se figer. Rien… Si. Un son. Non… Un chant. Une voix, grave et douce, basse, chantant des paroles en une langue que je ne saisissais pas. Charmée, je repris doucement ma progression. Alors que j’arrivai au-dessus de la fenêtre, une musique s’éleva.

L’instrument devait être une sorte de flûte. Qui pouvait en jouer ? Ou alors, qui chantait ? La question disparut rapidement de mon esprit. La voix et la musique ne faisaient qu’un, produisant un chant envoûteur. Je m’allongeai sur le toit, m’assurai de mes prises, et je suis resté là, à écouter.
Peu à peu, mes pensées s’effacèrent, je ne fus plus cette humaine perdue, tentant de retrouver un lien avec son dieu, mais une petite fille, émerveillée devant le spectacle des étoiles, au son de cette musique.

L’harmonie se brisa. Des pas, résonnant dans la rue. Un homme, seul. Penchée par-dessus le rebord du toit, je l’observai : rien de plus qu’une silhouette, plutôt petite, difficilement discernable dans l’obscurité. Il se dirigea vers la porte, fouilla un moment ses poches, en sortit une clé, ouvrit et s’engouffra dans le bâtiment. Un visiteur du musicien ? Je m’avançai prudemment vers le bord du toit, puis, ayant trouvé une prise correcte, je basculai à moitié, amenant mes yeux aux niveaux des persiennes.

La pièce qui s’offrit à ma vue était nue, meublée seulement d’un lit et d’une chaise usée. La porte me faisait face, mais je distinguai mal le liykor, qui était assis sur le lit, contre le mur, à la limite de mon champ de vision. Une simple bougie éclairait la pièce, posée à même le sol. Sur la chaise, je découvris le flûtiste : un lutin, à la peau étrangement matte. Son instrument, adapté à sa taille, produisait pourtant le même son qu’une flûte humaine.

Le chant ne s’interrompit que lorsque des pas se firent entendre, derrière la porte. Avant qu’aucun des deux occupants de la pièce n’ait réagi, celle-ci s’ouvrit à la volée, et l’homme que j’avais vu dehors se précipita dans la pièce, une épée courte à la main. Il se jeta sur le liykor, et celui-ci n’eut que le temps de se relever avant de recevoir l’épée en plein ventre.
Il s’effondra, son beau pelage blanc englué de son sang. Il n’y avait plus de traces du lutin, et l’inconnu quitta la pièce, sans même prendre la peine de retirer sa lame de sa victime agonisante.

Une froide colère s’empara de mon être. Cet inconnu avait, d’un seul geste, détruit mes espoirs, tué un possesseur de fluide sombre qui aurait pu m’aider. Il avait également tué un musicien qui avait réussi à m’enchanter, même si je ne comprenais pas réellement en quoi ce fait m’affectait.
Je me reculais sur le toit, et me postais au-dessus de la porte du bâtiment. Celle-ci s’entrouvrit, puis, après un instant, l’homme sortit, d’une démarche calme et assurée. Je me jetai sur lui.
Il m’entendit sauter, mais ne réagit pas assez vite. Je tombais lourdement sur son dos, et nous roulâmes à terre. Je me relevais difficilement, et m’approchais de lui en boitillant. Sa tête avait dû heurter le sol, et il était inconscient. Je me laissais tomber à son côté, le fouillait un instant, et je trouvai ce que j’espérai à sa ceinture : en plus d’une bourse que j’empochais, un discret fourreau d’où je tirai une dague.
J’hésitais un instant, puis lui transperçai le cœur. Ma colère ne retomba pas pour autant, mais mon esprit s’éclaircit. J’essuyais rapidement ma nouvelle arme, vérifiai que je n’avais pas de sang sur moi, puis je m’enfuyais.
Après avoir mis quelques rues entre le cadavre et moi, je ralentis l’allure. Mes jambes étaient toujours douloureuses suites au choc, mais visiblement rien de grave. Je remis un peu d’ordre dans ma tenue, et me dirigeai vers mon logis, que j’atteignis, malgré quelques sueurs froides, sans croiser de patrouilles de miliciens.



J’ouvre l’œil gauche. Par-dessus le bord du navire volant, la terre est visible : Imiftil. Je me relève et garde mon regard fixé sur le plancher de l’aynore. J’aurais dû faire bien plus souffrir cet idiot… Après tous, c’est de sa faute si je suis ici. Il n’aurait pas pu garder un billet pour un voyage en bateau dans sa bourse ? Enfin… son argent me sera utile.
Après une dizaine de minutes, l’aynore touche enfin le sol, avec un léger choc. J’attends un instant que deux elfes installent la passerelle, que j’emprunte pour rejoindre la terre ferme, que je n’avais jamais autant appréciée.

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Angèlique, Repentie. [lvl 8]


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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 15 Mar 2011 21:31 
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J’étais soulagé de m’être enfin échappé de Kendra Kâr. J’aurais au bas mot deux heures d’avance sur mes poursuivants, si bien sûr ils prenaient le prochain anyore à direction de Tulorim. Il y aurait donc peu de chance qu’ils me rattrapent. Surtout que je comptais brouiller les pistes en quittant immédiatement Tulorim. Pour l’instant, j’avais deux heures de repos pour me détendre et oublier la pression de la journée.

Malheureusement, la pression ne diminua pas : alors que je relevais la tête, je vis un elfe gris devant moi, puis je sentis le contact froid de l’acier contre ma gorge. Une longue dague s’enfonçait de quelques millimètres dans mon cou, prêt à percer ma carotide. Un peu de sang coula, montrant que la lame n’était pas là pour rien. Très bien. J’avais compris qu’il fallait obéir, et sans discuter, si je ne voulais pas que plus de sang tombe sur les planches du bateau volant.

« Le commandant désire vous voir Monseigneur. »

« Bien sûr »

Je n’avais rien à craindre. Le capitaine voulait simplement me poser quelques questions sur ce qui venait de se passer. Les officiers étaient généralement des gens intelligents, et il fallait que celui-là fasse parti de la règle, et comprenne que j’étais la victime. De plus, j’avais protégé son navire, et il pourrait même m’en être reconnaissant…Un sourire étira mes lèvres à l’idée que le commandant de bord me donne une récompense…lucrative. Je me dirigeai donc vers le bureau des commandes, d’où le pilote contrôlait l’anyore. Mais le Sindel semblait vouloir en décider autrement, et m’emmena vers un escalier conduisant à la cale. Le capitaine m’attendrait dans la cale ? Mais pourquoi voulait-il donc me parler dans la cale ? Il désirait me parler sans que son équipage le sache…cela me semblait peu probable, surtout que traverser le pont principal sans être vu était impossible…A moins que…Mais il était déjà trop tard. Alors que je me retournais, l’assassin déguisé qu’était l’elfe gris me mit une claque qui me fit tomber. Je roulai dans les escaliers, sans pouvoir stopper ma chute. J’atterris finalement sur le dos, une douleur me déchirant les côtes. Ce n’était vraiment pas mon jour ! Moi qui pensais m’être enfin débarrassé de ces tueurs ! Tout était de ma faute ! Il n’y avait que deux règles à respecter quand on priait Thimoros, et j’avais rompu l’une d’elles : toujours respecter ces supérieurs.

Je me relevais, une main sur la poitrine. De l’autre, je sortais mon poignard. Cette fois-ci, mon ennemi ne semblait pas très dégourdi. Sûrement un homme d’équipage qui avait été contacté par mon père pour tenter de me tuer. Les choses se compliquèrent quand deux Sindels entrèrent à leur tour dans la cale, et fermèrent une lourde trappe. Les trois elfes avaient l’avantage du poids et de la taille, donc de l’allonge. Tous me dominaient d’une vingtaine de centimètres, et les longues épées qui pendaient à leur côté ne semblaient pas être en bois…J’étais bien sûr beaucoup plus agile qu’eux, et la vitesse avait toujours était mon point fort.
Quand au lieu du combat, la cale, l’air y était étouffant et sec. On pouvait supposer que l’endroit devait sûrement être assez grand, mais beaucoup de marchandises ; en tout genre l’encombraient, et la place était d’autant réduite. Mes adversaires auraient donc beaucoup de mal à manier leurs épées à deux mains. Cela montrait encore leur inexpérience du combat, puisqu’il ne savait pas choisir un emplacement adapté à leurs armes, ou des armes adaptées à leur emplacement. J’étais sûr que je n’aurais aucun mal à les abattre comme les idiots qu’ils étaient.

Ils dégainèrent leurs lames sans un bruit. Ils voulurent m’entourer, pour ne pas me laisser une seule chance et m’empêcher de fuir…Mais je ne comptais pas fuir. Je comptais les tuer, les égorger, les saigner, les étriper, les faire souffrir, leur montrer qui j’étais. Ils avaient cru pouvoir m’abattre, mais j’allais les tuer comme les chiens qu’ils étaient. Je sortis avec une vitesse fulgurante d’u cercle formé, et me retrouva devant l’escalier montant au pont principal. Je montais quelques marches. Mes ennemis crurent que je voulais m’enfuir, mais je désirais simplement prendre de la hauteur. Ils s’approchèrent rapidement, ne voulant pas voir leur proie s’échapper d’une part parce qu’il n’aurait pas la prime promise par mon père, mais surtout pour m’empêcher d’aller les dénoncer à leur capitaine. Mais, au lieu de monter encore quelques marches et d’ouvrir la trappe menant à l’air libre, je sautai au-dessus d’eux, frôlant la tête du premier… Encore en l’air, je plantai la dague longue d’une vingtaine de centimètres dans le milieu du dos, et j’atterris avec une roulade qui m’arracha un petit cri de douleur.

Et un Sindel de mort. Reste deux. Ce fut au tour des elfes d’attaquer. Mais leurs gestes étaient très lents, à peine plus rapide que les ivrognes que je tuais chaque jour. Dans mon ancienne vie. Je ne ferais plus jamais ça. Peu importe, revenons au combat. Leurs armes passaient à côté de moi, sans même me frôler. Si l’unes des épées me touchait, je savais que je serais coupé en deux, mais peu m’importait. Je savais qu’aucune ne me toucherait jamais, parce que je sentais les attaques. Je savais où les deux Sindel attaqueraient. Leurs enchaînements étaient bien trop lents pour moi, et ma concentration était inhumaine. J’esquivais toutes leurs offensives, virevoltant tel un courant d’air entre mes adversaires, leur assénant de temps à autre des coups de poing, de couteau, de pied. Après quelques minutes d’esquive épuisantes, je regardais les être gris. Beaucoup de sang coulait d’estafilades dont j’étais la cause. Ils semblaient mal au point, et je n’aurais aucun mal à les achever. Je commençais par une série d’appuis courts pour qu’ils ne puissent me viser. Mais l’un des deux craqua et je plongeai sous son épée, puis j’enfonçai ma lame dans son aine jusqu’à la garde, puis je tournai la lame dans la plaie. Un coup que j’avais très bien exécuté, mais moins bien que ce que j’avais espéré. Quand on réussissait parfaitement cette attaque, l’adversaire mettait des heures à mourir dans d’atroces souffrances, mais cette fois-ci, il ne mettrait qu’une petite heure avant de décéder. Je passais ensuite derrière mon dernier ennemi restant, qui se retourna et tenta un coup de revers, qui passa au-dessus de ma tête. Le dernier elfe perdait son sang froid, même si le combat était gagné d’avance. Je bondis. Assez haut pour affliger un coup de tête magistral au dernier survivant des trois tueurs. Il s’effondra, le nez cassé. J’écrasai sa gorge, suffisamment fort pour le rendre muet, et empêcher un bruit de sortir de sa bouche. Maintenant qu’il ne pouvait plus parler ni crier, la séance de torture pouvait commencer.

Laissant un véritable carnage derrière moi, trois corps baignant dans une mare de sang, je quittais la cale, alors que l’anyore atterrissait. Me voilà arrivé à Kendra Kâr. J’arrivais à l’extrémité de la zone d’embarquement quand j’entendis derrière moi, dans le bateau volant, la rumeur d’un massacre.

Tulorim, je suis Isidor.

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Isidor, assassin sans remords


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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mer 13 Avr 2011 11:17 
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Après être montée à bord de l’appareil qui n’allait pas tarder à décoller, je m’installais sur l’un des canapés. Par Gaïa ! Cela faisait un bien fou de pouvoir s’assoir sur un siège digne de ce nom, je suis complètement tendue. Il faut dire que les évènements qui venaient de se dérouler à Tulorim n’avaient pas été propices au repos. Je rêvais d’un bain chaud suivi d’un bon massage. Je pourrai satisfaire ce désir une fois au Temple des Plaisirs après avoir rempli mes objectifs. Je jetai un regard sur les passagers. L’homme à la cape se trouvait au bar et le savoir dans l’aynore ne me rassurais pas le moins du monde.

"Malheureusement pour moi il n’y a pas trop de monde, cela va être difficile de me dissimuler parmi la "foule""

Par chance, il se dirigea à l’opposé de là où je me trouvais. Je décidai donc de me retourner et d’admirer le paysage par les grandes fenêtres qui auraient dûes laisser entrer la lumière s'il avait dénié faire beau. Finalement, j’allais profiter du voyage pour me reposer. Beaucoup de travail personnel m’attendait à mon arrivée à Kendra Kâr et y penser m’épuisait déjà. Je commençai à somnoler, mes yeux se fermèrent et sombrai dans le sommeil.

Je fus soudainement interrompue. L’homme encapuchonné se trouvait devant moi. Bizarrement tétanisée, je restais immobile, dans l’incapacité d’esquisser ne serait-ce qu’un mouvement de défense. Il se pencha et m’entoura de ses deux bras comme pour me retenir prisonnière. J’avais le coeur qui battait si fort que je n’entendais que lui. Je ne pris même pas attention à l’hôtesse qui annonça le départ imminent. Malgré le bruit infernal des moteurs qui se mettaient en route, je n’entendais que mon coeur et le souffle chaud de l’homme dont le visage se rapprochait de plus en plus du mien. Sans s’arrêter il m’embrassa langoureusement. Je me sentais défaillir, une partie de moi voulait rejeter cet inconnu et une autre partie sentait que cet homme n’était pas un inconnu. Je me laissais aller à son baiser ayant manqué pendant trop de temps de tendresse. Après cinq bonnes minutes de baiser, il consentit à me laisser reprendre ma respiration.

"Vous embrassez toujours les inconnues ainsi?

Et toi, tu te laisses toujours embrasser par un inconnu?"

Je tressaillis au son de cette voix familière et douce qui m’avait accompagné pendant cette mission des plus éprouvantes. Grâce à elle j’avais tenu jusqu’au bout malgré mes échecs, les sarcasmes d’Oryash et malgré la peur que m’avait provoqué Zarnam. Je fis glisser la capuche pour révéler le visage d’Amhalak avant de lui sauter au cou.

"Mais qu’est ce que tu fais là?

Ma mission s’est terminée ici. Et..disons que je t’ai suivit.

Oh! En réalité tout ça n’a pas d’importance."

Je me remis à l’embrasser plus tendrement mais avec passion. Il m’avait tellement manqué. Mon coeur se trouva soudainement plus léger. Amhalak se retira pour me dire :

"Ça te dirais d’aller dehors?"

Je regardais l’extérieur et l’aynore se trouvait au dessus des nuages gris et bas de Tulorim. Un splendide soleil éclairait l’horizon, il invitait à se rendre à l’extérieur.

"Avec plaisir..."

Je l’embrassais encore tout en lui saisissant la main pour nous mener dehors où il n’y avait pas âme qui vive. J’avais l’impression de rêver. J’étais arrivée à Tulorim seule et le temps que j’y avais passé avait été terrible. Et une fois de plus, tel un ange tombé du ciel, Amhalak me surprenait et venait apaiser mes souffrances, mes doutes, mes peines. Quand mon regard se plongeait dans le sien, le monde n’existait plus, les soucis que j’avais, disparaissaient. À ses côtés j’étais plus forte.

"Tu ne sais pas combien je suis heureuse de te retrouver dès maintenant.

J’ai cru le comprendre tout à l’heure, dit-il en me taquinant.

C’est ça, rigole!" lui répondis-je en me calant dans ses bras.

Entre nous les mots n’étaient pas nécessaires pour exprimer le bonheur que l’on ressentait en se retrouvant. Son odeur, sa délicatesse, tout son être m’apaisait et cela valait mieux qu’une sieste.

"Dis moi, en arrivant, tu dois te rendre directement au Temple ou tu as du temps devant toi?

Blanche ne sait pas encore que je suis sur le chemin du retour, donc j’ai du temps. Pourquoi?

Je dois passer voir mon meilleur ami pour qu’il m’aide à apprendre des techniques de combat au corps à corps et j’ai aussi ceci. Je veux également apprendre au moins un nouveau sort, tu n'en connaitrais pas un par hasard? Pour tout te dire ton aide et ton soutient me seraient précieux.

Je vois, je pense pouvoir t'être utile donc tu peux compter sur moi. Je ne te quitte pas. Mais, tu es sûre de vouloir faire tout ça?

Oui. Il me faut être plus forte. Dans ma tête certes mais aussi au niveau combat. Rien ne sera de trop.

Je comprends. Saches que tu as tout mon soutient. Je t’aime.

Je t’aime aussi."

Je me calai de nouveau dans ses bras et je passais le reste du voyage ainsi, à savourer ce bonheur que Gaïa avait bien voulut m’offrir.

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mer 29 Juin 2011 22:49 
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Localisation: Quête 26 : Le Bagne Maudit
Une fois dans l’aynore, je pris la direction de la salle de bains afin de me nettoyer un peu car depuis le début de la journée, j’avais pas mal mordu la poussière. Je mis quelques secondes à trouver la bonne porte mais je finis par trouver mon bonheur. En entrant, mes yeux se dirigèrent aussitôt vers le miroir qui se situait au-dessus et je vis mon visage. Je pensais que je serais plus amoché que cela alors qu’en fait ma couleur de peau aidait beaucoup à cacher mes mésaventures de la journée.

Retirant ma cape, je mis l’eau dans un lavabo afin de me laver au moins le visage histoire de me rafraîchir un peu. Après quelques minutes dans la salle de bains, je choisis de me rendre au bar lorsque quelqu’un annonça notre départ imminent. Je sentis alors notre appareil commencer à s’élever dans les airs doucement puis plus rapidement. Ayant un excellent sens de l’équilibre, je continuais de déambuler dans les couloirs. Au comptoir, je demandais une mixture gloamique, un cocktail sans alcool. Je bus ce dernier goulument et prit le partie de choisir une cabine afin de finir le voyage.

Dans un des couloirs, je trouvais une cabine libre rapidement, il y avait peu de monde dans mon aynore. Trouvant un lit et une table, je posais mon sac sur cette dernière. L’ouvrant, je récupérais mon journal, ma plume et mon encrier afin de me confier à mon plus fidèle ami. M’installant sur le lit dans une position confortable pour écrire, j’ouvris mon cahier.

Livre 6, Jour 10, fin d’après-midi


Cher Journal,

Comme tu vois là maintenant, je suis éreinté. J’ai passé une journée de dingue, tu ne peux même pas imaginer ce qui a pu m’arriver. Voulant traquer le voleur qui m’avait cherché des noises dans la rue le jour précédent, je suis tombé sur un véritable nid de frelons. J’ai rencontré d’abord Lénac une sorte de guerrier magicien qui manie admirablement bien le bâton. Par la suite nous sommes tombés sur un pauvre innocent Naoto qui avait été victime d’un terrible malfrat et de sa bande. Nous avons poursuivi un fantôme pendant un moment jusqu’à ce qu’on retrouve le capitaine de la milice qui était dans un piteuse état. Et c’est là, cher journal, que je l’ai rencontré, Lui. Je ne connais pas son nom, Lénac et Naoto ne me l’ont pas dit. Néanmoins, je pense qu’il est très puissant car il m’a fait froid dans le dos, ca c’est sur. A la fin, j’ai eu la chance de récupérer des pièces d’équipement absolument magnifique qui me permettront de le tuer la prochaine fois que je le verrais. Lénac et Naoto m’ont promis de me retrouver à Kendra Kâr lorsque la situation le permettra. J’ai hâte de les retrouver, je me suis attaché à eux, mine de rien. Pour le moment, je vais te laisser et me reposer durant la fin du voyage histoire de récupérer. Vu l’heure je pourrais certainement me balader dans les rues de la cité blanche avant de me coucher. Je te retrouverais bientôt.


Refermant mon journal et rangeant mon matériel d’écriture, je profitai de la fin du voyage pour me reposer et récupérer un peu de cette journée bien mouvementée !

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Léandre - Shaakt - Soldat



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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Jeu 30 Juin 2011 23:31 
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Localisation: Kendra Kâr [Quête 24]
(Les Ruelles de Tulorim)

Nandòr parcourut le reste du chemin jusqu’à la zone d’embarcation. Les gens se bousculaient, râlant sur tout le monde et personne à la fois. Il tenta de se faufiler en douceur à travers la foule mais personne n’était prêt à laisser sa place à un inconnu. Il décida donc de faire comme tout un chacun : il bouscula, il poussa jusqu’à arriver à quelques mètres de la passerelle qui joignait l’embarcadère au véhicule volant.

Les gens qui, à quelques dizaines de mètres de là s’étaient battus presque comme des chiffonniers pour avancer le plus rapidement possible, avaient maintenant l’air plus calme.
Une fois les barrières de sécurité traversées – ce qui devait certainement être signe d’une embarcation assurée - les gens se rangeaient tranquillement dans la file d’attente qui avançait tranquillement sur la passerelle jusqu’à l’hôtesse d’accueil. Ils lui donnaient l’argent du voyage calmement, poliment, toujours avec le sourire.
Lorsque Nandòr put enfin passer les barrières, il fit comme tout le monde. Il retrouva son calme, avança jusqu’à l’hôtesse, lui remit l’argent et pénétra dans l’Aynore.

L’intérieur était tout autant majestueux que l’extérieur.

(C’est sûr, ça m’change des galères … Dans tous les sens du terme !)

Il parcourut l’engin, trop curieux pour prendre place de suite. C’était vraiment très impressionnant, du sol au plafond ! Les sciences elfiques étaient décidemment d’une richesse incomparable.

C’est en inspectant chaque recoin de l’appareil que Nandòr tomba sur Dinab et Harmonie. Ils étaient donc bien partis avant lui.
Loin d’en être vexé –il avait bien fait pareil ! – il les salua.
Dinab lui proposa alors de se joindre à eux. Et Nandòr fut bien obligé de s’avouer qu’il prit volontiers place avec eux.

Ils échangèrent quelques mots jusqu’à ce qu’une annonce du décollage imminent résonna dans l’Aynore et rappela les règles de sécurité.
Quelques minutes après cela, l’appareil se mit en branle et décolla doucement. Nandòr ressentit alors une drôle de sensation au fond de ses entrailles, comme des chatouillements.
Quelques instants plus tard, ils volaient ! C’était quelque chose de très impressionnant … Effrayant et excitant à la fois ! Les passagers purent à nouveau se lever et vaquer à leurs occupations.
Nandòr se leva à son tour et se dirigea près des vitres. Il admira silencieusement l’immense étendue bleue. C’était d’une splendeur sans nom, il n’avait jamais eu l’occasion d’admirer cela de ce point de vue.

Il resta là un long, très long moment avant de regagner sa place.
Quand il regagna sa place, il ne restait encore que quelques dizaines de minutes de vol. Il ferma les yeux et décida de se reposer avant son arrivée à Kendra Kâr.

Une annonce résonna à nouveau dans l’Aynore, annonçant l’aterrissage imminent.
Nandòr ressentit alors les mêmes sensations qu’au décollage, ce qui le fit doucement sourire.
Ce fut une expérience réellement intense. Il n’était pas près de l’oublier.

Ils avaient atterri. Le moment était venu de débarquer. Nandòr attrapa ses affaires et suivit ses compagnons à l’extérieur.
Il descendit la passerelle, franchit la zone de débarquement et marcha encore quelques minutes avant de s’arrêter. Il réalisa alors, redescendant des nuages : ils étaient arrivés à Kendra Kâr.
Ils traversèrent alors la grande prairie dans laquelle l’Aynore avait atterri et regagnèrent rapidement les portes de la cité.

(Les Grandes Portes de Kendra Kâr)

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Dim 3 Juil 2011 22:56 
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Localisation: Kandra-Kâr
-->Les ruelles de Tulorim<--

Cela faisait déjà 15 minutes qu'Harmonie avait embarquée sur l'aynore. Elle commençait enfin à se détendre et à imaginer la vie qu'elle aurait une fois arrivée à Kandra-Kâr. Elle parcourerait le monde à la recherche de puissance , d'aventure et de gloire. Et oui , un fabuleux destin était déstiné à Harmonie. Puis , soudain , le temps passe de plus en plus vite. Déjà 2 heures qu'Harmonie était dans l'aynore. Dans 20 minutes , sa vie allait changé , c'était un renouveau pour Harmonie. Une voix resonna dans l'engin mécanique. Cette voix annonçait l'arrivé de l'aynore.
Harmonie décendit parmis la foule et chercha des yeux l'entrée de Kandra-Kâr. Et soudain , elle la trouva , juste devant elle.

-->Les grandes portes de la ville

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Jeu 15 Mar 2012 21:09 
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La Première Inspiration



Les Vents Culminants




De l'intérieur, l'aynore paraissait plus grand encore. Cela ressemblait vraiment aux navires de marins qu'Agadesh pu voir lors de ses rares occasions de se risquer sur les côtes du désert. Cependant, il n'avait pas même pris une fois la mer.

Il faut comprendre que, dans le désert de l'Est, les peuples des dunes étaient loin d'être unifiés. Si les Kel Attamara régnaient en maître sur le désert bleu et ont vassalisé les quelques villages sédentaires les plus proches depuis des décennies, ils sont loin d'être les rois des sables. Les côtes étaient notamment le domaine des clans adorateurs de Moura, un ramassis de pirates qui se gardaient farouchement le droit d'accès à la mer et qui ne devaient leur survie qu'à la pêche, au pillage de navires et à leurs toujours inattendus rezzous. Deux principaux clans se battaient encore pour avoir le pouvoir sur toute la côte : les Kel Yammu aux pieds bandés, qui contrôlaient l'Est et les Kel Abzu, qui se sont fait sédentaires dans les criques du Sud et étaient les seuls à avoir les ressources suffisantes pour se permettre de construire des zarugs dignes de ce nom. Les seuls accès à la mer où l'on pouvait encore avoir l'espoir de voir la mer sans tomber sur l'un ou l'autre étaient au Nord, mais les énormes marécages de sables mouvants rendaient le périple encore plus dangereux.
C'était toujours une grande perte pour le clan commerçant des Kel Attamara. Les adorateurs de Moura faisaient un véritable blocus sur les côtes et seuls les plus téméraires et les mieux armés des navires étrangers s'aventuraient à le forcer. C'était un énorme manque à gagner qui les forçait à devoir uniquement se concentrer sur les pédestres marchands de Yarthiss et d'Eniod.
Dans ce contexte, il était dur pour le Kel Attamara qu'il était de se faire une idée bien précise de ce qu'était la mer et comment marchait un bateau.

Agadesh posa Enkidu à terre, qui le suivait tranquillement en errant sur le bateau, s’émerveillant de sa structure, regardant avec curiosité les faits et gestes de l'équipage et ceux des voyageurs. Il remarqua que les montures étaient descendu par une sorte de grande nacelle qui pouvait s'abaisser jusque dans une cale inférieure où chacune des bêtes étaient installés dans des box indépendants.

Le nomade se demandait encore quelle était cette ingénierie étrange lorsque Enkidu se remit à aboyer férocement. Il était parti à quelques mètres de lui sans qu'il s'en rende compte et s'évertuait à hurler sur un aigle martial trois fois plus grand que lui. Celui-ci se trouvait sur le gant d'un fauconnier qui faisait parti de l'équipage et se mettait à déployer ses ailes et hurler sur la petite créature comme s'il allait se ruer sur lui. Il n'en fallut pas plus à Enkidu pour repartir la queue entre les jambes en couinant vers Agadesh. Le nomade se résolut à le prendre entre ses bras pour le calmer. Interloqué par la présence de cet oiseau, Agadesh se dit qu'il ne coûtait rien d'aller poser quelques questions.

"Je vous prie d'excuser le comportement de mon camïu, j'ai quelquefois du mal à le contrôler..."

L'elfe répondit volontiers, il n'était vraisemblablement pas affairé pour l'instant.
"Pas de problème, je sais ce que c'est. C'était pas non plus facile au début avec celui-ci.", dit-il en grattouillant le front de l'aigle qui semblait s'apaiser.

"Je ne savais pas que les oiseaux pouvaient se domestiquer..."

"Bien sûr qu'ils peuvent l'être et c'est tant mieux, ils nous facilitent énormément la vie."

"Que voulez-vous dire ?"

"Ils sont nos yeux. Ils nous préviennent si on se dirige vers des nuages dangereux ou des mauvaises créatures des cieux. Sans eux, on serait véritablement aveugle."

"Je vois..."

Agadesh resta pensif un instant, avant de reprendre, en changeant totalement de sujet :
"Dites, une fois à Kendrâ Kar, je dois prendre la route pour Oranan. Savez-vous quel chemin y mène ?"

"Si vous souhaitez aller rapidement à Oranan, prenez plutôt un cynore lorsque nous aurons débarqué. A pied, il vous faudrait plus d'une semaine pour vous y rendre ! Et puis la route n'est plus sûre depuis le début de la guerre contre Oaxaca ! Des hordes de sektegs et de garzoks pourraient vous surprendre à tout moment !"

De la manière dont parlait l'elfe gris, Agadesh restait sceptique. Il exagérait certainement le périple pour le persuader d'aller enrichir ses petits collègues. Mais le nomade était fier et ce n'était pas ces sektegs ou garzoks -bien qu'il n'ait aucune idée de ce qui se cachait sous ses mots- qui allaient lui faire peur ! Et puis, Oranan n'était pas son but. Seule trouver la forêt blanche dont parlait le livre de Méraël Ismindol avait de l'importance.

"Je ne cherche pas à aller sur Oranan-même, mon objectif est une forêt qui se trouve sur le chemin."

"Alors dans ce cas je ne peux pas vous aider, mais peut-être que le missionnaire de Rana que vous voyez là-bas le pourra. Maintenant, excusez-moi mais nous n'allons plus tarder à décoller, j'ai à faire.", dit-il en partant aussitôt.

En effet Agadesh ne s'en était pas rendu compte, mais derrière tout les voyageurs étaient entrés et les planches d'embarquement avaient été évacué. Il avait bien repéré le missionnaire dont le Sindel parlait, un Ynorien d'un certain âge, à la peau pâle et à la pilosité faciale aussi blanche que longue, ces sourcils rejoignant sa barbe et les derniers cheveux lui restant sur la tête aussi longs que fins. Il portait une aube aussi blanche, une cape verte claire et un bâton de bois en haut duquel se portait une crosse en volute argentée. Mais il se dit qu'il irait lui parler plus tard, car il voulait assister tout entier au décollage.

Des membres de l'équipage crièrent de bien se tenir alors que l'aynore allait partir. Agadesh faillit ainsi perdre son équilibre alors que celui-ci avait quitté le sol et commençait à s'élever encore et encore, réglant sa trajectoire. Les Sindels travaillaient en effervescence, des ordres et des informations venant de tout le bâtiment.

Enkidu couinait d'angoisse, et son maître n'était pas non plus très rassuré en voyant l'altitude à laquelle il montait. L'air aussi se faisait plus froid et un vent se levait au fur et à mesure que la vitesse augmentait. Les bêtes à l'étage inférieur ne semblaient pas plus confiantes, à en croire les cris d'effrois qu'elles produisaient. Certains voyageurs et voyageuses ne semblaient pas être non plus très enchantés, beaucoup devaient faire, tout comme lui, leur baptême de l'air. Seul l'équipage et une grosse minorité d'entre eux semblaient plus ou moins indifférents, l'habitude certainement.

Avec le vent, la tenue d'Agadesh était un véritable fardeau. L'air s'infiltrait partout et les tissus de son chech frappait son visage, mais il ne pouvait se résoudre à l'enlever. Bien des tempêtes de sables lui avaient appris qu'une pièce de tissu contre sa bouche était préférable qu'à une immensité d'impureté s'infiltrant dans ses orifices faciaux.

Il remarqua cependant assez vite un fait curieux : Le missionnaire de Rana qu'il avait vu plus tôt se semblait pas être touché par le vent. Ni lui, ni sa pilosité, ni ses habits ne semblaient s'agiter et il se mouvait sans difficulté aucune alors que même les elfes gris qui dirigeaient ce bateau volant n'avaient pas cette aisance.

Il décida d'aller s'adresser à lui pour comprendre quelle magie était à l'oeuvre. Lorsqu'il fût assez près, il remarqua que lui-même ne ressentait plus les effets du vent. Le mage devait s'être entouré d'une sorte de bulle de protection.

Aussi il aborda cette personne avec le même respect qu'il le fit pour le prêtre de Yuimen de Tulorim ; l'homme avait l'air d'être de la même trempe.
"Que la paix et la grâce de Yuimen soit avec vous, mage."

Il considéra le nomade qui arrivait avec un regard strict, le scrutant de la tête aux pieds en caressant sa barbe avant de lui répondre :
"Tishiko ne regarde pas en l'air."

Agadesh ne saisissait pas le sens de cette phrase obscure, ni pourquoi il ne lui avait pas rendu ses salutations. Le missionnaire ne reprenant pas malgré son air d'incompréhension, il décida de faire l'impasse sur celle-ci, laissant tomber par la même occasion tout questionnement sur sa magie :
"Je dois aller dans une grande forêt blanche de cerisiers sauvages et de cheveux de Gaïa qui se situerait entre Kendra Kâr et Bouhen. Est-ce que vous connaissez ?"

"La forêt des Thiên Thân est dans les pas des pèlerins."

Agadesh ne saisissait toujours pas le sens des mots du missionnaire, mais il imaginait que cela voulait dire oui. Aussi il continua :
"Si elle est sur votre route, puis-je me joindre à vous ?"

"Le serment est le premier pas vers la brise sage."

"Quel serment ?"

"Le serment de Rana, déesse de l'universelle sagesse qui régit les cieux, l'éternelle promesse qui joint le radieux. Votre coeur vers elle se doit d'être entier et Tishiko être oublié."

Agadesh commençait à comprendre. Le missionnaire voulait le convertir à sa religion. Il n'avait jamais entendu parler de la déesse Rana, aucun peuple du désert ne la priait. Il était hors de question d’abandonner sa foi ancestrale pour celle d'une déesse dont il n'avait jamais entendu parler. Il se dit qu'il trouverait bien un autre moyen pour trouver cette forêt, maintenant qu'elle avait un nom.
"Yuimen El Etarni est mon seul dieu, homme, et je ne m'en détournerais pas."

"Vos pas écartés loin des nôtres seront fait, le pèlerin ne souffre d'aucun suivant à ses pieds."

Cette discussion commençait à énerver Agadesh. La dernière phrase du missionnaire semblait lui expliquer que non seulement il ne le guiderait pas, mais qu'en plus celui-ci le menaçait pour ne pas le croiser en chemin. Du moins, c'est ce qu'il lui sembla comprendre. Il se demandait encore ce qui le retenait de ne pas lui enfoncer son sabre au travers du corps.

Il s'éloigna donc, retrouvant violemment les affres des vents rapides et froids. Au bout d'un court moment, il décida de faire comme certains voyageurs et s'assit sur le sol, contre le bastingage, recouvrant Enkidu de ses bras, espérant que le voyage n'allait pas trop s'éterniser.



L'Oeil du Cyclone

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Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin.
C'est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d'y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons.

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 27 Mar 2012 14:33 
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Les Vents Culminants



L'Oeil du Cyclone




Agadesh commençait à trouver le temps long. Dans ce vent, tout geste était laborieux et les sons presque inaudibles. Et voir le missionnaire de Rana se pavaner tranquillement dans sa bulle de protection l'énervait encore plus.

Soudain, l'aynore décéléra brutalement, manquant de faire tomber les voyageurs encore debout. Personne ne semblait comprendre ce qu'il se passait.

Des membres de l'équipage, en plein trouble, se rejoignaient et dialoguaient à voix basse. Quelque chose se passait, c'était sûr. Tout ce qu'Agadesh put voir fut que l'aigle martial du Sindel avec qui il avait communiqué tout à l'heure était blessé, ainsi qu'un autre qu'il n'avait pas vu plus tôt. Les deux furent amenés dans une des cabines de l'équipage. L'inquiétude était grandissante parmi les voyageurs, qui s’interrogeaient. Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Celui qui devait être le capitaine de l'Aynore devisa avec son équipage, qui se dispersa en allant chercher des lances, avant de venir voir les passagers et annoncer de vive voix :
"Mesdames, messieurs ; nos aigles-éclaireurs ont été blessés par des créatures du ciel. Notre guérisseur est en train de s'occuper d'eux mais nous ne pourrons poursuivre notre route qu'à une vitesse réduite jusqu'à leur total rétablissement. Nous craignons que des katrels attaquent dans peu de temps, donc j'invite tout le monde à garder son calme et descendre dans la cale inférieure jusqu'à nouvel ordre... Si des guerriers et ou des mages veulent rester pour nous assister, ils sont les bienvenus."

Très professionnels et très calmes, les elfes gris réussirent à ne pas créer de panique malgré la gravité de la situation. Et pour appeler les passagers combattants à les assister, elle devait être critique. Quelques déclarations de reproches et d'inquiétudes leurs vinrent cependant, tout notamment d'une bourgeoise de Kendra Kâr qui était purement hystérique et exécrable avec l'équipage malgré un mari qui tentait tant bien que mal de la tempérer.

Agadesh demanda ce qu'était des katrels à un autre passager, qui lui répondit simplement que c'était des oiseaux de malheurs qui empestaient les airs et avaient soif de sang. De la façon dont s'était présenté, ça ne présageait rien de bon.
Agadesh dit à l'inconnu qu'il allait rester sur le pont et lui demanda s'il pouvait lui faire confiance pour garder ses affaires et son camïu. Pris au dépourvu, il ne pouvait pas refuser. Il lui laissa son sac et Enkidu, qui couina lorsqu'il lui mis dans les bras. Il n'était pas très emballé de laisser toutes ses affaires à un étranger, mais la situation l'exigeait. Et puis, ce n'était pas comme s'il pouvait disparaître de l'endroit. L'ensemble des voyageurs furent malgré tout plutôt dociles avant d'être descendus dans la cale des bêtes et, sur la centaine de passager que le vaisseau transportait, il n'en resta qu'une dizaine pour aider les elfes noirs dans le combat qui s'annonçait.

La trentaine d'elfes gris qui composaient l'équipage ne semblaient pas compter parmi eux de mages, hormis le guérisseur qui n'aurait pas une grande utilité au combat... Le missionnaire de Rana était toujours présent sur le pont ; l'habilité apparente de cet homme à manipuler les airs pourrait énormément aider. Il repéra aussi la femme-tigre qu'il avait déjà vu sur la zone d'embarcation, mais les autres semblaient être des voyageurs lambda. C'était des whiels et des kendrans, qui devaient avoir une quelconque activité martiale. Des miliciens ou des soldats en civils certainement. Deux d'entre eux, qui semblaient bien se connaître, arboraient même un certain embonpoint.

Les elfes remirent à tout le monde de grandes piques. Le nomade la prit sans histoire, gardant tout de même son sabre à la ceinture, le cas échéant.
Ce serait la première fois qu'il se battrait contre des créatures aériennes...

Un instant de flottement s'installa. Les sindeldi guettaient l'arrivée des katrels, et tout le monde restait immobile et silencieux, comme si le moindre son ou mouvement pouvait les attirer. Mais c'était le calme avant la tempête...

Les hostilités furent lancées lorsqu'un des elfes gris hurla en voir arriver à onze heure. Ces semblables se placèrent alors à ses côtés, en position, genoux fléchis et leurs lances bien serrées entre leurs mains, dirigées vers les créatures, en espérant que celle-ci viennent sagement s'embrocher dessus. Agadesh et les autres passagers les imitèrent. Seul le vieil Ynorien se plaça tranquillement au milieu du pont, n'ayant pas pris la peine de s'équiper d'une arme conventionnelle.

Mais ils n'étaient que la partie immergée de l'iceberg car d'autres se dévoilèrent dans la brume des nuages d'altitude... Ils devaient être une centaine à foncer sur eux.

C'est là qu'il put distinguer les katrels, des créatures aux plumes cuivrées, pourvus de deux grandes paires d'ailes dont ne dépassait de chaque côté qu'une queue et une étrange tête dont on ne savait distinguait le haut du bas étant donné leurs deux paires d'yeux disposés en miroir. De loin, on commençait à pouvoir entendre quelques cris aviaires stridents et excités.

Les premiers de la vague n'ont même pas hésité en allant directement violemment s'empaler sur les piques des sindeldi, propulsant certains au sol. Les katrels semblaient loin d'être atteint par la mort de leurs congénères et attaquaient avec la même férocité. Des armes se brisèrent ou tombèrent de haut avec les cadavres des créatures vaincues. Ces créatures se ruaient littéralement sur l'aynore, créant un chaos impossible parmi les rangs des protecteurs du bâtiment.

Alors que l'aéromancien s'était mis à lancer des sorts de poussée d'air qui ralentissaient la progression de la horde volante. Ne les laissant pas dépasser une portée de pique, cette ruse se révélait véritablement redoutable. Mais la protection ne pouvait être efficace partout et certains elfes en firent les frais, certains dont la tête fut décapitée du corps, d'autres mortellement mordus ou projetés hors de l'Aynore.

Agadesh, comme les autres voyageurs volontaires au combat, ne purent être premièrement que spectateurs de la scène sanglante et brutale. Se situant en arrière, aucun ennemi ne passait directement à portée. Lorsque la confusion commença à faire place, la situation à se détériorer et les morts créer un climat de crainte, ils se déployèrent et purent rejoindre les premiers rangs.

Il vit alors l'horreur d'un katrel qui arrivait en vrillant sur lui, qui fut heureusement ralentit par l'Oranien et qu'il put aussitôt mortellement. La bête sombra alors dans un râle en s'effondrant hors de l'Aynore.

La femme-tigre qui était parmi eux faisait un véritable carnage, semblant maîtriser la lance au plus haut point et n'hésitant pas à user griffes et crocs en sautant sans hésiter vers les volatiles fous. Elle élimina un des katrels qu'Agadesh avait prévu d'empaler, mais d'autres encore se relayaient. La seconde bête qui fonça sur lui ne fut pas ralentie et c'est avec effroi qu'il la vit foncer sur, la gueule ouverte, criarde à en vriller les tympans. Cette vision était cauchemardesque. Reculant, il parvint à la piquer en plein poitrail mais il fut entraîné par la vitesse de sa cible vers l'arrière, sa lance ne résistant pas à la brutalité du coup et se cassant en rencontrant le sol. Le katrel manqua de s'effondrer sur lui et son corps mourant passa juste au-dessus de sa personne pour aller s'écraser dans avec fracas sur le pont, glissant en laissant derrière lui une traînée de plumes cuivrées et de sang sombre.

Les katrels continuaient à affluer à n'en plus finir avec leurs cris infernaux. Des blessés hurlaient des appels à l'aide, certains ayant déjà sombrés dans l’inconscience. Le guérisseur qui était revenu en trombe essayait tant bien que mal de les soigner mais était totalement dépassé par les évènements.

Agadesh n'eût pas le temps de se résoudre à utiliser son sabre qu'il vit arriver un autre katrel qui fonçait droit sur lui, visiblement prêt à lui croquer le torse. Se ruant à terre, il réussit à esquiver la tête et les ailes de la créature, mais se retrouva brutalement frappé par la queue du volatile qui fit une boucle vers le haut pour foncer à nouveau sur sa proie, qui était encore groggy. Il fut sauvé par un elfe gris qui la stoppa net en pleine attaque. Il ne vit pas même le visage de son sauveur que son regard se porta sur l'Ynorien, occupé à défaire les ennemis en face de lui, qui ne remarqua pas le katrel qui lui fonçait dessus par son flanc gauche. Agadesh eût le réflexe salvateur de récupérer une lance qui était à sa portée et de la lancer tel un javelot sur le charognard. Celle-ci passa à quelques dizaines de centimètres de la face du vieil homme avant d'aller interrompre la course de la créature en lui perforant le cou. L'Ynorien eût un geste de recul avant de comprendre ce qu'il en était.

Ce fait sembla donner une idée au mage, qui usa ensuite de télékinésie pour lancer les armes abandonnées sur les katrels restant. La femme-tigre continuait de son côté à faire des ravages, tuant ces créatures à la pelle. Les derniers katrels furent éliminés, et Agadesh se fit un devoir d'aller achever les créatures blessées qui continuaient à se mouvoir pathétiquement sur le pont de l'Aynore.

La bataille fut rude, et c'était une quinzaine de morts qui étaient à déplorer. Dont onze elfes gris et quatre voyageurs.

Le capitaine donna l'ordre à son équipage de nettoyer au plus vite le sang sur le pont, que d'autres nuées de katrels pouvaient être attiré par l'odeur. Les cadavres des créatures furent évacués par dessus bord avec quelque difficulté et un peu de dégoût, mais personne ne semblait vouloir toucher aux morts.

Le guérisseur s'évertuait d'arrache-pied à sauver un de ses coéquipiers qui s'était fait arracher le bras. Malgré son garrot, il était très pâle. Difficile de dire s'il allait s'en sortir et d'autres avaient encore besoin d'aide. Le pauvre mage sindel gris ne devait être habitué qu'à s'occuper de petits accidents de bord et était complètement paniqué. Il ne savait que faire ou que dire. Lorsqu'un des siens vint le voir pour lui demander comment faire avec les autres blessés, il craqua, clamant qu'il n'en savait rien. L'autre s'énerva, hurlant la position et le nom des hommes d'équipages en train de vivre leurs derniers instant, mais ça ne réussit qu'à braquer un peu plus le soigneur.

Agadesh regardait la scène avec nervosité. Il se disait que l'elfe avait raison de s'en prendre ainsi à son médecin de bord ; sa fragilité risquait de les perdre tous. Mais il n'avait coeur à s'énerver à son tour. Après tout, ces hommes ne représentaient rien pour lui et n'avait pas la faiblesse de se laisser emporter par ses émotions. Ses occidentaux, quelque soit leur race, étaient décidément encore moins endurcis à la mort qu'une fillette des dunes.

D'ailleurs, alors que certains pleuraient encore leurs morts, comme notamment ce kendran souffrant d'embonpoint pathétiquement effondré à côté du corps de son ami, la seule représentante féminine sur le pont, la femme-tigre, était en train de tirer le cadavre encore chaud d'un voyageur qui n'avait pas eu la chance que quelqu'un vienne le pleurer. Alors qu'un sindel vint lui demander son intention, elle lui répondit simplement qu'elle faisait ce qui devait être fait avant de le soulever et le jeter par-dessus le bastingage. Agadesh fut agréablement surpris par le comportement de celle-ci. Elle se comportait décidément plus en homme que n'importe qui sur l'aynore, et ses qualités de combattantes n'étaient plus à prouver. Dans un certain sens, malgré sa répulsion envers son physique rude de félin, il la considérait avec respect. C'était la première personne qu'il trouvait, en dehors du désert, à réagir comme il se doit, bien que c'était curieux de la part d'une femelle.

Le capitaine, voyant la scène, arriva fou de rage, prétextant qu'on ne balançait pas des morts par-dessus bord comme de vulgaires chaussettes, qu'ils avaient droit à un rituel funèbre digne de ce nom, que les corps de l'équipage devaient être ramené en Naora et qu'ils s'occuperaient de ceux des voyageurs en arrivant à Kendra Kâr. Il était appuyé par plusieurs la majorité de ses hommes.

Agadesh n'en put plus et intervint, prêtant main forte à la féline :
"Par les ancêtres, vous n'êtes qu'un ramassis de faiblards ! Elle a raison, il faut se débarrasser de ces corps avant qu'ils attirent d'autres de ces katrels ! Nous courrons un danger tant qu'ils sont à bord ! Allez à Phaïtos, il est hors de question de tous nous condamner pour quelques cadavres ! Ils sont morts en combattant dans l'honneur, que voulez-vous de plus ?"

Cette intervention attira les foudres de l'équipage, qui se faisait plus menaçant et les accablaient. Se rapprochant, l'un d'eux poussa Agadesh. Il ne se fit pas attendre pour dégainer son épée et lui mettre sous la gorge. Les elfes gris reculèrent d'un pas et se turent devant cette action.
"Ne vous avisez plus de me toucher ou je vous égorgerais sans hésitation devant vos pleutres d'amis ! Ça ne fera qu'un cadavre de plus qui passera par dessus bord ! C'est ça que vous voulez ? Le combat ne vous a pas suffit ? Vous voulez vraiment qu'on en finisse comme ça, avec encore plus de morts ? Je vous préviens, je vendrais chèrement ma..."

"C'est assez !", hurla le missionnaire de Rana.

Les regards se tournèrent vers lui. Seul Agadesh continuait à regarder son otage droit dans les yeux, prêt à l'égorger à la moindre contrariété.

L'Ynorien considéra les cadavres, les blessés inanimés et clama ce qui devait être un psaume, sur un ton très ecclésiastique :
"Et le grand sage Vayo Dathu dit à son disciple mourant : Que de ton premier à ton dernier souffle rejoignent le souffle divin et qu'ils vivent à jamais dans l'éternité de l'éther. Que les cendres de ton corps le vent nettoie et puisse-tu vivre l'éternité qui t'es promise dans l'air que ceux que tu laisses ici-bas inspireront. Va, va maintenant sans regret, car tu fais maintenant parti de Rana et nulle tempête ne peut plus désormais t'atteindre."
Lorsque ce fut fait, l'aéromancien usa de sa télékinésie pour faire léviter doucement les corps restant jusqu'à les faire disparaître sous l'Aynore.

Les elfes gris regardèrent la scène sans intervenir, semblant tranquillisé par le fait d'un rituel religieux, bien qu'il ne corresponde pas à celui espéré. Certains s'étaient mis à pleurer durant le psaume.

Le missionnaire regarda les survivants, s'arrêtant tout particulièrement sur le capitaine, sur Agadesh et sur le soigneur qui s'occupait des quelques blessés encore conscients qui restaient, avant de dire, calmement :
"Que plus personne ne meure aujourd'hui."

Agadesh ne tarda pas rengainer son épée. Les sindeldi le regardèrent de travers, mais le temps n'était plus à la chamaillerie et ils se dispersèrent. La tigresse vint lui parler :
"Merci de m'avoir soutenu."

"Gardez vos remerciements, femme. Je n'ai agi que pour assurer ma survie."

La Woranne fut un peu prise au dépourvu par cette réponse brutale, mais elle insista :
"Merci quand même.", dit-elle avant de s'éloigner du farouche nomade.

Agadesh partit ensuite s'isoler, gardant tout de même un oeil sur les elfes gris par crainte d'une représailles. Lorsque les blessés furent déplacés dans la cabine de soin et que le sang sur l'Aynore fut nettoyé, les aigles, requinqués, furent lâchés. Lorsqu'ils revinrent quelques minutes après sans maux, les voyageurs en cale furent remontés. Ils avaient entendu l'attaque et inondaient de questions les combattants. Certains reprochaient un tel manque de sécurité à bord, d'autres, dont notamment la bourgeoise qui s'était déjà fait remarqué plus tôt, reprocha sa longue attente dans une cale sombre qui empestait le crottin. Il fallait voir les regards assassins des elfes gris qui venaient de perdre des leurs et n'avaient aucune envie de se justifier auprès de quelques précieux totalement imbéciles. D'autres, moins pathétiques, s'inquiétaient pour la poursuite du chemin et furent immédiatement rassurés. D'autres encore demandèrent comment s'était passé la bataille et s'il y avait des morts à déplorer. Les regards attristés qu'ils eurent en retour suffirent à leur répondre. Agadesh ignora simplement les questions qui lui étaient posés. Il se fraya juste un chemin jusqu'à l'individu auquel il confia Enkidu et ses affaires, le remercia brièvement sans lui laisser le temps de parler et alla s'installer contre un coin du bastingage en caressant le camïu. Il n'y avait plus qu'à attendre que les elfes fassent redémarrer l'Aynore et arriver une bonne fois pour toute.



Les Derniers Souffles

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Lun 22 Avr 2013 14:22 
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Départ

Je monte à bord de l'aynore et m'arrête sur le pont, surprise. Etant issue de la richesse Elfe, les vaisseaux sur lesquels je suis montée jusque là étaient d'un raffinement exemplaire, alliant la robustesse et la grâce elfique. Ce bateau-ci n'est ni sale, ni en mauvais état, mais dégage une aura plus... humaine. La première impression que j'ai est qu'il ne s'agit pas d'un aynore de luxe, malgré sa taille plus que respectable. Le bois est à nu, il n'y a ni tapis, ni tout ce qui fait le luxe. Malgré tout il reste agréable et accueillant, presque plus personnel que les navires auxquels je suis habituée. Et le jeune homme qui nous accueille l'est tout autant.

"Bonjour charmantes mesdemoiselles, vos billets s'il vous plait !"

Je souris au compliment et laisse Elylia donner les deux coupons. Le préposé les regarde brièvement, puis en déchire l'un des coins avant de nous laisser passer d'un ample geste de la main.

"Bon voyage, gentes damoiselles."

Je le remercie timidement. J'ai du mal avec les compliments, ils me mettent mal à l'aise. Mais j'adore en recevoir. Ce voyage commence bien.

Nous n'avons pas le loisir d'arpenter le pont, du moins pas tout de suite. Un homme un peu plus âgé, au regard stricte, nous attends quelques mètres plus loin, devant une porte en bois ne dénaturant pas avec le reste du bateau.

"Bonjour mesdames. Laissez-moi vous guider vers votre chambre."

Et c'est partit

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 23 Avr 2013 11:07 
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Message PNJ pour Amalia


Elylia te regarda posant sa main sur sa tête comme si elle était prise d'un soudain vertige. Elle t'expliqua alors qu'elle avait eu une longue matinée éprouvante entre l'absorption de ses premiers fluides et l'apprentissage de son premier sort. Elle se sentait fatiguée et préférait utiliser les deux heures de voyage pour se reposer. Elle ajouta que vous auriez largement le temps de faire connaissance par la suite. Elle te fit un signe de tête et prit la direction des cabines, te laissant seule pour la durée du voyage.

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 Sujet du message: Re: Trajet aerien entre Tulorim et Kendra-kâr
MessagePosté: Mar 23 Avr 2013 15:35 
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L'Aynore

Nous le laissons nous guider vers nos chambres sans dire un mot. Je sens Elylia fatiguée, et je me sens toute petite. En effet, l'intérieur de l'Aynore n'a rien à voir avec ce que l'extérieur laisse présager. Tout est en bois sculpté et vernis, d'une propreté sans faille.

Une fois la porte ouverte, j'en oublie presque que je suis sur un aynore. La décoration me rappelle les grandes maisons dans lesquelles mes parents m'emmenaient parfois. A la fois d'une beauté impressionnante et d'une simplicité sans pareille. Une simple alternance de blanc et de bois, des lustres en cristal fins, de jolie carreaux aux portes et des poignées alambiquées.

C'est émerveillée que je suis le guide à travers le dédale de couloir, mes pas ne faisant quasiment aucun bruit, malgré mes courts talons, sur le tapis rouge et blanc recouvrant le sol. Et finalement notre guide me présente une porte en tout point semblable aux autres, m'indiquant poliment ma chambre.

"Avez besoin de quelque chose ?"

Pas vraiment, rien qui ne me vienne à l'idée dans la seconde du moins. Mais Elylia prend soudain la parole. Elle m'affirme être fatiguée, avoir besoin de se reposer. Je lui souris tendrement et lui souhaite de se reposer le mieux possible, puis me tourne vers notre guide.

"Occupez-vous d'elle. Je vais m'installer. Est-il possible de sortir de sa chambre durant le voyage ?"

J'ai déjà fait des voyages clôturée dans une chambre, sans droit d'en sortir. Et même si la chambre est des plus confortable, ce n'est guère agréable.

"Tout à fait. Au bout du couloir se trouve la terrasse, n'hésitez pas à y aller, elle est particulièrement belle."
"Entendu, merci."

En lui souriant je sors quelques yus de ma sacoche que je glisse dans sa main, puis me retourne et pose ma main sur la poignée de la porte, avant de pénétrer dans ma chambre temporaire.

Repos

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