L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Sam 4 Oct 2014 10:44 
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Alcofribas ne se pressait pas malgré la pluie. Il était déjà trempé, alors à quoi bon ? Il se contenta simplement d'afficher un air encore plus maussade qu'à l’ordinaire, et continua de marcher calmement vers la Porte des Enfers.
Il pouvait déjà entendre l'animation qui régnait à l'intérieur une centaine de mètres avant d'arriver devant l'édifice. Ça beuglait franchement, là-dedans. Et pas que. Alcofribas crût distinguer le doux son caractéristique de la vaisselle que l'on brise. Et à en juger par la teneur des propos qu'il pouvait entendre d'où il était, peu de chance que ce soit accidentel.

Quelques dizaines de pavés mal équarris plus loin, et le vieil homme se trouva devant la porte. C'était incontestable, on se battait. Alcofribas se figea devant l'entrée, hésitant à entrer. Peut-être était-ce plus sage d'attendre la fin du règlement de compte ?
Une brève inspection des fenêtres cassées ainsi que du bois entaillé (par une hache...?) d'un des battants à moitié dégondé de la porte lui fit comprendre qu'attendre n'y changerait rien. C'était entrer maintenant, ou rebrousser chemin. Or, son famélique porte-monnaie lui interdisait la deuxième option : il avait vraiment besoin de travail.
Si la vie en autarcie vous apprend à vous satisfaire de peu et à mettre à profit tout ce qui vous entoure, il y a certaines choses qu'on ne peut hélas pas fabriquer soi-même. C'est le cas des pointes de carreaux de qualité.
Ainsi que de la bonne bière.

- Tu vas le regretter, mon gars. Et fichtrement rapidement, m'est d'avis. Mais maintenant qu'on y est... Ah, vérole...!
Bien que moins motivé par ce monologue qu'il ne l'aurait espéré, Alcofribas entra dans la taverne.

L'ambiance aurait peut-être amusée un greluchon d'une vingtaine d'années, mais pour un vieil homme affectionnant le calme de la forêt, c'était différent. La majorité des chopes était ou avait été utilisé comme projectiles, et les tables faisaient office de murailles de fortune. Deux groupes d'hommes fins saouls s'envoyait à peu près tout se qui pouvait se lancer en s'invectivant mutuellement.

Pour une douzaine de clients à vue d’œil, avoir réussi à mettre un aussi incommensurable foutoir relevait du génie. Alcofribas restait moyennement sensible à l'exploit. Le réflexe de retirer son humide chapeau fut aussitôt balayé par le simple désir de se protéger la tête.
Contournant avec prudence un des deux groupes de belligérants, il enjamba un obèse endormi ou assommé et traversa la grande salle. il fit un bref signe de tête au tavernier. Ayant attiré son attention, il rentra dans le vif du sujet.

- C'est bien ici, la taverne des chasseurs de vers ? Y'a encore des vers à chasser, dans le coin ? Moyennant finance, évidemment ?
Le tavernier écoutait d'une oreille distraite tout en regardant derrière Alcofribas. Une main sur une pile d'assiettes sale et l'autre sur un gourdin. Il devait surveiller la bagarre pour savoir quand intervenir - d'aucun aurait jugé qu'il aurait été raisonnable d'intervenir il y a plusieurs heures déjà, mais après tout, chacun son seuil de tolérance.

- … Hum ? Ouaip, c'est là. Vous v'nez pour trouver du boulot pour votre fils ?

- Non. Pour moi.
Regard dur et répression de remarques désobligeantes.

- Ah. Hum. Oui. Bon. Je dois vous dire que... Hey ! Ed ! Tu peux péter les chopes mais si tu touches à ça je t'écrases les doigts mon gars ! OH ! Oui, tu m'as bien entendu !
Oui, alors. Déjà, faut savoir qu'c'est pas le meilleur moment pour chercher du boulot en tant qu'tueur de vers. C'est possible de faire ça seul quand on est dégourdi, mais au mieux, faut monter une équipe, et j'dois vous avouer que ça fait quelques mois que j'ai pas vu passer un vrai chasseur. C'est pas...

Le tavernier tourna brusquement la tête et empoigna son gourdin. Il menaça un homme de loin en le regardant droit dans les yeux, et quand il se fut assuré que le message était bien passé, il reporta son regard sur son interlocuteur.

-... Qu'est-c'que j'disais ? Ah oui. C'était pas comme ça à mon époque, ou même y a quelques années. J'ai l'impression qu'les gens ont plus trop l'goût pour ça. Moins de chasseurs, moins de risques, moins de belles prises... Les gens viennent toujours se soûler ici mais ils n'ont plus d'belles anecdotes de chasse à raconter. Pourtant, y'a toujours autant d'vers. Et des beaux. Y a des bêtes énormes là-bas, et d'moins en moins d'gens pour leur faire la peau, alors forcément, ça s'multiplie. Pour sûr, y aura du blé à la clef pour un type qu'osera en ramener un gros morceau. Mais après, faut y arriver quoi.

Il reposa son arme de fortune et s'employa à nettoyer la vaisselle salle. Alcofribas nota que c'était le premier comportement normal qu'il observait depuis qu'il était arrivé ici. Bien qu'après réflexion, nettoyer des assiettes qui finiraient probablement en mille morceaux avant le petit matin était d'un intérêt contestable.
Encore une fois, chacun emploie son temps comme il l'entend.

- De toutes manières l'ami, z'êtes venu un peu tard. Tout le monde est ivre depuis deux bonnes heures au moins et vous n'pourrez parler boulot sérieusement avec personne. Repassez p'tet demain. J'vous le répète, les bestiaux qu'on chasse par là-bas, c'est pas rien. Surtout pour un bonhomme de votre...
Le tavernier parla dans sa barbe, rougit sensiblement puis continua.
- … De votre...âge, si j'puis me permettre. Z'avez besoin d'une équipe ou au moins d'un coéquipier, et quelqu'un qui connaît le coin. 'Fin. Vous pouvez toujours y aller seul, mais à vos risques et périls.

Alcofribas resta silencieux quelques instants, le temps de méditer sur les paroles du tenancier. Boulot il y avait donc – mais guère aisé. Il n'était pas venu pour décrocher un travail rapide et sans risques, sinon il n'aurait pas fait chasseur mais ramasseur de champignons.
La récompense serait sûrement à la hauteur de la difficulté de la tâche. En tout cas, elle serait probablement substantielle - surtout si le milieu était en manque de pourfendeurs de vers qui se respecte ces derniers temps.
- On parle de combien de Yus exactement ?

- Pas facile à dire. C'est pas fixe. Dépend de la taille et de l'état d'la bête que vous ramenez, si vous ramenez quelque chose. Comme pour tout mon gars. « Gros bestio, gros magot. »

- Admettons que je revienne avec une de vos bêtes. Vous connaissez des types qui donneraient des primes ? Histoire d'être sûr de ne pas partir en traque des semaines pour rien. J'aimerais avoir une garantie de paye, si vous voyez où je veux en venir.

- Pour qui il me prend, l’étranger ? J'ai été chasseur pendant un moment, et j'ai encadré d'autres chasseurs après ma retraite. J'ai des contacts dans le milieu. J'connais même des types qui payeraient pour en avoir vivant – pour des combats en arène ou un truc comme ça ! Tout se monnaye : la viande, la peau, les dents... Après encore une fois, dépend de ce que vous nous rapportez !
Bon, s'cusez, j'ai un type à recadrer.


le vieil Alcofribas émit un grognement pour toute réponse. Le tavernier quant à lui posa négligemment une assiette à demi-lavée puis empoigna son gourdin. Il se dirigea vers le dénommé Ed sans se presser, mais il allait manifestement trop vite pour un homme ivre. D'un grand coup de gourdin, il fit monter à deux le nombre de clients inconscients dans l'établissement. Alcofribas en déduisis que l'obèse qu'il avait enjambé tantôt avait plus de chance d'être inconscient qu’assoupi.

Après le retour du tavernier et la commande de deux pintes bien fraîches, il alla s’asseoir à une table encore debout, près de l'âtre ridiculement énorme qui donnait son nom à l'établissement.
Il retira son vaste manteau en cuir et son chapeau, les disposant près du feu pour qu'ils sèchent. Il posa à même le sol son arbalète qu'il portait jusqu'ici en bandoulière.

Il avait un objectif et une arbalète, ce qui lui suffisait pour être payé. Mais il ne connaissait pas spécialement ces vers, ni la région. Peut-être serait-il plus sage de partir avec quelqu'un, comme l'avait conseillé le tavernier ? Jusqu'ici, il s'était très bien débrouillé seul. Mais à en juger par le trophée d'un de ces fameux monstres au-dessus de la cheminée, ces créatures n'étaient effectivement pas de petite taille. Il observa longuement la défunte créature en faisant des tortillons avec sa barbe.

Quand on l'avait renseigné sur cet endroit, il était parti dans l'idée de chasser seul. Mais la nature du boulot valait peut-être la peine d'y réfléchir un peu.


... Vers les portes de la cité.

_________________
Alcrofribas, chasseur de monstres.


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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Mer 15 Oct 2014 17:30 
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En revenant du désert d'Imiftil est...

Alcofribas soupira de joie quand il vit la Porte des Enfers.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le trajet du retour avait été beaucoup plus laborieux que celui de l'aller.
Mine de rien, le ver qui l'avait attrapé au talon avait bien bousillé sa botte, et écorché son muscle, bien qu'assez superficiellement. Le temps de nettoyer et panser la plaie ainsi que de rafistoler grossièrement sa chaussure...
Ajouté au temps qu'il avait mis pour rentrer avec deux vers sur le dos...

« Ton avarice te perdra ! » n'avait-il cessé de se dire tout le long du voyage du désert à Yarthiss. Au lieu de ne prendre que les dents et la peau, il avait voulu ramener les deux bestioles entières. La viande se vendait, et le cuir aurait nécessairement davantage de valeur s'il était intact, et découpé par des professionnels. C'était l’assurance d'une bourse un peu plus grosse.

L'un était long d'un mètre, l'autre de 80 cm environ. Tout deux d'un diamètre d'une trentaine de centimètres. De petits individus si on les comparait au monstre exposé dans la taverne, ou à celui que les trois autres chasseurs avait vaincu devant lui. Le problème, c'était surtout le poids. Ces saloperies étaient plus lourdes que le vieux rôdeur ne l'avait présumé.

« Un sur chaque épaule, c'est jouable ! » S'était-il dit. Approximativement du même poids, les charges s'équilibraient. Soulagé d'une grande partie de son eau, et dans une moindre mesure, de ses provisions, il pouvait se le permettre, s'était-il dit... Les premiers kilomètres, tout allait bien. Le reste du trajet a été un enfer. Essoufflements, pauses répétés... Il s'est même mis à boiter à cause de sa ridicule blessure au talon, vers la fin.
Où était le jeune veneur qui transportait un sanglier sur son dos pendant des jours à travers les bois ? Ah, dans le temps, il l'aurait fait en courant !
Bon, peut-être pas.

Quoi qu'il en soit, heureusement que la région n'était pas trop hostile. Il aurait fait une cible idéale, chargé et ralenti comme il l'était.

Les autres chasseurs avait entassé tous les cadavres, les avaient ligotés entre eux et transporté à l'aide de leurs épieux, disposés en dessous comme un brancard de fortune. Pas si bêtes, les jeunots.

Un jour et demi de plus qu'à l’allée lui avait été nécessaire pour revenir. Il était arrivé en début de soirée à Yarthiss. Depuis qu'il avait passé la porte de la ville, les passants le regardait avec amusement pour certains, avec un léger dégoût pour d'autres. Fatigué de tous ces regards, Alcofribas avait, il est vrai, quelque peu agressé un passant.
- Quoi ? Tu veux m'aider à porter ? Bah quoi, t'aime pas la viande de vers ?
Curieusement, sur le reste du trajet, on l'avait laissé tranquille.

Il poussa la porte de la taverne de l'épaule. À l'intérieur, c'était moins animé que la dernière fois. Globalement, ça venait tout juste à finir sa deuxième pinte. Quoi que... Un ou deux clients parlaient déjà un peu trop fort pour des types sobres. Aller, dans une heure et demie maximum ça commencerait à se balancer des trucs.
Il fit un signe de tête à un de ces compagnons de beuverie de la dernière fois, manifestement étonné de le voir revenir vivant. Enfin, c'est comme ça qu'Alcofribas interpréta son regard intense et sa bouche en « O ».
Un petit homme (ou un de ces fameux Sinari?) devint pâle à son passage. C'était à mettre sur le compte de l'alcool, ou bien des cadavres de vers ? Bon, c'est vrai que ça commençait à sentir un peu. Alcofribas ne se rendait plus bien compte, voilà tout.

Arrivé au bistrot, il salua Kesh, dont le regard alternait entre ses proies et lui.
Il posa brutalement les vers sur le comptoir.

- Alors, Kesh. Etonné ?
- Surtout de vous voir en un seul morceau. Sérieusement, vous n'êtes pas blessé ?
- J'en ai l'air ?
Le tavernier fit une moue d'admiration en hochant la tête. Était-ce si étonnant ? Alcofribas était-il si vieux que ça... ?

- Bon après, vous n'avez pas ramené le top du top. M'enfin mieux vaut deux petits que rien du tout. Surtout qu'en ce moment on nous ramène de moins en moins de vers. Pouah ! Par contre, soyez gentil, enlevez ça de mon buffet, c'est pas très frais.
Kesh réfléchit un instant, le regard perdu dans la contemplation du parquet.
- Bon. Tu me laisses une bonne demi heure et je vais te chercher quelqu'un qui négociera avec toi pour les prendre. Je sais pas si on pourra récupérer la viande, mais pour le reste, ça ira. Jack ! Laisse tomber la vaisselle et tient la boutique un moment tu veux ? J'en ai pour une trentaine de minutes.

Alcofribas ne se fit pas prier. Il déposa les deux carcasses derrière le comptoir et alla s’asseoir en compagnie de deux pintes en attendant le négociant. Une pour chaque ver. Quel délicieux sentiment que celui d'une bière bien mérité, après un travail accompli !

Pour se récompenser, il allait se murger bien comme il faut, ce soir. Deux jours qu'il ne pensait qu'à ça pour se donner des forces. Le défi de la soirée allait être de ne pas dépenser toute sa prime en bières.

_________________
Alcrofribas, chasseur de monstres.


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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Sam 15 Nov 2014 13:07 
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En rentrant dans ce lieu, Kohoran eu immédiatement une sensation de malaise. L'odeur était infecte, due au nombreux passages de nombreux bandits des quatre coins de tout Yuimen. Pas un seul visage ne paraissait sympathique, et il ne doutait pas que seul sa présence éloignait les regards des brigands sur sa protégée… Soudain, une main se posa sur l'épaule droite de Kohoran. Son sang se glaça, et il fit un bond en avant avant de se retourner brusquement…

Dit donc le bleuet, y faudrait apprendre à t'calmer heinnn… J'mapelle Kiul et j'suis un GRANNND aventurier… J'ai tué plein plein de bestioles pas sympas partout partout… S'tu veux, j'peux te donner tout plein de conseil pour chasser le vers… Tu veux, dit ??

L'homme empestait le bière, et la moindre expiration empoisonnait les narines du sang pourpre. De toute évidence, l'homme était complètement saoul… Soudain, Kohoran sentit une main velue se glisser dans sa poche. Sans prévenir, Kiul reçut un coup de poing en plein dans le nez, qui l'envoya au tapis. Le poing de Kohoran se desserra, et il lança une pièce à l'aubergiste pour la « gêne occasionnée ». L'aubergiste se rapprocha de Kohoran :

« J'ai pas de problèmes avec le fait que Kiul tombe une fois de plus dans les pommes… Mais si tu me prend pour un clodo qui ramasse la moindre pièce au moindre prétexte tu vas tâter de mon
gourdin… ».

Après avoir dit cela à Kohoran, il éclata de rire, et demanda :

« que veux tu aventurier ? J'ai la meilleure pinte de tout le continent, le meill… Eh vous là ! Vous vous calmez ! Désolé, ils sont incorrigibles… »
« juste une chambre pour cette nuit, pour moi et pour ma… Elle… »
« Il doit me rester une chambre en haut… Vous en faites pas pour elle, je connais quasiment tout le monde. La chambre brille pas, mais elle devrait vous convenir...»

Kohoran remercia l'aubergiste et deux heures après, Kohoran était dans son lit… Le matelas puait et le lit penchait un peu trop sur la droite, mais il n'avait jamais été aussi exténué. Quelques instants après, la petite dormait et il ne tarda pas à la suivre au pays des rêves...

Précédent : les-rues-de-la-cite-t251-180.html#p442970

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Kohoran Gher, sang-pourpre fanatique
Lien vers la fiche : gher-fanatique-lvl-1-t6128.html


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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Dim 16 Nov 2014 13:44 
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65. Ni le bien ni le mal.


Sump ne serait jamais allé là-dedans par lui-même. Déjà lorsqu'il était passé devant dans la matinée cette sorte de grosse bâtisse en pierres brutes lui avait fortement déplu de part l'agitation violente qui régnait à l'intérieur. De grosses voix s'insultaient ou beuglaient tandis que divers bruits de verres et de bois cassés raisonnaient allègrement dans une joyeuse cacophonie.
C'est Nimbé qui avait insisté pour qu'ils aillent ici une fois la situation au château désamorcée. Pour "prendre un dernier verre" avait-il dit à sa fille avant qu'elle ne rentre préparer une collation pour Sump et le voyage qui l'attendait.
Lorsqu'ils passèrent la porte d'entrée dégondée, le Gobelin fut agréablement surpris du relatif calme qui régnait dans la taverne. Le milieu d'après-midi semblait calmer les habitués les plus excités mais il semblait y avoir autre chose. Une certaine tension flottait dans l'air tandis que mire et Sekteg s'approchait du comptoir. Le patron, un costaud au crâne chauve et à l'énorme tarin nettoyait un verre avec un torchon tandis qu'il saluait Nimbé, que tout le monde semblait connaître mais sous un autre nom :

"'Jour Doc'. C'est rare de vous voir dans le coin." Sump plissa un œil mais ne chercha pas à comprendre.

Le soigneur s'assit sur un tabouret :

"Et c'est rare de trouver l'endroit aussi calme, Kesh. Assieds-toi Sump."

Évitant de croiser les regards mauvais de plusieurs colosses barbus attablés çà et là, le Gobelin grimpa sur un tabouret. Il se sentait vraiment minuscule dans cet endroit gigantesque...

"C'est à cause de ces foutus pirates qu'ont débarqués en ville." grogna le patron de la taverne pour répondre au mire. "Grizaille et son équipage se sont arrêtés ici pour un ou deux jours et là les voilà, dans ma taverne. Foutus pirates de mes c... Grm."

Nimbé et Sump regardèrent dans la direction que leur avait montré Kesh de la tête alors que celui-ci passait rageusement à un autre pichet.
Au fond de l'établissement, sous une torche assis sur des fauteuils placés en cercle autour d'une petite table basse en bois, d'atypiques individus hauts en couleurs et en étrangetés se tenaient là, bavardant et rigolant autour de choppes bien remplies comme si la situation n'avait rien de plus normale et détendue. En regardant un peu plus en détail, le cœur de Sump manqua un battement. C'était incroyable cette poisse qui ne le lâchait jamais mais parmi les pirates se trouvait le Woran tigré - Shaboon - qui avait tenté de le dépouiller plus tôt dans la journée dans une ruelle sombre. Lorsque les yeux brillants du gros chat, écoutant sûrement un quelconque sixième sens, croisèrent ceux du Gobelin, ce dernier détourna les siens aussi vite qu'il put.

"Moui, j'ai entendu parler de leur visite. Bah, tant qu'ils ne font que boire..." répondit Nimbé à Kesh. "Peux-on nous aussi avoir de quoi se rafraîchir le gosier ?"

Le patron posa un regard dur et noir sur le Sekteg :

"Sauf vot' respect Doc' ...J'ai entendu dire que la journée avait été plutôt agitée aujourd'hui. Chais pas, paraît qu'un Gobelin a fait pas mal de grabuge 'jourd'hui..."

Nimbé le calma en lui disant qu'il était présent lorsque la vieille Souzia, qui semblait également connue dans la cité, avait innocentée le Gobelin en affirmant que ce n'est que par hasard qu'il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.
Toujours soupçonneux mais se contentant de cela néanmoins, Kesh alla leur remplir deux énormes choppes de bières fraîches qu'il posa devant eux :

"Mouais...Faites gaffe Doc'."

Et sur ce il s'éloigna pour servir d'autres clients du comptoir qui s'étaient engagés dans un débat de plus en plus endiablé à propos de vers semblait-il et pendant que Sump contemplait le liquide doré que contenait le véritable seau qu'il avait devant lui, Nimbé lâcha d'un ton plat :

"Je ne crois pas une seule seconde ce que je viens de dire à notre ami Kesh."

Sump leva les yeux vers le soigneur. Ça l'aurait étonné. Nimbé reprit après une gorgée :

"Tu as de la chance."

Cela devait dépendre du point de vue mais Sump laissa le mire continuer :

"Comme tu as pu le remarquer, Keebus Raleigh, le prêtre qui a tant voulu ta peau, est complètement dévoué au culte de Moura. Et c'est sans hésitation qu'il t'aurais donné en pâture à son serpent d'eau domestique pour s'attirer les bonnes grâces de la Déesse...Et peut-être l'aurais-tu mérité. Heureusement pour toi, tu sembles avoir des amis influents...Mauvais, mais influents. Je parle de ce type qui t'as sourit lorsque Souzia a parlé en ta faveur. Elle est une très bonne amie du Roi et pour cause, il y a longtemps elle a guérit un de ses fils alors que celui-ci mourrait lentement d'un mal inconnu. Son faux témoignage t'assurait l'innocence, le Roi lui vouant une confiance aveugle. Et ça, ton complice le savait pertinemment."

Sump ne répondit rien, préférant fixer en silence la belle couleur de la boisson qu'il avait dans son verre ainsi que les petites bulles qui éclataient une par une à la surface. Cette pigmentation dorée lui rappelait Grifoniss...Que devenait sa dague d'ailleurs ? Le sentiment de solitude lui serra à nouveau le cœur pendant que Nimbé se pencha sur le comptoir pour capter davantage l'attention du Sekteg :

"On essaiera toujours de te pousser dans la mauvaise direction, Sump. Toujours. Parce que c'est bien plus facile de faire des conneries que d'agir honnêtement. Plus dangereux, certes mais tellement plus avantageux...Beaucoup de gens se laissent tenter et toi, qui possède un penchant naturel à t'éloigner de la bonne voie, tu es très vulnérable. Tu es un Gobelin et ce simple fait explique le tout parfaitement c'est comme ça... Comprends-tu ce que je dis ou..."

"Eh, p'tit pois !"

Le soigneur se figea et se redressa, soudain tendu. Le Gobelin tourna la tête et vit approcher avec appréhension un vieux type portant un grand manteau bleu foncé ouvert ainsi qu'une touffue barbe grise qui lui dévorait une bonne partie du visage. Il avait aussi de longs cheveux de la même couleur sous un grand chapeau couleur de cuir brun ce qui lui donnait un air hirsute.
Ses yeux bleus électriques, jurant avec le reste de son apparence, étaient perçants et encadraient de part et d'autre un gros nez bossu couvert de quelques verrues valant bien celui de Kesh.
L'olibrius parla d'une voix détendue et goguenarde, souriant et dévoilant des chicots pourris :

"J'me présente : Capt'aine Grizaille. J'ai entendu parler de l'exploit de toi et de ton pote sur le p'tit prince d'la ville tout à l'heure...Z'avez foutu un sacré boxon, bien joué, j'aime ça... C'est des gars comme toi que je r'cherche en ce moment dans mon équipage. Malins, discrets qu'ont pas peur de se mouiller, tu vois ? J'connais bien les Sektegs et j'sais qu'ils sont généralement pas très loyaux, ça non, mais toi t'as l'air réglo. Si la milice t'as laissé entrer dans la ville et qu'elle t'as protégée de mon ami le chat de gouttière c'est que tu dois avoir un truc." il s'adressa à Nimbé. "Pas vrai mon vieux ? … Si un type comme vous traînez avec un type comme lui dans ce genre d'endroit c'est que le p'tit doit être quelqu'un d'intéressant, non ?" termina-t-il en regardant Nimbé de son regard torve.

Le soigneur, tendu mais nullement impressionné, répondit froidement :

"Je sais ce que vous voulez et il n'est pas intéressé."

Le type sourit tandis que Shaboon et d'autres individus se rapprochaient du comptoir chargeant l’atmosphère d'une tension électrique.

"Allons vieux, du calme !" s'écria le barbu, goguenard en repoussant légèrement ses sbires. "Expliquez-moi comment vous, qui m'avez tout l'air d'être le bon gros capitaliste de base, pourriez comprendre quoi que ce soit à ses motivations ?"

"Je ne prétends pas comprendre ce qui motive en général cet individu, mais j'essaye de l'aider. De l'aider à ne pas aller sur le même sentier obscur que vous, car lui peut encore être sauvé."

Le barbu éclata de rire, bientôt suivit plus discrètement par sa petite bande derrière lui. Il baissa les yeux sur le Sekteg mal à l'aise avec toutes ses présences écrasantes à ses côtés :

"Eh, écoute ça, p'tit : J'ai une place pour toi au nid de pie. Si tu me rejoins moi et mon équipe, ta vie va changer du tout au tout. Tu seras libre de faire ce que tu veux et mènera une véritable vie pleine d'aventure, sur un bateau confortable avec une grande famille prête à te protéger de tout ce qui peut menacer un Peau-Verte comme toi. Tu sillonneras les mers du monde entier à la découverte de l'Aeronland et des secrets qui s'y cachent par centaines. Tu pourras aussi faire chier impunément tous ceux qui ont déjà dû t'emmerder sur les continents, à savoir : (il énuméra sur ses doigts calleux et abîmés) "Voleurs plus costauds, milices et qui sait quoi d'autres... Enfin, j'te parlais de famille mais t'auras bien sûr droit à ta part de l'héritage familial si tu vois ce que je veux dire. On récupère de beaux pactoles assez souvent lors des traversées et chaque membre de l'équipage à droit à sa part..."

Voyant que Sump l'écoutait avec de plus en plus d'attention, Nimbé essaya d'interrompre le pirate qui parla plus fort, une coude posé sur le comptoir, ses yeux perçants nichés dans ceux du Sekteg :

"Avec moi, mon gars, tu seras riche, puissant, tu découvrira le monde et surtout, surtout et j'le répète tu seras libre."

Cet individu promettait à Sump tout ce dont il avait besoin et envie : de la richesse, de la protection et du voyage. Et même du pouvoir, cette chose qui le faisait tant baver mais qu'il n'avait eut que très peu l'occasion d'exercer. Était-ce là la route qu'il devait prendre ? Était-ce avec cette bande de pirates qu'il allait vivre ?
À ses côtés, Nimbé tenta de le raisonner :

"Ne t'embarque pas là-dedans, Sump ! Cette prétendue liberté et vie qu'ils mènent ne..."

"La ferme, vieux con." l'interrompit sèchement Shaboon en s'approchant avec un air menaçant tandis qu'un grondement sourd montait de sa gorge.

Le Capitaine lui, affichait un sourire confiant. Il semblait être sûr d'avoir réussit à séduire le Gobelin. Comment pouvait-il en être autrement ? Il lui offrait absolument tout.
Tout sauf la solitude dont il avait vitalement besoin. Sump ne pipa mot quelque secondes puis se détourna vers sa choppe.:

"Non."

Moment de silence. Grizaille semblait légèrement surpris mais pas outré. Il éclata même de rire :

"Ah merde, je pensais au moins l'avoir touché avec mon beau discours !"

Le Gobelin s'exprima avec difficultés pour Nimbé :

" La Gardienne m'a dit d'aller à Yarthiss, je vais à Yarthiss. Le soigneur me dit d'aller à Tulorim, je vais à Tulorim. Pas de mauvaises directions, pas de bonnes directions, ma direction."

Tout le monde se tut, un tantinet contemplatif.

"P'tain, j'avais raison !" s'écria Grizaille en frappant ses deux mains l'une contre l'autre. "De toute ma longue vie de vieux con, j'avais jamais rencontré de Gobelin philosophe. Dommage qu'il ait refusé mon offre, ça nous aurait pas fait de mal à nouzaut' !"

Et sur ce il sortit de l'établissement de son étrange démarche de canard, accompagné de toute sa clique.
Une fois les pirates dehors, une voix rauque et non-identifiée fanfaronna :

"EH ! Ils sont parti bande d'abrutis ! Vous savez ce que ça veut dire ?"

Presque aussitôt, au grand effarement de Sump, un tonnerre de voix viriles et graves rugit dans l'enceinte de l'auberge. Des types entrèrent et commandèrent leurs boissons à un Kesh qui s'activait avec son assistante sortie d'on ne sait où et chacun commença à s'enguirlander joyeusement avec son voisin.
Contemplant avec panique ce désordre ambulant, le frêle Sump retrouvait enfin l'établissement qu'il avait tant exécré à son arrivée à Yarthiss.

"Bon, parlons peu parlons bien." reprit finalement Nimbé que le chaos environnant ne semblait pas gêner outre-mesure et comme si cette conversation avec les pirates ne s'était jamais produite. "As-tu une vague idée de la direction à prendre pour te rendre Tulorim ?"

Sump lui jeta un court regard désarçonné avant de descendre de son tabouret pour s'éloigner de deux gaillards qui en venaient aux mains non-loin de lui.

"C'est bien ce que je pensais et c'est là toute la raison de notre présence ici. RONDOLPHO ?"

Sump fixa, interdit la trogne du Nain à l'épaisse barbe rousse se tourner vers eux alors qu'il faisait bouffer le comptoir à un autre Nain. Dès qu'il reconnut le Gobelin le Thorkin hurla :

"SANS DÉCONNER, LE VIEUX SUMPY !"

La poisse ne le lâchait jamais.


Suite.

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Ven 20 Mar 2015 16:47 
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Vie d'Escampette, Préambule


Le brouhaha incessant de l'établissement massif résonnait dans les tempes du jeune Sinari, mais les sons ne parvenaient que comme de doux murmures sonores aux oreilles de celui-ci; perdu dans ses pensées en fixant l'âtre gigantesque. Malgré le tintamarre ambiant, il ne pouvait s'empêcher d'être en paix; ces allés et venus traqué comme une vulgaire bête l'avait épuisé au plus haut point. Les voyages étaient rudes en solitaire, particulièrement avec peu de connaissances du monde en dehors des milieux ruraux. Entre Dehant et Yarthiss, le trajet avait semblé durer des années.

(Enfin un peu de répis... je me demande ce qu'ils servent à manger ici... pas du ver par pitié... Peu importe, je mangerais même ces maudits vers...)

Il avait, au cours de ces 3 mois, très peu mangé. Si on considère les standards Sinari, il aurait été perçu comme un malnourri. Son petit bedon traditionnel avait laissé place a un ventre plat qu'il voyait comme un peu anormal. Malgré tout, il trouva utile ce nouvel atout inusité pour se faire passer pour un enfant et amadouer l'instinct protecteur des femmes humaines. Se cachant de chaumières en chaumières sur la route, comme un orphelin en cavale Il s'y était amusé un temps, puis les informations étaient venues aux oreilles de « Kree »; Il aurait alors risqué de mettre la vie de plusieurs enfants en danger. Préférant abandonner son stratagème, il avait encore vagabondé sur les routes, puis finalement atterri dans la taverne de la Porte de l'Enfer. Il espérait profiter du vacarme continuel que provoquait le commerce pour se protéger de ses poursuivants.

(S'il faut endurer ces barbares et tout ce boucan pour être en paix, que Zewen me laisse le temps de récupèrer un peu ici. Au moins, je peux compter sur l'idiotie des gens du coin pour me protéger en cas de pépin...)

Quelques hommes un peu ivres convièrent la formation d'une table de jeu...et la tentation fut trop grande, il s'installa, retroussant ses manches devant un magot déjà anticipé. Le voleur n'était pas reconnu pour apprendre de ses erreurs... Oubliant sa faim grâce à son seul vice plus grand, il était déterminé à repartir avec une belle petite somme rondelette.

(Dans l'état où ces rustres sont... ce sera du gâteau ) Pensait-il.

«  Alors les gars... je peux me joindre à vous? J'ai bien envie de jouer aussi... Et de gagner. »

Les hommes se regardèrent, l'air amusé, ne prenant pas au sérieux le hobbit, pensant même faire de l'or facilement sur le dos de celui-ci; Ils l'acceptèrent silencieusement et nonchalamment à joindre la tablée, tous d'un signe de tête approbateur.

Vie d'Escampette, Chapitre 1


Les chasseurs des Portes étaient aussi à cran qu'à leur habitude, Jondolar était confortablement installé avec trois inconnus humains autour d'une table de jeux bien garnie. Un odeur de sueur et de bière enveloppait la table dans un cocon hermétique où les joueurs s'affrontaient. Il avait débuté la série de parties avec des mises modestes et avait triché subtilement, comme à son habitude, pour gonfler sa mise à souhait. Les affaires allaient bien et les autres joueurs de sa table étaient trop ivres pour dénoter les tours de passes-passes du Sinari. Il se frottait déjà les mains, jubilant précocement d'un départ en bateau vers un continent lointain où il pourrait refaire sa vie tranquillement, sans Kree à ses trousses.

Tout à coup, la Porte changea d'ambiance, un petit frisson d’inquiétude instinctif parcouru l'échine du Chanceux. Il leva les yeux vers l'entrée de la Porte. Les chasseurs avaient abandonnées leurs occupations, fixant en direction de la porte. Un grand homme encapuchonné au teint olivâtre fixait le jeune Sinari. Une arbalète de poing dans une main et une épée courte rouillée dans l'autre, il releva sa tête pour asséner un sourire carnassier laissant transparaître ses crocs.

Jondolar su qu'il était cuit, il se releva d'un bond, vautrant le plus possible de pièces dans son sac à la hâte. Il avait tout de suite reconnu l'homme mystérieux par sa stature inhabituelle.

« Désolé messieurs, on ferme boutique, le grand Jondolar doit partir! On remet sa n'importe quand, allez aurevoir! » D'un ton rapide, saccadé.

(Vraiment? Mais merde! Comment a-t-il pu me retrouver si vite... Je te déteste Zewen! Tu me lâches toujours quand j'ai besoin de plus de temps... )

Les joueurs qui étaient attablés avec lui se levèrent également d'un bond, vociférant des protestations! La pauvre serveuse juste à coté de la table de jeux serra son plateau de service contre sa poitrine, fixant l'entrée. Le jeune hobbit, eut à peine le temps de relever le regard vers son détracteur pour voir l'arbalète de poing mirée vers lui.

Usant de son instinct de survie, il arracha des mains le plateau de la serveuse en se faufilant comme une torpille vers les escaliers menant à l'étage. Sous l'air ébahi de la jeune femme, un carreau se planta dans le plateau de service, couvrant la fuite du Sinari. Il pu sentir la pointe du carreau titiller son avant-bras, alors qu'il lâchait le bout de bois ruiné.

À ce moment précis, tout commença à se dérouler selon le plan de Jondo, dès que le carreau siffla pour se planter dans le bois craquelé du plateau, une bagarre générale éclata entre les clients de la taverne qui cherchaient déjà depuis quelques heures une raison de se battre entre-eux.

(Comme prévu... excellent. Espérons que ça suffira.)

Joueur, il prit le temps de faire une petite moue provocante vers le chasseur de primes, qui brandit son épée courte pour poursuivre en ligne droite le jeune hobbit. Dans un élan de colère, il bousculait tout sur son passage, suivant le Sinari à la trace. Ralenti par la foule qui commençaient son délire général, Jondolar eu le temps de monter à l'étage in extremis.

Malgré son apparente maîtrise de la situation, le voleur commençait à paniquer, nerveux, il couru au fond du couloir pour entrer dans une chambre au hasard et referma la porte derrière lui. Il surprit au lit un chasseur vétéran bien costaud accompagné d'une charmante demi-elfe.

(Probablement une prostituée... hum, non, focus Jond, pour l'amour de Kubi...)

Il entendant le pas déterminé du tueur comme si ce sont transcendait le vacarme du rez-de-chaussée, son cœur débattait à toute allure. Le vieux chasseur se leva, brandissant un poing menaçant vers l’intrus qui avait gâché son coït.

« Ce n'est pas ce que vous pensez... excusez-moi... Je ne.... »

S'approchant de la fenêtre en catimini, les bras levés pour calmer les ardeurs de l'homme enragé, il était de plus en plus nerveux. Contournant le lit, l'air paniqué, il n'osait pas crier à l'aide pour ne pas attirer une menace encore plus grande sur ses talons.

« Espèce de petit crétin! Je vais t'apprendre moi! » Beugla l'homme, chargeant le petit homme à tout allure, le projetant à travers la fenêtre qui éclata en plusieurs morceaux. Sombrant dans l'inconscience sous la puissance du coup, il fit une chute silencieuse.

Notre jeune aventurier était tombé dans une charrette de nature inconnue. Si les citadins relevèrent les yeux pour voir ce qui avait causé le bruit, il était trop tard pour voir le petit hobbit inconscient s'affaler dans le convoi, qui continuait son chemin. La chance avait encore soufflée en sa faveur car sa petite corpulence avait empêché le conducteur de remarquer la présence de son clandestin.

Probablement ralenti par le chasseur en furie, Kree arriva trop tard dans l'alcôve de la fenêtre, ne dénotant qu'un paysage urbain indiscernable, sans aucune trace du petit joueur.

«  JE TE RETROUVERAI! » Cria le demi-orque dans un élan de rage, qui sauta du deuxième pour retomber sur ses pieds dans le milieux de la rue au grand étonnement des passants qui n'en croyaient pas leurs yeux. En haut, le chasseur brandissait toujours le poing vers Kree, la demie-elfe lovée dans ses bras et couverte seulement d'un drap blanc sur lequel coulait le sang de son amant.

En route vers l'inconnu, encore...

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 19:34 
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La Porte des Enfers:

Je pris soin de refermer la porte dégondée et observai soigneusement les environs. Cette taverne, jonchée de restes de nourriture de de vaisselle cassée, me remplit d'un sentiment d'insécurité. La majeure partie de la clientèle était composée d'alcooliques finis ou de guerriers un peu trop orgueilleux qui ne reculeraient devant rien ni personne pour mater deux trois pèlerins. De plus, l'ambiance semblait déjà être bien animée à mon arrivée, les pintes de liqueur circulaient déjà entre les tablées, une bonne raison pour que je reste sur mes gardes.

Nombreux furent les regards glacials lancés à mon égard lorsqu'ils me virent entrer. Certains même, se permettaient de grommeler pour manifester leur mécontentement. Je restai indifférent à cela et marchait progressivement vers le comptoir. C'est à ce moment-là qu'un grand silence envahit la pièce, les clients s'arrêtèrent de manger et m'observèrent sans relâche.

Le tavernier, ou du moins la personne qui semblait être le propriétaire de la bâtisse avait l'air amusé, il me regardait, sans rien dire en attendant ma réaction. Me voyant douter, il me fit furtivement signe de le rejoindre, près de la grande cheminée qui trônait devant les cuisines.

Je vins vers lui et m'assis à sa table. Après un léger flottement, il entama la conversation...

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"On ne trouve la vie qu'à travers la conquête de la peur et de la mort dans sa propre intimité, son propre esprit. Vider l'esprit de toutes les formes d'attachement, charger et conquérir l'adversaire dans un éclair décisif."


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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 21:26 
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Alors que l'Ynorien rejoint le comptoir et prend sa place parmi les autres soiffards accoudés, son arrivée s'oublie rapidement et le brouhaha reprend de plus belle. L'aubergiste, les bras et le visage couverts de cicatrices, garde sur lui un regard calme, mais néanmoins sérieux alors qu'il s’affaire à découper de belles tranches de venaison à l'aide d'un immense couteau visiblement bien aiguisé. Le spectacle dégage une délicieuse odeur de viande cuite à la broche qui ne tarde pas de faire gargouiller le ventre des affamés. A force d'observation, on peut repérer que son œil droit reste constamment fermé à la vue de la longue cicatrice verticale dessinée sur sa paupière. Large de corps et de muscles, son physique suffit à décourager les clients les plus téméraires ou alcoolisés.

Quelques secondes plus tard, la découpe est terminée et un jeune homme, certainement serveur, passe derrière le comptoir pour récupérer la planche qui contient encore le venaison avant de disparaître au milieu des clients. Alors qu'il s’essuie les mains dans un torchon pendu à son tablier, le gaillard couvert de cicatrices s'appuie sur le comptoir et lance au guerrier un regard plus neutre qu'auparavant.

"J'te sers quoi, bonhomme ? Un mousseuse ? J'ai encore du gibier à l'arrière, si ça te tente."

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 21:51 
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Finalement, les gens m'avaient oublié et les choses reprirent rapidement leur cours.

Alors que je m'assis sur un des tabourets du comptoir, un grand homme, borgne et recouvert de cicatrices qui s'avérait être le vrai tavernier vint me parler.

Tavernier: "J'te sers quoi, bonhomme ? Un mousseuse ? J'ai encore du gibier à l'arrière, si ça te tente."

L'odeur de la venaison vint alors me caresser les narines, mettant mes sens en émoi. Mes besoins primaires reprirent alors le dessus et je fus contraint d'accepter.

Artyom Tarkov: "C'est si gentiment proposé que je me dois d'accepter, sors moi ta plus belle pièce de bavette, chef ! Ça va bientôt faire une semaine que je ne me suis pas nourri, je pourrais manger un cheval."

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 22:25 
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Dans un hochement de tête, le tavernier attrape une chope de sous le comptoir et la remplit depuis les immenses tonneaux qui dorment contre le mur. La belle mousse blanche qui se forme au sommet de la pinte reste intacte et le gaillard la dépose devant toi sans même te regarder.

"V'là pour toi. Je vais te chercher d'quoi béqueter."

Sur ces mots, il se retourne et disparaît derrière une large porte battante en bois pendant quelques minutes. L'ambiance bat son plein et quelques insultes fusent dans l'air, signe d'une bonne bagarre qui s'annonce. La porte s'ouvre à nouveau sur le tavernier, une belle pièce de viande dans les mains. D'un geste, il s’empare d'une nouvelle planche et de son couteau et débute la même découpe qu'auparavant, non sans oublier son client.

"Sans offense, t'as pas l'air d'être directement d'Oranan. Tu fais moins... maniéré qu'les soldats que j'ai l'habitude de voir. Tu s'rais pas aventurier, des fois ?"

Sans même attendre de réel réponse du jeune guerrier, il se redresse et perd son regard vers le plafond, jouant du couteau dans le vide avec un petit sourire aux lèvres.

"Ralala, c'était l'bon temps ! J'étais l'meilleur à la chasse au ver ! Tiens, t'vois tous les os qui décorent les murs d'ma taverne ? C'est moi qui les ai eu ! A l'époque, tout l'monde connaissait Kesh ! L'bouffeur de vers, s'comme ça qu'on m'appelait !"

Le tavernier reste immobile quelques secondes après ces mots et replonge sur sa découpe en grommelant son désarroi, ponctuant chaque entaille faite d'un soufflement du nez pour appuyer son ressenti.

"Maint'nant, r'garde la relève ! Des tapettes qui passent la journée à se saouler en inventant des histoires. Ha, il est loin, l'temps des vrais chasseurs !"

Finalement, la préparation est terminée et Kesh dépose devant l'Ynorien la planche et quelques tranches de venaison sans oublier un petit couteau affûté pour déguster. Trempant ses mains dans un sceau prévu à cet effet, il garde tout de même un œil sur son client.

"Et toi, mon gars ? Qu'est-ce que tu viens faire par ici ?"

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 23:17 
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Mon dieu. Mon dieu que cela fait plaisir de se voir préparer un si bon repas, surtout après un aussi long jeûne.

La chope contenant le breuvage mousseux me fit tellement languir que je ne pus m'empêcher de me ruer dessus tel un assoiffé. D'un mouvement rapide, je me saisis de la boisson et l'avalai sans autre forme de procès, je sentis la mousse pétiller dans ma gorge et le liquide couler lentement, me laissant le temps de savourer le moment. C'était une sensation indescriptible, le simple fait d'en boire une gorgée me donnait l'impression d'être complètement rassasié. Après quelques secondes passées le coude levé, je me rendis alors compte que j'avais d'ores et déjà englouti entièrement le contenu de la chope et ce, sous le regard étonné du taulier.

C'est uniquement alors que je commençai à lui répondre tout en m'essuyant les lèvres, tandis que le breuvage commençait déjà à faire effet.

Artyom Tarkov: "Sans mentir, c'est assez compliqué de vous raconter d'ou je viens car moi-même j'ai du mal à m'y retrouver. Malgré ce que vous pouvez penser de moi, je suis bel et bien né en Ynorie et ce, non-loin d'Oranan. C'est juste que j'ai dérogé à leurs cultures et préféré mener ma propre aventure, loin de là-bas. On peut donc dire que je suis un aventurier, en effet. Pour ce qui concerne tes gars, je préfère m'en tenir écarté, rien que quand on voit l'accueil qu'ils m'ont réservé, cela me donne moyennement envie d'aller leur taper la discute. Sache juste que si jamais un d'entre eux s'amuse à venir m'emmerder, tu pourras aussitôt compléter ta collection d'ossements. Je suis pas un gars méchant mais il faut pas me chercher les noises. Sinon pour te répondre, moi je suis venu ici pour de simples raisons. Tout d'abord, j'ai besoin d'argent, je viens d'arriver en ville et c'est à peine si je vois déjà le fond de ma bourse. Ensuite vient l'aventure, j'espérais remplir quelques contrats ici et là, je suis très peu regardant sur le boulot qui m'est proposé à vrai dire. Je sais juste que plus ça paie, plus j'en suis. Pour finir, c'est une raison familiale qui m'a le plus poussé à m'aventurer en Imiftill mais ça, ça me regarde..."

Surpris d'avoir tenu aussi longtemps dans mon monologue, je me rendis enfin compte de la présence de la pièce de viande juste sous mes yeux. Cela me fit taire et je m'éclipsai donc de la conversation pour aller me prendre une ou deux tranches.

Artyom Tarkov: "Bon, je vais la fermer deux minutes et on va voir si elle vaut le coup, ta bavette..."

La venaison était ornée d'une croustillante croûte noirâtre sur le dessus ainsi que d'une chair rouge écarlate sur le coté. Appuyant légèrement dessus, je lui fis rendre les dernières gouttes de sang donc elle fut gorgée et me mis à la taillader en pièces. Je me saisis du couteau et goûtai le premier morceau que j'avais découpé.

À cet instant, j'eus tellement gémi de plaisir que je crus bien avoir réveillé un des soiffards affalés sur le comptoir, à ma gauche. Ce qui n'eût pas échappé au tavernier qui ne manqua pas de me le faire remarquer.

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Mar 2 Mai 2017 00:16 
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Alors que l'Ynorien se présentait dans les termes, Kesh ne sourcillait pas, préférant s'attarder sur son travail. Il écoutait néanmoins d'une oreille attentive, trop peu habitué à entendre un client prendre le temps d'aligner des phrases sans les ponctuer d'un poing ou d'un coup de chaise. Aussi, lorsque le guerrier commença à déguster son repas, un sourire de satisfaction se dessinait sur son visage. L'échange entre les deux hommes ne tarda pas à réveiller les endormis d'à côté qui relevèrent la tête d'un air mauvais, avant de baisser les yeux devant la puissante carrure de Kesh.

"J'vous ai réveillés, les gueux ?! Pis sortez d'là, maint'nant ! Z'avez assez picolés !"

Sans un mot, les deux soiffards se levèrent en s'essuyant les lèvres imbibées de salive du réveil, avant de quitter les lieux par la porte d'entrée. Suivant leur départ en glissant sa main sous le comptoir, Kesh calma ses ardeurs et reprit le fil de la discussion.

"Bref... A nous. Donc tu cherches du boulot ? Ba écoute, la Milice recrute constamment pour gonfler ses rangs. D'puis peu, on a pas mal de soucis d'pirates sur les côtes, ils t'en diront plus. Sinon, la Guilde des Bûcherons accepte toujours l'aide de mercenaires pour chasser les braconniers et les animaux sauvages qui s'en prennent aux leurs, y'a p'têt une bourse à gagner. Enfin bon, Yarthiss, c'est pas une p'tite ville, donc tu trouv'ras certain'ment queq'chose à faire. Par contre, évite de coucher dehors la nuit. Les gens sont pas tous à bénir, si tu vois ce que j'veux dire. Si tu cherches un toit pour la nuit, t'es l'bienv'nu. Par contre, j'fais pas l'aumône."

Le tavernier se rapproche doucement du guerrier, réduisant drastiquement la portée du son de sa voix.

"Mais de toi à moi, j'ai un p'tit boulot à t'confier. Avec des vieux potes, on s'raconte nos anciennes parties d'chasses autour du feu. J'leur ai raconté la fois où j'ai buté trois Vers des sables avec mon vieux couteau rouillé. y'en avait même un qui a pété la pointe avec ses dents ! 'Fin bref, je m'égare. Juste après la fermeture, j'ai une nouvelle réunion avec les potes et j'leur ai promis d'ramener l'couteau pour leur montrer. Sauf que j'lai laissé je-ne-sais-pas-où dans ma cave et c'est un véritable bordel là-dedans ! J'irais bien l'chercher, mais j'peux pas quitter mon comptoir une seconde sans avoir d'abrutis qui se foutent sur la gueule. Ça t'embêterais d'aller m'chercher ma lame et la ceinture qui va avec ?"

Alors qu'il semble avoir terminé, Kesh se glisse plus près de l'oreille de son interlocuteur et lui glisse quelques mots d'une voix grave.

"Si tu m'les ramène, j'te laisse une chambre pour la nuit et un repas chaud. Pis y'aura bien quelques Yus à gagner dans cette histoire. Qu'est-ce que t'en dis, bonhomme ?"

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Mer 23 Mai 2018 18:11 
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Localisation: Yarthiss
Nonna et le mage de flamme rentrèrent dans la ville. Cette dernière eut des flashbacks d'il y a un an. En effet, c'est par cette route qu'elle avait couru et était tombée mainte fois en pleurant à la mort de son mari. "Venez m'aider!", "Mon mari ne se réveille pas!", ... Toutes ces phrases lui tournèrent dans la tête comme une musique macabre qui ne pouvait s'arrêter. A chaque pas, elle devint de plus en plus pâle et son visage se crispé.

- Vous allez bien? intervint le jeune homme, voyant la bonne femme devenir aussi blanc que les flocons de neiges.

Celle-ci répondit par un sourire qui révéla que quelque chose clochait, l'homme avait vu claire dans ses yeux mais fit semblant d'y croire.

- Vous êtes déjà venue par ici, n'est-ce pas?
- Oui, je vous l'ai dis, j'habite juste à côté. Son ton était sec, la tristesse aurait passée à la colère?

Le chemin continua comme si de rien n'était. L'homme ne posa plus aucune question car il voyait bien que cette vieille femme cachait un lourd passé qui la liait à cette ville.

---------------------------

Ils étaient à présent aux portes de la taverne. Celle-ci se composait de pierre brute et de murs épais. La porte était dégondée, les vitres brisées, cet endroit sentait la vermine à plein nez. Nonna n'aimait pas ce lieu de bandit et autres misérables, par politesse elle ne fit aucune remarque, c'était l'invitée après tout. A l'intérieur de l'énorme bâtisse se déroulait de nombreuses bagarres entre les clients, tandis que le chef de l'établissement essayait de rétablir l'ordre par la violence à grand coup de gourdin. Après tout, ne faut-il pas vaincre le mal par le mal?

Nonna montra une table au loin à l'homme, celle-ci semblait en bon état et se trouvait plutôt loin de toute cette violence. Celui-ci accepta, il avait compris que cette ambiance n'était pas au goût de notre Nonna.

- Asseyez-vous, je vais nous chercher à boire. Que voulez-vous?
- Peu importe mais sans alcool le breuvage s'il vous plaît.
- Très bien Madame.

Celle-ci s’essaya et entendit au loin le mage parlait au patron de la taverne. Celui-ci possédait visiblement une capacité de concentration énorme. En effet, il arrivait à retenir la commande tout en tabassant un ou deux types à la fois. Une fois ceci fait, le mage de flamme revint s'asseoir en face de notre vieille héroïne.

- Qu'avez-vous pris comme boisson pour nous?
- C'est une surprise, je nous ai pris la même chose pour nous deux.

Nonna souriait bêtement pendant 2 secondes, cela faisait longtemps qu'elle n'était pas sortie et avait passé du temps avec quelqu'un. Il était si gentil, ce héros. Pendant un an, celle-ci avait reçu de l'aide de tout le village pour la nourriture, elle ne devait jamais rien préparé. Néanmoins, personne ne lui avait donné cette attention et un peu de leur temps pour qu'elle se sente moins seule. En fait, cette femme avait besoin d'avoir de la compagnie et non de manger absolument chaque jour. Les habitants n'avaient pas compris sa détresse et ce qui la rongeait, il n'a fallu qu'un seul jour dehors pour qu'elle rencontre un homme aussi aimable et bienveillant.

- Voici votre commande! Le patron déposa les boissons en moins de temps qu'il a fallu à Nonna pour dire merci. D'un bond, il retourna à l'assaut de clients nécessitant une remise au calme.
- Il s'appelle Kesh, c'est le patron d'ici. C'est un ancien chasseur de renom, il a pris sa retraite il y a quelques années afin de monter une auberge où tous les chasseurs de la génération suivante pourraient bénéficier de ses conseils et de sa bibine bien fraîche.
- Je vois... Et comment s'appelle cet endroit?
- La Porte des Enfers. La rumeur dit que ce nom viendrait du fait que bon nombre de chasseurs ayant fréquenté cette taverne ne sont jamais revenus du désert.
- C'est des chasseurs qui fréquentent cet endroit?! Vous plaisantez j'espère. De plus, je ne vois aucun désert au loin.
- Non, je vous le promets. Ici, un bon nombre d'entre eux sont des chasseurs, plus précisément de vers à vrai dire. C'est des personnes déterminées que la chaleur et le sable n'effraient pas et qui partent parfois tuer un de ces monstres gigantesques qui vivent dans le désert à l'est d'Imiftil pour en ramener la viande, la peau, ou l'ivoire.

Celle-ci resta sans voix tout en buvant une gorgée de sa choppe.

- J'espère ne pas vous avoir fait peur?

La dame n'eut pas le temps de répondre que Kesh tomba sur leur table, inutile de dire que les boissons étaient renversées. Nonna vit la tête du mage changeait d'expression, le gentil homme qu'elle avait rencontré était devenu un monstre qui souhaitait faire payer aux énergumènes cette interruption. D'un coup, celui-ci reprit une forme de torche humaine et se retourna face à la foule de chasseurs. Elle se rappelait de ce regard, c'était le même que dans la mine, cet homme avait cette capacité à changer son expression de visage. C'était étrange, à croire que ses pouvoirs ne s'activaient qu'en présence d'une contrariété. Dans tous ses livres religieux, plusieurs faisaient référence à des magiciens ou autres mages venant secourir le peuple. Cependant, aucun ne faisait allusion à une telle bipolarité de ceux-ci, est-ce que chaque sorcier possédait cet "étincelle" qui les faisait basculer dans une période d’agressivité exagérée? Nonna se posait énormément de questions sur cet homme, devait-elle tout simplement s'en aller et ne plus jamais le croiser. Sa peur la paralysa.

Le mage de flamme était si puissant, des troupes d'hommes coururent vers lui mais aucun ne put résister à sa magie. Il brûlait chaque chasseur sur son passage, celui-ci n'avait plus de limite, toutes les personnes devaient être vaincues pour qu'il puisse reprendre le contrôle. Nonna, quant à elle, se précipita vers les blesser et essaya, en arrachant des bouts de vêtements, de les soigner en stoppant l’hémorragie. Kesh, au lieu de se mesurer au sorcier, préféra apporter une bassine d'eau afin que cette dernière puisse "interrompre" les brûlures des chasseurs à terre.

- Madame, votre ami doit se calmer sinon je le tuerai. Je ne compte pas perdre ma taverne pour lui.
- Je n'arriverai pas à le calmer... Je ne suis qu'utile pour soigner de petites blessures.
- Vous avez une arme dans votre sac n'est-ce pas? Je l'ai vu quand je vous ai servi à votre table.
- Je n'ai qu'une poêle pour me défendre...
- Cela suffira, je vais faire diversion pendant que vous lui frapperez sur la tête, ça l’assommera.

Cette dernière ne répondit pas et alla chercher son arme. Il était l'heure qu'elle prouve qu'elle avait sa place comme aventurière, il fallait qu'elle utilise son arme en cas de besoin, c'était l'occasion. Pour Kesh, c'était plus tendu, il fallait qu'il se trouve face à l'homme-torche pour le distraire tout en évitant d'être brûlé voire mourir. Nonna devait aller vite car il ne tiendrait pas très longtemps.

Kesh prit le "tronc" de la table et l'utilisa comme bouclier, il faut dire qu'il ne restait plus beaucoup de table en correct état. Celui-ci bouscula par derrière le magicien pour se trouver à l'avant, cacher derrière le "bouclier". La table, au contact de l'homme, commença à prendre feu, le temps était compté. Le mage de flamme commença à avancer tout en préparant un sortilège permettant de mettre K.O. le patron de la taverne.

Un bruit sourd retentit sur le crâne du magicien, c'était Nonna. Celle-ci pleurait de peur mais l'avait fait, elle avait donné un bon coup sur l'arrière de la tête à ce dernier. Sa poêle eut un petit coup de chaud mais rien de bien méchant. L'homme reprit une forme humaine mais ne tomba pas et se retourna. Il prit la vieille dame par la gorge et la colla contre le mur. Son regard était aussi monstrueux que lorsqu'il s'était embrasé.

- Ne refait plus jamais ça, sinon je te tue.

Ni une ni deux, Nonna serra fort son arme et claqua contre tout le côté gauche du visage de l'homme sa poêle. Ce coup l'assomma pour de bon. La taverne était dévastée, tous les brigands, chasseurs et autres villageois avaient quitté les lieux. Il ne restait plus qu'elle et Kesh ainsi que le mage dormant.

- Comment puis-je vous aider?
- Vous l'avez déjà fait, merci d'avoir sauvé ce qui reste de mon chez moi. Par contre, renvoyez-moi cet énergumène une fois qu'il sera en état. Il me doit des intérêts à présent.

Notre héroïne quitta l'endroit en traînant le misérable derrière elle tant bien que de mal. Cette nuit, elle dormira chez elle et demain, elle pourra partir l'aventure à nouveau. Quant au mage, il dormira près du feu certainement. Nonna n'avait pas peur des représailles lorsqu'il se réveillera, elle sentait que c'était une bonne personne au fond de lui. En effet, il lui avait sauvé la vie après tout.


(1495 mots)

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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Mar 2 Oct 2018 12:24 
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Après plus d’une semaine de voyage, j’aperçus enfin les murailles de la ville, le fleuve qui la coupait en deux, ainsi que l’immense forêt qui s’étendait à perte de vue, jusque dans la montagne visible au loin. Je n’étais pas fâchée d’être arrivée, je commençais à vraiment être fatiguée. Wyrlan décida de faire le tour de la cité et de passer par l’entrée sud pour aller à notre lieu de rendez-vous : la Porte des Enfers.

- La quoi ?

- La Porte des Enfers. C’est le nom d’une taverne.

Bolir eut un sourire.

- C’est un endroit où de grands chasseurs vont à la chasse aux vers géants dans le désert. C’est un endroit pour les forts et il est facile de s’y faire un peu d’argent quand on l'est.

Je me demandais vraiment ce qu’il voulait dire par là mais je verrais bien une fois arrivée. Alors que nous faisions le tour, je remarquais l’activité incessante le long du fleuve. De nombreux bateaux transportaient des marchandises ou des gens dans un incessant ballet. Nous franchîmes le fleuve en fin d’après-midi pour ensuite aller directement à la taverne.

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En arrivant devant le bâtiment, Wyrlan nous arrêta et pris un air sérieux. Enfin il était toujours sérieux mais parfois il prenait un air encore plus sérieux pour donner des ordres ou faire la morale et personne ne le coupait jamais lorsqu’il faisait ça. Il rendait aussi sa voix un peu plus grave, comme si cela changeait la faon dont on le voyait. J'avais encore du mal à comprendre l'intérêt mais je n'avais jamais rien rétorqué.

- Bon, vous connaissez les règles, on ne se fait pas remarquer, on évite les confrontations. Des questions ?

- Euh oui, comment on sait si le commanditaire sera là ? Il ne peut pas savoir qu’on arrive aujourd’hui.

- Très bonne question, mais il sera là ou en tout cas il va arriver, les mercenaires l’ont prévenu et nous lui avons dit combien de temps durerait approximativement le trajet. Autre chose ? Parfait. Bolir, ne crée pas d’incidents.

- Pas de problème je me tiendrais tranquille !

Les trois autres le regardèrent avec le même regard trahissant leurs doutes. Visiblement ils n'y croyaient pas une seconde. Nous entrâmes finalement et l’ambiance était … particulière. Tous les clients avaient l’air redoutables, étaient armés et souvent arboraient des cicatrices, plus ou moins récentes. Il y eut un mouvement de tête général dans notre direction quand nous sommes rentrés et je me fis toute petite. Non mais c’est quoi cet endroit ? Les murs étaient en pierre brute, le sol avait l’air crasseux et je vis dans le fond une immense cheminée alors qu’il régnait une fraîcheur bienvenue. Wyrlan slaloma entre les tables jusqu’au comptoir et nous le suivîmes. A un moment un colosse se leva et percuta Fyly puis Bolir. Si Fyly l’ignora, Bolir se retourna, tout comme le colosse et les deux se toisèrent un moment avant que le colosse n’ait un sourire.

- T’as l’air costaud toi ! Montre-moi ce que tu vaux !

Je suivis l’échange et les deux s’installèrent à une table et se mirent à parier tout leur argent et leurs vêtements avant de commencer … un bras de fer…évidemment.
Pas vraiment intéressée par ce duel de force, je me hâtais de rejoindre les autres qui s’étaient installés à une table. Thorgrim se renseigna sur les agissements de Bolir

- Qu’a-t-il parié ?

- Son argent et ses vêtements, pourquoi ?

Les trois soupirèrent, comme s’ils sentaient venir une catastrophe et que cela était fréquent. Les boissons ne furent pas longues à arriver. La mienne était apparemment un jus d’un fruit local plutôt bon qui me fit tout de même grimacer tellement il était acide. Au bout d’un moment on entendit des cris et je vis Bolir empoigner un tabouret pour le lancer sur un autre homme qui tenait une cruche. Je ne voulais pas savoir ce qu’il se passait et me concentrais sur ma boisson. La scène fit de nouveau soupirer les trois autres mais ils n’intervinrent pas, se concentrant eux aussi sur leurs boissons. Deux chopes d’acide sous forme liquide plus tard, quelqu’un s’invita à notre table. C’était un elfe aux longs cheveux dorés et aux yeux bleus. Il portait une longue toge d’un vert émeraude et semblait très heureux, arrivant tout souriant. Sa voix était douce, presque chantante. Apparemment il connaissait les autres membres du groupe.

- Bonjour mes amis, cela faisait longtemps. Comment s’est passé votre voyage ?

- Le voyage était agréable, la mission beaucoup moins…

Wyrlan et lui discutèrent un moment, parlant en détail du mausolée et du nécromancien, ce qui intéressa beaucoup l’elfe, qui se présenta à moi sous le nom d’Orlondir. Wyrlan et Fyly lui racontèrent donc tout en détail et une fois les explications terminées, il prit un air songeur.

- Tout cela est un peu étrange. Pensez-vous qu’il travaillait pour quelqu’un d’autre ?

- Aucune idée, ses motivations avaient l’air personnelles, mais il avait beaucoup de ressources pour un simple nécromancien solitaire, donc qu’il ait été sous les ordres de quelqu’un ne m’étonnerait qu’à moitié.

- Très bien, je vais enquêter de mon côté. Merci pour votre aide. Si j’apprends quelque chose, je vous demanderai peut-être de nouveau votre aide.

- Nous verrons cela le moment venu.

Il quitta la taverne après une courte révérence. Bolir nous rejoignit au même moment, les bras chargés d’équipements diverses et de deux petites bourses. Apparemment il avait raison, il était facile de gagner de l’argent ici… enfin pour lui. Nous sommes restés à la taverne un moment, Wyrlan profita de l’occasion pour nous dire que nous avions quartier libre pendant une semaine, mais qu’il serait bon de rester disponible au cas où. Le sous-entendu était clair : ne sortez pas de la ville et ne finissez pas complètement saoul dans le caniveau d’une rue mal fréquentée. En parlant de boisson, ma chope était vide et j’allais la remplir au bar, prenant la commande pour tout le monde au passage, parce que quatre personnes qui crient « UNE BIERE » ne suffisait clairement pas pour être considéré comme une commande, surtout vu le bruit autour, et je dus m’y coller, parce que « j’étais déjà debout ». J’allais donc au bar et commandais sous les regards étonnés du gérant et des clients autour. J’imaginais assez bien que des jeune filles venaient rarement commander des bières ici. Je soupirais et fit des allers-retours en emmenant les bières des quatre assoiffés. Je dus patienter pour récupérer ma chope de jus. Visiblement le tenancier n’avait pas l’habitude d’en servir autant et il paraissait affreusement gêné de devoir me faire attendre. Je le rassurais en souriant et patientait au comptoir en jetant un œil à la salle. Plusieurs clients me regardaient d’un œil intrigué mais je les ignorais, mieux fallait ne pas leur prêter attention. L’un d’entre eux se sentit pousser des ailes et essaya de m’aborder, mais il était tellement saoul qu’il trébucha sur rien et tomba sous les rires des hommes alentours. Je trouvais ça pitoyable d’en arriver à ce niveau d’ébriété et je ne pus m’empêcher de le trouver répugnant. Je devais faire disparaître cette mauvaise habitude si je ne voulais pas d’ennui plus tard.

Ma boisson arriva enfin et je rejoignis les autres sous le regard de certains clients. J’en ai eu la chair de poule. Les autres jouaient aux cartes en rigolant et je m’installais, sentant encore des regards sur moi. Bon sang mais j’avais une flèche avec marqué « regardez-moi » dans le dos ou quoi ? Ils commençaient à m’énerver tous ces poivrots. J’en parlais à Fyly qui était en tête pour finir sa bière le plus rapidement possible ; elle avait une sacrée descente.

- Ah oui, j’imagine que toi qui n’aimes pas être regardée ça doit être énervant, mais il y une règle tacite, s’ils ne touchent pas, tu ne fais rien. S’ils touchent, tu peux les massacrer et les autres clients t'aideront probablement. Enfin ça ne vaut que dans certaines tavernes et les auberges, pas dehors.

Les massacrer ? En regardant les spécimens présents, j’avais plus eu l’impression que c’était moi qui allais y passer. Une minute…

- Comment ça « s’ils touchent » ?

Fyly me lança un regard qui se voulait lourd de sens mais j’insistais. Elle soupira.

- Trop jeune pour imaginer ça hein ? Certains hommes, surtout complètement enivrés par la boisson, ne sont pas toujours très respectueux des règles et ne se privent pas pour essayer toute sortes de choses qu’ils ne feraient pas lorsqu’ils sont sobres. Tu es une jolie jeune fille en pleine croissance, cela attire les regards et parfois plus que ça.

Je déglutissais. Moi qui croyais qu’on me regardait parce que j’étais une Semi-Elfe ou qu’on me prenait pour une Shaakt, je n’avais pas vraiment conscience que c’était ce genre de regard qui me fixaient. Soudainement je me sentais encore plus mal à l'aise, j’avais juste envie de sortir. Je frissonnais et Fyly me caressa la tête comme pour me rassurer. Pas totalement rassurée pour autant, je pus néanmoins faire abstraction et siroter ma boisson en voyant Thorgrim et Wyrlan s’affronter pour la dernière manche de leur jeu. Ce fut une victoire écrasante de Thorgrim qui voulut fêter ça avec une tournée, mais Wyrlan refusa, précisant qu’il serait temps d’aller à l’auberge, ce que j’approuvais car j’avais vraiment besoin et envie de dormir. Notre petit groupe se leva et se dirigea vers la sortie après avoir payé le gérant. Un homme voulut parler à Fyly mais elle l’ignora superbement, ce qui l’énerva et il voulut l’agripper. Le reste était un peu flou, mais l’homme se retrouva au sol et Fyly reprit son chemin et me chuchota qu’elle m’apprendrait à faire la même chose. J’en aurais été ravie si j’avais compris ce qu’elle avait fait concrètement. J’entendis l’homme se relever et quelques clients se moquer de lui. Nous sortîmes finalement de la taverne sous un ciel étoilé et une brise légère qui me fit frissonner, probablement plus à cause de la fatigue qu’à cause du froid, avant de prendre la direction de l'auberge.


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 Sujet du message: Re: La Porte des Enfers(taverne et repère des chasseurs de vers)
MessagePosté: Lun 29 Oct 2018 04:05 
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Inscription: Sam 22 Sep 2018 22:51
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««Précédemment

Une construction barbare, de pierre amassée avec le souci de l’utile bien plus que de l’agréable. Des pierres brutes, sans fioritures, quoiqu’un intérieur spacieux et frais. La décoration, en fait, serait bien futile ici. Puisque ce n’est l’architecture immobile et stagnante qui attire le regard, mais bien le déchaînement de vie de ses clients affamés d’action. Des batailles d’ivresse, ici et là, à grands coups de poings et de chaises. C’est l’antre de gaillards solides, au courage et la force qui semble avoir été forgés par une vie impitoyable. La Porte de l’enfer, une drôle de taverne qu’Anathe tenait à me faire découvrir.

« Un endroit surprenant. »

« Ah ! Une porcherie de débiles, tu veux dire ! Mais c’est pas pour rien que c’est ma taverne préférée. Regarde-moi ça. Un vrai laboratoire d’anthropologie. Et la bière est pas mal non plus. »

Ma collègue nous choisit une table, un peu en retrait des plus turbulents, puis part nous chercher les breuvages. Je me distrais à contempler l’animosité environnante, jusqu’à ce que mon attention se voit attirée par un chatouillement, sur ma main droite. Des mouches, simplement, qui virevoltent et se déposent ici et là sur la table. Je contemple un moment leur danse. Sans tout à fait m’en rendre compte, je dépose ma maîtrise de l’ombre sur l’une d’entre elles. Je presse. L’insecte s’écrase. Mon visage s’illumine. Ma Main sombre gagne en puissance, tranquillement.

« Goûte-moi un peu à ça! »

Ma compagne est de retour. Elle me tend ma chope puis s’assoit. Elle attend avec excitation ma première gorgée. J’agrémente cette dernière d’un hochement de tête approbatif. C’est vrai, pas mauvaise cette bière.

« Hein, si ce n’est pas du bon houblon. Je te dis, c’est dans les trous les plus profonds qu’on trouve les plus beaux trésors. »

« Poétique. »

« Faut bien, j’ai une putain de série de manuels sur Nirtim à rédiger. »

« Oui, et tu prends tout de même de ton temps précieux pour me faire visiter. J’apprécie, vraiment. »

«’Fait des années que je me fais chier à parcourir un continent. Je vais passer les prochaines dans le papier et les taches d’encre. Je peux bien me permettre une journée de repos. »

« Oui. C’est même nécessaire. »

Elle me contemple un moment, un rictus amusé au visage.

« T’es vraiment pas mal. »

« Plaît-il? »

« Niveau beau parlage, je veux dire. Tu l’as bien charmé notre petit prince, tout à l’heure. Écoute, je juge pas. T’imagine bien que c’est exactement ce que j’ai fait moi-même. Pas pour rien que la petite archère-mage ici s’est mise ami ami avec le farfelu. Faut bien qu’on me les subventionne mes projets. »

« Hum, attends un instant… « archère-mage » ? »

« Bah oui, tu savais pas ? Anathe Salcier, achère-mage. Je suis une historienne et une géographe de terrain, Shiyo. On a visité tout le continent de Nirtim. Urbain comme sauvage. C’était pas toujours une partie de plaisir. Laisse tomber ton image d’intellectuels squelettiques qui ne connaissent que la bibliothèque. Les trois historiens que t’as rencontrés, sur le bateau, ils devaient savoir se battre pour faire partie de l’expédition. »

« C’est logique, expliqué comme ça. Je savais que tes collègues étaient des aventuriers expérimentés, mais nous n’avions jamais discuté de tes talents personnels. »

« Ouais. Tu sais, j’avais remarqué dès le début ta tendance à mettre les gens dans ta poche. Je me méfie de ce genre de personne. Ça m’a pris un moment pour te faire confiance. Tu m’en avais même parlé, il me semble, de la réputation de ta famille pour la diplomatie…»

« Tout à fait. Je t’avais raconté comment on m’a entraîné dès mon plus jeune âge à manier l’art de la parole. »

« Hum ! Oui, oui, m’en rappelle là. Alors c’est ça, j’étais réticente au début. Mais avec le temps je vois bien que t’as un bon fond. Du moins, mon genre de fond. Tu me garderas au courant de ton avancée, d’ailleurs. J’aime le passé, mais je suis aussi curieuse de ceux qui écrivent le futur. »

On se sourit. Anathe est facilement celle avec qui j’avais créé le lien le plus fort durant la traversée. Pour son esprit allumé, entre autres.

« Alors, grâce à moi tu as eu le coup de pouce pour entrer chez les Hartefield, mais à partir de maintenant, c’est seul que tu vas rencontrer le père. Hâte de voir comment tu vas y laisser tes traces. Mais j’ai le sentiment que ce sera digne de mention. Aller. La partie est débutée. Que les Kinshi gagnent ! »

« Que les Kinshi gagnent! »

Nos trinquons à ces paroles.

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