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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 29 Sep 2015 20:50 
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Il faut aller s'rincer l'gosier

Le Messager ayant apporté à Korben de quoi se désaltérer semble être vexé par sa réaction et lui en fait part. Gauwin le squelette vient s'ajouter à la conversation et calme ses hardeurs. Daemon ne suit leur conversation que d'une oreille, trop préoccupé par son chagrin. Tant d'efforts dépensés, un continent traversé, ainsi qu'un combat acharné pour se voir confisquer son butin pendant son inconscience...

Merilian affûte son regard dans l'espoir d'être claire et explique calmement :

« J'ai dis que cet objet est dangereux. Tu en parleras avec dame Kadria... Quel besoin un gamin pourrait-il en avoir ? Tu n'as pas la sagesse ni la maturité pour posséder une arme aussi terrible... »

Apparemment aucune négociation n'est possible... Néanmoins, elle lui laisse une parcelle d'espoir, cette dame Kadria pourrait céder à sa requête. Daemon se résigne pour se diriger en titubant vers ses effets qu'il avait préalablement repéré. Après avoir enfilé son manteau, il s’assoit plus dignement et demande d'une petite voix.

« Et qui est cette dame ? Une femme de votre ordre ? »

Au même moment Korben s'agite, il saisit ses affaires et demande si nous pouvons prendre la route. Il semble vraiment impatient de picoler.


Sous un ciel nuageux

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 29 Sep 2015 21:22 
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Merilian hocha la tête à la demande de Korben et le groupe s’apprête à reprendre le chemin, malgré la fatigue évidente de Daemon, pas encore remis de la perte de beaucoup trop de sang.

Vous avancez donc dans la forêt, et il semble que plus vous avancez, plus les arbres deviennent épais et sombres. Vous réalisez que le sol semble descendre. De toute évidence, vous êtes sur la pente de l'autre côté des montagnes.

La nécromancienne répond au semi-elfe :

"C'est la chef de notre ordre. Notre guide. Elle est la plus proche du dieu corbeau, et je suis son premier lieutenant."

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 29 Sep 2015 22:35 
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Merilian acquiesce d'un hochement de tête et le groupe se met en route. Je suis encore faible, accablé de fatigue, les douleurs provoquées par mes blessures me lancent allègrement. Toujours est-il que comparé à l'aut' j'suis en forme olympienne. Il semble à l'agonie, s'aidant d'un bâton pour se soulager un peu.

Au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans la forêt, l'atmosphère change. L'orée de ces bois semble si vivant comparé à ce que nous allons devoir traverser. Les arbres perdent de leurs éclats, l'écorce s'assombrit tandis que le tronc devient plus massif, plus oppressant...

(Décidément je vais jamais m'y faire à ces maudites forêts...)

Le chemin serpente entre les arbres, l'herbe recouvre la petite route mais est aplatie et indique clairement la direction.

(Je n'entends plus ces maudits piafs chanter, c'est plus facile d'endurer ce voyage...)

Peu à peu le chemin s'amorce en une abrupte descente.

(Nous sommes probablement sur l'autre versant des majestueuses montagnes.)

Moins facile de garder l'équilibre ainsi, je jette un coup d'œil derrière moi, sûr d'apprécier le spectacle. Et je ne suis pas déçu, Daemon claudique et plusieurs fois manque de tomber.

D'un ton joyeux je lui propose :

"Daemon, veux-tu que je t'aide à descendre ?"

M'imaginant déjà le faire rouler tout l'long de la pente je n'arrive pas à rester calme et éclate en fou-rire.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mer 30 Sep 2015 00:10 
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Tu en parleras avec dame Kadria

Merilian répond à Korben d'un signe de tête avant de signaler au groupe la reprise de la route. Il comprend que l'agitation de son réveil initie les préparatifs du voyage et se demande d'ailleurs comment ils l'ont transporté ici... La nécromancienne se détourne ensuite vers lui, son regard est explicite : le moment est venu de se lever.

Daemon passe son sac sur le dos avec une petite grimace avant de fouiller les alentours du regard. Le taillis dévale une pente douce, la compagnie a dû descendre en altitude. Il repère une branche tombée au sol, après avoir sectionné les ramifications et raboté les nœuds avec sa dague, il teste la solidité de sa nouvelle canne. Glissée sous une épaule, il rejoint la troupe sur le pied de guerre en s'y appuyant. La nécromancienne l'attend et entreprend de marcher à ses côtés, elle reste néanmoins silencieuse, ne répondant pas à sa question.

En queue de peloton, Daemon fait de son mieux pour ne pas retarder la compagnie. Le dénivelé devient de plus en plus abrupt, des roches apparaissent entre le tapis de feuilles grisonnantes, racines et troncs se font plus rudes pour mieux s'ancrer dans le sol incertain.

« Daemon, veux-tu que je t'aide à descendre ? »

Korben bien devant nargue le semi-elfe d'un ton jovial. Sans prendre la peine de répondre, Daemon se concentre sur ses appuis afin de ne pas choir. A chaque pas la forêt se fait plus sombre et plus casse gueule.

La patronne prend la parole d'une voix monocorde tandis qu'il s'agrippe à l’écorce d'un escalier de racines.

« C'est la chef de notre ordre. Notre guide. »

Daemon lâche sa canne plus bas afin d'avoir les deux mains libres et répond au milieu de son effort.

« Comment ? Vous parlez de Kadria n'est ce pas ? »

Le tapis fané retrouvé, il se saisit de son bout de bois et s'approche de la nécromancienne. Son regard se transporte au-delà d'un trou dans les feuillages, laissant deviner des contrés vallonnées sous un ciel nuageux.

« Elle est la plus proche du dieu corbeau, et je suis son premier lieutenant. »

Daemon est frappé par sa beauté en ce moment, son expression trahit une noble dévotion. Il doute sérieusement du fait que son interlocutrice soit la même que celle rencontrée jadis à Dahràm...

« Je vous envie... Être le disciple d'une illustre personne n'est pas donné à tout le monde. »

Sur ces mots, il persévère dans son effort car les autres ne sont plus visibles.


Bras dessous bras dessus

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mer 30 Sep 2015 10:04 
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Merilian ignore royalement la demande. Elle continue devant, prenant un peu d'avance. Il ne reste plus à votre niveau que son compagnon, le squelette, qui est bien silencieux.

Finalement, un messager s'approche de Daemon, ignorant totalement le nain, pour l'aider à marcher. C'est un jeune homme qui ne doit pas avoir plus de dix-huit ans, du peu que tu peux voir sous son masque. Il semble aussi qu'il ai la peau mate. Serais-ce un homme des déserts de l'Imiftil ?

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"Tient, appuie-toi sur moi, ça sera plus pratique..."

Il en profite pour te détailler des yeux.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mer 30 Sep 2015 20:54 
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Sous un ciel nuageux

Le semi-efle accélère le pas en grognant sous les tiraillements. De toutes ses blessures, celle infligée de sa propre main par le gantelet de l'Obscurité laisse un souvenir cuisant et persistant, comme une main à jamais ancrée dans son abdomen... Merilian semble s'être lassée de lui, elle accélère le pas sans se soucier de l’abandonner à l'arrière. Après quelques foulées elle disparaît derrière un large chêne, sur lequel s’appuie Daemon à bout de souffle. Au-delà, plus aucune trace du groupe...

Il s'oriente dans le dédale de troncs en suivant la piste des feuilles foulées. N’apercevant toujours personne, il commence néanmoins à s’inquiéter. Il arrive enfin dans une petite clairière rocailleuse où la vue est dégagée, au sud, le pan de la montagne s'étire pour se mêler aux vallons du Duché. En contrebas une rivière fend le paysage pour s'écouler dans un lac lointain. Il regrette que le ciel soit si gris, sa vision n'en serait qu'embellit. Tandis qu'il s’attelle à reprendre son chemin, il se fige en découvrant qu'aucune trace n'est visible sur ce sol minéral.

(Par où sont-ils partis ?)

Il longe la lisière à l’affût du moindre indice, mais une forte bourrasque lui indique que le sol est régulièrement balayé.

« Bon sang, où sont-ils ? »

L'idée de se perdre dans cette immense étendue sauvage l'angoisse. Qui sait quel genre de bêtes foulent ces contrées? Il se traîne en contrebas là où la forêt reprend ses droits, le talus s'accentue, son pied ripe sur une motte. A peine le temps de jurer qu'il dévale la pente, il roule, boule, hurle, glisse et puis plus rien...

Les cimes se dessinent en dessous.

« BWWAAAAHHHH »

La rencontre avec les premieres branches est brève, les suivantes sont plus cassantes, il rebondit pour ensuite s’étaler sur une autre plus massive. Complètement désorienté, le petit semi-efle se laisse glisser de l’écorce pour rejoindre la terre ferme dans un gros « pof » !

Il gémit de désespoir quand un messager du corbeau passe à coté sans s'émouvoir. Interpellé, le semi-elfe se dresse et découvre l'avant du cortège.

« Youhou ! »

Il croise Merilian qui le découvre avec effarement, elle regarde en arrière, en avant, encore en arrière sans trop comprendre. Elle semble contrariée... Daemon se lève mais la femme approche et le gifle d'une monumentale volée.

« Que quelqu'un surveille ce gamin ! » Hurle-t-elle avant de s'éloigner.

Hors de combat, le semi-elfe se tortille en massant sa joue. Une petite larme perle quand une main se tend vers lui. Un messager semble l'avoir pris en pitié. Ses bras dénudés révèlent une peau basanée, sûrement un homme du désert d'Imftil se dit Daemon. Après deux ans passés dans une grande ville portuaire, il a appris à reconnaître les différentes ethnies humaines.

Il devine petit à petit le visage dissimulé derrière le masque : il s'agit d'un jeune homme, dix-huit ans tout au plus, d'une tête de plus que lui, son intense regard bleu contraste avec ses vêtements sombres.

« Tient, appuies-toi sur moi, ça sera plus pratique... »

L'encapuchonné le reluque de la tête aux pieds. Daemon accède à sa requête avec un grand sourire, enfin quelqu'un se soucie de lui, pas comme l'autre folle. Il passe son bras autour du cou du messager, qui glisse le sien délicatement autour de son torse, conscient de ses blessures.

Ils évoluent ainsi bras dessous bras dessus un long moment. Korben avance devant eux et aborde Merilian, Gauwin quand à lui marmonne tout seul... Afin de briser le silence, le fanatique se présente.

« Je me nomme Daemon... J'étais docker sur les quais de Dahàm avant de croiser la route de votre guilde. A présent un vagabond en morceaux ! » rigole-t-il.

Un sourire amical fleurit sous le masque.


Un pied dans la tombe

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mer 30 Sep 2015 23:12 
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Quand j'arrête de me gausser du demi-elfe et que j'regarde devant moi, je reste muet. Le panorama me laisse pantois, une grâce se dégage de cet endroit, une harmonie... De ma position j'ai le privilège des géants, tutoyer l'horizon, aucun détails ne se dérobant à ma vision. Le ciel grisonnant ne laisse guère de chances au soleil qui s'avoue vaincu pour lors. En dessous, le bras de la montagne se confond avec les vallées verdoyantes. Telle une balafre une rivière s'écoule à travers champs et pré pour se déverser dans un lac, lui-même source d'un océan lointain.

En pivotant un peu la tête j'aperçois une autre partie du panorama. Elle se démarque par ses arbres habillés d'or et de carmin, c'est presque poétique.

(Bon, il est peut-être temps que j'en apprenne davantage sur ce culte qu'ils semblent vénérer, y compris Daemon.)


Au moment où je m'apprête à prendre la parole afin d'interroger mes sauveurs, je suis interrompu par un hurlement familier. Une note très aiguë, la voix d'un ténor.

(Daemon.)

Je me retourne une nouvelle fois et regarde devant. Au début j'discerne rien d'anormal, puis un retentissant craquement survient ! Une branche s'est brisée sous le poid plume de Daemon qui s'affale sur le sol tout en grognement et en plainte. Il gesticule comme un oisillon tombé hors d'son nid, je vois d'ailleurs un des messagers qui l'ignore superbement. Il finit par se redresser difficilement et d'une voix où la joie pointe crie :

« Youhou ! »

J'attends la réaction de Merilian à cette nouvelle ânerie, elle observe Daemon et sans prévenir lui assène une terrifiante baffe qui laisse une marque rouge sur la peau du demi-elfe.

Elle hurle à tue-tête :

« Que quelqu'un surveille ce gamin ! »

Daemon se laisse distancer tandis que la femme s'éloigne d'un pas vif. Je me doute qu'elle est encore passablement énervée mais rester proche de l'aut' m' débecte et je m'en éloigne aussi vite que possible, allant marcher avec elle.

Une fois arrivé à sa hauteur, j'essaie d'trouver les mots justes, histoire d'pas la froisser elle et son gardien.

"Maîtresse Merilian, j'éprouve une folle envie d'en apprendre plus sur le culte de Phaïtos. Pourriez-vous éclairer la lanterne du humble néophyte que j'suis ? Comme ses principaux préceptes, ses fondements."

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 1 Oct 2015 09:25 
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Intervention de guilde pour Daemon et Korben


Daemon :

Le jeune homme hoche la tête :

"Oui, je vois ça... Je suis Asad, du désert de l'ouest. J'ai longtemps vénéré Toumlanayh, puis je suis parti à la recherche des autres visages du dieu, afin d'être sûr de bien comprendre sa nature. Je suis arrivé ici, finalement... au milieu de tout ces dieux que vénèrent les autres peuples..."

Il plisse les yeux et parle à voix basse pour ne pas être entendu des autres :

"J'ai beaucoup appris sur les religions. Ici il y a un autre dieu des ténèbres, Thimoros, et j'aimerais en apprendre plus sur lui. Tu cherchais une de ses reliques... es-tu un de ses adeptes ?"

Korben :

Visiblement, tu parles de la chose qui intéresse le plus votre guide ! Elle s'éclaire et explique ensuite :

"Les messagers vénèrent le dieu de la mort. Mais pas la mort comme acte brutal et cruel, non, la mort comme part intégrante du cycle des mortels. En maintenant la mort, Phaïtos permet de régénérer la vie. Lui permet d'évoluer... Mais il est des âmes qui meurent dans la peine et la souffrance, et celle-là n'arrivent pas à se décider à rejoindre le repos. Notre tâche est de pourchasser les Faiseurs de Douleur et de répandre le vrai culte du dieu corbeau. Nous montrerons non seulement au clergé de Phaïtos - mais même aux royaumes ! - que notre foi est juste !"

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Ven 2 Oct 2015 16:08 
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((( Dans les chapitres précédents, Haple est exhilée hors de Cuilnen et part pour le col blanc avec une inconsiente excitation. Elle survit à la traversée des montagnes grâce à l'intervention de deux inconnus, un Likyor dénommé Bharf et une géomancienne des Duchés dénommée Roche. Tous deux s'avèrent être des adeptes de Zewen et percoivent en l'enfant elfe une qualité mystérieuse qui les pousse à la mettre à l'épreuve autant qu'à la protéger. Et, ils ne semblent pas être les seuls à voir en elle plus qu'une simple vagabonde : un voyageur nocturne armé seulement d'un baton de marche suit à distance Roche et Haple parties rejoindre Bharf à Amarok... Dans une tentative pour vérifier les intentions de ce potentiel traqueur, Roche les emmene sur une voie perrilleuse à travers le col du temple de Yuia où celle-si se sacrifie pour permettre à l'enfant elfe d'échapper aux griffes d'un Djinn Marid. La laissant de nouveau livrée à elle-même dans la montagne... Mais cette fois, sa soif d'aventure a été étanchée et une pause au milieu des intrigues des adultes serait la bienvenue. Celle-ci prendra-t-elle la forme d'une nouvelle vie anonyme, loin de Bharf et d'Amarok, ou bien du repos éternel qui la menace dans cet environement inhospitalier...? )))

L'agneau noir dans la neige


Le blizzard était retombé ; l'énergie du désespoir elle aussi. Deux jours d'errance sur les contreforts du col d'Amaranthe avaient entamé les dernières ressources de l'enfant elfe. Agenouillée dans l'ouate neigeuse, Haple fouillait le contenu de son sac et déposait devant elle, avec une précaution toute religieuse, les quelques vivres qui lui restaient. Le pain, le fromage et les fruits secs que sa guide y avait placés l'avaient sustentée durant le temps de sa descente vers la vallée, mais il ne lui restait maintenant guère plus qu'un repas et il n'y avait toujours nulle autre trace de vie que ces sempiternels sapins. Elle aurait pu faire preuve de retenue et se satisfaire d'une collation frugale... mais à quoi bon faire durer ses réserves une journée de plus ? Elle était aussi proche de renouer contact avec la civilisation que la veille ou l'avant-veille... ! Alors, la petite décida de faire bonne chair ce soir-là et attaqua ses victuailles à grande bouchée comme pour refouler la peur du lendemain qui lui nouait l'estomac. Jamais des mets aussi simples ne lui avaient paru aussi savoureux. Et comme une condamnée lors de son dernier repas, l'enfant oublia un instant son avenir incertain en se plongeant dans l'examen de ses sens. La tomme de montagne résistait tendrement sous la pression de ses dents menues, libérant son intense bouquet d'arômes lactiques dans sa bouche salivante. Suivirent la douce mollesse de la miche de pain et ses subtiles notes de sucres torréfiés, venant à point servir d'intermède avant l’apothéose florale de raisins secs, de cerceaux de noix et de pommes jaunes. Et finalement pour laver le tout, une poignée de neige fraîche et cette inimitable transformation d'un froid picotement sur la langue en une tiède coulure dans la gorge... Haple souriait de bon cœur : par grand désarroi, de petits plaisirs valent les frasques d'un roi. Son visage se figea néanmoins lorsqu'elle porta ses yeux au loin, lui rappelant sa triste situation. Elle avait beau chercher les toits de paille d'Amaranthe ou bien une colonne de fumée quelconque... mais les montagnes limitaient son champ de vision. Il y aurait pu avoir un chemin de marche à moins d'un kilomètre qu'elle ne l'aurait pas vu ! Et déjà la nuit tombait. Il lui fallait trouver abris rapidement et Haple opta pour un bois de conifères à quelques minutes de marche. Alors, l'elfe se redressa sur ses rotules raidies par le froid de la neige et referma son sac de voyage, lequel était désormais d'une légèreté alarmante, avant de se remettre en marche d'une démarche défaitiste.

La petite pénétra dans la forêt sans même prendre le temps de s'arrêter craintivement à l'orée. Fini le temps des peurs d'enfant. Les serres lugubres des résineux, tendues dans la pénombre vers son visage juvénile, n'éveillaient plus aucun fantôme dans son esprit abattu. Le moral en berne, l'enfant posa son sac à terre sans ménagement et se plia pour passer sous les branches basses des sapins avant de s'affaler contre le tronc le plus proche. Elle n'avait m pas pris la peine de s'écarter de la lisière : dans la situation où elle se trouvait elle n'avait rien à craindre d'un marcheur de passage. Au contraire. Mais elle ne se faisait pas d'illusions : qui aurait la moindre raison de traverser ces massifs inhospitaliers ? C'est donc habitée d'idées noires que Haple entreprit de s'installer pour la nuit. Au moins, songea-t-elle, la neige n'avait pas percé le couvert végétal et le sol de la forêt n'était pas humide. De plus, les racines de l'arbre contre lequel elle était adossée formaient une alcôve dans laquelle un enfant pouvait se loger. Sans plus réfléchir, elle y déposa son manteau afin de s'isoler du sol tapissé d'épines et s'allongea. Elle serait ainsi protéger du vent si celui-ci venait à se lever dans la nuit. Et puis... il y avait quelques choses de réconfortant dans le fait de s'endormir dans un espace calfeutré ; l'immensité des paysages qu'elle avait traversés avait perdu de son attrait pour faire place à un vertige existentiel. L'enfant cherchait-elle de nouveau des limites après les avoir fuies dans un premier temps ? En tout cas, pour la première fois depuis le début de son exil, c'est avec une pensée pour sa mère, ainsi que pour Roche, que l'enfant rebelle ferma les yeux. Ces deux femmes dont les tentatives de canaliser l'enfant avaient entraîné la mort … (et que je rejoindrai bientôt auprès de Phaïtos).


Le désert neigeux s'étendait tout autour d'elle, à perte de vue, froide et stérile. Perdue, l'enfant tendait son regard inquiet à la recherche de la forêt de sapins, du cercueil qu'elle savait abriter son enveloppe physique pour la nuit...mais sans succès. Seule la pluie raide des lourds flocons décorait l'horizon, annonçant comme la chute de grains d'un sablier l'imminence de son engloutissement par la montagne. Car en effet, la pesanteur semblait l'attirer vers le sol ouateux, l'incitant à venir s'y reposer après le dur périple qu'elle avait traversé. Et il s'en serait fallu de peu pour qu'elle obtempère. Mais, au moment où ses genoux flanchissaient enfin, un tourbillon vint perturber le rideau neigeux et rompre son emprise hypnotique sur l'enfant épuisée.

Une silhouette basse se distinguait avec peine, bondissant et s'effondrant soudain comme une flammèche prête à s'éteindre. Un agneau ? Son pelage noir surprenait, mais il s'agissait bien d'un frêle agneau se débattant dans l'épais tapis neigeux! La présence d'un nouveau-né en cette saison était aussi insolite que son isolement du troupeau... Comment les siens avait-il pu le laisser se mettre dans une situation aussi précaire ? Mue par un élan de compassion, de solidarité entre créatures abandonnées peut-être aussi, l'elfe s’élança à sa rescousse. Cependant, le tapis neigeux entravait chacun de ses pas et la crainte l'envahit de n'arriver que pour assister au dernier râle fumant de la bête épuisée. Et, c'est alors que son cœur bondit ! Jaillissant soudain de nulle part, un homme au long manteau remontait en hâte la pente neigeuse, appuyé sur son bâton de marche. Au moyen d'une clarine carillonnant dans sa main libre, le berger appelait à lui l'animal égaré, lequel lui bêlait en retour avec une vigueur retrouvée.

Et l'espoir était chose contagieuse. Voyant l'agneau bondir de ses frêles pattes dans la poudre neigeuse en direction de son sauveur, l'enfant trouva en elle l'énergie de repartir de plus belle. Il lui fallait les rejoindre au plus vite ! Assurément, il lui offrirait le gîte et le couvert pour la nuit. Peut-être pourrait-il la remettre sur son chemin. Mais déjà l'homme au long manteau avait mis la main sur son compagnon ovin retrouvé et disparaîtrait bientôt dans le brouillard neigeux qui couvrait la vallée... Alors, n'écoutant ni la fatigue de ses jambes, ni le sifflement de ses poumons, la petite courut de plus belle. Et la distance qui les séparait diminuait. Elle les rattraperait bientôt. Elle y était presque… Soudain, sans crier gare, crevant l'air comme un éclair noir dans la nuit blanche, un loup la dépassa par le côté. Etouffant un cri de stupeur, la petite trébucha dans son élan et partit dans un roulé-boulé sans contrôle, réduite à assister au dénouement de l'histoire vautrée dans la neige. Le loup avait son appétit fixé sur l'agneau et bondissait avidement dans sa direction. Le berger ne bougeait plus. Ne cherchait-il pas à sauver son protégé ? Au contraire, il tenait la bête immobile, une main caressant de manière distraite la tête de l'animal sacrificiel, son regard invitant le prédateur en approche. Car, il n'y avait plus de doute. Le berger n'avait secouru l'agneau égaré que pour mieux l'offrir à la voracité du loup. Et lorsque celui-ci, finalement parvenu sur eux, s’élança dans les airs, gueule grande ouverte, dents découvertes, l'enfant se couvrit les yeux et enfonça sa tête dans la neige pour étouffer les gémissements de la bête affolée.


Et lorsque Haple rouvrit les yeux, la moite pénombre de son nid de fortune l'accueillit au sortir de ce cauchemar.

>>Deus ex machina

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Dernière édition par Haple Mitrium le Jeu 31 Déc 2015 07:09, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Sam 3 Oct 2015 15:08 
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Le visage de Merilian s'illumine aussitôt et d'un ton imprégné de ferveur me donne un long discours. Elle semble en symbiose avec les préceptes qu'elle me cite.

Je fais une corrélation entre certains de ces préceptes et ceux de Valyus. Je me sens confus, incertain quant à l'adoption de ma nouvelle croyance. Embrasser ce culte revient à laisser de côté Valyus mais pourtant... Je n'arrive pas à réprimer un sentiment d'appartenance à l'entente des dires de Merilian. Malgré une apparente noirceur, ce culte dessert un but noble, salutaire même.

Pourtant le doute réside en moi, les préceptes de Valyus sont clairs comme d'l'eau de roche. Protéger le faible, ne pas faire couler le sang inutilement, vivre avec honneur... Même si je devais rompre avec Valyus, je reste imprégné de ces valeurs qui m'ont été enseignées depuis mon plus jeune âge par mon père et les miens. Il m'est inconcevable de renier ces principes qui font partie intégrante de moi.

Je décide d'en apprendre davantage afin de m'aider à choisir :

"Comment choisissez-vous les personnes destinées à mourir ? Comment discerner l'ivraie du bon grain quand la situation n'est pas propice à la compréhension ? Il est évident que pourchasser les "Faiseurs de Douleur" est important mais comment être sûr de ne pas tuer un innocent ?"

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Sam 3 Oct 2015 23:32 
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Bras dessous bras dessus


Le jeune homme l'écoute avec attention, la sympathie irrigue ses traits. Alors que le reste de la troupe n'est composé que d'une timbrée, d'un mort-vivant et de spectres dissimulant leurs visages, son interlocuteur dégage une humanité qui ne laisse pas insensible le semi-elfe. Le basané hoche la tête avec approbation et s’apprête à prendre la parole.

« Oui, je vois ça... Je suis Asad, du désert de l'ouest. »

Daemon avait vu juste. Plus en confiance, il s'arrête quelques instants pour réajuster sa prise tandis que l'autre poursuit :

« J'ai longtemps vénéré Toumlanayh, puis je suis parti à la recherche des autres visages du dieu, afin d'être sûr de bien comprendre sa nature. Je suis arrivé ici, finalement... au milieu de tout ces dieux que vénèrent les autres peuples... »

« Toumlanayh est un autre nom de Phaïtos ? Je l'ignorais. » réagit Daemon enivré par la curiosité de l'exotisme.

Visiter le monde et les pays lointains berçait ses rêves sur les quais. Prendre la mer, enrôlé par l'aventure, s’enivrer d'images nouvelles et continuelles... Asad ne répond pas et se contente de lorgner le reste du groupe plus en avant. Il ralentit le pas et s'approche sensiblement afin de gagner en intimité. Soufflant sur son cou, il se confie à voix basse :

« J'ai beaucoup appris sur les religions. Ici il y a un autre dieu des ténèbres, Thimoros, et j'aimerais en apprendre plus sur lui. Tu cherchais une de ses reliques... es-tu un de ses adeptes ? »

La question fige le semi-elfe de méfiance. Les messagers auraient-ils des doutes vis-à-vis de ses croyances ? Cette cordialité ne serait qu'une ruse afin de l'amadouer ? Ne sachant pas quoi répondre, il se contente d'étudier ce regard bleuté afin de déterminer s'il s'agit d'une tromperie.

Asad dégage une douce bienveillance en plissant les yeux, la seule partie pleinement visible de son anatomie. Il semble sincère et honnête dans sa confidence. Daemon relativise, sa culture est tellement différente, si même Phaïtos lui fut insufflé sous un autre nom, Ô combien sa vision Nirtimienne du panthéon doit être biaisée. Sans parler de son entourage hautement fanatique, les messagers du Corbeau sont stricts et implacables dans l'application de leurs dogmes. Asad a surement vue en lui l'opportunité d'abreuver sa curiosité religieuse. Après tout, comment vénérer pleinement Phaïtos en en ignorant tout de sa parenté. Aussi infréquentable soit-elle... Oui, il en est convaincu, derrière ce masque se dissimule une curiosité innocente.

« Je ne pense pas t'apprendre grand chose sur Phaïtos, mais sache le parenté à Thimoros, maître des souffrances. Le commun considère ces deux divinités comme intimement liées, car douleur et décès vont généralement de paire. Plus que parents, ces deux dieux sont frères, plus que frères, ces deux dieux sont jumeaux. »

Daemon dévisage le jeune homme qui bois avidement ses paroles, leur marche se mue dans une fluidité inconsciente nonobstant l’ennuie et l'effort présents peu avant.

« Ma famille vénère Phaïtos ainsi que... Thimoros... La dévotion envers ses deux divinités me fut insufflée depuis mon age de conscience, elles ne me semblent pas sombre et mauvaise, mais... presque maternelles, réconfortantes. Après le décès disons... prématuré de ma famille, la religion fut une atèle non négligeable. Néanmoins notre culte n'a rien à voir avec celui des barbares rencontrés dans la caverne. Notre approche ne consiste pas à semer la désolation sur notre passage, non, notre approche est plus philosophique. »

Captivé par son récit, Asad cesse d'avancer mais ne le relâche pas, maintenant fermement son bras de part son dos jusqu’à sa poitrine. Daemon tente de se retirer mais en vain, son étreinte devient désagréable, affectant ses plaies. La proximité devient dérangeante, ainsi il se concentre afin d'achever son exposé face à ce bourreau sympathique...

« Nous pensons que la souffrance offre la perspective nécessaire pour apprécier la vie : sans maladies pas de bonne santé, sans cœurs brisés l'amour serait insipide et vulgaire, sans la guerre, les vertus de la paix seraient invisibles... Affliction et supplice nous ont été offert par les dieux, nous remercions simplement les sombres divinités d'avoir nuancé nos existences... »

Son interlocuteur le jauge en silence, Daemon suppose qu'il ne doit pas savoir quoi penser de cette tirade. Mais il réalise aussi qu'il vient de mettre les pieds dans le plat, face à un membre... Bien que sympathique. Un membre d'une secte haïssant Thimoros et ses œuvres. Quelle prise de risque inutile... Pourquoi ses yeux ont-ils une telle influence ? Si Asad désapprouve, ce n'est plus dans l'assiette, mais un pied dans la tombe qu'il vient de mettre... Il se gratte la tête et rétorque avec une gêne non dissimulée.

« Enfin, c'est tout ce que je sais... Il faut dire que j'suis pas un grand adepte, à peine croyant... ... Hum... »

Soutenir le regard azuré devient insupportable. Après avoir dégluti, sa main glisse d'un mouvement indistinct vers la garde de son poignard...


Un mouvement de cil

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 4 Oct 2015 09:43 
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Intervention de guilde pour Daemon et Korben


Korben :

Merilian hocha la tête :

"Je comprends tes interrogations, mais sache que la question est complexe. Mais souviens toi : la mort n'est pas une fin en soit. Elle n'est qu'un évènement dans le cycle éternel des morts et des résurrections. Nous sommes tous appelés à mourir un jour ou l'autre, pour renaître plus tard sous une autre forme. Comprend bien cela : nous ne sommes pas des justiciers. Si tu souhaite apporter la justice, c'est ton droit en tant qu'homme. En tant que messager du corbeau, tu dois juste veiller à ce que le souffrance ne se répande pas, sans quoi, les âmes tourmentés ne peuvent accéder au repos. Pour ce qui est de la vérité et de savoir qui est cause de souffrance... tu dois enquêter. Il n'y a pas d'autres moyens, pas de solution toute prête qui sera valable en toute circonstance. Dame Kadria nous dit : "La vérité ne tient pas dans une phrase ou dans un précepte, elle est le fruit d'une recherche incessante qui ne permet que de deviner l'étendu de ce que l'on ignore encore. Cela dit, on peut toujours, par un effort constant, l'entrapercevoir au loin.""

Quelque soit l'estime qu'on peut avoir pour Merilian, elle n'est manifestement pas quelqu'un de très cérébrale : Tu as le net sentiment d'entendre cette Kadria qui parle par sa bouche. Elle ne fait que répéter des enseignements qui lui ont été donnés et auxquels elle adhère complètement. Derrière, Gauwin semble d'ailleurs s'en amuser :

"Ta ferveur est admirable, Meri !" lance-t-il en pouffant, mais sans méchanceté.

Daemon :

(Tu n'entends pas très bien la conversation devant, en revanche, tu entends très bien Gauwin)

Les yeux d'Asad brillent d'un immense sourire :

"C'est ce que je pensais ! Au font, Phaïtos et Thimoros pourraient n'être qu'un seul dieu dont les actions sont vues différemment. Tout comme Toumlanayh est pour vous Phaïtos et Yuimen. Peut-être qu'au fond il n'y a même qu'un seul dieu ? Et que ces erreurs viennent de notre incapacité à faire la part des choses entre ses différentes actions ?"

Il se calme soudain, comme réalisant qu'il est en train de s'emporter.

"Excuse-moi, la théologie m'a toujours passionné et je m'embarque facilement sur des théories étranges. J'imagine que les dieux sont des choses que nous ne comprendrons jamais vraiment. En tout cas, je comprends ta croyance. Peut-être pourrons-nous un jour l'enseigner à d'autres messagers pour les ouvrir à cette possibilité ? Mais en attendant, ne parlons pas de ça. Si la dame des brumes en entend parler..."

Sa voix lourde d'inquiétude, faisait clairement comprendre que cette dame des brumes n'est pas un trésor de tolérance...

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Merci et à Inès pour la signature
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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 4 Oct 2015 15:58 
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Un pied dans la tombe

Les prunelles bleutées étincellent de plaisir et laissent une suspension accablant Daemon d'une pression éprouvante. Il surveille le groupe du coin de l’œil, Merilian s'étend dans un monologue inaudible destiné à Korben et le squelette cliquette dans son coin. Le semi-elfe caresse le cuir de son manche, si Asad hurle, il sera déjà trop tard... Il guette ainsi le moindre sursaut, prêt à fendre sa gorge d'un mouvement de cil.

« Ta ferveur est admirable, Meri ! » s'exclame Gauwin en pouffant en direction de sa maîtresse.

Hermétique au contenu de cette réflexion, Daemon reste seulement attentif à la distance les séparant, chaque pas les éloignant pouvant être salutaire. Asad aussi observe la communauté du gantelet, il se détourne ensuite tout sourire vers Daemon. L'acier s'agite quand il se penche pour déclarer :

« C'est ce que je pensais ! »

Une puissante inspiration gonfle la poitrine du semi-efle.

« Au fond, Phaïtos et Thimoros pourraient n'être qu'un seul dieu dont les actions sont vues différemment. Tout comme Toumlanayh est pour vous Phaïtos et Yuimen. Peut-être qu'au fond il n'y a même qu'un seul dieu ? Et que ces erreurs viennent de notre incapacité à faire la part des choses entre ses différentes actions ? »

Daemon s'esclaffe à son tour dans un petit rire nerveux, il pivote plusieurs fois de la tête comme une girouette en tourneboulant les yeux afin de reprendre sa contenance.

« Supposons oui. Néanmoins l'idée d'un dieu unique me paraît farfelue... »

Cette remarque calme Asad, sa gaieté s'estompe brutalement, comprenant qu'il s'est emporté. Daemon quand à lui, entre en accalmie, rassuré de ne pas avoir été contraint de tuer son sympathique compagnon de voyage.

« Excuse-moi, la théologie m'a toujours passionné et je m'embarque facilement sur des théories étranges. J'imagine que les dieux sont des choses que nous ne comprendrons jamais vraiment. En tout cas, je comprends ta croyance. Peut-être pourrons-nous un jour l'enseigner à d'autres messagers pour les ouvrir à cette possibilité ? Mais en attendant, ne parlons pas de ça. Si la dame des brumes en entend parler... »

Il le dévisage de ses grands yeux pourpres avant de les refermer sur un sourire.

« En effet, vos compagnons paraissent peu enclins à un débat théologique. De plus leur cause semble juste, inutile de les titiller avec ce genre de détails... »

Une complicité s'installe entre eux grâce à ce petit secret les liant intrinsèquement. Ils reprennent la route à travers la forêt accolés l'un à l'autre, Daemon boite encore mais retrouve sa confiance, enfin prêt à affronter la terrible Kadria des brumes.


Sapience turbide

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 4 Oct 2015 17:32 
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Merilian semble comprendre mon dilemme et se lance dans un long discours. Elle va parler pendant au moins cinq minutes mais alors que je l'écoute, et malgré l'intérêt que j'éprouve pour ce qu'elle me raconte, tout semble appris par cœur. Elle débite ses phrases d'une voix monocorde et cette Dame Kadria semble importante pour Merilian qui, lorsqu'elle la cite ne peut s'empêcher de trembler légèrement.

Gauwin semble s'amuser de la situation et d'un ton amusé déclare :

"Ta ferveur est admirable, Meri !"

"Je vous remercie pour ces explications. Tout cela fut enrichissant et m'aide dans ma prise de décision."

Je décide d'arrêter de la questionner et d'attendre de rencontrer Dame Kadria au sein du château.

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J'suis tête en l'air... Merci à Dame Itsvara pour c'te superbe signature !


Korben's Song.


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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 8 Nov 2015 17:41 
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(Avant)

Chapitre 2 : P'tits boulots chez les Corbeaux !

Chasse, Peau et Trouille !
(1)



Le soleil vient juste d'se lever. Quelle feignasse ! La peau-verte est debout et marche depuis presque une heure, elle ! En fait, elle est réveillée depuis plus longtemps que ça. Faut dire, entre l'envie d'une bonne partie de chasse et ses rêves bizarres où elle chevauchait une grosse bête à trois têtes, faudrait être con pour gaspiller son temps à pioncer ! N'empêche, elle aimerait bien savoir si dans son rêve c'était un ours, ou juste un garzok super poilu tombé à quatre pattes. En fait nan, elle s'en fout déjà.

La peau-verte a pris quelques informations auprès des gardes des Messagers. Sa proie, un gros ours plutôt costaud, trainerait dans la forêt au sud. Il a été vu plusieurs fois, à boire une eau dégueulasse dans une fosse. Sauf que ces bestioles, ça ne reste pas souvent en place. Si elle ne le trouve pas à sa flotte, va falloir le pister.

Elle lève les pieds, évitant les ronces qui se baladent par terre dans cette partie de la forêt. D'un coup, s'élève une voix animale et rauque juste devant elle.

"Roah ! Gaaaare !"

"Sbaff" !

"Oaille ! Merdeuuh !", chouine la peau-verte en se frottant le pif.

Ben voilà ! À force de mater le sol pour pas s'vautrer, et surtout pour trouver des traces, on en oublie d'faire gaffe aux branches basses ! La garzoke se pince le pif, renifle salement et finit par cracher un truc verdâtre par terre.

"Pas d'sang ? Tout baigne !", s'esclaffe-t-elle avant de voir Aroroa, sa corbeau de Phaïtos perchée sur la branche qui vient de lui refaire le portrait. Le bec sombre s'ouvre, claque deux fois, puis le piaf noir chantonne.

"Rah ! Rah ! Rah !"

Ah. C'est pas du chant, c'est du foutage d'sa gueule en fait. La femelle à crocs choppe le bec et le secoue. Marrant ça. Quand tu la pinces là, ses ailes s'agitent.

"Gardes-en pour plus tard, Aro' ! Bon, t'as une idée d'où on va l'trouver ?"

L'oiseau dégage son bec. Et vlan ! Un bout d'peau du pouce vert en moins ! Un caractère de cochon ce piaf ! En tous cas, elle décolle et file un peu plus haut entre les arbres. Faudrait pas qu'elle s'perde l'oiselle, parce que sinon la peau-verte va avoir du mal à r'trouver son ch'min. Elle aime bien les grands espaces, mais un arbre ressemble quand même pas mal à un arbre. Alors pour les différencier en pleine forêt sans tous les marquer, c'est pas facile. Si au moins ils étaient morts et tordus et à moitié enfoncés dans de la boue, on y verrait plus clair.

Zu'Gash continue d'avancer. Au moins, là, elle peut respirer. Parce qu'au château, c'est la galère. Elle peut même pas s'vider l'air du bide ou des entrailles sans s'faire mater d'travers. Genre... Comme si ça pouvait déranger les squelettes qui marchent qu'elle s'laisse aller !

Elle a quand même hâte de trouver l'ours et de lui faire sa fête ! Mais pas trop. Après tout, elle a un truc super précis à faire. Changer la bébête en déguisement, et aller foutre la trouille à des bûcherons venant un peu près du château. C'est vrai qu'c'est dangereux, ça. Suffit qu'un d'ces cons abatte un arbre, qui fait effet en chaine, et la secte peut se retrouver avec une bâtisse en pierre ensevelie sous les troncs !

Bon, p't'êt' pas... Mais ce serait marrant si ça arrivait !

"Roah !", chante soudain le corbeau, faisant lever le nez de la garzoke.

"Quoi ? Une aut' branche ?"

L'oiseau à trois yeux fait du sur-place après un gros rocher tout en faisant des "clap" avec son bec. Marrant, ça fait le même bruit que quand le guérisseur du clan claquait sa langue parce qu'un truc l'emmerdait. Zu'Gash et ses conneries, en général. L'bon vieux temps, quoi ! En tous cas, elle a l'air de vouloir que la peau-verte se grouille.

Grands pas en avant, main qui se pose sur le roc, saut vite-fait par-dessus et...

"Sprotch".

"Beuh ? Woah !", lance-t-elle en regardant sa botte gauche.

"Rah ! Rah !"

"P'tain ! T'es chier Aro' ! 'Reus'ment qu'j'ai pas d'trous dans celles-là !", lâche la garzoke en levant le pied d'une masse sombre et chaude. "Dégueu. Mais quel genre d'fion peut être assez gros pour laisser passer un truc pareil ?"

Zu'Gash racle son pied sur la terre proche et se penche. Oaip, c'est bien une bonne grosse fiente toute récente. Sauf que ça sent pas comme un garzok qu'aurait mal digéré. Ça pue, c'est sûr, mais y'a comme des relents d'fruits et d'viande pas trop moisie. Une bestiole qui bouffe des plantes, d'la barbaque, et largue des trucs gros comme ça, c'est sans doute son ours. Ou alors c'est Shu-Rii, la liykore noire qu'était supposée prendre possession du coin... Naaan ! La loulouve c't'une grosse mangeuse de bestioles. Pas d'racines ou d'fruits !

Ses yeux rouges balaient les lieux autour d'elle. Elle renifle fortement, mais y'a trop d'odeurs pour trouver ce qui l'intéresse. Elle sent la terre, l'humidité, les végétaux cassés par les habitants du coin. Mais elle finit par remarquer un buisson où pendent des fils. Ah nan, pas des fils. Des poils. Elle en trouve d'autres sur le tronc d'un arbre rugueux. Elle hausse un sourcil.

"Tous ces poils sur c't'écorce... J'me d'mande..."

Zu'Gash contourne l'arbre sans le lâcher des yeux. Elle choppe sa cape et y pose son dos. Elle plie les genoux et les raidit. Une fois. Deux fois. Et elle monte et elle descend, dos collé au tronc. Et elle grimace, et elle chouine, et elle couine en cadence.

"Aaah ! Ouuuh ! Awww ! Ben p'tain ! Ça fait du bien ! D'puis l'temps qu'j'avais c'truc qui m'piquait dans l'dos !"

"Ah ! Rêt-ça !", chante le corbeau à trois yeux.

La garzoke lui lance un regard curieux. Elle a encore trop d'cire dans les oreilles ? Pourtant son doigt lui revient presque propre quand elle se la cure.

"T'sais quoi, Aro' ? Pour un peu, j'étais sûre qu'tu m'avais causé !", se marre la peau-verte avant de tapoter son épaule. L'oiseau sombre s'y pose et lui colle un coup de bec sur le côté du crâne. "Oh ! Touchée !", rigole la garzoke avant qu'Aroroa ne lui tire les cheveux. "Eh ! Oh ! Héméoh ! C'pas en tirant d'sus qu'ils vont pousser plus vite ! J'ai d'jà essayé !"

"Raaah !", fait le piaf avec une voix vive. Genre qu'elle est agacée.

La tête de la garzoke suit le mouvement et les yeux rouges aperçoivent un truc au sol. Des traces de pattes. Cinq griffes. Cinq doigts. Une paume. Zu'Gash plante sa main dans la terre humide à côté, pour comparer. Ah oais, quand même. L'empreinte au sol fait les deux tiers de la taille de la sienne. Mais la marque de la griffe la plus courte fait quand même sa phalange de long. D'autres traces sont visibles, s'éloignant de l'arbre anti-grattouilles.

"Joli boulot Aro'. Y'a plus qu'à suivre ces traces... À la trace !", fait fièrement la peau-verte. Sauf qu'elle ne reçoit du corbeau qu'un regard appuyé et un gros silence. "Ben quoi ? C'était drôle, quand même."

Légèrement accroupie, la garzoke se met à suivre la piste. L'idée de se frotter à une bestiole qu'elle imagine déjà énorme lui tire une expression de sekteg affamé, venant de trouver une carcasse fraiche. Et qu'est surtout le premier à mettre la patte dessus !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Sam 16 Jan 2016 13:27, édité 2 fois.

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