SommeilLa jeune femme qui accompagnait Hailindra fut la première à répondre. Elle tenta de rassurer la poupée brisée en lui promettant qu'elle prendrait soin d'Alylade. Mais Evangelina n'était pas sûre de pouvoir lui faire confiance. D'un autre côté, avait-elle vraiment le choix. Il fallait qu'elle sorte d'ici, et ce n'était pas en restant dans cette auberge que tout allait s'arranger... Quoique...
De son côté la belle chatte bipède avait renoncé à mettre l'étrange plante dans son contenant, avant de se tourner vers Evangelina. Elle lui expliqua qu'un vieil homme lui avait dit qu'elle pouvait soigner grâce à des "fluides de lumière". La poupée ne comprit pas tout mais retint une phrase importante
"... Pour la magie, vous inquiétez pas, ça vient tout seul !"Vraiment ? Dans ce cas, il serait peut être temps que cette magie arrive car son état devenait vraiment critique. Puis Hailindra sortit quelque chose d'un étui qu'elle portait, un objet long et fin, beau, presque transparent et brillant, vraiment très attirant. Evangelina n'avait vraiment aucune idée de ce à quoi les petits trous qui y étaient percés pouvaient servir mais trouvait l'objet vraiment magnifique.
La femme chat porta cet objet à ses lèvres et, de manière inattendue, une musique commença à s'en échapper, douce, berçante, belle...
Evangelina arrêta presque de réfléchir, se laissant bercer par cette musique qui semblait jouée pour elle, cette musique qu'elle sentait pénétrer en elle, comme si elle était magique, comme si elle pouvait interagir avec sa propre magie. Elle se sentait calme, sereine. Plus aucune mauvaise pensée, plus rien. Et soudain, Hailindra plongea son regard dans le sien, sans plus en sortir, mais en continuant à jouer cette divine musique.
Puis quelque chose se passa. La poupée brisée sentit quelques chose s'insinuer en elle, doucement, presque poliment, s'engouffrant peu à peu dans tous les recoins de son corps artificiel. Et une étrange sensation apparut alors, une sensation de bien être, comme si Hailindra lui parlait sans bouger les lèvres. Comme si elle parlait... avec cette musique. Elle était là pour l'aider pour la soutenir, pour repousser la peur et l'angoisse...
Et soudain elle entendit un craquement, mais ne put détourner le regard. Étrangement, ce craquement la rassurait plus qu'autre chose. Et puis tout s'arrêta, aussi délicatement que c'était arrivé, et Hailindra ferma les yeux.
La poupée brisée ferma les siens aussitôt, reprenant doucement ses esprits. Elle se sentait bien, vraiment bien, et surtout mieux que depuis un certain temps. Elle sentait quelque chose de différent en elle, mais ne parvenait pas à déterminer quoi. Elle rouvrit les yeux et se regarda comme elle pouvait, et soudain, elle comprit.
Son bras fragilisé ne l'était plus, il était comme neuf, comme s'il avait été réparé. La musique était-elle vraiment capable de faire ça ? La poupée brisée n'y aurait jamais cru sans le voir. Son autre bras n'était pas complètement réparé, mais il y avait du mieux.
Elle releva son regard et regarda a poupée musicienne.
"Je... Merci. Merci beaucoup."(Il faut que j'apprenne à utiliser ma magie...)(Ne te complique pas la vie, et crois en ce qu'elles t'ont dit.)(Mais...)Pouvait-elle apprendre à se servir de sa magie simplement en l'utilisant quand elle en avait besoin ? Elle ne savait pas trop, mais ce semblait être vrai, d'après Hailindra et Alylade... Cette dernière dormait toujours.
"Je propose que... qu'il faut que l'on sorte d'ici. Pouvez-vous m'emmener voir ce vieil homme dont vous avez parlé ?"En même temps qu'elle disait cela elle se dirigea vers la porte, posant sa main sur la poignée et l'abaissant...
Retour vers le passé
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Les dieux ne sont qu'enfants, inconscients et inaptes. Ils souffriront comme j'ai souffert, perdront à jamais leur pouvoir et erreront, comme jamais personne n'avait encore erré. Ils pleureront, remplissant les mers, et saigneront, car tel est le sort que je leur réserve, car enfin ils vivront ce qu'ils ont fait vivre...
Merci à Itsvara
« Les hommes ne sont pas nés du caprice ou de la volonté des dieux, au contraire, les
dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent. » Jean Ray