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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Mar 10 Jan 2012 20:23 
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UNE ODEUR DE VICTOIRE


La botte de cuir épaisse de l'orque heurta violemment l'abdomen déjà bien endommagé du combattant obèse, lui arrachant un soupir étouffé d'effort et un rictus victorieux peinant à fendre son visage, mais s'affichant tout de même dans la catégorie des signes qui laissaient penser à ce moment là que l'issue du combat était décidée, et l'orque n'aurait probablement aucune difficulté à se relever maintenant.

Une étrange sensation se fit ressentir sur le pied brandit, figé dans son geste primitif, la sensation de doigts glissants sur le cuir dur à la recherche d'une prise, sans pour autant arriver à autre chose que d'y frotter ses phalanges comme des allumettes dans un ultime réflexe, de quoi l'humilier encore un peu avant qu'il ne se retrouve bientôt sur le dos, au contraire du guerrier garzok, qui lui s'appuyait déjà d'un genoux pour redresser son imposante carcasse, reprenant au passage son arme laissée pour compte dans cette petite lutte au corps à corps.

Une fois de plus au contraire de l'humain, l'orque ne s'avança pas, tranquillement posé sur ses pattes et se privant bien de jouer la cérémonie auprès d'un public dont il n'avait cure, même si ce public semblait de plus en plus agité et que certaines personnes partaient avant même la fin du combat, probablement par peur de se retrouver face à...Des gardes ? Non, vraiment, Rägrok avait beau réfléchir, il ne voyait pas la raison d'une telle agitation, et la réflexion n'était de toute manière pas sa priorité.

Calmement, soufflant avec une respiration maîtrisée, le garzok empoigna le manche de son arme, en tenant la lame loin derrière lui avant d'effectuer de nouveau un large geste circulaire, soulevant avec une facilité déconcertante son hast mortel pour le faire filer une fois de plus dans les airs, sans y dépenser toutefois une force phénoménale, mais tout de même assez pour tender de fendre en deux une bonne fois pour toute l'individu grassouillet gisant à terre, car un ennemi à terre n'est pas plus facile à tuer, et il se devait de le faire le plus vite possible.

La ruelle se désertait alors que le Sekteg'a'krig s'apprêtait à goûter une bonne fois pour toute au délicieux met qu'était la victoire, impatient de croquer à pleine dents cette victuaille particulière que ceux de sa race affectionnaient tant, laissant la lourde lame accrochée au bout de son morceau de bois trancher le gâteau de la renommée, mais n'ayant visiblement pas envie d'en offrir des parts. C'était sa victoire, et seulement sa victoire, à personne d'autre.

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Dernière édition par Rägrok Mâchefer le Sam 14 Jan 2012 15:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Mer 11 Jan 2012 03:15 
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Combat dirigé pour Rägrok Mâchefer


Jet de dés Rägrok: 45 Échec
Jet de dés Gros Lard: 43 Échec



Trop sûr de remporter si rapidement, tu sous-estimas le gros homme qui malgré le fait qu’il soit bien affaible, évita de justesse ta lourde lame en roulant rapidement sur son côté droit. Habité par le courage ou peut-être davantage par l’orgueil, Gros-lard ne s’avouant pas encore vaincue, voulu s’emparer de ta bardiche qui s’était fiché dans le sol. C’est à ce moment là, qu’intervint un autre gros homme en tout point similaire au premier, à l’exception que celui-ci n’était point blessé et armé d’une lourde épée.

« La milice a eu vent de la bataille et accoure par ici. Déguerpissons afin d’éviter, d’aller au trou une fois de plus. »

Puis ne te laissant pas le temps de riposter ce clone de Gros Lard te lança une petite bourse qui contenait au moins sinon plus la somme qui t’avait été dérobé.

((( J’ai arrêté là, sans faire répondre Gros Lard, sa réponse va dépendre de la réaction de Ragrok ! )))

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Mer 11 Jan 2012 15:40 
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UN ARRIVANT GÊNANT


Rägrok poussa un cri rauque empli de rage lorsque son arme s'abattit sur le sol et pas sur son adversaire, qui, au grand étonnement du guerrier garzok, était parvenu à rouler sur le côté mais n'arrivait toujours pas à atteindre l'orque, alors que ce dernier était pourtant paralysé par son arme, plantée dans le sol dur et à laquelle il faudrait quelques secondes pour s'en décrocher.

La rage du garzok retomba quelque peu alors qu'il se rendait compte qu'il n'y avait absolument plus personne autour, même la shaakt qui tenait précédemment son hast et qui devait normalement l'attendre patiemment au milieu de la foule, après tout, c'était la principale cause du combat particulièrement brutal qui avait lieu jusque là, de quoi décevoir Rägrok une fois de plus.

Alors qu'il s'apprêtait à piétiner le visage du Gros Lard qui empoignait fermement la lame figée au risque de se couper une main sur l'acier tranchant, son jumeau maléfique fit soudainement apparition en courant, armé d'une épée qui semblait déjà relever le niveau du combat que le garzok pourrait livrer contre cette adversaire nouveau, mais ce fut la confusion qui s'empara alors de lui quand la bourse échoua dans la main qu'il avait tendu, par réflexe, pour s'emparer du sac de piècettes qu'on lui lançait volontiers.

L'idée de voir la milice débarquer dans les docks lui sembla quelque peu étrange, l'endroit étant connu pour manquer de ce genre de visiteurs, de quoi expliquer la haute criminalité présente dans les ruelles, l'orque et Gros Lard y participant, d'ailleurs, car dans aucun autre quartier ils n'auraient pu se battre ainsi, et alors qu'il y songeait, son regard glissa sur le blessé à terre...


- "Il bouge encore, tu n'as pas terminé."

La main du garzok qui tenait fermement sa bardiche s'en détacha lentement :

- "C'est ton choix, mais à toi de voir si tu vas le regretter, et ne viens pas avec tes remords lorsqu'il t'auras poignardé dans le dos."

La mimine tendue s'empara de celle de Gros Lard, le tirant avec force pour essayer de le remettre sur pied alors que Rägrok lui sifflait :

Je ne tiens pas à ce que les Hommes de Loi me volent ta dépouille, et je ne tiens pas non plus à m'éterniser en ville.

Au fond de lui, le garzok se demandait vraiment si son choix était un choix juste, torturé entre l'envie meurtrière de mettre fin aux jours de celui qui avait osé le défier et en payait aujourd'hui le prix fort, au risque de se retrouver enfermé, privé de la dépouille de son adversaire voir même agressé par le gros humain armé d'une épée, alors que de l'autre il avait peu de chance de ré-affronter Gros Lard car il devrait vite se tirer, devant traverser la ville et rejoindre la porte s'il souhaitait rejoindre rapidement Bouhen, car la cité blanche ne tarderait pas à lui offrir une mauvaise réputation, et ses miliciens garde du corps étaient sûrement déjà à sa recherche, peut-être même sa compagnonne était-elle partie les en avertir pour toucher une fois de plus une bourse d'or ?

Tourmenté, Rägrok tournait au ralenti mais parvenait à suivre ce qui se passait autour de lui, rangeant doucement sa bourse dans une poche sûre, avant de reprendre appui sur son arme et la tirer de toute ses forces, réussissant à la détacher au prix d'un gros effort, laissant sa marque dans la pierre âbimée du pavé.

Son regard se tourna alors vers le nouvel arrivant, tout aussi obèse que le premier mais déjà plus malin, assez pour se balader avec une bien grosse épée, sûrement dû à un léger complexe bien caractéristique des êtres inférieurs aux garzoks :


Et la suite de ton plan, c'est quoi ?

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Dernière édition par Rägrok Mâchefer le Sam 14 Jan 2012 15:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Ven 13 Jan 2012 03:30 
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Combat dirigé pour Rägrok Mâchefer


Le Gros Lard semble vouloir poursuivre la bataille, mais son frère, non blessé et apparemment plus habile et souple, malgré sa corpulence l'en dissuade en plaçant sa lame près de sa gorge. Gros Lard obtempère alors et se relève péniblement.

De son côté, son frère ne t'avait pas quitté des yeux craignant sans doute que tu l'attaques par derrière. De ses yeux malicieux, il répond enfin à ta question:

"Mon plan est simple, je file sans demander mon reste, fais de même !"

Et sur ces mots, il partit.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Sam 14 Jan 2012 15:29 
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LA TRAVERSEE DE LA VILLE


L'idée de continuer le combat presque gagné ne dérangeait pas tant que cela l'orque, et si son adversaire souhaitait réellement mourir, alors il lui offrirait la mort sans rien demander en retour, le combat et sa finalité seraient une sorte de cadeau, offert par le Garzok et son arme...

Alors qu'il s'apprêtait à reprendre une bastonnade avec Gros Lard, son frère déposa d'une manière subtile sa lame sur la gorge de ce dernier, et visiblement, le message fut très clair et parfaitement perçu dans la boîte crânienne de l'homme obèse blessé.
Suivant le mouvement, le Garzok commença à courir en compagnie des deux autres fuyards, alors que l'un de deux, celui possédant une épée, ne pouvait s'empêcher de l'assassiner du regard, un regard qui animait une furieuse envie de baffe dans les poings de Rägrok, mais la prise de parole de ce dernier le sauva de peu d'une mandale qui aurait très bien pu faire capoter leur "plan", et l'orque écouta attentivement ce que ce dernier voulait lui dire. Fuir. Même pas leur tenir tête plus loin en formant une sorte de ligne de front, même pas charger en beuglant sur leurs adversaires pour créer un effet de terreur, absolument rien, une simple fuite de lâche.

Dans sa tête, les idées se bousculaient une fois de plus, mais pour une fois dans le même but : quitter la ville avec sa bourse et sans demander son reste, de là il rejoindrait probablement une caravane marchande en direction de Bouhen, ou bien il ferait certainement route seul, à vrai dire du moment qu'il prenait la route, le reste lui importait peu.

Glissant maladroitement entre les ruelles, frôlant par moment les habitations bien trop serrées, l'orque commença alors la traversée de la ville, passant des docks aux habitations avec une vitesse de course et une endurance à en faire pleurer un sportif humain, ne perdant absolument pas son souffle et semblant se mouvoir ainsi comme si ce fut une simple marche de randonnée, filant à travers les différents quartiers tout en évitant les places trop fréquentées.
Au bout d'un court moment, les thermes s'offrirent à Rägrok, qu'il longea sur la droite avant d'atteindre ceux réservés aux femmes qu'il dû une fois de plus longer sans vraiment avoir l'occasion de se rincer l'oeil, et ce pour des raisons bien comprehensibles, parvenant finalement à l'arrière du temple de Moura, à partir duquel il pouvait maintenant de nouveau trotter à travers diverses habitations, s'arrêtant un court instant face à la Grande Tour de Thaumaturgie pour reprendre un peu de souffle.

Son regard dériva sur les quelques habitants présents aux alentours et qui le dévisageaient avec un mélange de peur et de colère, mais il ne lui en fallut pas plus pour repartir tel un voleur, passant au travers de la ruelle qui séparait le cours des Archers et le temple de Yuia, bifurquant à travers les masures pour finalement rejoindre la Grande Porte, se mélangeant parmis les baudauds et les marchands ayant fait affaires pour retrouver la pierre taillée qu'était le pond séparant la route de la porte, se renseignant un court instant auprès d'un passant quand à la route à suivre pour enfin prendre à gauche, la route serait relativement droite et il n'aurait pas vraiment à s'embêter...

Alors que sa fuite semblait s'achever, et qu'il pouvait maintenant redevenir tranquille, l'orque put se permettre de repenser à son trajet, de Kendra Kâr à Bouhen, de Bouhen à Oranan, en longeant la côte avec un certain éloignement, en évitant de préférence lac et région boisée pour éviter au maximum les mauvaises surprises, puis de Bouhen à Omyre, partie du voyage qui serait certainement la plus tendue, du fait du caractère sauvage des alentours et de la difficulté qu'il rencontrerait à résister aux assauts de probables brigands, mais la route était longue et Rägrok aurait tout le temps de se forger pour ce pélerinage...

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Jeu 19 Jan 2012 11:16 
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Tout n'était alors que ténèbres. Un vent glacé faisait régulièrement claquer les voiles et les pans des manteaux, glissant ses doigts fuselés et blessants jusque sur nos chairs. Nos yeux embués de larmes semblant nous brûler s'abîmaient sur un horizon aussi incertain que ne l'étaient le ciel et la mer. D'un bleu sombre, emplit de l'avidité d'une mer qui n'aurait encore avalé nul homme, et de l'insipidité d'une terre trop souvent foulée. Le doux roulis du navire nous berçait subrepticement, nous plongeant dans un état de somnolence au sein de laquelle pointait toutefois une tension, palpitante ; l'attente. Comme de vieux avares nous la chérissions, la caressant de mille façons, comme de vieux amants nous nous en délections et tout en nous en languissant nous étreignions cette même douleur, ce désir insoutenable, dans le silence qui précède l'aube.

Je me concentrai sur le soulèvement mesuré de mes côtes et le gonflement de mes poumons. Je tentai de les visualiser, mettant de vagues ressentis sur un mécanisme que je connaissais pourtant, et imaginai jusqu'aux plus infimes parcelles de ce qui pouvait me constituer, dérivant peu à peu en moi-même, portée par les sensations, les songes, et attirée par la volupté du sommeil. D'une inspiration plus brusque que les autres je me tirai maladroitement de mes rêveries. Nous approchions. Nous arrivions.

De confuses silhouettes se dessinaient au loin, falaises empêtrées de lambeaux de brume, futaies ondulant sous la bise, mais il n'en était rien, je le savais. Un liseré flamboyant esquissa les monts de l'extrémité du continent, et sans que je n'ai eu le temps de me dévisser le coup pour en admirer toute la splendeur, une lueur déchira enfin l'éther, des confins de l'est, et nous nimba de cette froide opalescence qui ne dure que le temps d'un soupire. Des flammes livides léchant le ciel qui étaient parties à l'assaut des vaporeux nuages se traînant ici et là, le paysage se figea, puis pris doucement les teintes chaudes et timides du soleil naissant. Il ne faisait pas encore jour, pas tout à fait, mais déjà les rayons du nouveau-né nous embrassaient, et sans que j'eusse à me détourner de la scène je su que sur le visage de chaque homme et sourire venait s'épanouir. C'était l'aube d'un nouveau jour et la fin d'une longue épopée.

Alors seulement je me retournai et regardai à nouveau par-delà la proue. Nulles ténèbres ne nous guettaient plus, et les brumes luminescentes dévoilèrent les côtes, se détachant des embarcations chétives que le soleil drapait fébrilement. Elles dansaient, avec maladresse, au rythme de la houle... clapotis... Le scintillement de l'eau faisait reluire les coques d'éclats incandescents et je restai, immobile, devant tant de beauté. Les battements de mon cœur s'accélérèrent, avant de se calmer, envahis par le réconfort et l'extase qui me réchauffaient à présent. Déjà les imposants remparts nous apparaissaient, de même que les audacieuses tours de la ville, lancées en affront aux dieux par des mages, des hommes de pouvoir, des fous...

Kendra-Kâr.

Il y avait si longtemps... Si peu d'années, pour ce qu'était la vie des miens, et tant pourtant à mon cœur, et trop pour mes idéaux... Tant de semaines en mer, tant de mois sur des terres qui n'étaient pas les miennes... J'avais trop navigué en des eaux inconnues, et trop vu de ces autres contrées, ces autres pays et ces autres populations... Je m'y étais retrouvée, apaisée, forte d'optimisme et d'émerveillement, je m'étais ressourcée sur les terres de mes ancêtres, auprès de mes aïeuls, auprès de mon père... J'avais cru ne plus en revenir. Mais il y avait là-bas des pays, des peuples, des cultures, des conflits, comme partout ailleurs, il y avait des guerres.

Il y avait aussi des dieux, mais ces dieux-là n'étaient que des impostures, ces dieux-là avaient abandonné leurs terres ; les eurent-ils créées n'en étaient-ils pas moins indignes de toute vénération. Il y avait bien des vies entières qu'ils ne s'étaient manifestés. La nature vivait, la nature chantait encore, et son souffle je l'y ai sentis, son chant je l'en entendu et ses cris ont retenti. Mais devant les misères des peuples et la rage des combats nul n'est intervenu. Nul n'a répondu aux appels. Nul n'a guidé ses enfants... Ces dieux fussent-ils les nôtres je les aurais insulté de la même façon. Nul être quel qu'il soit ne mérite l'aveuglement de l'âme et la perte de ses fondements.

Mais là-bas je n'étais personne, là-bas je n'étais que la fille de Dehethir, j'étais la fille du marchand anobli dont les hautes sphères de la population ne faisaient qu'éloges, j'étais une beauté étrange, froissée, cependant de bonne famille, venue de régions lointaines, et en tout ceci intrigante. J'étais nouvelle. Et pourtant j'étais déjà lasse. Les mêmes préoccupations, les mêmes incompréhensions, les mêmes peines. Les mêmes douleurs. L'anonymat en plus. Nulle épaule pour épauler, nuls sourires complices pour lier, nuls souvenirs à partager... Je n'étais personne. Je n'avais personne. Il en était ainsi depuis bien des temps, les années et les luttes ayant cueilli mes amis, mais la simple possibilité de retrouver des lieux familiers et d'y siéger, éprise de nostalgie, me semblait rendre moins pénible ce manque. Je les revoyais encore.

Des pas battirent furtivement le pont ; les matelots reprenaient en hâte leur activité. Nous allions accoster. Ils affalèrent les voiles, perturbèrent un instant le roulis du navire tandis que des ordres étaient donnés et des bâillements, étouffés. Accoudée au bastingage, j’entrepris de me redresser et fis quelques étirements, les membres ankylosés par le froid et l’inactivité. Personne ne se soucia de moi, je n’étais qu’une passagère, et malgré la camaraderie qui s’était installée durant la traversée, un peu forcée par le destin qui ne nous avait pas rendu la navigation facile, il semblait à présent que je n’étais plus qu’une étrangère. Je n’étais pas matelot, je n’étais pas de leur monde, et si tôt que nous aurions accosté nos voies se sépareraient. Je ne leur lançai pas un regard, ils étaient bien trop affairés et moins bien trop préoccupée. J’espérais secrètement que rien n’aurait changé en Nirtim comme ailleurs durant ces longues années d’absence mais je me savais pourtant bien que la vie avait continué, et les gens changé. Il me tardait de retrouver Tom… J’avais tant à raconter ! J’avais de quoi animer les soirées passées à l’auberge pour des semaines…

Un choc sourd, quelques craquements, un homme bondit sur le quai, bientôt rejoint par d’autres. Ils amarrèrent le navire, firent glisser la passerelle et commencèrent le déchargement. Je n’avais pas grand-chose sur moi, guère plus qu’un gros baluchon en plus de ma sacoche. Mon père avait pourvut à tous mes besoins et je ne voyageais désormais qu’avec l’essentiel ; des vêtements, mes armes, quelques vivres impérissables, quelques bibelots… On était loin de la richesse que ramenait l’embarcation. Dans quelques heures ces merveilles se retrouveraient sur les marchés ; dans quelques heures je serais dans un bain chaud parfumé des huiles de rose que m’avait offert Dehethir. Un frisson de plaisir me secoua à cette simple idée.

Il était temps. Je posai enfin le pied sur les docks. Un vertige me saisit. Quelle impression étrange, tant de solidité et d’immobilité, j’en avais presque oublié le confort. Face à moi s’alignaient les hangars, à cette heure-ci déjà pris d’assaut par les pêcheurs, tous plongés dans l’ombre du fait de leur orientation plein sud. Aussi discrète que soulagée je me faufilai alors vers la porte ouest de la ville.

J’étais de retour.

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Sinaëthin Al'Enëthan, alias Silma, Héraut de Yuia, hiniön lvl 21


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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Lun 23 Jan 2012 10:30 
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Cela fait maintenant bientôt une demi-heure que je me trouve aux docks, où j’ai ficelé mon prisonnier comme un vulgaire morceau de jambon. Pour éviter tout soucis, tout esclandres, je l’ai aussi bâillonné. Il me regarde pétrifié de terreur. Comment un peureux comme lui a-t-il fait pour entrer au service d’une milice ? Ce n’est pas n’importe qui, qui peut se vanter de pouvoir servir avec honneur le peuple de Yuimen. Le temps s’est écoulé.

"Ton frère ne semble pas vraiment tenir à toi et je parie même qu’il s’en fout…"

Je me suis retournée et des larmes de bébés coulent le long de ses joues. Vraiment, quel être pathétique. S’il croit que je vais avoir pitié de lui et le libéré, il se trompe. Alors que je reporte mon attention sur les docks, je l’aperçois. Il est finalement venu. Je le regarde avec défi et il en fait tout autant.

"Libère-le !"

"Ah dommage pour toi, mais ce n’est absolument pas prévu dans mes plans, en revanche…"

Je dégaine mon épée prête à me battre et comme précédemment dans les égouts, il se transforme en une espèce de machine de guerre. Il est furieux et dévaste tout sur le chemin qui le sépare de moi. J’arrive de justesse à esquiver son premier coup en me plaquant au sol. Je fais une roulade alors qu’il se jette de nouveau sur moi et je lui envois un violent coup de pied dans l’estomac.

Il vient s’écraser sur une caisse en bois juste aux côtés de son frère qui pleure de plus en plus. Mon adversaire ne tarde pas à se relever, mais je suis déjà en position de garde. J’attends qu’il vienne vers moi. Un jeu de regard s’installe pendant de longues minutes avant qu’il ne se décide à attaquer encore plus fou de rage qu’il y a quelques instants. Tenant mon épée à deux mains, je lève mes bras pour parer. Un bruit de lames s’entrechoquant retentit.

Le porte-document devient de plus en plus furieux et je ne comprends pas une telle progression dans sa colère. Cela n’a rien de naturel. Bordel ! Mais que ce passe-t-il avec ce mec ? Je n’ai malheureusement pas le temps de réfléchir plus que cela. Il saute et disparaît de mon champ de vision. L’enflure ! L’espèce de lâche !


(Elylia attention !)

Le cri de Samyà résonne dans mon esprit avant que je n’aperçoive mon attaquant qui a réussi à se hisser sur des caisses et qui saute pour me trancher en deux. Je me jette sur le côté droit pour esquiver, mais cette enflure m’a touchée et je sens un liquide chaud couler le long de mon bras. Une fois encore il se précipite vers moi pendant que je bascule en arrière pour me relever et au moment où j’y parviens, mes pieds rencontrent la tête de mon ennemi avec violence et cela le projette contre l’angle d’un mur. Il tente de se relever en vain et tombe dans l’inconscience. Je suis toute essoufflée, mais surtout j’ai eu ma dose de trouille pour la journée.

(Merci Saymà, sans toi je ne sais pas ce qui me serait arrivé.)
(Je t’en prie.)

Saymà est la seule à qui je fasse confiance. Je m’approche du corps inanimé du porte-document. Il me faut le ramener à la milice.

"NOOOOOOON !!!!!! Par pitié…"

Pendant le combat, le frère a réussi à se défaire du morceau de tissu qui l’empêchait de parler. Il est effondré, en larmes. Je ne comprends plus rien. Par tous les dieux que se passe-t-il ? Tout cela n’a aucun sens ! Mais quelle lavette je vous jure. Vous y croyez vous ? Qu’une telle personne soit au service d’une milice ? Franchement moi je n’y crois pas une seule seconde…

"Quoi encore !? Tout ce que je veux c’est ton frère qui va aller directement en prison."

"Non… Je… C’est ma faute !"

"Comment ça ?"

"Je… Je n’arrivais pas à remplir mes missions à Bouhen et je lui ai demandé son aide. Mon frère est homme droit alors il a refusé. Fou de colère, j’ai trouvé quelqu’un pour l’envoûter… Un simple théurgiste peu le guérir… Je vous en prie…"

Il me raconte tout ça, la voix entre coupée de sanglots. Putain ! Vive la famille de tordus, moi je vous le dis. Je reporte mon regard sur le corps endormi. L’histoire de son frère peut expliquer cette brusque fureur qui s’empare de lui. Je soupire, car il me faut alors accomplir encore une étape avant de retourner à la milice chercher ma récompense.

"Très bien pauvre idiot ! Où se situe le Temple de Gaïa ?"

Seule la déesse de la lumière pourra le guérir. J’espère trouver un théurgiste là-bas. Je défais les liens de crétin, lui ordonne de prendre le corps de son frère dans ses bras. Dans mon état je ne peux pas le porter, ni même le traîner. Pour bien lui faire comprendre qu’au moindre écart je lui réglerais son compte, je place le tranchant de ma lame sous sa gorge. Bien sûr, ce n’est pas discret, mais je n’ai pas le choix. Nous voilà donc en route pour le Temple de Gaïa. Par la déesse, faites qu’après ce dernier arrêt, tout soit fini !

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Un grand merci à Dame Itsvara pour la signature




Dernière édition par Elylia le Dim 21 Déc 2014 12:34, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Sam 14 Avr 2012 20:09 
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Elle passa la nuit dans son auberge habituelle, subissant les interrogations du propriétaire, inquiet de la revoir dans cet état. Il était véritablement attentionné envers elle, mais elle ne prit pas le temps de lui répondre clairement, et expédia ses questions en lui disant qu'elle avait rencontré des complications. Arrivée à sa chambre qui lui était désormais réservée, elle s'écroula de sommeil en à peine quelques minutes. La journée fut éprouvante et riche en événements, et dormir était bien la seule chose qu'elle désirait à présent...

Dès le lendemain matin, la première action de la jeune femme fut de filer directement aux docks. Elle venait à peine de se réveiller et ne pensait qu'à une chose : mettre son poing dans la figure à Bishop... et accessoirement récupérer la récompense de son contrat. Si elle se souvenait bien, il était question d'un peu plus de 700 Yus, de quoi tenir pendant pas mal de temps sans travailler. Bien sûr, si elle ne s'était pas faite arnaquer et là, rien n'était moins sûr. De plus, elle avait encore le problème du prisonnier qu'elle devait interroger. Il lui fallait des réponses, et elle les aurait.

Elle n'eut pas de problèmes pour retrouver l'endroit où siégeaient Bishop et Leorcyn (et peut-être d'autres mercenaires, mais elle n'avait vu qu'eux pour le moment). D'ailleurs, ce dernier l'attendait juste devant le bâtiment, adossé au mur. Terra ne savait comment il pouvait déjà être au courant de son retour en ville, mais elle ne prit pas la peine de lui poser la question. En la voyant, il lui adressa un sourire amical et engagea la conversation :

« Alors, cette première mission ? Comment c'était ? Excitant ?
- Je te raconterai après. Pour le moment, il faut juste que je vois Bishop.
- Comme tu veux. Il est à l'intérieur » ajouta-t-il avant de lui ouvrir la porte.

Descendant les quelques marches qui menaient à la pièce centrale - toujours aussi poussiéreuse, avec sa table en son centre, et ses meubles par-ci par-là, la jeune femme put voir le visage d'un vieil homme se tournait en sa direction, bien que l'on pouvait se demander s'il voyait quoi que ce soit avec ses yeux quasiment clos. Et pourtant, ce vieil homme devait être quelqu'un de fort puisqu'il dirigeait une troupe de mercenaires à lui seul - du moins, c'est ce qu'elle supposait. Il lui adressa un signe de la main, et entama une phrase. Terra ne put néanmoins pas se retenir plus longtemps et, bien que ce soit contraire à ses habitudes, lui décocha un coup de poing en plein visage, envoyant Bishop au sol, surpris. (il était amusant de constater que Leorcyn, qui était derrière elle, n'avait pas fait le moindre mouvement pour défendre son chef). Elle s'était faite mal à la main, mais au moins, elle se sentait mieux à présent.

« Ça, c'est pour m'avoir envoyé dans une mission suicide. Je n'arrive même pas à croire que j'en sois ressortie vivante, avec tous ces traqueurs obscurs ! J'espère au moins qu'avec ça, vous me faites confiance désormais ! »

Le vieil homme ne répondit rien sur l'instant, plus occupé à masser sa joue douloureuse. Prenant appui sur une chaise pour se relever, il regardait furieusement la jeune femme - du moins, elle le supposait, vu qu'on ne pouvait qu'à peine distinguer le regard de Bishop - mais il parût se radoucir au moment où il prit la parole, peut-être conscient de ce qu'elle avait pu traverser.

« Je peux concevoir ta colère. Moi-même, je n'avais que peu d'informations, mais j'étais sûr de ta réussite. Voilà ta récompense de 320 Yus  ! Cela devrait apaiser ta colère non ? »


Il sortit une bourse d'un des rares meubles de la pièce avant de la lui lancer. Elle la rattrapa par réflexe, son esprit étant plutôt occupé à comprendre comment 700 Yus avaient pu se transformer en 320. D'un geste énervé, elle posa la bourse sur la table et, en essayant de garder néanmoins une voix plus ou moins calme, elle demanda des explications à Bishop, qui parut gêné, et surtout impressionné d'une telle mémoire, ne lui ayant dit le montant de la récompense qu'une seule fois.

« Eh bien, hum... Il faut bien que je touche une part des bénéfices tout de même... tu vois, des intérêts...
- Des intérêts qui s'élèvent à plus de la moitié ? C'est une blague ?! Vous avez intérêt à me rembourser ou bien...
- Oui, oui, je vais te trouver cet argent, ne t'en fais pas... Ahah, tu peux bien me faire confiance non ? »

Même lui manquait de conviction dans ses paroles, des fois que le regard dépité de la fanatique n'aurait pas été suffisant pour lui faire comprendre que non, elle ne lui faisait pas du tout confiance. Il parcourra des yeux sa tenue déchirée à plusieurs endroits et se retourna vers une armoire, de laquelle il tira une tunique, de couleur noire, qu'il posa sur la table à mes côtés.

« Cet habit est bien plus adapté que ce que tu portes actuellement pour exécuter des missions. La matière dont il est fait est résistante et pourra donc mieux te protéger. Et tant que tu y es, voilà d'autres habits, dit-il en ajoutant un pantalon, des chaussures et une cape longue sur la table, tous les trois noirs. Excuse-moi de te le dire, mais partir habiller de roses et de violets pour une mission, dans la forêt de surcroît, et en plus de ça avec des collants et des talons... On voit que tu n'es pas habitué à te faire discrète toi...
- Disons plutôt que vous ne m'avez pas vraiment laissée repasser chez moi me préparer... Enfin, merci tout de même pour ces vêtements...
- De rien, de rien. Ce qui m'amène au sujet suivant : une autre mission. Avant que tu ne protestes, laisse-moi ajouter que si tu l'exécutes, tu auras fait un grand pas dans ta quête de réponses. Celle-ci revêt une importance toute particulière puisqu'elle émane de moi. Un de nos membres n'est pas revenu d'une mission qu'une personne nous avait confié, qui consistait en la récupération d'un artefact. Pourtant, sa localisation était claire, cela n'aurait donc pas dû lui prendre beaucoup de temps. Quelqu'un l'a sans doute empêché de mener sa mission à bien, et je veux donc que tu t'en charges à sa place. Je t'adjoindrai Leorcyn pour t'aider, au cas-où. Il n'en a pas l'air comme ça, mais il se débrouille bien. »

Pour une fois, il avait l'air sérieux. Sans doute cette mission était-elle véritablement importante, et le fait qu'il soit deux pour l'exécuter ne devait pas être un hasard : le risque était grand. Plus grand que sa précédente mission peut-être. Et pour cette dernière, elle avait reçu l'aide de Ziresh, sans qui elle n'aurait probablement même pas essayé de remplir son contrat, vu que sa première idée avait été de fuir et, quand bien même elle aurait voulu accomplir ce pour quoi elle était venue, seule, elle serait sans doute morte. Mais pourquoi accordait-il plus d'importance à l'accomplissement de cette mission plutôt qu'à retrouver le mercenaire qui devait la mener à bien ? Il devait sans doute le penser mort.. Qu'importe de toute façon, si ça lui permettait au final de se rapprocher de son objectif.

« J'accepte. »

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Jeu 3 Mai 2012 20:43 
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Les ruelles misérables formaient un contraste impressionnant avec les quartiers aisés. Il ne faisait pas bon vivre dans le quartier des docks, et ça se ressentait. Heureusement pour lui, Azra ne dépareillait pas par rapport aux habitants, il courait peu de risques de se faire attaquer par des voleurs. Il dû en revanche plusieurs fois esquiver un seau d'eau sale jeté par une fenêtre.
La journée passa ainsi, en errance morose et inutiles dans les rues et ruelles, à regarder un monde auquel le jeune homme savait appartenir, mais aimerait bien sortir. Hélas, s'il y avait une voie toute trouvé, elle passait par le renoncement de son âme au profit de Chandakar.
Il questionna divers petits marchands... mais, évidemment, personne ne connaissait qui que ce soit qui travailla dans les arts occultes.
Azra mangea presque toutes ses provisions, ne gardant qu'un quignon de pain de son repas du soir. Il allait rentrer, dépité, quand une forme menaçant apparue dans le crépuscule. Azra sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque. La créature n'était pas humaine. On aurait plutôt dit un énorme loup se tenant sur ses pattes arrières. Le garçon reconnut un être dont il n'avait jusque là entendu parler que dans les histoires : un liykor.
Azra perçu des mouvements derrière lui. Inutile de se cacher, il était tombé dans une embuscade. Il serra les poings, parfaitement conscient de n'avoir aucune chance face au colosse à la fourrure gris-noire.

« Tu sais te battre, l'humain ? » gronda le liykor.

Ouf ! Quel chance, il avait l'air disposer à discuter ! Azra prit son air le plus inoffensif possible.

« Hum... Bonjour, monsieur... Euh... oui, je sais me battre... un peu. »

En même temps, il cherchait une brèche autour de lui, un endroit par lequel il pourrait s'échapper. Plusieurs humains vêtu de haillons lui coupaient la retraite. Ils n'avaient pas l'air très dangereux mais ils étaient une dizaine... L'un d'eux grogna :

« On n'a rien à faire de ce morveux, chef, on devrait... »

« Tu veux y aller toi-même ? » gronda le colosse velu.

Cela riva le clou à l'homme. Azra, se demandant dans quel guêpier il s'était encore fourré, demanda :

« Que voulez-vous de moi ? Et - question évidemment de première importance - que me donnerez-vous en échange ? »

Le liykor eut ce qui devait être un sourire, du moins Azra espérait que c'était un sourire car les crocs qu'il dévoila étaient impressionnants.

« On voit que, sous tes airs de gosse innocent, tu as déjà été dans les affaires, toi... Viens avec nous. »

Le jeune homme dû se résoudre à suivre le groupe de misérables. Il constat au passage que plusieurs étaient équipés de gourdins, voire de poignards rouillés. Le liykor avait la fourrure infesté de vermine et portait de nombreuses cicatrices, ce qui ne l'empêchait pas d'inspirer le respect. D'ailleurs, il était visible que, sans sa protection, Azra se serait déjà fait détroussé de ses maigres possessions.
Il faisait nuit quand ils arrivèrent dans une petite place ténébreuse entre de hautes maisons qui semblaient avoir été ravagées par un incendie il y a fort longtemps. Les lieux devaient être devenu une sorte de cours des miracles car des formes grotesques s'affairaient dans les recoins sombres, s'écartant précipitamment dès qu'ils approchaient.

« Seriez-vous le maître de ces lieux ? » demanda Azra.

Cela fit rire la créature.

« Non. Il n'y a pas de maître, ici. Je suis seulement le chef d'un petit gang qui survit comme il peut. Ces gens, autour de toi, en sont les membres. »

Azra dédia un regard dégouté à la bande de brigands qui l'entourait. Le liykor finit par s'arrêter. Il se tourna vers lui et déclara de sa voix grave :

« Vivre dans cette ville n'est pas facile, surtout pour un liykor. Là où bon nombre de mes compatriotes vendent leurs services au plus offrant, j'ai décidé de jouer de ma force pour me faire une place moi-même. »

Azra ne put retenir un commentaire ironique :

« Par Phaïtos, ça doit être dur. Moi qui suis habitué à dormir dans des draps de soie, j'en tremble pour vous. Bon, et si on passait aux choses sérieuses ? »

Il se sentit rougir sous les regards des brigands et se rappela qu'il était en leur pouvoir.

(Bravo, Azra. Dans trois secondes, tu es mort... un... deux... trois...)


Contre toute attente, il ne fut pas déchiqueté à coups de griffes, ni mis en pièce par les bandits. À la place, son interlocuteur éclata de rire.

« Tu ne manques pas de cran ! Nous verrons si tu feras encore le fier quand tu sauras ce que j'attends de toi... Sache que depuis un certain temps, les égouts sont devenus un véritable champs de bataille pour les mendiants, voleurs, escrocs, contrebandiers... brefs, tous ceux qui ont intérêt à s'installer dans un lieu à l'abri des regards. Si je veux que moi et ma bande survivions, il va nous falloir nous y tailler un petit territoire. J'ai donc envoyé un de mes gars pour tenter de trouver un terrain neutre et bien caché pour s'installer. Il avait trouvé un coin sympa, qu'il disait, mais un jour qu'il y est retourné, il n'en est pas revenu. J'ai envoyé deux gars à sa recherche, ils ne sont pas revenus non plus. »

Azra comprit qu'il n'allait en effet pas aimer la suite. Il prit les devants :

« Vous voulez que j'y aille pour savoir ce qu'il se passe ? »

« Retrouve au moins leurs corps. Je veux savoir ce qu'il leur est arrivé. Peut-être y a-t-il déjà un groupe qui s'est installé, a moins qu'il n'y ai quelque sale bête qui les ai attaquée... Je veux savoir ce qui se passe dans ce secteur des égouts. »

« Et qu'est-ce que j'y gagne ? »

« Je connais ton odeur. Si tu tentes de t'échapper, je te rattrape et tu sauras ce que c'est qu'un liykor en colère. Voilà donc ta récompense : la vie sauve. C'est pas mal, non ? »

Il laissa échapper des jappements qui devaient être un rire. Le jeune fanatique sentit qu'il s'empourprait de colère. Il allait signaler son désaccord quand l'homme-bête ajouta :

« Bah, aller... Si tu travailles bien, je trouverais bien un petit quelque chose pour te récompenser. Suis-moi, maintenant... »

Azra baissa les bras. Il s'en tirait à bon compte, aussi frustrant que cela soit. Peut-être le liykor saurait-il où trouver des articles de magie noire ? Néanmoins, après ce qu'avait raconté l'aubergiste de la Tortue Guerrière, il était difficile d'être enthousiaste à l'idée de s'enfoncer dans les souterrains. Ils arrivèrent bientôt devant une grille qui s'ouvrait au milieu d'une placette. Le liykor l'ouvrit d'une main et indiqua les ténèbres de l'autre.

« Tu prends de ce côté-là. Tu prends la deuxième à droite, puis la première à droite encore. Ensuite tu traverses une salle et tu prends la première à gauche. Un moment tu vas voir un trou dans le mur. Tu descends là dedans, la cachette doit se trouver à peu prêt par là... »

Azra le regarda avec des yeux écarquillés.

« Comment ça, « À peu prêt par là ? » »

« Il ne nous avait jamais donné d'indication très précise... Mais normalement ça devait mener à quelques salles « bizarres » qu'il disait... alors va falloir te débrouiller. »

Est-ce qu'il se moquait de lui ? De toute évidence, si personne ne remontait, c'est parce que tout le monde s'y perdait ! Sans le moindre instrument de repérage, le jeune homme n'aurait pas d'autres solutions que d'espérer tomber sur une autre grille pour sortir du dédale dans lequel il allait devoir s'enfoncer !
Malheureusement, il n'avait pas le choix. Il prit la torche que lui tendait le liykor et le briquet à amadou qui allait avec. Il ne lui restait plus qu'à descendre la petite échelle rouillée... et à prier.

Terreur souterraine

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Jeu 3 Mai 2012 20:57 
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Azra jaillit de la bouche d'égout et se jeta sur le liykor qui eut à peine le temps d'ouvrir la bouche.

« J'ai faillit me faire tuer espèce de crétin ! Ça vous amuse ? Bon sang, il faut être cinglé pour essayer de descendre là dedans ! »

Dans un état de rage apocalyptique, Azra abandonna complètement toute trace de raison. Il jeta le crâne du rat sur l'homme-bête puis, se rua sur lui et le bourra de coups de poings. Heureusement, le colosse n'avait pas grand-chose à craindre des poings, même gantés de fer, du jeune homme. Les autres membres du gang, cependant, se jetèrent sur lui et l'envoyèrent à terre pour le rouer de coups, mais le liykor les arrêta.
Azra se releva tant bien que mal, un peu calmé.

« Il porte l'armure de Laban, s'exclama l'un des hommes, comment ça se fait ? »

« Et qu'est-ce que ce crâne ? demanda le chef. On dirait un crâne de rat, mais il est beaucoup trop gros... »

Azra, essoufflé, tenta de respirer calmement et reprit d'une voix encore sourde de menaces :

« La cachette découverte par votre homme était aussi la demeure de ce monstre. Apparemment, il s'agit d'un rat rendu plus grand et plus fort par magie. Il était presque insensible aux attaques physiques ordinaires, j'ai eu de la peine à m'en débarrasser. »

« Alors, nous pouvons nous installer, maintenant ? »

« Si vous êtes suicidaires, vous pouvez essayer, mais il y a déjà des gens dans le coin... De toute façon, quand je vois ce qui peut se terrer là-dessous, moi, ça me dissuade d'y retourner. »

Le silence tomba tandis que tout le monde réfléchissait à ce que ça signifiait. Mais Azra n'avait pas la tête à les laisser élaborer leurs plans et l'oublier.

« Et maintenant, que comptez-vous me donner en récompense ? »

Le liykor lui lança un regard indéchiffrable.

« Tu as déjà l'armure d'un de nos camarades. Mais revient demain, ici même, tu auras ta récompense, mais tu peux déjà demander ce que tu attends... »

Pas besoin d'être un génie pour sentir venir une arnaque. Azra, les dents serrées, demanda :

« D'abord, j'aimerais savoir si vous connaissez quelqu'un qui puisse m'aider à apprendre la magie noire ? »

Plusieurs hommes firent des signent de conjurations du mauvais sort. Le liykor secoua la tête.

« Je ne peux pas t'aider pour ça, je n'ai pas de tel renseignements. »

« Alors qu'avez-vous pour moi ? »

« Nous trouverons bien... »

« Non ! Vous allez me donner quelque chose, sinon, vous allez le regretter ! »

« Je suis Rendrak, ne remet pas en cause mon honneur ! Trouves-tu que nous ayons l'air de gens riches ? Nous n'avons pas grand-chose à t'offrir, mais je suis prêt à t'enseigner une technique de combat, si tu veux... »

A son ton, il était vraiment énervé. Azra se dit que ce n'était pas le moment de l'affronter, alors qu'il était au milieu de tous ses partisans. Il n'avait pas le choix, il fallait accepter la proposition. Il avait tout de même un mauvais pressentiment.

« Très bien, j'accepte, mais pas d'entourloupe. J'ai tué un rat géant maudit, je n'aurais aucun mal à me venger si vous me trompez. »

C'était là un grossier mensonge, mais il fallait mieux montrer les dents face à ce genre de personnes.

« Très bien, déclara Rendrak. Revient après-demain, ici même, le matin. Nous allons avoir beaucoup de choses à faire, ces temps-ci, mais je pourrais me libérer le temps qu'il faut pour toi. Maintenant, va... »

(Bien, visiblement, il ne faut rien espérer... Je vais encore en ressortir payé avec du vent.)

Mais il n'y avait plus rien à faire. Le gang se dispersait déjà et disparaissait dans les rues sinistres pour rejoindre les hordes de créatures humaines se faufilant parmi les ordures.
C'est ainsi qu'Azra quitta le petit gang de Rendrak le liykor, se demandant s'il allait vraiment en retirer quelque chose. Mais de toute façon, il tombait d'épuisement, il lui fallait du repos.
Il se dirigea donc vers l'auberge de la Tortue Guerrière, sachant pertinemment que la prochaine nuit serait hantée de cauchemars. Demain, il irait prier au temple de Phaïtos, peut être que cela lui remettrait les idées en places.
Il s'enfonça à son tour, une ombre de plus dans les ruelles ténébreuses.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Jeu 10 Mai 2012 00:11 
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Introduction - L'envers du décors


Ouvrant doucement les yeux sur un plafond délabré, Zniitch s'extirpait de lointains et abstraits rêves de gloire et de supériorité. Il se réveillait tranquillement lorsque, soudain, il reprit pleinement ses esprits et se leva d'un bond. Ses yeux grands ouverts parcoururent méticuleusement chaque recoin de la petite pièce dans laquelle il avait dormit, après quoi il s’autorisa à se décrisper.
(Rien, Zniitch. Ce n'est rien) Se rassura le gobelin après avoir passé la salle au peigne fin pour s'être assuré qu'il était bien seul.

C'était une journée comme tant d'autres qui commençait pour ce jeune gobelin. Il avait réussit à passer une nuit courte mais paisible dans la cave humide d'une masure abandonnée des docks de Kendra Kâr, là où personne n'aurait pu venir le déranger ou tenter de l'assassiner pendant son sommeil. Mais maintenant, il avait du pain sur la planche.
Après avoir rassemblé ses maigres possessions, Zniitch s'étira soigneusement, déliant bruyamment ses muscles et se remettant d'aplomb. Il jeta ensuite au sol sa tunique de la veille, déchirée et tachée de sang, et retira le bandeau qui entourait sa tête bossue. Après quoi, il se saisit d'un tas de vêtements posés non loin et entreprit de les enfiler. C'était un manège qu'il avait l'habitude de réaliser. En effet, subsistant grâce au vol, à l'arnaque et à l'escroquerie, Zniitch s'était immanquablement constitué une foule d'ennemis et de créanciers qui ne désiraient qu'une chose : le voire mort. Le gobelin essayait donc de changer de tenue le plus souvent possible, se faisant ainsi passer pour un autre et évitant un peu plus de mourir chaque jour. Était-ce réellement efficace ? Il n'en savait rien, mais il ne se posait pas vraiment la question.

A présent, il était vêtu de la tête aux pieds d'une longue chemise, ouverte sur le devant et fermée par une ceinture nouée, la tête surmontée de grossières bandes d’étoffe enroulées faisant office de couvre-chef ainsi que d'un masque de tissu qui lui couvrait le bas du visage. Sans oublier ses sandales rehaussées qu'il affectionnait tout particulièrement. Cette tenue, il était parvenu à la dérober à un enfant qui s'était trouvé seul face à lui, au mauvais endroit au mauvais moment …
Afin d'achever ses préparatifs, il glissa à sa ceinture son couteau qui l'avait accompagné depuis si longtemps et une petite bourse contenant la totalité de ses richesses : une cinquantaine de yus. C'était plus que maigre, certes, mais Zniitch n'était pas peu fier de ses économies. Il espérait amasser assez d'argent pour pouvoir se payer l'éducation martiale d'un maître d'armes et gravir ainsi les échelons de la chaîne alimentaire, afin d'obtenir peut-être un jour sa place au Mausolée des Valeureux, au côté des héros et légendes défuntes du Royaume Kendran. En attendant, il ne pouvait s’entraîner sur guère plus que de gros rats, lorsque ses activités liées à sa survie lui laissaient du temps libre. Laissant là ses rêves de gloire, il attrapa le sublime fourreau dans lequel reposait le katana dont il avait récemment et curieusement fait l’acquisition, puis il se mit en route.

***

Rampant dans un trou tout juste assez large pour lui, Zniitch aboutit finalement dans les ruelles malfamées des docks de la même façon qu'il s'en était enfui la veille au soir. Instinctivement, ses sens se mirent en alerte et ses petits yeux fourbes examinèrent la rue qui s'offrait à lui. Ce sens de l'observation, il l'avait acquis au fil des ans, à force d'être constamment en danger dans les divers sous terrains et cavernes qui lui avaient été donné de voire. Il pouvait ainsi se vanter de pouvoir voire beaucoup de choses que le commun des mortels serait incapable de distinguer.

Humides et miséreuses étaient les deux adjectifs qui définissaient le mieux ces ruelles qui, malgré l'heure matinale, fourmillaient déjà d’une petite foule. Une foule dont Zniitch entreprit furtivement de lister les menaces potentielles. Un peu plus à sa gauche, un homme était affalé contre un mur, complètement saoul, tandis qu’il s’enfilait cul-sec une autre pinte de bière. Une énorme hache à double tranchant reposait sur ses genoux. Sans quitter l'ivrogne des yeux, le gobelin profita alors d'une accalmie dans la cohue pour le contourner en traversant la rue.
Juste en face, un trio de gros-bras patientait à la sortie d’un établissement en ruine, une main sur la poignée de leurs armes. Leur détermination était palpable, ils attendaient sans aucuns doutes une proie à détrousser - et un gobelin est toujours considéré comme une proie à détrousser -. Aussi, Zniitch se dissimula derrière un groupe d'humains qu'il avait jugé inoffensifs et progressa avec précaution. En effet, même si sa petite taille le rendait discret, elle le rendait également très vulnérable et un seul faux-pas pourrait lui être fatal.
Mais le groupuscule se divisa brusquement, manquant de renverser et d'écraser Zniitch. Les humains fuyaient, apeurés. Ils firent place à un terrifiant personnage. Un garzok, un orque … Cette race était le pire cauchemar des gobelins et probablement aussi l’une de leur première cause de mortalité … Celui-ci déambulait lourdement au milieu de la ruelle, une massue ensanglantée dans une main, un cadavre salement amoché dans l’autre. Heureusement pour lui, Zniitch eut le bon réflexe de s’écarter promptement, se mettant hors d'atteinte du colosse à la peau d'un vert sombre, qui ne semblait pas l'avoir remarqué.
(Par Ter Zignok, un garzok !) S’affola Zniitch dont le cœur peinait à reprendre son rythme normal.

Reprenant ses observations, le gobelin s’aperçut qu'il se trouvait à l'intersection d'une ruelle étroite et sombre : le parfait archétype du guet-apens. Et en effet, tapi dans l'ombre, se tenait une femme recouverte d'une robe à capuche, une dague à peine dissimulée dans sa manche. Impossible de prévoir si elle attendait quelqu’un en particulier, ou simplement une bourse à dérober, mais elle ne se montrerait certainement pas amical avec le jeune gobelin, cela ne faisait aucun doute. Zniitch choisit donc de déguerpir hâtivement, continuant sa route.
Soudainement, son ventre fut pris d'un disgracieux gargouillis. Il ne marchait pas au hasard des ruelles, il savait très bien où il allait. Une minuscule boutique à l'autre bout du quartier qui avait la réputation de vendre un délicieux poisson grillé, et où il était encore inconnu des tenanciers. Songer ainsi à de la nourriture lui rappela qu'il n'avait rien avalé de comestible depuis presque une journée complète et son estomac vide gargouilla à nouveau.

(Zniitch va d'abord s'approcher, puis Zniitch va attendre patiemment ... Et quand les humains se détourneront, oui ... Zniitch attrapera le poisson !) Planifiait déjà le gobelin, se léchant les gencives sous son cache-visage.

Certes, il aurait pu débourser quelques piécettes et s'acheter à manger dans une auberge ou dans n'importe quelle autre boutique ... Mais les gobelins semblaient avoir une prédisposition pour les situations à hauts risques, sans même qu'ils ne s'en rendent compte ...

Savourant déjà son futur repas, Zniitch dut esquiver une cagette de bois qui avait été lancée par un docker mécontent sur une cible inconnue et qui s'écrasa au sol en se éclatant dans toutes les directions. Les débris atteignirent un autre docker - probablement pas la cible originelle du projectile - qui passait par là et qui commença à s’énerver contre l'auteur du tir.
Marchant et progressant dans la direction de l'échoppe qu'il avait en tête, le gobelin laissa derrière lui les deux hommes qui élevaient tour à tour la voix, jusqu'à ce que la situation en vienne aux mains, et qu'ils soient rejoins par un ou deux autres belligérants.


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Dernière édition par Zniitch le Dim 13 Mai 2012 14:37, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Ven 11 Mai 2012 14:34 
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Alors que tu t’avances vers l’échoppe, tu entends un nom qui tes familier. En te rapprochant du groupe de marin qui parle, tu constates qu’en effet il parle de Gark n’a qu’un œil, un chef gobelin qui vie dans les montagnes et que tu as côtoyé du temps où tu vivais là-bas. Il raconte qu’il est accusé de mener une troupe de gobelin et d’attaquer un village dans le duché. Ce qui te surprend puisque tu sais que Gark a pris sa retraite. Il parle aussi d’un convoi de mercenaire qui part ce jour des portes de Kendra Kâr pour éradiquer la menace gobeline.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Ven 11 Mai 2012 19:53 
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Une nouvelle pour le moins ... étonnante !


La poissonnerie ciblée par Zniitch n'était plus très loin et une irrésistible odeur de poisson grillé commençait à s'élever dans l'air, couvrant les effluves désagréables caractéristiques des docks. Il s’apprêtait à parcourir les derniers mètres qui le séparaient de son petit-déjeuner, lorsqu'il fut brusquement interrompu par l'irruption d'une charrette qu'il n'avait pas vu venir. Tirée par deux chevaux à l'aspect costaud, elle avait débarquée à toute allure d'une ruelle adjacente mais s'était rapidement retrouvée bloquée face à l'intensité du trafic piéton.
Les sabots des bêtes de traie l'auraient piétiné si il ne s'était pas écarté à temps, ses réflexes lui ayant de nouveau sauvé la vie. Mais un mendiant, qui était avachi sur le bord de l'intersection, n'avait pas eu cette chance : il avait été percuté de plein fouet par les larges roues du chariot et gisait à présent au sol, immobile. Peut-être avait-il besoin de soins, ou était-il simplement mort ... Cependant, personne ne bougea le petit doigt pour le malheureux, mis à part les quelques profiteurs qui ne tardèrent pas à s'approcher pour lui faire les poches. La vie dans les docks était cruelle, et égoïste. Aussi, Zniitch était prêt à tout pour ne pas connaître une telle fin, aspirant à un destin plus glorieux.

« Poussez-vous, bande de chiens galeux ! Barrez-vous ! » Hurla le conducteur de la charrette. Il s'était levé et faisait claquer son fouet dans le vide pour intimider la foule. Une attitude qui ne manqua pas d'en faire réagir certains à grands gestes et à grandes insultes.

( L'homme n'a pas peur ... Il devrait, pourtant ... ) Songea Zniitch. Et il avait raison, quiconque tentait de se frayer un passage dans les docks par la force, risquait de tomber sur plus fort ou plus nombreux que lui.

Le gobelin nota rapidement certains détails concernant ce convoi qui lui barrait la route. Tout d'abord, le chariot, qui transportait une cargaison de tonneaux et de caisses couverte d'une bâche, était dans un bon état, chose exceptionnelle dans ces docks miteux où la misère régnait en maître. Les chevaux, eux, semblaient en bonne santé : aucune plaie suintante et bourdonnante d'insectes, l’œil vif et le poil propre, contrairement aux rares animaux qu'on pouvait parfois trouver dans les bas-quartier de Kendra Kâr. Pour finir, les deux conducteurs se tenaient droit, avaient des gestes précis et ordonnés et parlaient d'un ton hautain et maîtrisé, presque noble.
( Des marchands, sans aucun doute. ) Déduisit le gobelin de ses observations.

Cependant, il remarqua également que la situation s'envenimait. Certaines personnes protestaient et tenaient tête aux marchands en bloquant leur charrette, tandis qu'une demi-douzaine de raclures s’était déjà amassée aux pieds du mendiant inerte pour le dépouiller. Le gobelin jugea alors bon de se reculer avant que la situation ne dégénère, ce qu'il fit sans tarder.

***

Perché en haut des escaliers d'un perron, Zniitch avait une vue panoramique sur la scène et sur la rue en générale. Un peu en dessous de lui, deux marins discutaient ensemble, les bras croisés et adossés à un mur. Il ne les écoutait que d'une oreille, la quasi-totalité de ses sens étant concentrés sur son environnement afin de repérer la moindre menace.

« ... vu les Grandes Portes depuis l'aube ? »
« Bien sûr qu'non, crétin ! Parc'que toi, oui ? »
« Non, non. Mais j'ai entendu dire qu'il y a un sacré bordel. Apparemment un convoi se prépare à partir pour le Nord, et ils recruteraient des mercenaires pour combattre une armée de gobelins qui harcèle les duchés des montagnes. »
« Et bien ! C'pas souvent qu'les gob's sont assez malins pour s'allier et attaquer en masse ! »

« Oui, mais cette fois c'est différent. Là, il paraitrait qu'ils ont un chef pour les rassembler sous la même bannière et les mener au combat ... Un certain "Gark" ... » Le cœur de Zniitch s'arrêta sembla s'arrêter un court instant, à l'évocation de ce simple nom. Tous ses sens se détournèrent alors immédiatement leur vigilance sur le dialogue qu'échangeait les deux hommes. ( Gark ?! L'homme a bien dit Gark ?! )
« Gark ? »
« Oui, Gark n'a qu'un œil, ou un truc comme ça. »
( Gark n'a-qu'un-œil ?! )
« Les gobelins ont vraiment des noms qu ... » Mais Zniitch n'en entendit pas plus, abasourdi par la nouvelle qu'il venait d'apprendre. En effet, le dénommé Gark et lui-même s'étaient tous deux côtoyés des années auparavant, quand Zniitch vivait dans les montagnes centrales de Nirtim. Il avait toujours considéré Gark comme un bon gobelin : contrairement aux autres chef gobelins qu'on avait l'habitude de voire, il n'était pas aussi sadique ni aussi sanguinaire. Au contraire, il était plutôt un chef respecté de son clan et qui avait un sens de l'honneur hors-normes. Au final, Zniitch l'aimait bien.
Mais ce qui le surprit le plus, c'était d'entendre de lui qu'il menait de nouveau des gobelins au combat ! En effet, le clan sekteg dirigé par Gark, dont Zniitch faisait partit, avait été dissolu volontairement par son chef qui avait pris sa retraite dans les montagnes, se retirant avec femmes et enfants, laissant les gobelins se battre pour trouver un nouveau chef et forçant Zniitch à partir trouver un nouveau clan. Pour cette raison, il lui en avait voulu un peu.

Tandis qu'il se remémorait son passé, le gobelin fut pris d'une certitude, une conviction claire et limpide s'imposa à lui. ( Zniitch doit partir pour les montagnes ! Zniitch doit retrouver Gark ! ) Plusieurs raisons le poussèrent à prendre cette décision. Non seulement Zniitch en voulait un peu à son ancien chef - un des meilleurs chefs qu'il avait connu - d'avoir abandonné le clan à lui-même en prenant sa retraite, mais il voulait également savoir comment et pourquoi il avait repris du service, alors que cela faisait des années qu'il ne dirigeait plus. Enfin, quand les deux gobelins s'étaient connus, Zniitch n'était qu'un bleu, débutant à peine dans le maniement du couteau. A présent, il avait grandit, s'était renforcé, s'était entraîné et savait maintenant se battre. Et il voulait faire voire ça à son ancien maître, qu'il reconnaisse sa puissance grandissante et soit fier de lui.

***

Zniitch réfléchissait à toute vitesse. Il devait atteindre les Grandes Portes de la ville avant que le convoi ne parte, et avec lui sa seule chance de rejoindre les montagnes. Il eut alors une idée géniale : à en déduire l'orientation de la charrette qui avait manqué de l'écraser quelques minutes plus tôt, elle partait du port et était en route pour le Nord de Kendra Kâr. De plus, la ruelle se dégageait peu à peu, alors que quelques bagarres avaient éclatées et que le ton était monté d'un cran. Le chariot n'allait pas tarder à partir, sans Zniitch. Alors, sans réfléchir, ce dernier se leva d'un bond et sprinta vers son transport clandestin.
Sur le chemin, il esquiva in extremis plusieurs coups perdus et faillit être pris dans une bagarre de rue, qu'il contourna au dernier moment. A toute vitesse, il sauta agilement sur la marche à l’arrière du chariot, en souleva la bâche et disparut dessous, ni vu ni connu.
( Juste à temps ! ) Pensa-t-il, à bout de souffle, alors que son moyen de locomotion s'ébranla et fila péniblement sur les routes abîmées des bas quartiers, à grands coups de fouet et d'insultes.


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 Sujet du message: Re: Les Docks
MessagePosté: Lun 2 Juil 2012 10:55 
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Rien n'est impossible tant qu'on ne l'a pas essayé. Azra, après avoir dormit toute la matinée, s'était senti d'humeur assez optimiste pour tenter d'aller aux docks pour retrouver Rendrak le liykor. L'après-midi commençait tout juste et la journée était ensoleillée. Sans doute était-ce pour cela que le jeune homme se sentait aussi bien. En plus, il avait gagné assez d'argent pour se faire un vrai repas, ce qui était rare. Chandakar n'avait rien dit de la journée, ce qui ne gâchait rien non plus.
Azra flâna donc au gré des rues du quartier des docks, qui lui semblaient même un peu moins crasseux.

C'est en s'arrêtant pour s'adosser à un mur et profiter du soleil sur sa peau qu'il remarqua un homme en haillons qui se cacha précipitamment pour échapper à son regard. Aucune émotion ne passa sur le visage d'Azra mais il s'assombrit imperceptiblement. Visiblement, quelqu'un voulait lui gâcher une de ses rares bonnes journées. Avec un soupir désabusé, il reprit son chemin. En tournant au coin d'une rue, il vit que l'homme le suivait toujours. Il s'arrêta donc juste après le coin d'une maison miteuse et se retourna vers la rue principale en préparant ses mains gantées.
Comme il s'y attendait, l'homme tourna pour le suivre et se trouva juste nez à nez avec lui. Instantanément, le jeune homme lui saisit les avant-bras pour l'empêcher de sortir une arme et le plaqua contre le mur.

« Alors, tu veux ma bourse ou ma vie ? » ironisa-t-il.

L'homme répondit en lui envoyant un coup de genou dans l'estomac. Azra recula en grimaçant et évita de justesse un coup de poing. Il répondit d'un revers qui résonna d'un joli son métallique, sonnant son ennemi. Il allait lui porter un second coup quand l'homme leva les mains :

« Attendez, c'est Rendrak qui m'envoie. »

« Pour me tuer, oui, j'aurais dû m'en douter. »


« Quoi ? Non, pas du tout ! »

« Alors pourquoi m'as tu frappé ? »

« Un réflexe, vous auriez fait pareil que moi, non ? »

Azra fit la moue.

« Oui, sans doute... Alors il ne veut pas me tuer ? »

« Mais... non ! Pourquoi ? »

« Je n'ai pas l'habitude c'est tout... En principe, quand on me suit c'est pour me tuer. »

L'homme, visiblement un des bandits-mendiants du groupe de Rendrak, se releva péniblement en frottant sa tempe, là où le coup avait porté.

« On vous suit souvent pour vous tuer ? »

« Non, ça n'était jamais arrivé, mais j'anticipe. »

Il y eut un instant de silence pendant lequel l'homme décida probablement que son interlocuteur était cinglé, puis il lui fit un signe.

« Suis-moi. »

Ils arrivèrent bientôt à une impasse où, au milieu de monceaux d'ordures, les attendait une montagne de poiles et de muscles.

« Ah ! Azra ! grogna Rendrak. Paré pour apprendre à te servir de tes poings ? »

Azra fit la moue et haussa les épaules.

« J'ai réfléchie à ce que je pourrais t'apprendre, hier. Tu es un combattant léger, il te faut un style de combat plus orienté sur la vitesse et la précision. Je connais une technique qui pourrait te sauver la vie face à un adversaire plus fort que toi : on l'appelle la 'contre-attaque fatale'. »

« Ça donne envie, marmonna Azra qui avait maintenant l'air prêt à s'endormir. Et si on en venait aux fait ? »

Rendrak lui lança un regard acéré, appréciant visiblement assez peu la désinvolture du garçon.

« Tu devrais faire plus attention à ce que je te dis, car si cette technique est efficace, elle est aussi très compliquée pour quelqu'un d'aussi peu expérimenté que toi. Le but est de profiter de l'attaque de ton adversaire pour passer sous sa garde et lui porter un coup aussi douloureux que possible. »


Azra commençait à se sentir allécher. L'idée d'une technique aussi fourbe lui plaisait bien.

« Et comment suis-je sensé faire ? D'autant plus que je n'ai pas de lames, seulement mes poings, quel genre de points faibles puis-je atteindre ? »

« Je t'ai promis sur mon honneur de t'enseigner une technique et, quoi que tu en penses, l'honneur est important même pour un truand comme moi. J'ai donc pris soin de réfléchir à tout ça... »

Le jeune homme retint un commentaire ironique. Il attendait plus de sens de l'honneur de la prêtresse de Phaïtos que d'un bandit, mais ce n'était peut-être pas le moment de dire ça. Le liykor continua :

« Il faut que tu pares un coup de ton adversaire et, s'il est plus grand que toi, que tu le dévies vers le haut, sinon, vers le côté du bras qui a frappé. Le but est d'obtenir l'ouverture la plus importante possible. Tu me suis ? »

Azra hocha la tête. Il avait déjà pratiquer des parades comme celle-ci avec plus ou moins d'efficacité. De toute évidence, il allait falloir faire preuve ici d'une précision du geste et d'une maîtrise de soit qui dépassait de loin son habitude. Autant dire que le garçon se sentait pessimiste quand à ses chances de réussite.

« Ensuite tu pourras viser plusieurs objectifs, poursuivit Rendrak, le ventre, juste sous la poitrine, ou la gorge. Le ventre est plus facile à atteindre et coupera le souffle à ton adversaire. De plus, les côtes flottantes, qui sont à cet endroits, sont plus fragiles, tu auras donc une chance de mettre ton ennemi hors de combat. La gorge est beaucoup plus dure à atteindre, surtout si ton ennemi est plus grand que toi, mais alors, le coup peut être fatal ! »

Nouveau hochement de tête. Oui, une technique vraiment alléchante, mais serait-elle faisable par un gamin trop vite monté en graine ?

« Tu as bien compris ? » demanda le liykor.

« Je vais essayer... »

« Bien, je vais tenter de te porter un coup, je ne frapperais pas trop fort mais, si j'étais toi, je le parerais quand même... Pour l'instant on va seulement s'essayer à la parade. »

Azra hocha la tête et serra les dents. Ils se firent face et tournèrent un peu l'un autour de l'autre. Les membres de la bande du liykor étaient assis un peu partout autour, contre les murs de la ruelle, visiblement avides de spectacle. Le garçon ne pouvait s'empêcher de se demander si son adversaire n'allait pas chercher à le tuer pour le dépouiller. C'était assurément le comportement le plus probable de la part d'un bandit... Comment faisait-il pour toujours se mettre en parfaite situation pour se faire tuer ? Quelle poisse...

Soudain, le poing de l'homme-loup jaillit, Azra se jeta de côté et roula à terre. Il y eut quelques applaudissements moqueurs.

« Il me semble que j'avais parlé de parade... » fit remarquer Rendrak.

Le jeune homme rougit et bafouilla quelques excuses en se maudissant lui-même. Il se releva et se remit en position de combat. Étant donné la taille du liykor, il fallait qu'il dévie le coup vers le haut. Il se concentra sur cette action. Heureusement, malgré son esprit quelque peu dérangé, Azra avait hérité d'une volonté de fer. Après tout, il avait l'habitude de se débrouiller seul... Entièrement focalisé sur le coup à venir, il put l'anticiper juste à temps et tenter de passer son gantelet sous l'avant-bras de son adversaire pour le soulever. Pas assez, hélas. Le poing, au lieu de le frapper au menton, le frappa au front et il manqua de tomber en arrière.

« Quand j'ai dit parade, protesta le liykor, je ne voulais pas dire que tu devais rester raide comme un piquet ! Tu dois quand même esquiver un minimum ! »

Azra serra les dents mais resta silencieux. Il se remit en position en écartant de son esprit les ricanements des autres bandits.

(Je déteste qu'on se moque de moi ! Je suis le seul à avoir droit de le faire !)

L'assaut suivant fut plus concluant. Il parvint à dévier le coup du liykor et à passer en dessous. Il décida d'improviser une attaque vers le ventre mais le coup maladroit fut sans grand effet.

« Frappe si tu veux frapper, sinon ne frappe pas, mais n'hésite pas entre les deux possibilités. »

Non mais pour qui se prenait-il pour lui parler comme ça ?
Pour son maître de combat, d'accord...
Azra se remit en position. Rendrak déclara :

« Bon, puisque tu as hâte d'en découdre, on passe vraiment à la phase de contre attaque. »

Les cinq tentatives suivantes furent infructueuses et plusieurs ecchymoses en témoigneraient pour quelques jours. Mais Azra n'aurait pas été lui-même s'il avait abandonné pour si peu. Même la conviction qu'il était totalement incapable de faire ce qu'on lui demandait ne suffirait pas à lui faire renoncer. Il continua donc et, bientôt, les premiers coups au but portèrent.
Il parvint à se glisser sous une énième attaque et à couper le souffle de son adversaire.

« Pas mal, hein ? » lança-t-il tandis que le liykor se redressait.

« En effet. Recommençons. »

L'attaque suivante prit par surprise Azra car le poing du liykor partit du bas vers le haut pour exécuter un uppercut. Impossible de dévier cette attaque vers le haut. Le garçon reçut le coup et s'effondra en arrière, la mâchoire douloureuse.

« Tu dois apprendre à t'adapter au type d'attaque de ton adversaire. » signala doctement Rendrak.

Azra se releva avec un apparent stoïcisme. En fait, il brûlait intérieurement de colère. Cette fureur devait provenir de Chandakar. Un besoin féroce de réduire en bouillie l'insolent qui lui manquait de respect. Il se contint. Chandakar voulait toujours tuer tout le monde, il valait mieux l'ignorer. La mort de Parcos suffisait.
Mais tout de même, au fond de son esprit, restait un certain désir de vengeance...
Ils continuèrent l'entrainement mais Azra avait toujours du mal à anticiper les différentes attaques. Au bout d'un moment, le liykor recula.

« Ça suffit. Je ne peux rien de plus pour toi. Il ne te reste plus qu'à prier pour que tu sois plus efficace en situation réelle. Seul l'épreuve du feu pourra parfaire ta formation. »

Le garçon sentit ses épaules s'affaisser. Il fallait mieux qu'il s'en aille, en effet. Il ne serait jamais un grand guerrier. Il fut néanmoins surpris par le silence des bandits qui s'écartèrent devant lui. Derrière lui, Rendrak ajouta :

« Tu as une volonté d'acier. Tu peux y arriver. »

Un vague hochement de tête. Azra se retira, peu convaincu.
Il prit le chemin du temple de Phaïtos. Prier, voilà au moins quelque chose dont il était capable.

Une amitié de circonstance

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Dernière édition par Azra le Jeu 23 Aoû 2012 15:50, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Docks
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Azra suivit la rue conformément aux instructions de Tirassin... et se trouva tout de suite perdu. Quelle petite ruelle fallait-il prendre ? Il y en avait partout ! Le jeune homme grinça des dents. Évidement, tout cela était trop beau pour durer. Il ne lui restait plus qu'à prendre une ruelle au hasard, après tout, il ne devrait pas être loin du point de rendez-vous, il suffirait de chercher un peu alentour.
Il s'engagea donc entre les maison, dans un espace réduit qui n'aurait pas permis à un obèse de passer et qui, en plus, était encombré de détritus, heureusement, ses chausses étaient déjà tellement sales qu'elles ne craignaient plus grand chose. Un rat détala devant lui, le faisant sursauter.

« Fout le camps saleté de bestiole ! »

Le temps qu'il finisse sa phrase, la pauvre bête était déjà loin. Il pris le temps de calmer son cœur et continua à avancer.

(Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais il est vraiment ridicule d'avoir peur d'aussi pathétiques petites choses...) signala Chandakar.

Évidement, cette intervention intempestive fit à nouveau sursauter le garçon qui ne s'était pas encore tout à fait remit de sa rencontre avec la pathétique petite chose en question. Il préféra ne rien répondre, heureusement, la liche n'insista pas non plus.

Il déboucha dans une rue à peine plus animée que celle de la maison de Tirassin. Il y avait là quelques boutiques miteuses où les passants pouvaient acheter des produits qui exigeaient des standards de tolérance en dessous des normes admises par les pigeons.
D'ailleurs, même les mouettes semblaient hésiter à fouiller dans les poubelles, ici.
Il se mit donc à parcourir la rue des yeux jusqu'à trouver un colosse chauve qui vendait des cordages et des paniers en osiers. Comme visiblement la clientèle ne se bousculait pas, il s'occupait en en tressant de nouveaux à côté de son tonneau d'écoulement de gouttière. Azra prit une grande inspiration et alla trouver l'homme.

« Bonjour. »

« Bonjour, répondit simplement l'homme avec un manque d'intérêt bien peu commercial, qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »

« Hum... je cherche... la meilleur camelote qu'on puisse trouver par ici. »

L'homme se leva d'un bond avec des yeux furieux. Avant qu'Azra n'ait pu esquisser le moindre mouvement, il fut saisit par les cheveux et sa tête plongée dans le tonneau rempli d'eau. Il se débattit comme il pouvait pour échapper à la noyade mais il n'y avait rien à faire contre la poigne de fer de l'homme. Soudain, sa tête émergea et il toussa en tentant de se débattre, mais il replongea aussitôt. Puis, toujours incapable de faire quelque mouvement de défense que ce soit, il se trouva plaqué contre le mur.

« Tu prétends que ma marchandise ne vaut rien, c'est ça ? Qui c'est qui t'envoie ? »

Toussant et essayant désespérément de reprendre son souffle, Azra gémit pitoyablement :

« Excusez-moi, j'ai dû faire erreur... »

« Qui ?! »

Le jeune homme s'efforçait de reprendre ses esprits. De toute évidence, il s'était trompé d'homme. Maudit soit Tirassin et ses descriptions imprécises ! Comment se sortir de là ?
Puis une autre réflexion lui vint. Comment cet homme savait-il qu'il avait été envoyé ? Peut être était-ce un test ? Mais que répondre alors ?
Comme il gardait le silence, le colosse l'entraina dans sa maison en grondant :

« Je vais te filer la plus grosse correction de toute ta vie ! »

Le jeune homme avait déjà reçu sont comptant de corrections dans son existence mais il ne doutait pas que ce monstrueux personnage serait capable de bien pire. Il n'avait cependant pas d'autre choix que de le suivre, vu que ses pieds ne touchaient même pas par terre.

Une 'correction' bienvenue

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Dernière édition par Azra le Mar 4 Sep 2012 16:13, édité 1 fois.

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