L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Jeu 30 Déc 2010 23:37 
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La jeune femme ne s’était pas faite prier et avait suivi le Varrockien sans demander son reste s’enfonçant encore plus dans les profondeurs de cette ville. L’odeur guère pure y était cependant moins chargée de celle des charognes. Elle avait enfin retrouvé pleine mesure de son corps, même si des courbatures et ses poignets la faisaient encore souffrir.
Les cris au-dessus de Sire John aussi soudains que prévisibles la firent trembler de tous ses membres et la paralysèrent sur les quelques échelons de métal qui lui restait à franchir pour rejoindre Sharis. Elle ferma les yeux, aurait aimé se boucher les oreilles. Ce sont les bottes d’Oscurio pressantes au-dessus de sa tête qui la bougèrent. Elle se blottit alors contre la paroi humide de l’égout plus sombre qu’un trou de mine, les bras serrés contre sa poitrine, le visage fermé, une boule dans la gorge. Si elle voyait les deux hommes dans le noir presque complet, eux devaient êtres aveugles ou presque. Elle s’en réjouit un tantinet, gagnant par là un avantage considérable.

À peine les pieds posés dans le ruisselet malodorant que le semi-elfe murmura un flot de paroles rapides sur le moment, pas complètement compréhensible pour la jeune femme. La tempête dans l’abattoir n’était pas finie…
Elle retint cependant quelques bribes et des mots plus percutants, comme le nom de son ravisseur, «… la cache que nous voulons dévaliser … effet de surprise… miliciens… imprévu au menu » ; jusqu’à ce qu’il s’adresse à elle et comble un pan de son ignorance en leur projet en rajoutant une variable incluant Grosse Paluche John et sa propre personne à leurs cotés déguisée dans leurs frusques !

Elle comprit que ces deux lascars n’étaient pas des plus recommandables et fomentaient un plan échafaudé bien avant leur intervention. Ils n’étaient pas envoyés par Ilda, n’étaient pas là pour la sauver et s’étaient retrouvés ici que par hasard.

Elle ouvrit la bouche pour répliquer sa désapprobation,
Je… ! mais Sharis fut plus prompt à répondre plus distant, en apparence réfléchi et moins obséquieux que son collègue, cherchant sûrement à éclaircir un peu la situation et gagner sa confiance. Elle l’observa, plissa les yeux, sondant ce visage insignifiant, passe partout, cherchant à deviner ce qu’il y avait derrière ses mots, alors qu’au-dessus John vidait sa rage explosive dans un fracas tonitruant. À chaque bruit sourd, elle sursautait. Quelque chose chez le voleur la laissait perplexe indéfinie et…

(Oh Thilytanataë où es-tu donc, mon vieil elfe, j’ai tant besoin de toi ? … Regarde ces étranges hommes, si transparents et à la fois insondables, je ne comprends pas leur langage, pas ce qu’ils veulent et ce qu’ils projettent… Ils me font peur ! Je dois m’en éloigner, je ne veux pas me retrouver face à ce monstre… Je ne tiendrais pas !… )

Elle revint au monologue du voleur, abandonnant ses suppliques. Sharis était donc le plus petit, le plus affable et distant, le plus solide, le moins perceptible, ombre parmi les ombres, indiscernable, insignifiant et invisible. Quelque chose la gênait dans cet homme.
Oscurio était le maître d’œuvre de toute cette affaire, le plus charmant des deux, le plus beau parleur, celui dont les penchants pervers étaient à surveiller. Pourtant il était fascinant, attirant, son odeur peut-être, son air espiègle ou son charisme pur ? Elle n’en savait rien, elle se sentait oppressée trop près de lui, son cœur s’emballait.
Le souvenir d’une rencontre et la bataille qui en avait suivi avec le Shaakt esclavagiste était encore trop présent pour qu’elle se laisse séduire aussi facilement. Elle avait appris à se méfier des paroles, des actes… des gens tout court.

Elle esquissa un sourire timide après avoir entendu qu’elle devait être importante dans la bouche du voleur. Elle aquiéça de la tête et se présenta.


Je… je m’appelle N’Kpa… ! Fit-elle d’un ton sérieux et murmuré. Je viens de la Forêt de Cuilnen et j’accompagnais une jeune fille originaire d’ici.

Elle leva la tête, alors que de la poussière et quelques cailloux tombèrent de la voûte de la galerie. Une masse énorme venait d’ébranler le tunnel. Elle trembla derechef et ne voulait plus rester là, poussée par une panique intérieur, en finir était devenu une priorité. Elle reporta son attention sur Oscurio, lui posa une main griffue sur son cœur, le fixa droit dans ses yeux noirs quelques secondes sans ciller un brin, éprouvant son âme. Ses grands yeux jaunes luisaient dans le noir comme deux lucioles. Un doigt vint effleurer la bouche du semi-elfe… Elle détourna le regard se retrouva face à Sharis et l’étreignit dans une accolade chaleureuse.

Le geste n’était pas anodin, elle sentait instinctivement l’homme en proie à des réticences dont-elle ne connaissait pas les origines. Elle l’embrassa… Elle ne sut pourquoi elle fit cela, minaudante, provocante, joueuse comme un chat…
Par ce geste elle jetait un froid dans le duo sans s’en rendre vraiment compte. Elle passa une main dans la tignasse du voleur, ses ongles labourèrent presque le cuir chevelu comme un prédateur agrippant la tête de sa victime pour la saigner. Sa bouche aux canines saillantes se rapprocha de son cou.
Elle glissa à son oreille tout bas dans un souffle, pour lui seul :


Merci pour votre geste Sharis ! … Je ne peux rester ici, j’ai une amie à retrouver… Attention Thimoros guide vos pas vers Phaïtos et joue avec votre avenir. Zewen le gardien de votre destin n’est pas loin et tisse les fils de votre vie ; vous seul en connaissez le chemin…

… Un silence macabre occupait l’abattoir depuis quelques minutes et ne les avait pas tout de suite alertés…
Une masse énorme vint dégringoler par le regard et les éclaboussa. Derrière eux John venait de sauter dans le boyau et leur faisait face la mâchoire crispée, un filet de bave aux commissures des lèvres. Il leva un poing serré gros comme une masse d’armes dans une rage incommensurable. Seule l’étroitesse de l’égout l’empêchait de se mouvoir avec aisance. Il occultait le peu de lumière encore disponible. Aussi aveugle que ses congénères humains, poussé par un instinct débridé, reflet des proies qu’il chasse, il huma l’air et beugla à l’encontre des troubles faits de son antre, voleur de son jouet.


HUMFFF! ... J’VAIS VOUS ECRASER… LIMACES !

N’Kpa fléchit… cria de tout ses poumons, les yeux exorbités, les oreilles rabattues, sur son échine, son pelage soyeux s’était dressé comme les piques d’un hérisson et sa queue avait doublée de volume.
Son hurlement roula dans le conduit précédent ses pas. Serrant son poignard contre sa taille, elle tint la sangle de sa besace et s’enfonça dans le tunnel dans la direction opposée au groupe, ses griffes et sa queue assuraient son équilibre dans sa progression pour ne pas glisser.
C’est dans ces moments-là que son instinct Woran primitif reprenait le dessus…

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Dernière édition par N'Kpa Ithilglî le Ven 14 Jan 2011 23:27, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Mer 5 Jan 2011 16:25 
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Décidément bien professionnel cet acolyte ! En le voyant tenter d’amadouer la sauvage, calme et posé, nul n’aurait put deviner que quelques instants plus tôt, la seule vision de ce pelage lui donnait la nausée… Oscurio appréciait l’application mais s’interrogeait sur le résultat d’une telle méthode : on convainquait plus facilement ce type d’engeance de suivre notre direction, par la promesse d’un bâton ou la pose d’œillères que par des paroles aussi suaves soient-elles... Néanmoins, comme pour démentir tant de cynisme, au mérite de l’essai vînt se rajouter le premier pas d’une réussite : la belle dévoilait enfin son nom et ses origines, bien que sur ces dernières il n’y eut bien peu de mystère, et malgré la tension du moment, Oscurio n’aurait pus manqué de s’esclaffer si elle s’était revendiquée de quelque cité…

Un potentiel rire qui serait mort même avant de naître, à la mention de l’amie disparue. Non que l’entichement d’Oscurio se soit étendu aux amis de l’inconnu, mais parce qu’il était clair à présent qu’à la première occasion, cette ingrate leur ferait faux bond. Il n’aurait put la blâmer…quand Lanceste avait disparu, pas même la douce Leila n’avait pu le garder sur place, et pourtant ses arguments étaient bien plus « convaincants » que ceux du Varrokhien aujourd’hui. Le miel n’aurait décidément aucune emprise sur elle, il valait mieux user de menaces… Comme s’il elle avait sentit son changement d’humeur, ce fut l’instant que N’Kpa choisit pour lui poser la main sur la poitrine.

Nul doute qu’elle sentait à présent son cœur bas à toute vitesse. Bien moins sur le coup d’une quelconque attirance que sur le ravivement de vieilles superstitions. De quelles magies étaient capables ces êtres là ? Avait-elle senti le noircissement de ses desseins ? Allait-elle lentement descendre cette main plus bas, dans une morbide parodie d’aventure nocturne, l’explosion de sensations remplacée par l’éventrement des ses entrailles ? Ses yeux luisants étaient insondables, et le cœur d’Oscurio ne ralentit guère qu’au moment où elle lui posa le doigt sur les lèvres, avant de se retourner sur Sharis… Ce qui s’ensuivit le laissa pantois, décidément cette nouvelle venue était véritablement insaisissable. Il ne savait si elle cherchait à les séduire ou s’amusait d’eux, mais il était à présent sur qu’il fallait la contrôler.

Ce fut ainsi que tandis que les deux faisaient affaire, Oscurio réfléchissait à comment utiliser cette disparation, oubliant le lieu, nonobstant le silence inquiétant…

.... il fut rappelé par le Gros John s’écrasant et mugissant tout son amour pour les pourfendeurs de son garde-manger. Le voyant la masse à la main, rageant mais aveugle, Oscurio remercia silencieusement l’elfe de sa parenté. Les oreilles pointues, n’étaient que le versant négatif d’un héritage, somme toute, bienfaiteur : hormis l’élégance et la longévité, la vision nocturne était des plus appréciables, et c’est ce qui lui permit alors que l’ingrate les abandonnait à leurs sorts, de saisir Sharis par le bras et de l’entrainer rapidement à distance du nouveau danger. Hors de portée, il cria du voix clair :

John tu as quatre arbalètes pointées vers toi, et le moindre mouvement de ta part, les carreaux partiront. Maintenant réfléchis, veux-tu perdre à jamais l’occasion de récupérer ton butin en attaquant ceux qui ne te l’ont pas volé ?

_________________
De nous voir, les guerriers s'énervent
et nous traitent de cœur tendre
Mais nous rions car toujours notre verve
Là où l'épée s'arrête, se fait entendre...


Oscurio de Syl


Dernière édition par Oscurio le Lun 21 Fév 2011 12:52, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Mer 5 Jan 2011 23:25 
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Sharis avait réussi à enfouir sa répulsion pour feindre l'amabilité, mais la réaction de l'humorane faillit lui faire perdre son sang-froid. Il dut se faire violence pour ne pas repousser directement la jeune femme qui s'était penchée pour l'embrasser tout en refermant ses griffes sur lui. Décidément, le varrockien ne pouvait se faire à l'idée que N'kpa provenait d'autre chose qu'une origine bestiale. Il n'avait pas de grief particulier contre les whorans, mais la seule pensée d'une union entre un homme et une de ces bêtes le répugnait.
Sur un point cependant, il reconnut l'humanité de l'hybride : Ses lèvres avaient le même aspect et la même douceur que n'importe quel être humain...

Quelque chose d'imposant s'écrasa dans la rivière souterraine, derrière lui. N'kpa prit du recul, et le sang de Sharis se glaça tandis qu'il comprit à ses yeux dilatés de terreur que John avait fini par retrouver leur trace.
Il n'eut pas même le temps de se retourner pour affronter la nouvelle menace qu'Oscurio l'entraîna à sa suite dans le dédale des égouts. Maintenant qu'ils s'éloignaient de la seule source de lumière disponible, le mince rai de lumière qui sortait du passage vers l'abattoir, le jeune voleur évoluait dans une noirceur presque totale et ne pouvait se fier qu'à son partenaire elfique. Ils s'arrêtèrent un peu plus loin, au détour d'un croisement avec une voie de canalisation ; L'humorane, elle, semblait s'être volatilisée.
Oscurio était décidé à s'en tenir à son plan. Il harangua le psychopathe tandis que Sharis, l'adrénaline retombée, s'appuya à la paroi pour retrouver son souffle. La silhouette de Grosse Paluche, plus loin devant eux, se discernait difficilement dans l'obscurité, mais il semblait s'être momentanément arrêté à l'annonce du danger qui se profilait devant lui.

- Peuh ! Ce ne sont pas vos minables petites fléchettes qui me stopperont ! Dites-moi où vous planquez l'humorane et je ne vous arracherai pas la tête ! hurla le géant à leur encontre. La voix se répercuta à travers le boyau et s'amplifia pour leur arriver plus terrifiante encore que celle d'origine, si cela était possible.

Le varrockien regretta de ne pas avoir usé d'une stratégie plus agressive pour soumettre l'hybride. Il aurait volontiers livré celle-ci au tueur de chien en échange de leurs vies...
Il regarda à gauche et à droite : Malheureusement, fuir n'était pas une option ici, du moins pas sans l'aide d'un nyctalope, et Oscurio cherchait encore à manipuler John. Son salut passait donc par le succès de l'entreprise du semi-elfe.
Les costumes ne leur servaient plus à rien : difficile de nier l'implication des deux hommes dans la libération de l'humorane. John ne pouvait être dupe. Il fallait donc adopter une approche différente.

- Elle est déjà partie avec l'autre groupe, John. Nous ne sommes là que pour te ralentir, mais je ne compte pas risquer ma vie pour cette mission. Le Boss voulait un nouveau jouet exotique, alors on a suivi l'humorane depuis son arrivée à Kendra Kâr et...

- OÙ ? OÙ EST-ELLE ?

Le géant s'était remis en marche. Son puissant et musculeux corps était la promesse d'une mort rapide et sans pitié ; sur le moment, rien ne semblait pouvoir stopper cette incarnation du destin en marche.
Les pensées du voleur se noyaient sous l'effet de la panique et de l'étouffante obscurité. Dos au mur, Sharis écarta son besoin de plus en plus pressant de laisser exprimer sa panique et de se perdre dans la noirceur des égouts. John n'était plus qu'à une vingtaine de mètres du duo et Oscurio semblait autant à court d'idées que lui.

- Nous pouvons te dire où elle se trouve ! Si tu nous tues, tu ne pourras plus jamais poser tes mains sur elle !

- Vous me direz ce que je voudrais après que je me sois occupé de vous !

- Elle va t'échapper ! lança Sharis en désespoir de cause.

La charge de son assaillant fut la seule réponse qu'il reçut en retour. Sharis plongea sur le côté pour éviter d'être broyé vif par les bras tendus de John, tels des étaux prêts à se resserrer. Oscurio et lui avaient été séparés et se trouvaient maintenant de chaque côté du psychopathe, tandis que celui-ci semblait faire son choix entre deux proies avec une satisfaction carnassière.
Oscurio pouvait peut-être le mener à l'entrepôt en question après un mortel jeu du chat et de la souris. Sharis, lui, aurait tôt fait de se perdre dans l'obscurité impénétrable des égouts et terminer entre les mains de son ennemi.
Et où était donc partie cette satanée hybride ?

_________________


Dernière édition par Sharis Felahan le Dim 16 Jan 2011 01:58, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Ven 7 Jan 2011 20:25 
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… La jeune femme poursuivait sa course dans le dédale de tunnels que représentait le réseau souterrain de la ville. La peur la tenait toujours au corps et seuls ses pas résonnaient encore dans le clapotis de la rigole saccadés par sa respiration forcée. Parfois les rats sentant un potentiel danger dans cette étrange félinité, couraient en tout sens, couinaient l’alerte à leurs congénères, longeant les canalisations, se terrant dans les trous.
N’Kpa n’avait guère de souci de vision, sa vue nyctalope héritage des deux races de son métissage lui permettait de profiter de la moindre parcelle de luminosité.
Son cerveau était en ébullition. Elle ressassait les sensations qu’elle avait perçu en embrassant l’humain. Elle n’arrivait toujours pas à savoir pourquoi elle avait fait cela, juste elle avait senti son recul, son dégoût, puis apprécié son étonnement et son changement et l’instant fugace pendant lequel il s’était abandonné à cette douce volupté. Cela ne dura que quelques secondes éphémères.

Un hurlement se répercuta le long des parois et parvint à l’Humoran. N’Kpa reconnut la voix de John. Son poil se hérissa, elle stoppa sa course et se boucha les oreilles. Elle resta quelques minutes perdues colée au mur suintant, frissonnant… Lorsqu’un second cri, plus fort retentit :


- OU ? OU EST-ELLE ?

Elle comprit que trop les mots et trembla à l’idée que les deux hommes puissent le mettre sur la piste chaude qu’elle venait de laisser.

…. Oh ! Tamila Oscurio, ed Sharis ti pelitamae soo me pelatina ti kanni tea ede N’Kpa… pelatinae Zewen forty umlaginael… Elle secoue la tête, soupir et calme son cœur prêt à crever sa poitrine. Thilytanataë ? je ne peux pas les laisser n’est-ce pas ? … Je leur dois ma vie et ne peux laisser Zewen tisser de mauvais fils de leur vie ? … Pourtant… je n’ai aucune confiance en eux. L’un d’eux n’aime pas les humorans et l’autre me veut dans sa couche, m’utiliser pour je ne sais quel projet douteux ou peut-être me vendre comme esclave… Aide moi Thylinanataë !

( Allons Ithilglî, jeune pousse, tu as la réponse dans ta question… tu sais, tu as toujours su dans ton cœur ce que tu devais faire. Tu as appris et tu sauras te défendre… Mais attention à tes sentiments, ils sont trompeurs et jouent avec toi. Irunbar cutiltandëa to krush Ithilglî… )

La voix diminua et sembla disparaître comme étouffée. Il était plutôt rare que le vieil elfe réponde… Ou était-ce juste sa conscience qui lui jouait des tours ?
Alors que les voix lui arrivaient par bribes, répercutées par l’écho, elle secoua la tête pour la deuxième fois, faisant danser ses nattes et ferma ses grands yeux…


(… Allons ma fille reprend courage, file et va à la rencontre de ton destin…)

Alors elle se tourna dans la direction d’où elle venait, déglutis, serra son poignard contre sa poitrine et força ses pieds à prendre le chemin de retour. Malgré cela au détour d’un couloir, dans une zone profondément sombre, elle buta contre un grand sac et s’effondra dans un fatras de pièces d’armures diverses. Elle jura de sa maladresse. Au loin les cris s’amplifiaient et devenaient plus menaçants. Tant bien que mal elle se remit sur ses pattes, flanqua quelques coups de pieds de rage éparpillant les morceaux. Les cris s’étaient rapprochés ou du moins étaient plus audibles.
Malgré sa frousse, elle comprit ne pas être si loin des protagonistes et trembla derechef de tout ses membres. (((Oh bien sur elle n’est pas très couverte, voir même plutôt bien dénudée et trempée. Ce n’est pas les lambeaux de son pagne et de son haut qui la protègent, mais bien l’émotion, l’adrénaline qui s’insinue dans ses veines comme une décharge électrique et perturbe son équilibre corporel.
Il lui fallut toute sa force mentale pour ne pas rester là... figée.

Alors résolut, elle se releva trempée et courut…

***



Le mastodonte venait de se lancer comme une locomotive droit devant lui. Le noir du souterrain ne semblait pas le gêner. En fait, cet homme a poussé le mimétisme jusqu'à sur-développer un odorat et une ouïe fine comme ses démons, les chiens.
Alors que le Varrockien se jette en aveugle sur le côté, John emporté par son élan passe au-dessus de l’homme et fonce sur Oscurio.
Le trio lors de leur fuite venait d’arriver à la croisée de trois boyaux plus larges et légèrement éclairé par une petite grille perchée loin au-dessus de leurs têtes dans un puit étroit. Sire John s’en voit plus à l’aise de ses mouvements, ses yeux pétillent d’une menace sournoise, un rictus macabre déforme sa bouche. Sans réfléchir il choisit au hasard sa victime et fonce droit sur l’infortuné semi-elfe. Il rugit tel un fauve et lance en avant un poing aussi gros qu’un crâne humain et plus dur qu’une planche de chêne.
Le Oscurio moins pénalisé par le noir, plus leste et sur ses gardes anticipe et évite d’une esquive magistrale la massue de chair qui frôle sa chevelure.
John renâcle comme un bœuf essoufflé, se tourne et retourne la fange dans laquelle il patauge à grands coups de pieds.


- Alors mes souris, on joue à cache-cache ? Attendez qu’j’vous mette la main dessus et j’va vous expliquer c’que j’fais des voleurs ! ALLEZ SORTEZ D’VOTE TANNIERE !

Alors qu’Oscurio se relève dans le dos du monstre, John d’un revers l’intercepte, le plaque contre sa poitrine et le long de son ventre, ses bras comme des mâchoires entourent le fluet voleur pour l’étouffer, l’écraser, le briser comme une branche d'arbre, souligné par un rire tonitruant. En moins de deux, Oscurio sent ses poumons se vider comme un sac de baudruche et son dos menacé de rompre…

Soudain un bruit de cavalcade, la jeune femme déboule juste en face du géant.
Shrrreeeeiii ! POUKA BOURUNDI FISSA YUMAN‘S JOHN ! Aucun des protagonistes ne compris ce qu’elle disait, le ton était impérieux, celui d’un ordre.
Fier de sa prise, John se figea sur place la bouche bée les yeux écarquillés. Son rire s’estompa petit à petit pour céder la place à un sourire amical.
Il relâcha alors l’étaux qui allait broyer l’elfe, le laissa tomber comme une vulgaire chaussette et d’un pas lourd un bras tendu en signe d’appel, il s’avança doucement vers son ancienne proie pour l’amadouer. Le souvenir de la chaleur de ce corps contre sa joue et de son doux pelage est fort présent à son esprit... le calme, le ragaillardit.

N’Kpa est sur ses gardes, tous ses muscles sont tendus prêts à bondir, sa queue fouette l’air ses yeux fendus par deux grains de riz aussi sombre que le néant. Sortie de nul par, elle saute sans se laisser approcher, crochète le cou du géant et, emportée par son élan l’humoran entraîne Grosse Paluche qui prit par surprise titube et tombe dans un raz de marrée nauséabond.
Sa tête vient violemment heurter un mur et l’homme ébranlé s’effondre sans connaissance, un filet de sang suintant de son crâne…


AÏE ! YAHIIIIISHHH ! Par Yuimen que la terre le broie GNNNNN ! LIBEREZ MOI DE CE TAS DE VIANDE IMMONDE !

La jeune femme prise de panique et de dégoût se débat comme une furie ses jambes à moitiés coincées sous la masse du géant. Elle ne peut s’empêcher de le larder de coups de griffes. Son regard colérique aux pupilles dilatées lance des éclairs aux deux hommes...


***



… Il est courant dans toute société de dénicher une économie parallèle ou des groupuscules en marge des lois de celle-ci. Kendra Kar ne fait pas exception.
Ilda avait un avantage sur son amie Humoran, elle était native de la grande cité, connaissait les rouages et fréquentait à l’insu de ses parents adorés un groupe particulier. C’est d’ailleurs lorsqu’elle était en leur compagnie qu’il y a de cela un bon cycle maintenant elle s’était faite enlevée.

… Au carrefour des trois boyaux le silence venait de tomber comme une chape. N’Kpa était toujours sous l’encombrant John encore inconscient. Elle avait réussi à libérer une jambe, épuisée, essoufflée par ses efforts, elle jetait des regards de foudre aux deux compères. Quelque chose l’alerta, elle redressa la tête, se tut releva les oreilles. À côté les deux hommes se remettaient de leurs émotions.

Les égouts avaient retrouvé le calme qui leur était propre… pas totalement. À la périphérie de l’audition étaient perceptibles des sons qui se rapprochaient, différents du clapotis de l’écoulement, des griffes des rongeurs et de leurs « chicotages ».
De petites voix chuchotées furent rapidement audibles et un mince halo de lumière dansante.


Tu as entendu Ratiche?

Shuttt ! Lili … il n’y a plus d’bruit.

Krapette, tu crois qu’ils sont morts ?

John les a sûrement aplatis !

Mais non arrêtez de dire des bêtises bande de froussards !

Ben pourquoi alors il n’y a plus rien ?

Pod porc, j’ai peur…

Taisez-vous, on avance !… Euh Ilda tu… tu vas voir ?

Oui d’accord… mais faites plus d’bruit et tenez vous prêt à rappliquer comme on l’a dis quand j'vous appellerai…


Alors d’un pas des plus léger quelle puisse faire, appliquant ce que lui a appris N’Kpa, en longeant la paroi courbe du tunnel, Ilda progresse et débouche au croisement des tunnels embrassant du même coup la scène s’offrant à sa vue.
Un sourire illumina le visage de la jeune fille… mais…


… ‘TENTION ILDA !

_________________
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Dernière édition par N'Kpa Ithilglî le Mer 12 Jan 2011 08:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Mar 11 Jan 2011 19:14 
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La prestation avait été bien faible pour ne pas dire misérable, et le Gros John, bien que n’étant des plus perspicaces avait senti la farce. Si Oscurio avait déjà essuyé quolibets, crachats, et fruits trop mûrs, jamais un acte de scène ne lui avait valu tant de désagréments. Grosse Paluche n’était décidément pas des meilleurs publics, et Oscurio, artiste déchu, à la prestation avortée, en faisait à présent les frais. On lui avait bien souvent donné de l’accolade et de la tape dans le de dos, mais rien qui ne tenu la comparaison avec l’empoignade de l’instant. Son dos menaçait de se briser à chaque instant, ses omoplates craquaient de manière inquiétantes, sa vision troublée par le manque d’air, embuée par la sueur lui coulant du front, l’empêchait de distinguer autre chose que le rictus et le regard de haine qui le fixaient… Ce fut tout juste s’il crut entendre le semblant d’un bruit de ferraille au loin, peut-être annonciateur d’un quelconque sauveur… Une salvation qui risquait d’arriver bien trop tard à juger le par le son sifflant qui sortait à présent de sa gorge.

« Tout cela pour une sauvage sans prétention On aurait mieux faite de la laisser à son crochet la bougresse… Que fais donc Sharis ? »

Alors que toute issue semblait compromise, un mélange d’hurlement et de feulements atteignit ses oreilles déjà vrombissantes. Le temps de comprendre que N’kpa était revenue, il se retrouva au sol. Reprenant son souffle, les yeux fixés sur le dos du monstre, il se releva… et manqua de retomber au sol devant l’irréel de ce qui s’ensuivit…

La Paluche était à présent étalé de tout son poids sur une humorane qui l’espace d’un instant et d’un coup de pied bien placé venait de regagner tout l’intérêt perdu à ses yeux.

« Sharis, es-tu blessé ? »

A présent bien sur ses jambes, Oscurio analysa la situation. La sauvage était toujours coincée, se débattant furieuse, dans l’attente de leur aide, dans l’espérance sans doute de leur gratitude et surtout à la merci de leur bon vouloir… Il était temps de la convaincre une bonne fois pour toute, et Oscurio fort de sa nouvelle résolution, sortit sa dague, et s’avança vers elle.. avant de se plaquer vivement le dos contre les pierres en entendant les voix de nouveaux arrivants. Il fit signe à l’humoran de se taire, rampant doucement en direction des sonorités importunes… geste bien inutile puisque la sauvageonne se mit à hurler. Apparemment les arrivants étaient connus d’elle, et pour le Sir de Syl cela compliquait d’autant plus ses plans de « conviction »…. Ne sachant très bien que faire, il attendit, lame au clair, la suite des évènements…

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Oscurio de Syl


Dernière édition par Oscurio le Lun 21 Fév 2011 12:53, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Ven 14 Jan 2011 00:07 
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À sa grande surprise, le voleur était toujours en vie et sans le moindre membre brisé. Tout s'était passé très vite : Grosse Paluche gisait maintenant dans le lit de la rivière, le crâne ensanglanté et une expression de totale incompréhension peinte sur son visage. Il semblait hors d'état de nuire. Leur sauveuse providentielle était, elle, bloquée sous le corps massif du géant et se débattait avec force tout en lançant des regards furieux aux deux compères.
Oscurio s'était relevé lui aussi. Il ne semblait pas blessé gravement malgré la pression monstrueuse que Grosse Paluche avait astreinte à son corps. En plus d'être bénis d'une longévité accrue, les elfes semblaient posséder une remarquable constitution.

( Un précieux compagnon, s'il en est. )

Le varrockien se remettait à peine de l'action que des voix se firent entendre dans le boyau voisin. Sans réfléchir, il gagna rapidement un coin d'ombre pour observer les nouveaux arrivants et évaluer le potentiel danger qu'ils représentaient, tandis qu'Oscurio se tournait face au groupe d'un air résigné, l'épée tirée en signe de défiance.
Sharis contourna lentement et d'un pas furtif le groupe en restant dans l'obscurité, pour finir par se placer à l'arrière, prêt à aider son partenaire en cas de comportement agressif des nouveaux. Lorsqu'ils furent assez proche pour que la lueur de leur torche permette au voleur de distinguer leurs silhouettes, celui-ci vit qu'ils n'étaient que des enfants menés par une jeune femme, manifestement terrifiés. Le sens de cette escapade souterraine ne lui échappa pas longtemps : C'était probablement le groupe dont N'kpa lui avait vaguement parlé. Pour quelle autre raison s'aventureraient-ils dans la puanteur des égouts ?
Les enfants s'étaient regroupés les uns contre les autres, proches de la panique générale, tandis que la jeune femme, plus décidée, s'approchait des deux combattants à terre, d'abord avec méfiance, puis avec une expression soulagée tandis qu'elle discernait sous le corps de l'étrangleur la silhouette de son amie humorane. Elle ne semblait même pas avoir vu Oscurio, qui, perplexe, ne savait manifestement pas comment réagir.
Sharis ne mit pas longtemps à entrevoir l'opportunité que le destin lui offrait d'asseoir définitivement son emprise sur N'kpa. Le dos courbé et le pas lent, il se glissa silencieusement derrière la jeune femme, non sans avoir au préalable ramassé dans le flot d'immondices une bouteille en verre en guise d'arme non létale improvisée.

… ‘TENTION ILDA !

Ilda se retourna instinctivement, assez rapidement pour apercevoir la figure de son agresseur avant que le tesson ne l'atteigne à la tempe au lieu de la nuque, lui faisant instantanément perdre connaissance. Elle s'effondra près de son amie et de Grosse Paluche toujours inconscient. Sharis l'examina avec une pointe d'inquiétude : il n'avait pas voulu la frapper aussi violemment et craignit de l'avoir tuée, mais son pouls était régulier. Il se tourna vers l'humorane. La haine concentrée dans son regard en cet instant lui fit presque perdre contenance... Elle avait après tout incapacité un adversaire qui avait failli tué les deux voleurs. S'en faire une ennemie n'était peut-être pas une si bonne idée après tout...
Les enfants avaient laissé leur peur primaire du noir prendre le dessus sur leur courage et n'étaient plus visibles. Oscurio, lui, regardait Sharis d'un air indéchiffrable, sans que celui-ci puisse y discerner de l'approbation ou de l'irritation.

(Ce qui est fait est fait. ) - Oscurio, sans vouloir te commander, peux-tu t'occuper de mettre cette fille dans un coin sûr ? Tu connais ces égouts mieux que moi ; Je suis sûr que tu trouveras une solution. Moi, j'aurai tôt fait de me perdre.

Restait la partie la plus délicate : Convaincre l'humorane de leur prêter main-forte. Sur l'instant, rien ne semblait pouvoir apaiser la colère de l'hybride qui alternait entre les appels angoissés à son amie et ce qui ressemblait à des malédictions dans sa langue natale.
Qu'est-ce qui le poussait donc à vouloir la garder auprès d'eux ? Elle avait fait démonstration de ses étonnantes capacités martiales et de son agilité surhumaine en les tirant des griffes de John (acte dont il ne comprenait pas la motivation, mais soit). Était-ce tout ? Toujours pris par ses sentiments contradictoires entre la répulsion pure et une certaine attirance, Sharis ne pouvait s'avouer à lui-même qu'il espérait la garder un peu plus longtemps auprès de lui car sa fascination pour elle ne baissait pas et en devenait presque une obsession.
Il prit appui contre le mur, les yeux baissés sur l'humorane qui mettait tout en oeuvre pour se libérer.

- Tu n'as pas voulu rester de ton propre gré, en voilà les conséquences. Je te suis reconnaissant de nous avoir sauvé la vie, mais j'ai besoin de plus de ta part. Il faut que tu nous aides, moi et Oscurio. Ensuite, tu pourras partir de ton côté avec ton amie. Je te jure qu'il ne lui sera fait aucun mal tant que la mission se déroule comme convenu. Dans le cas contraire, au moindre signe de trahison ou de mauvaise volonté, tu ne la retrouveras jamais.

Il s'était rapproché de son interlocutrice pendant son discours, pour finir par prendre le visage l'hybride et la forcer à le regarder dans les yeux.

- Est-ce qu'on est d'accord ?

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Dernière édition par Sharis Felahan le Dim 16 Jan 2011 02:19, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Ven 14 Jan 2011 23:15 
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Elle avait remarqué le jeu des deux voleurs et comprenait que trop bien en bonne chasseuse le but final de la manœuvre. Elle avait tenté de prévenir son amie, en vain. Le choc lui sembla violent, accentué par le bruit sourd de la bouteille sur son crâne.
Son sang n’avait fait qu’un tour, son poil se hérissa, la frustration de ne pouvoir agir montait en flèche. Une décharge d’adrénaline parcourut tout son être et sa haine explosa dans un violent verbiage accompagné de feulements.
Derrière dans le boyau d’égout, le petit groupe d’enfants tassé les uns contre les autres s’étiola dans un mouvement commun vers la sortie.


« Nan! SHRIIIIIIIIIiii YAHIIIIIiiiii ... ...! Katika vifuli vya Thimoros, mifi umelaaniwëa wefeä ... wefeä kuchoma myzuliaë ya Meno quyji. Wait pale na mifi aina ya gut wefeä kama samaki! ...NAN ! … SHRIIIIIIIIIiii… YAHIIIIIiiiii ! »

Jamais elle n’avais proféré et expulsé en si peu de temps des menaces et une colère aussi forte. Grosse Paluche fit quelques soubresauts, secoué par la jeune femme encore coincée dessous son corps massif. Non pas qu’il s’était réveillé, heureusement pour tous, juste bousculé par la hargne de l’Humoran. Pour son malheur ou la chance des voleurs, elle ne réussit pas à se dégager.
Elle maudissait sa maladresse et jetait des regards haineux à l’humain planté hors d’atteinte qui la toisait de haut. Si elle avait pu le griffer, lacérer Sharis elle ne s’en serait pas privée. Elle souffla, feula encore un peu sa voix cassée tant elle avait crié fort, puis elle se concentra à nouveau comment libérer sa jambe.
Sharis semblait préoccupé par le sort de la jeune fille qu’il avait assommé, N’Kpa l’aperçu, ça la rassura un peu.


(Par Gaïa l’illuminée, que me veulent-ils à la fin ? Pourquoi tant de…)

N’Kpa se détendit un tantinet et la colère retomba un brin. Elle comprit qu’il était primordial qu’elle se calme si elle voulait obtenir une réponse à ses questions. Après une très courte réflexion, Sharis ne semblait pas avoir eut l’intention de tuer Ilda ; même si le coup porté lui avait semblé disproportionné. Au moins n’avait-elle pas pris un coup de poignard d’Oscurio. Elle tourna la tête avec violence vers le semi-elfe l’air envenimé.
Ils avaient un gros avantage sur elle et elle devait être plus maligne, moins emportée, plus réfléchie…

Sa respiration était encore emballée, son expression toujours colérique. Elle écouta leur échange et reporta son attention aux paroles de l’humain…
… Elle soupira avec force et ferma un instant ses grands yeux couleur miel. Ses doigts et tous ses muscles se détendirent petit à petit, sa poitrine se soulevait avec plus de lenteur, le calme revenait après la tempête. Enfin son esprit se rouvrait à son environnement et aux sensations.


(Ma fille, aurait dit Thilytanataë parfois il faut se cogner à un lendora tout comme un Sturb idiot pour apprendre à contourner l’obstacle…) Elle sourit pour elle-même.

Elle renifla et constata l’odeur nauséabonde de l’eau dans laquelle elle croupissait, ainsi que celle de Grosse Paluche. Ses nattes dégoulinaient, gouttaient de cette eau polluée. Elle secoua la tête, éclaboussa les alentours et fit la moue. (Tu pues plus qu’un Brok’Nud en rut …) Pensa t-elle.
Puis elle revint à sa situation. Elle ne sentait plus sa jambe ankylosée encore coincée sous la masse du monstre et s'en inquiéta.
Sharis lui fit un sermon qu’elle ne comprit pas dans son intégralité. Juste, elle saisit qu’en échange de son aide et si tout ce passait bien, Ilda serait libérée.
Elle remarqua que quelque chose dans le comportement du voleur avait changé. Son regard était étrange, différent et son odeur corporelle malgré celle environnante était modifiée. Tout en parlant, tout doucement, il s’approcha d’elle avec tout de même une certaine méfiance, il lui prit avec délicatesse son menton et la força à le regarder.
Elle frissonna, son poil mouillé dans son dos se hérissa, elle frémit. Alors elle plongea ses yeux dans les siens, noirs et insondables, y cherchant une réponse à ce revirement. Elle cilla des paupières, se mordilla la lèvre inférieure purpurine gonflée par l'émotion de ce qui c'était passé dans une expression de gène. Son cœur battait à nouveau la chamade, peur, colère, ou tout autre sentiment, elle n’en savait rien.
Doucement, elle oscilla du chef dans un mouvement d’acceptation et prit la parole.


« Nawezaë kufanya nifi kama Thilytanataë kufibali soko lake? » Serait-il possible de soulever cet immondice pour libérer ma jambe ? elle désignait John, sourit à Sharis avec une expression renfrognée et reprit avec un gros effort : J… je vous aiderai… mais j’ai ta parole Maître Sharis que vous ne ferez pas de mal à Ilda et qu’elle sera protéger pendant ce temps?

Elle attrapa la main de Sharis et la posa sur son coeur, elle en fit de même avec la sienne, signe simple du pacte de respect de la parole donnée pour son peuple d'adoption.

Par ce geste Sharis tu as la mienne, tant que je serais sûr de pouvoir retrouver Ilda. Mais si jamais j’ai un doute, ou si vous me trompez…

Elle replongea son regard à son tour dans celui de l’humain, une lueur bien déterminée et sans équivoque n’offrait aucune concession, aucun chantage supplémentaire…

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Dim 30 Jan 2011 23:02 
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La bête semblait finalement domptée. Sharis, au regard de la réaction de l'humorane face à l'enlèvement de son amie, avait la certitude que celle-ci ne tenterait rien tant que le destin de la jeune femme était entre leurs mains. Examinant une fois de plus le long corps musculeux de l'hybride, il se fit cependant la promesse de ne jamais baisser sa garde : Un accident était vite arrivé...

- Soit, dit-il alors en retirant hâtivement la main de la poitrine de l'humorane. Obéis à nos ordres et tout se passera pour le mieux.

Il s'agissait maintenant de libérer la jeune femme du poids écrasant de Grosse Paluche. Heureusement, Oscurio choisit cet instant pour réapparaître et prêter main-forte au jeune voleur. Tout en surveillant anxieusement la réaction du géant, les deux compagnons soulevèrent le psychopathe juste assez de temps que pour laisser le champ libre à l'humorane. Ils le relâchèrent ensuite sans ménagement dans le lit de la rivière souterraine ; Grosse-Paluche ne donnait heureusement aucun signe de vie.
L'humorane se tenait maintenant de toute sa hauteur devant le varrockien qui se tenait prudemment à distance. Sa colère pouvait resurgir à tout moment... Pour dissiper le malaise ambiant, Sharis détourna hâtivement le regard et se tourna vers Oscurio :

- Bon, et maintenant ? La participation de Grosse-Paluche semble compromise et je n'ai pas franchement envie de traîner plus longtemps dans les parages. Alors, quelle est la suite du plan ?

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Mer 2 Fév 2011 23:28 
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Oscurio laissa mourir dans son dos le regard de son partenaire et de l’humouran, s’enfonçant dans le labyrinthe, un nouveau poids sur ses épaules. Culpabilité devant le traitement de N’Kpa, réluctance à laisser Sharis en sa compagnie… Nul de tout cela, juste une jeune femme ayant gouté à la caresse un peu ferme du Varrohkien. Quel coup magistral ! Oscurio imaginait encore quels mots pourraient rassurer l’intruse, quand le tesson s’envola. Une fois de plus, son compagnon avait démontré une certaine assurance, et sa, bien entendu temporaire, prise en charge de la situation, offrait au Sir de Syl le loisir de penser la suite.

Et c’est là où venait réellement peser les évènements de ce soir, car la donne avait changé. Gros John pouvait se réveiller à tout instant et ne manquerait pas de se remettre à leur recherche. Aussi, qui pouvait prédire l’agressivité ou la loyauté de N’kpa en cas de co-opération, ou même à l’inverse, sa volubilité s’ils la relâchaient ? Personne ne devait savoir qu’ils étaient içi... Et quand bien même la sauvageonne gardait bouche close, l’horde d’enfants apeurés aurait tôt fait de piailler dans les bas-quartiers. Tout hors-la-loi sérieux, savait que trop de bouleversements compromettaient plus solide des plans.

S’arrêtant à cette idée, le Sir se mit à considérer sérieusement le fardeau de ses épaules. Cette jeune femme pouvait débloquer la situation comme la compliquer. Il ne pouvait prédire sa réaction à son réveil, mais il ne pouvait guère douter de son point faible : on ne brave pas deux loubards inconnus, dans des couloirs souterrains, pour une curiosité que l’on a rencontrée du matin. Les deux femmes étaient clairement inséparables…

Ce fut surement la force de cette idée qui vînt lancer la main à travers le visage de l’inconsciente.

Ecoute-moi bien,

Je ne connais pas ton nom et tu ne connais pas le mien, mais une chose est sur, tu vas faire ce que je te dis. Comprenons-nous dès le départ, je ne te veux aucun mal, mais si tu cries, tu fuies, tu feules, ta copine meurt, est-ce clair ? Bien, reprenons. Je vais te relâcher et te donner un peu de monnaie, tu vas prendre le couloir dans mon dos jusqu’au moment où tu rencontras une plaque d’égout, tu y grimpes, et tu trouveras l’auberge la plus proche, celle du paladin. Tu y rentres et tu y prends une chambre au nom de N’Kpa. Tu y montes et tu nous y attends bien sagement.

Je retourne auprès de ton amie car nous avons besoin d’elle. Elle te rejoindra avant l’aube, à moins que tu ne joues à plus stupide que tu n’as l’air.


Et sans un mot, ni un regard de plus, Oscurio lui laissa quelques piécettes et s’en fut…


…A présent, il était à nouveau face à la sauvageonne et son esprit ajoutait un dernier coup de crayon aux traits de son plan.

Suivez-moi vous deux, je vous expliquerai en chemin.

N’Kpa, nous en avons après un nobliau de Kendra Kar. Je ne peux te convaincre par la violence, et je dois pouvoir te faire confiance pour ce qui suit. Alors je vais t’expliquer l’histoire. Ce noble vois-tu s’en est pris à ma compagne, et à la sœur de Sharis que tu vois ici… Il les a charmées au détour d’un étale de marché où elles vendaient leurs étoffes, et invitées lors d’une de ses réceptions masquées, comme ils les affectionnent tant dans ces beaux quartiers.. Elles s’y sont rendus malgré nos mises en gardes, elles y sont allées vêtues de leurs atouts les plus ravissants, croyant à la légendaire noblesse de mœurs de cette engeance. Mais mon défunt maître disait toujours que "seules les chausses du prêtre étaintt plus souillées que le mouchoir d’une catin". Nos chères ont appris cette leçon à leur dépend, quand la soirée s’est teintée de luxure, elles ont voulu s’en aller, il a alors barré la porte, et les a ….

Le ton était lugubre, la voix étouffée, comme assourdie par une boule de souffrance qui venait se loger au fond de sa gorge, ses épaules s’étaient vouter un instant à l’annonce de l’horreur, avant de se redresser, quand il se mit à accélérer la gorge pleine d’une rage feinte….

Avec Sharis ici, nous avons décidé de lui faire payer coûte que coûte. Si je te dis cela c’est que je vais avoir besoin de toute ta coopération pour que tu puisses nous aider, et cela sera impossible par la force. Maintenant, écoute, le plan de ce soir est à l’eau car te sauver à déclencher trop de risques, mais nous aurons besoin de ton aide dès demain c’est sûr…

Je suis prêt à te dédommager, t’évitant la recherche d’un boulot, et à t’assurer une protection entière dans les rues de cette ville, et Gaïa sait qu’une humorane comme toi en aura besoin.
Comme gage de ma bonne foi, une chambre à ton nom t’attend au Paladin, avec assez pour manger, boire, te décrasser, et surtout te tenir compagnie….



Il se retourna et planta ses yeux dans ceux de N’Kpa

Demain, quand le soleil sera à son zénith, nous viendrons Sharis et moi dans la salle commune. Ca sera à toi de voir si tu veux nous rejoindre ou pas…

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De nous voir, les guerriers s'énervent
et nous traitent de cœur tendre
Mais nous rions car toujours notre verve
Là où l'épée s'arrête, se fait entendre...


Oscurio de Syl


Dernière édition par Oscurio le Lun 21 Fév 2011 12:54, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Sam 5 Fév 2011 22:44 
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… La claque fut violente et Sir Oscurio ne laissa pas le temps à la jeune fille le soin de comprendre où elle était, pourquoi et ce qui c’était passé. Elle avait un mal de crâne atroce et la voix raisonnante du voleur lui donnait la nausée.
Ilda hoqueta, des larmes de douleur noyaient ses yeux, sa main se porta tout d’abord à la joue brûlante, puis à l’arrière de sa tête. Un œuf de pigeon était déjà formé et une petite plaie avait maculé ses cheveux de sang. Ilda frissonna de froid et de peur. Au-dessus d’elle l’elfe ne mâchait pas ses mots, ne prenait aucune pincette et le ton était autoritaire.
Il faisait sombre, elle était assise dans de l’eau puante et froide, un courant d’air par moments glaçait ses os et petit à petit elle se rappela ce qui s’était passé et où elle était.
Qui étaient ces deux hommes, avaient-ils tué Sire John et allaient-ils en faire autant avec N’Kpa ? Voilà les questions qui se bousculaient dans son esprit… Malheureusement pour l’instant, elle n’en aurait pas la réponse et se tu. Elle repensa à son petit groupe, où étaient les enfants eux aussi ?

Oscurio avait fini ses instructions, il la releva sans ménagement, Ilda fit un signe de tête affirmatif quand il lui déposa quelques piécettes dans la main. Sans se retourner il disparut s’enfonçant dans les couloirs malodorants.
Rapidement le silence reprit possession du lieu, juste troublé par les grattements des rats et le clapotis de l’eau.
Ilda dans le noir se tenait là, debout, hagarde, les pieds dans la mare, grelottante, les bras serrés contre sa poitrine. Dans sa main, elle tenait fermement les quelques pièces de monnaie et cherchait encore à rassembler ses pensés. Quelques instants plus tard, elle souffla et se mit à tâtons à chercher la bouche d’égout dont l’homme lui avait parlé. Au bout d’un temps qui lui parut interminable elle gravit péniblement les échelons, écouta les bruits de la ville la ramenant à la vie.
Avec un effort surhumain, elle souleva la grille de métal et s’extirpa du ventre de la cité sous les regards ébahis des gens qui formèrent une ronde malsaine autour d’elle. Il faisait nuit et les ombres des personnes s’allongeaient comme des spectres sous la lumière vacillante des torchères de la rue. Ilda fit le tour des regards avec gène, ausculta les visages qu’elle discernait, partager entre curiosités, indignations, réticences et dégoûts… Les murmures plébéiens n’étaient pas des plus amicaux.
Trop d’histoires sur le monde d’en dessous et ses habitants plongeaient les rêves en cauchemars et alimentaient la peur viscérale de chacun.
Une femme s’approcha, lui tendit une main et fusilla les gens autour d’eux.


« Allons donc, poussez vous, laissez là, vous ne voyez pas que vous l’effrayez et qu’elle est blessée ? Allez ouste ! …
… Viens jeune fille, je vais t’aider, tu me raconteras si tu veux bien ton histoire et comment tu as réussi à t‘échapper du monde de Thimoros. »


Ilda la dévisagea et lui sourit gentiment. Les gens semblaient ne plus s’occuper d’eux et reprenaient le cour de leur vie.

Merci m’dame, mais je… n’ai pas vraiment besoin… je vais bien… je jouais avec mes amis et je me suis perdue dans les égouts. En courant dans le noir j’me suis cognée et je crois être restée assommée longtemps.

La femme regardait la jeune fille et fit la moue… Mais Ilda ne lui laissa pas le temps de trop réfléchir, la remercia et s’en fut avant même qu’elle puisse réagir. Après quelques détours, surveillant si elle n’était pas suivie, Ilda s’arrêta et se posa, le cœur chahutait dans sa poitrine, elle était en sueur et grelottait. Elle desserra ses doigts crispés sur les pièces et les compta.
Il était temps de faire le point…
Elle pouvait aller voir ses parents et demander de l’aide, après tout N’Kpa l’avait raccompagné pour ça… Mais d’un autre côté elle ne savait rien des deux hommes et de leurs projets et comment les retrouver. S’ils avaient voulu du mal à son amie, L'homme aurait-il donner des pièces et demandé qu’elle aille les attendre à l’Auberge ? ... La milice ? Non ! … Elle ne servirait à rien, en plus elles avaient fui toutes deux les hommes du guet, alors la jeune fille ne doutait pas un instant que c’est elle qui finirait dans une geôle.
Elle ne pouvait pas aller à l’auberge du Paladin, dans son état. Ilda chercha donc une fontaine, se nettoya rapidement guettant toute ombre et bruit suspect. Une fois débarbouillée et plus présentable elle rejoignit le lieu et s’engouffra dans l’auberge, d'où un fort tumulte et musique en sortaient…


***


Sharis ôta sa main avec hâte. Elle ne le quittait pas du regard et sentait bien maintenant son malaise et sa méfiance. Cela ne lui déplaisait pas et jouer avec sa répugnance ne la laissait pas indifférente, ainsi elle gardait une influence sur le jeune homme, quelle saurait exploité si besoin. Elle acquiesça à sa demande d’un mouvement de tête. Oui, N’Kpa respecterait sa parole… sauf si …
Le voleur essaya de bouger un peu le géant et malgré les efforts combinés de l’humoran, le monstre ne broncha pas suffisamment pour dégager sa jambe. Elle feula de dégoût. Mais un point vital était que les fourmillements qui parcouraient le membre, même si atroce indiquaient une amélioration, le sang circulait à nouveau. Oscurio arriva sur ses entre faits et, à deux, ils réussirent enfin à faire le nécessaire.
À peine debout, la jambe encore douloureuse, N’Kpa et Sharis furent inondés par le Sir de Syl d’une explication de la situation des plus théâtrale qui soit. Tout dans son attitude et dans son sens de la répartie mettait à mal l’éventualité d’une collaboration en toute confiance. Le semi-elfe était sans pareil et bien plus dangereux que le Varrohkien, sa langue trompeuse et son verbiage bien plus sournois.
Elle ne comprenait pas la totalité de l’exposé que lui faisait le semi-elfe. Elle ne connaissait pas la signification de certains mots et de quelques sous entendus. Mais le fond ne semblait pas crédible. Elle doutait que le duo puisse avoir autant de considération et être magnanime, même pour aider un membre d’une famille improbable.
N’Kpa en était maintenant convaincue et restait sur sa réserve, laissant le semi-elfe dérouler le tapis de son esprit tortueux. Elle avait donné à Sharis sa parole et la tiendrait, mais à la première occasion elle savait devoir s’éloigner de ces deux personnes aux agissements douteux.
L’inconnue dans tout ça était le résultat de sa collaboration avec eux et comment elle en sortirait. Déjà, elle avait été repérée par des miliciens et se doutait avoir maintenant un visage, une silhouette, une description que lui vaudraient des ennuis. Oscurio lui proposait une sécurité hypothétique, qu’elle avait du mal à croire et un « travail » qu’elle avait du mal à concevoir.
Pour l’heure, elle était épuisée, crottée et puante, avait faim et elle devait récupérer ses affaires. Oscurio lui offrait le gîte et le couvert pour le reste de la nuit, elle l’acceptait de bon gré.
Elle soutint le regard d’Oscurio sans baisser le sien une lueur de méfiance et fit un oui d’un mouvement de tête, avant de rajouter :


Oscurio, j’espère qu’Ilda va bien et que tu l’as pas mise entre de mauvaises mains ? Je te promets qu’il t’en coûtera si jamais il lui est arrivée un malheur… je dois reprendre mes affaires plus loin …

Elle emboîta le pas des deux hommes. Derrière eux le géant grogna et remua. Pour eux était venu le temps de changer d’air au plus vite. Quand Sire John se réveillerait avec le crâne douloureux, il valait mieux ne pas être trop prêt. L’Humoran se retourna jetant un dernier regard en arrière, frissonna l’entendant bouger. Plus loin devant la lumière dansante de la torche que tenait le semi-elfe s'éloignait... Elle courut pour les rejoindre.


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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Ven 24 Juin 2011 00:18 
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Apres une évasion discrète me voilà enfin dans ce qui va être une bonne partie de plaisir.
Cet endroit puant et rempli de fange ne m’inspire que dégouts et envie de vomir. On peut ressentir en ce lieu moult parfums des plus exquis tel que gerbasse, putréfaction, mort et j’en passe. C'est là que pullulent les rats les plus voraces qui puissent exister sur Yuimen. Je pris donc le seul chemin qui s’offraient à moi et commençais donc à me frayer un chemin parmi les algues et la boue présente dans ces conduits infâmes. Se frayer un chemin était dur et je fus rapidement à bout de souffle, en effet la boue épaisse ralentissait constamment mes mouvement et alourdissait chacun de mes pas. Cette fange me rendait fou en plus de me donner la nausée et je savais qu’il me faudrait à peu près deux jours pour traverser les égouts à ce rythme. Je fis une pause au bout de ce qui me sembla être des jours. J’étais affamé et je n’avais rien à manger sur moi. Heureusement pour moi un débilapins me suivait depuis déjà 15 minutes et je décidais donc de le tuer pour voir s’il y avait quelque chose de mangeable sur lui. Ce fut ma première erreur. Cette saloperie de lapin était imprévisible et bien du mal m’en pris de l’attaquer. Je tentais une approche par derrière alors qu’il était resté bloquer sur un os de rats. Il se retourna vivement et me mordit la main. Je saignais. Ce lapin de malheur savait mine de rien ce défendre et ses dents acérés savait mordre. Mon attaque « furtive » fut un échec total et après seulement 10 minutes de combats le lapin m’avait mordu deux fois. J’étais paniquer quand soudain me vint une idée. Je m’éloignai donc de ce fichu lapins et attendit qu’il revienne à l’assaut. Au moment où il voulut sauter sur mon mollet pour le mordre je me retournai et invoquant toutes mes forces lui mit tant bien que mal un coup de pied. Cela n’eut pas l’effet que j’escomptais mais le repoussa quand même ce qui me permit de prendre un léger avantage et de planter ma dague dans le cou du lapin. Ayant réussi ma botte je continuai mon chemin en direction de la sortie. Les égouts étaient de vrai labyrinthes et je me perdis au premier embranchement à peine, d’après la lumière blafarde régnant dans l’endroit je décidai donc de m’arrêter ici pour faire un somme avant de continuer mon chemin. Après ce repos bien mérité je repris donc mon chemin. Ce voyage devenait de plus en plus dur la fange s’épaississait à chaque pas et une odeur de cadavre flottait dans l’air.
Cette odeur de putréfaction me faisait tourné la tête et je failli plusieurs fois m’évanouir sous le poids de cette horrible puanteur. Il faut dire que je n’étais pas habitué à voyager aussi difficilement. Heureusement pour moi à mesure que j’avançais dans ces conduits je sentais une légère brise me fouetter le visage. Je passais encore une heure dans les conduits ou je me perdis. Finalement j’étais dehors après ce périple qui m’avait plus que pompé l’air j’étais prêt à quitter cette ville de malheur. Direction maintenant Exech.

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Vae Victis!!!!!!!



wolfy-voleur-lvl-1-t3955.html#p191116 Wolfy voleur lvl1


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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Lun 2 Jan 2012 11:29 
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Je décide de suivre les indications de la dévergondée de service qui se trouvait aux baraquements un peu plus tôt. Cependant, je m’y rends avec une certaine méfiance, m’ayant indiqué un endroit peu fréquentable, je reste sur mes gardes, ne voulant pas tomber dans un piège. Qu’est-ce que le porte-document du chef de la milice peut-il fabriquer avec quelqu’un qui se rend dans les égouts ? Tout cela n’est pas très net et il me revient la tâche de découvrir de quoi il retourne.

Discrètement et avec prudence je m’aventure dans le milieu souterrain, puant de Kendra Kâr. Sa face cachée, son double si l’on peut dire, mais son exact contraire. Alors que l’on parle de cette ville comme la Cité Blanche, peu de gens savent à quel point elle peut être noire. Je ris intérieurement de ma remarque puérile. Je ne suis pas douée pour l’humour, j’évite autant que faire ce peu d’en faire en public, mais dans mon esprit, ce n’est pas pareil, il n’y a que moi…


(Est-ce que je compte pour rien ?)
(Oh Samyà ! Cela fait quelques temps que tu ne t’es pas manifesté et n’étant pas encore très habituée… Je suis désolée.)
(Tu t’excuses ? Et bien, c’est du nouveau. Soit, j’accepte.)

La voix de ma faera se fait taquine sur la fin. Je ne sais toujours pas pourquoi elle est entrée en contact avec moi. Le hasard ou le destin ? Et pourquoi avait-elle cette mine si triste au début ? Je n’ai guère le temps de me pencher sur le cas de ma rencontre avec Samyà, car des voix me parviennent au loin. Au détour d’un des couloirs nauséabonds des égouts, je me plaque contre le mur pour entendre la conversation et tenter d’en saisir les tenants et les aboutissants.

"Tu m’avais dit que tu aurais ces documents aujourd’hui même !

Ce n’est pas si simple voyons… Je suis surveillé à chaque instant et je ne peux rien faire sans que l’on m’observe.

Arrêtes de me prendre pour le dindon de la farce veux-tu ! Il me faut ces documents pour monter en grade à Bouhen petit frère et tu le sais !

Je sais, mais je te le répète, ce n’est pas aussi simple… Écoute… Retrouve-moi dans une heure à la taverne du Paladin, j’aurais ce dont tu as besoin."

L’homme le plus baraqué enlace son frère avant de s’éclipser. Le porte-document, ce traître, soupire et s’apprête à prendre un chemin différent lorsque je surgis devant lui, épée hors de son fourreau. Je le menace et ce dernier me répond par un sourire narquois. Par Yuimen qu’est-ce que je peux détester les gens trop sûrs d’eux. Oui, je sais, je suis un peu pareil.

Vous n’irez nulle part sauf en derrière les barreaux ! Donnez-moi ces documents où je vous jure que vous allez goûter le tranchant de ma lame."

Toujours en souriant, il range soigneusement les papiers dans sa poche et je sens alors un vent puissant souffler dans cet espace confiné. Un magicien génial ! Je hais particulièrement les magiciens qui se réfugient derrière des sales tours pour s’en sortir, mais j’ai aussi appris à me méfier de la puissance de certains de leurs sorts. Je brave cette tempête simulée pour tenter de porter un coup à mon ennemi. Mon épée brasse le vent et cela redouble l’hilarité de mon adversaire.

"Et tu dis être un homme alors que tu n’as pas assez de courage pour affronter une femme dans un combat digne de ce nom !"

J’hurle cette phrase de toutes mes forces pour qu’il m’entende à travers le vent qui brasse ma chevelure. Soudain tout s’arrête et je peux voir que son regard à changer. Je viens de le blesser dans son orgueil et cela à deux effets. Un positif : il arrête ses tours de passe-passe. Un négatif : la rage s’est emparée de lui et il semble vouloir tout démolir.

Sa main fonce vers mon visage. Je parviens à l’esquiver de justesse en me baissant, mais un violent coup de pied vient me frapper au niveau des côtes me coupant la respiration pendant quelques secondes. Pendant ce temps il en profite pour se ruer sur moi en poussant un cri monstrueux. Bordel, mais comment une petite phrase anodine peut-elle changer un homme à ce point ?

Empoignant mon épée à deux mains je tranche dans le vif et parviens à le blesser superficiellement. Un fin filet de sang coule le long de son flanc droit. Il pose sa main sur sa blessure et sa folie destructrice empire. Je ne vois pas le coup venir et ressens soudain que ma tête entre violemment en contact avec le mur des égouts. Je veux le poursuivre, mais mes forces diminuent et je sombre dans l’inconscience.

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Un grand merci à Dame Itsvara pour la signature




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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Jeu 3 Mai 2012 20:53 
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Si Azra avait pensé que le quartier des docks étaient aussi immondes et puant que les rejets de Kubi après une soirée trop arrosé, il découvrait maintenant l'horreur des miasmes de l'égout, si intenses qu'elles en devenaient presque palpables. Il adressa un dernier regard à la pâle lueur de la nuit et s'engagea dans le tunnel circulaire.
La torche éclairait des murs de pierres taillées déjà envahis de moisissures. Le conduit tubulaire contenait deux sortes de trottoirs encombrés de saletés longeant le conduit principal dans lequel coulait les effluents de la ville. Soudain, il y eut un mouvement dans l'ombre. Azra vit avec horreur un groupe de rats s'enfuir dans les ténèbres.
Il y a de cela quelques années, il avait faillit terminer ses jours sous les incisives d'un monstrueux rongeur des plaines. Depuis, la seule vue de ce genre de bestiole le laissait tremblant de terreur.

(Bon sang, j'aurais dû me douter qu'il y avait de ses saloperies ici ! Pourquoi je suis descendu plutôt que de me faire tuer par ce foutu gang ?)

Il était peut-être encore temps de faire demi-tour. Avec un peu de chance, il se ferait seulement tabasser à la sortie. En plus, il ne savait même pas ce qu'il allait en retirer ! Il allait leur demander une garantie ! Ils allaient vraiment le récompenser pour ce qu'ils lui demandaient de faire ! Il allait leur dire...
… qu'il avait peur des rats ?
Il voyait déjà une dizaine de faces hilares et un sourire plein de croc dont les jappements annonçaient qu'il serait ravi de pouvoir raconter à tout le monde quel genre de courageux aventurier on pouvait trouver en ville.
Azra se tordit les mains, gémit et frappa le mur, le dos métallique de ses gantelets résonnant dans le tunnel.

(C'est pas vrai ! Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Pourquoi ? J'en ai marre ! Arrêtez ! Arrêtez ! Je veux plus...)

Il s'effondra en pleurant, se demandant s'il ne devait pas tout simplement se laisser mourir ici. Mais une petite partie au fond de lui-même, une fierté qu'il ignorait posséder alors qu'elle l'avait soutenu tout au long de sa vie, le poussa à se reprendre. Ce n'était que des rats ! De fichu sales bêtes qui fuiraient dès qu'il s'approcherait !

(J'ai survécu à pire ! Allons, tu n'es pas tout seul, je suis avec toi...)

Il se demanda vaguement pourquoi il se parlait à la deuxième personne. Était-ce Chandakar qui avait dit ces derniers mots ? Ça ne lui ressemblait pas...
Le jeune homme reprit donc son courage à deux mains et, les dents serrées, s'enfonça dans les égouts.
Il passa un couloir à droite et un autre à gauche, puis, prit le tournant qui lui avait été indiqué. De temps à autre il tressaillait encore en voyant un rat détaler, mais il se forçait à ne pas y penser. Il arriva bientôt à l'ouverture suivante qu'il devait emprunter. Au loin, des bruits de gouttes d'eaux retentissaient. Il dépassa plusieurs couloirs et entrevit une faible luminosité devant lui, sans doute une autre grille d'égout. Il décida de se hâter de la rejoindre, des bruits retentissaient un peu partout et il n'aimait pas ça.
C'est alors que les rats surgirent de toute part. Des dizaines de rats qui se jetèrent sur lui, montant les uns sur les autres pour grimper le long de son corps.
Le garçon hurla, portant des coups frénétiques qui faisaient voler au loin des rongeurs qui revenaient aussitôt. Il crut qu'il allait perdre la raison, engloutit sous une masse de créatures voraces unies comme une même entité qui se faisait l'incarnation même de la folie
Azra tenta de s'enfuir en courant mais ils étaient déjà plusieurs à lui courir dessus et les autres le talonnaient. Pourtant, ils ne le mordaient pas...

(Calme toi, pitié, calme toi ! Il doit y avoir un moyen... réfléchit...)

Il réalisa alors que c'était à sa sacoche qu'ils s'en prenaient !
À ce moment-là, il trébucha sur des ordures et s'étala durement par terre tandis que la torche s'éteignait. Sonné, il ne put empêcher la horde monstrueuse de le recouvrir. Il cessa de se débattre, sanglotant de terreur, cherchant désespérément un moyen de s'échapper alors que chaque seconde se transformait en heure de supplice. C'est du fond des âges que lui sembla revenir la mémoire de la cause de l'attaque des rats. Il parvint à bouger et à saisir la sacoche où se trouvait son dernier morceau de pain. Il l'ouvrit et aussitôt, les rats se précipitèrent, lui griffant la main au passage. Il prit le pain et le lança au loin.

(Mangez ça, saletés !)

Les rats se lancèrent à la suite du morceau de pain et disparurent. Azra resta immobile, tremblant et choqué. Il n'était pourtant pas au bout de ses peines. Une voix retentit au loin et résonna dans le couloir.

« Qu'est-ce qui se passe ? Ça venait du couloir... »

« Le chef a dit qu'il fallait tuer tous ceux qui s'approchaient de la planque, alors on ferait bien d'aller voir. »

« Ouais, enfin, là je crois qu'on s'est un peu trop éloigné. »

Reprenant ses esprits, Azra se drapa dans la cape de Gaber, rabattant la capuche sur sa tête. Heureusement, son ancien compagnon semblait savoir que les manteaux de couleurs vives n'étaient pas la clé de tout car la cape brune se fondait à la perfection avec le mur des égouts. Il entendit les voix s'arrêter.

« Bah, il n'y a rien dans ce couloir, ça devait juste être des rats qui se bagarrent... »

Et les pas s'éloignèrent.
Azra s'efforça de reprendre son souffle.
La panique refluant laissait place à un calme surnaturel. Le jeune homme ne pouvait que s'étonner de constater que le monde reprenait son cours normalement. C'était fini. Il pouvait reprendre sa mission. Non que l'envie lui manque de laisser tomber, mais c'était le meilleur moyen de se faire massacrer par un homme-loup furieux. Tremblant et déjà rattrapé par la fatigue, il reprit son chemin. Que fallait-il faire, déjà ? À oui, traverser une salle et prendre la première à gauche...
Il tâtonna dans la semi-obscurité et récupéra la torche.
Comme l'avait dit son « employeur », il y avait visiblement d'autres bandits à vouloir s'installer par ici (sûrement des fous), Azra longea donc les murs en surveillant partout autour de lui.
Il n'y avait plus personne, heureusement. La salle d'où provenait la lumière était éclairée par la pleine lune visible à travers une grille d'égout. Par là, tombait des gouttes d'eaux saumâtres dans un bassin. Quatre couloirs, toujours suivant les canaux d'écoulements, rayonnaient de la salle. Il s'engagea dans le passage d'en face et commença à chercher « l'ouverture sombre » qui devait mener à la cachette. La raison de la mort des compagnons du liykor était compréhensible vu qu'il y avait déjà des bandits installés dans le coin, mais il fallait mieux retrouver les corps et ramener une preuve pour le satisfaire.
Comme la lumière de la salle s'éloignait, il ralluma la torche avec le briquet à amadou, en espérant ne pas attirer un ennemi.
Azra franchit plusieurs intersections en se demandant à chaque fois s'il ne fallait pas tourner, mais il décida de continuer sur le même chemin, au moins, ainsi, il ne se perdrait pas.
Cette tactique finit par payer car il trouva finalement un pan de mur effondré donnant sur un souterrain ténébreux.
Le trou donnait sur une pièce carré avec une ouverture dans le fond. Azra se laissa tomber dans l'ouverture et observa la pièce autour de lui. Il n'y avait rien à l'intérieur mais les murs étaient faits d'une pierre différente. Azra se demanda alors si les égouts n'avaient pas été construits parmi des ruines plus anciennes.
Alors qu'il était petit, il avait été surpris de trouver parfois des objets bizarres et des ossements en creusant dans la terre. Ses parents lui disaient que c'était leurs ancêtres qui avaient fabriqué ces objets et chassé ces animaux, peut être deux mille ans plus tôt, mais avec le temps, les choses finissaient enfouies sous terre. Peut être en allait-il de même pour les villes ? Kendra Kâr était âgée de plus de deux mille ans, peut être les vieux bâtiments finissaient-ils sous terre et les autres se construisaient dessus ?
Il traversa donc la pièce pour atteindre ce qui avait dû être un encadrement de porte. Le cœur battant, il vit dans la pièce suivante, de laquelle partait deux autres couloirs sur les côtés, trois cadavres.
Il ne restait que des squelettes encore rougeâtres par endroit et des lambeaux de tissus qui rappelaient les haillons grisâtres du gang du liykor. L'un d'eux portait en plus une armure de cuire fine et un peu miteuse. Azra souleva l'armure et les ossements à l'intérieur se vidèrent. L'estomac du garçon se retourna quand il vit que ces ossements avaient visiblement été rongés et nettoyés, probablement par des rats.
Les morts n'ayant plus guère besoin de leurs possessions terrestres, le garçon ne se gêna pas pour les fouiller, malheureusement, ils n'avaient pas grand-chose sur eux. L'armure serait peut-être assez caractéristique, cependant. Le liykor devrait être en mesure d'identifier si elle appartenait à un de ses amis. Il l'enfila donc.

(Tu devrais partir au plus vite !) lança Chandakar, visiblement inquiet.

(Tu crois ? Moi qui avait envie de m'installer ici...) ironisa Azra qui n'était pas d'humeur à perdre du temps.

(C'est sérieux ! Tu cours un grand danger...)

(Que pourrait-il bien m'arriver dans l'immédiat ?)

(La même chose qu'eux, par exemple ? Ça ne te surprend pas, toi, qu'un homme entre ici, y trouve la mort, et que deux autres partis le chercher viennent et meurent à leur tour ?)

(S'il y a eu quelque chose de dangereux, ça a dû partir depuis longtemps...) s'agaça Azra.

(Ah oui ? Je n'aurais même pas besoin de retrouver mes pouvoirs de nécromancien pour te dire qu'ils ont dû penser la même chose !)

Azra sentait de plus en plus son sang se glacer devant la logique imparable de son compagnon. Il se leva, se tourna vers la sortie... et vit la chose qui s'approchait silencieusement dans son dos.
C'était un rat, sauf qu'il mesurait au moins cinquante centimètres. C'était une monstruosité aux incisives baveuses et à la fourrure rongée par la vermine. Et il y avait un autre détail : les rats ne s'approchent pas discrètement dans le dos des gens avec l'intention manifeste de leur planter les dents dans le cou.

(Prend garde ! Je ressens une puissance sinistre. Cette créature tire sa force de la magie, je me souviens avoir créé des créatures envoûtées comme cela par le passé. Son créateur a dû ensuite l'abandonner dans les égouts et il s'est installé ici...)

Tremblant, Azra commença à reculer pas à pas devant le monstre.
Celui-ci bondit. Plus par miracle que pour quelqu'autre raison, Azra parvint à le saisir à la gorge, mais la charge furieuse le jeta à terre. La torche roula plus loin mais ne s'éteignit pas. Il roula sur le sol tout en tenant le rat à bout de bras, laissant ses dents claquer dans le vide. Il l'étranglait de toutes ses forces mais le monstre ne semblait pas plus ennuyé que ça. Sa queue s'enroula autour du bras du jeune homme et il se tordit pour lui porter des coups de griffes à l'avant-bras.
Azra retourna la créature et se mit à lui frapper le crâne contre le sol, mais elle se tortillait tellement qu'il se faisait plus mal aux doigts qu'autre chose. À la fin, les mains douloureuses et l'épuisement guettant, il se mit à tourner sur lui-même comme un lanceur de marteau et lâcha le rat.
Celui-ci vola à travers la pièce, rebondit sur un mur... et retomba sur ses pattes !
Il semblait sonné, néanmoins, mais Azra sentait une vive douleur au bas du dos et une faiblesse qui envahissait son corps. Il n'était hélas pas encore tout à fait remis de sa blessure et n'eut pas la force de se jeter sur la bête pour profiter de sa relative vulnérabilité. C'est alors que Chandakar intervint :

(Utilise la magie, par tous les dieux !)

Azra n'avait qu'un vague souvenir de son apprentissage du souffle de Thimoros, prodigué par son hôte, mais il puisa au fond de sa mémoire et retrouva le contacte des fluides obscures que lui avait infusé le mort-vivant en prenant possession de son corps.
Le rat secoua la tête et repartit à la charge, Azra le regarda avancer comme au ralentit tandis que les fluides s'éveillaient et parcouraient son corps. Une sensation glacée, comme s'il était déjà dans le royaume des morts, le submergea tandis que des ombres se mettaient à courir sur tout son corps. Son visage s'anima de reflets noirs et des ombres en jaillirent. Le souffle ravageur du dieu de la guerre et de la destruction balaya le rat comme un fétu de paille, l'envoyant rouler au loin.
Mais il se releva encore.
Cette fois-ci, cependant, il semblait vraiment mal en point, titubant et zigzaguant sans but. Azra se jeta sur lui et tenta de lui écraser le crâne d'un coup de poing. Des fragments de chaire et d'ossements volèrent et le cerveau se fit apparent. Hélas ! Le rat ne semblait pas en souffrir. Azra sentit des sanglots de terreur et de désespoir monter en lui. Heureusement, Chandakar intervint à nouveau :

(Cette chose est animée par les fluides de l'ombre ! C'est quasiment un mort-vivant et il semble presque insensible aux dégâts physiques. À moins que tu n'ai un rocher de trois tonnes à portée de main, je te conseille d'utiliser la torche...)

(Et si ça ne marche, pas ?) pensa Azra d'un ton funèbre.

(Rien ne peut nous désunir, j'aurais donc l'éternité dans le royaume des morts pour te faire payer l'échec de ma résurrection...)

Azra sentit son estomac se nouer à cette seule perspective. Cela lui redonna des forces et il ramassa la torche et l'appliqua sur le rat. Aussitôt, ce dernier poussa un hurlement horrible, comme des dizaines de rats couinant ensemble. Il s'embrasa d'un feu surnaturel et, lorsque les flammes s'éteignirent, il n'en restait plus que quelques ossements noircis. Azra donna des coups de pieds dedans pour les disperser, a tout hasard.
Il ramassa aussi le crâne pour montrer ce qui avait probablement tué les compagnons du liykor.
Puis, l'adrénaline retomba et il s'assit pour reprendre son souffle.

(Saloperie de foutus égouts à la noix ! Est-ce que toute ma vie sera comme ça ?)

Il se rappela les dernières paroles de Chandakar et sentit le désespoir et l'impuissance l'envahir. Il avait plusieurs fois été tenté de se laisser mourir et d'attendre que son âme tourmenté se calme pour être enfin admis par Phaïtos dans le repos éternel. Hélas, il savait maintenant que cela était impossible. Il devait impérativement rester en vie et trouver un moyen d'éliminer ce satané mort-vivant.
Il se releva tant bien que mal et reprit le chemin de la sortie.
Arrivé au pied de l'échelle, il prit une grande inspiration et jura que ce foutu liykor allait avoir les oreilles qui tinteraient !

Et après ?

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Jeu 9 Aoû 2012 12:06 
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Heureusement, il n'y avait pas de rats pour les attendre en bas. Le jeune homme osait à peine y croire. Pour sûr, ça n'allait pas durer...
Tirassin suivit bientôt. Les lieux étaient aussi sombres et humides que dans les souvenirs d'Azra. Il frissonna et murmura :

« Je propose qu'on s'en aille tout de suite. Et ne faites pas trop de bruit, certaines des grilles que vous voyez au plafond mènent peut être aux cellules de fanatiques du temple, mieux vaut ne pas les alerter. »

« Ça me va. » répondit le mage d'un air dégouté en voyant que sa robe était définitivement fichue.

La saleté des lieux était telle que l'odeur nauséabonde semblait devenir solide.
Les égouts étaient légèrement différents dans d'une des directions du couloir. Cela rappelait à Azra la zone dans laquelle il avait trouvé le rat maudit, il préféra donc prendre l'autre direction. De toute façon, ils arriveraient tôt ou tard à une grille donnant sur la rue.
Ils avancèrent aussi silencieusement que possible sur le « trottoir » de droite, faisant attention à ne pas glisser sur les immondes détritus qui infestaient le bord du conduit d'égout. Bientôt, ils aperçurent une lueur au loin, un rai de lumière pâle que le jeune fanatique interpréta immédiatement comme l'approche d'un échappatoire à ces lieux sinistres. Les grilles des cellules des fanatiques avaient disparue, ce qui était aussi bien. Il allaient bientôt pouvoir s'échapper d'ici !
C'est alors que des formes sombres se précipitèrent dans les ténèbres, et Azra ne put retenir un cri de terreur.

« Mais vous êtes fou ! s'exclama Tirassin. Vous avez dit qu'il ne fallait pas faire de bruit ! Ce ne sont que des rats ! »

Le garçon baissa piteusement la tête.

« J'ai peur des rats... »

Le mage le regarda d'un air effaré :

« Alors pourquoi avez-vous voulu passer par là ? »

« Vous voyiez une autre issue ? Et puis, la dernière fois que j'ai vu des rats fuir dans les ténèbres, ils m'ont attaqués peu de temps après ! »

Le mage lui fit signe de se taire. Des pas résonnaient dans le conduit. Ils dirigèrent leur regard vers la sortie qui n'était plus qu'a quelque mètres et virent une forme imposante leur barrer le passage. À son air de brute, Azra compris qu'il avait affaire à l'un des bandits qui tentaient d'investir les égouts comme la bande de Rendrak le liykor.

« Là, on est mal... » souffla Tirassin.

Ce n'était pas Azra qui allait le contredire. Ce colosse semblait assez fort pour les écraser tous les deux. Enfin, surtout l'écraser lui, car il ne faudrait sans doute pas attendre beaucoup d'aide du mage dans un combat à main nue !
Le jeune homme fit donc quelques pas en avant et leva les mains devant lui.

« Je sais que vous n'allez pas m'écouter alors je parle juste pour la forme... Nous ne sommes pas venu empiéter sur le territoire de votre bande, nous allons sortir par la grille qui se trouve juste derrière vous, il est inutile de combattre. »

« Tu es peut être un peu négatif, souffla Tirassin, je suis sûr qu'il va comprendre... »

Le bandit eut un rictus malsain.

« M'en fiche ! Ch'ui sûr que t'as d'l'argent, le mioche. Et ton copain à l'air encore plus riche. J'vais vous faire les poches et regarder les rats bouffer vos cadavres ! »

Azra lança un regard fataliste à son compagnon :

« Qu'est-ce que vous croyez, je vis ma vie depuis assez longtemps pour savoir comment se termine ce genre de rencontre... »

Il fit donc face au bandit, prêt à lui faire ravaler ses insultes. Un mioche, vraiment !
L'homme se précipita sur lui et tenta de lui porter un coup de poing sauvage. Azra esquiva souplement et répondit en le frappant aux ventre. Le coup n'était pas très fort et les abdominaux du bandit firent le reste. Ramenant son poing, l'homme balaya Azra et l'envoya dans le canal. Malgré les détritus qui amortirent le choc en certains endroits, il fut durement touché en heurtant le rebord. Il se releva précipitamment pour prendre pied sur le « trottoir » d'en face.

Le canal étant trop large pour que le bandit l'atteigne par au dessus, Azra put calmer les battements de son cœur et réfléchir à une nouvelle stratégie. Mais l'homme, déjà, sautait par dessus le canal pour s'abattre sur lui. Azra se jeta aussi en avant et lui donna un coup de tête dans le ventre. Malgré sa préparation au choc, il en fut sonné, mais son adversaire, déséquilibré mais nullement stoppé, s'écrasa par terre à côté de lui. Il roula sur le côté et se remit à quatre pattes pour se relever. Se souvenant les frappes vicieuses d'Aléria, Azra envoya son pied dans la figure du bandit sans lui en laisser le temps. Ce dernier fut rejeté en arrière et recula, sur le dos, pour pouvoir se relever plus loin. Il avait du sang plein la figure et semblait vraiment furieux.

Azra lui adressa une révérence avec un sourire ironique et sauta de l'autre côté, comme pour le défier de retenter sa dernière manœuvre. Hélas, le bandit sauta lui aussi aussitôt de l'autre côté sans laisser le temps à Azra de venir se remettre à son niveau pour l'intercepter.

« Tu vas payer, sale môme ! »

Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Tirassin, qui se trouvait derrière lui, abattit sur sa tête quelque chose qui ressemblait à une grosse spatule qui avait dû être jetée il y a un certain temps déjà au vu de son état. Étant donné l'apparence de l'arme improvisé et la force du mage, le coup était trop faible pour faire quelque dégât que ce soit, mais cela entraina un réflexe de la part du brigand qui tenta de se retourner pour faire voler son poing dans la figure de son attaquant. Ce réflexe fut malheureux car, étant droitier, son poing alla simplement percuter le mur ce qui, au son de son hurlement, sembla très douloureux.
Azra en profita pour se jeter sur lui et le frapper de toutes ses forces au ventre. Cette fois-ci, il se plia en deux, mais chargea aussitôt le jeune homme. Celui-ci parvint de justesse à se glisser entre son adversaire et le mur, ne prenant qu'un coup d'épaule au passage. Il arriva derrière l'homme qui, déjà, se retournait.

Il y eut un instant de flottement. Azra, légèrement contusionné, voyait son adversaire encore penché en avant après le coup qu'il avait reçu, le regard brillant d'une lueur mortelle. Il repensa aux leçons de Rendrak. Le liykor avait dit qu'il faudrait maintenant tester sa prise en situation réelle. C'était le moment ou jamais.
Entièrement focalisé sur son adversaire, le jeune homme sentit le moment où il allait attaquer. Il devina que ce serait le poing gauche qui allait frapper, le droit étant en piteux état.
Lorsque l'attaque partit, foudroyante comme l'éclaire, il fut plus vif encore. Il dévia le poing vers le haut et frappa. Comme le bandit était légèrement baissé, il visa la gorge et le fer du gant lui broya la trachée.
C'est un homme déjà condamné qui s'effondra à terre en gargouillant.

Tirassin laissa échapper un sifflement admiratif :

« Impressionnant ! Je n'aurais pas pensé que tu pourrais venir à bout d'un tel colosse ! »

Azra resta les yeux dans le vague, adossé contre le mur, essayant de reprendre son souffle malgré ses côtes douloureuses.

« Moi non plus... J'ai eu de la chance... »

Finalement, il jeta un regard au corps maintenant parfaitement mort et se secoua :

« On ferait bien de filer avant que ses copains ne rappliquent. »

Ils se dirigèrent donc vers la salle d'où rayonnait plusieurs couloirs. La lumière du jour filtrait par une grille accessible grâce à une échelle faite de barreaux de fer rouillés. De chaque couloir, venait un canal rempli de détritus. L'échelle était de l'autre côté de la salle. Étant donné l'état des lieux, il allait falloir avancer prudemment pour éviter de glisser sur la crasse et les algues qui envahissaient le sol.

C'est alors qu'il y eut un raclement derrière eux. Ils se retournèrent et le spectacle auquel ils assistèrent leur donna immédiatement des sueurs froides.
L'homme qu'ils avaient tué se relevait. Il ressemblait à une marionnette dont on tirerait les fils. Une fois redressé, il avança péniblement de quelques pas vers eux. Il avait la mâchoire pendante et ses yeux n'étaient que deux trous noirs. Une voix inhumaine, comme si dix mégères poussaient ensemble des hurlement stridents et des râles d'agonie, retentit en leur écorchant les oreilles :

« Vous êtes dans mon royaume ! Votre mort est résolue ! »

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » souffla Tirassin.

« C'est pas vous, le mage, normalement ? » rétorqua Azra d'une voix blanche.

L'être gagnait en assurance et il fut bientôt sur eux. Azra lui porta plusieurs coups de poings dans la poitrine qu'il ne chercha aucunement à esquiver. Plusieurs côtes cassèrent mais il semblait insensible à la douleur. Deux mains comme des battoirs tombèrent sur les épaules du jeune homme. Malgré leur poigne un peu molle, la pression fut suffisante pour le faire tomber à genou.

Il continua à frapper le revenant de toutes ses forces tandis que les mains glissaient vers son cou et commençaient à se resserrer. Suffocant, Azra comprit qu'il ne pourrait pas vaincre cet adversaire écumant au regard terrifiant. Il ne put bientôt plus respirer et paniqua. Un bourdonnement monta dans ses oreilles tandis que Chandakar, semblant se réveiller brusquement, se mettait à hurler des imprécations. Hélas, il partageait le corps d'Azra et ne pouvait donc rien faire d'autre qu'agoniser avec lui.

Le jeune homme sentit une détresse terrible l'assaillir. Ils allaient partir ensemble pour le royaume des morts, qui leur serait refuser. Fusionnés pour l'éternité, condamnés à vivre leur damnation ensemble à jamais. Il aurait tout le temps de repasser sa misérable petit vie devant ses yeux à se moment là, et ça ne serait pas très beau. Triste constat : il n'avait rien vécu d'autre que la solitude et la souffrance. Il ne saurait même jamais vraiment ce qu'était la chose qui l'avait tué. Une vie raté jusqu'au bout.

À travers la brume rouge qui lui emplissait les yeux, Azra eut l'impression de voir quelqu'un abattre un bâton sur le brigand maudit. Se pouvait-il que Tirassin ne se soit pas enfuit ? Impossible ! Quel intérêt aurait-il à rester ?
C'est alors que les bras le lâchèrent et il glissa de côté contre le mur de la salle. Sa vision s'éclaircit et il réalisa qu'il s'agissait bel et bien de Tirassin qui reculait pas à pas devant le monstre, le couvrant de blessures avec une planche à demi pourrie. Celle-ci ne tarda d'ailleurs pas à casser. Le mage, visiblement horrifié par la résistance de son ennemi, ne pouvait plus rien faire d'autre qu'essayer de battre en retraite sans trébucher sur les détritus ou tomber dans le bassin centrale.
Par un effort de volonté extrême, Azra se releva et tituba vers lui pour se porter à son secours. Il se trouvait juste dans le dos du revenant qui avançait péniblement un pied après l'autre. Il tenta donc de frapper le creux de la colonne vertébrale avec le fer d'un gantelet, dans l'espoir d'infliger une douleur suffisamment cuisante, voire de la briser.
Mais c'était peine perdue. L'être était insensible aux blessures. Chandakar, furieux et inquiet à l'idée de voir sa résurrection contrecarré aussi bêtement, tenta de raisonner le garçon :

(Ce ne sont pas ses muscles qui l'animent, mais une magie extérieur ! C'est exactement la même chose que le rat que tu as rencontré ! Mais un tel pouvoir est hors de porter de n'importe lequel des pitoyables jeteurs de sort de cette époque ! Tu dois fuir, laisse le mage distraire cette chose et partons ! Nous reviendrons quand j'aurais récupéré mes pouvoirs et nous ferons payer à cette chose infâme...)

Mais Azra refusait d'abandonner Tirassin qui avait risqué sa vie pour le sauver. Sourd aux imprécations de l'esprit, il continua de frapper. Bientôt, son ennemi se retourna vers lui en grondant de sa voix qui écorchait les oreilles.

« Recule ! » cria Tirassin.

Azra s'exécuta et le mort-vivant s'embrasa alors. Cette fois-ci, il sembla enfin souffrir quelque peu. Il tituba, hésitant d'un côté sur l'autre, ne voyant plus ses cibles à travers les flammes qui lui recouvraient le corps. Il hurla férocement et, finalement, s'abattit dans le bassin central.
Azra, peinant à tenir debout, dirigea un regard stupéfait sur le mage.

« Co... comment avez-vous fait ça ? »

Sa voix était enroué depuis la tentative d'étranglement.

« Comme je vous l'ai dit, j'ai rationné au maximum pour essayer de récupérer mes pouvoirs. J'ai dû réussir à retrouver juste assez pour lancer ce sort... Vous l'avez retenu assez longtemps pour que je concentre un 'bûcher' et, visiblement, ça a été efficace. »

« Il semblerait... Sortons d'ici au plus vite ! »

Il se dirigèrent donc aussi vite que le permettait leurs jambes flageolantes vers l'échelle. Comme Tirassin était le plus proche, il commença à monter. C'est alors qu'un bruit liquide se fit entendre et Azra vit avec horreur le brigand à demi carbonisé qui se levait péniblement dans le bassin.

« Vous pensiez pouvoir me vaincre deux fois de ma même façon ? » hurla-t-il.

Il s'appuya sur le rebord du bassin pour l'escalader. Azra réagit dans l'instant, il donna de furieux coups de bottes sur les doigts qui craquèrent. Le monstre émit un hurlement de rage en comprenant qu'il ne pouvait plus remonter sur le bord. Même s'il était animé par la magie, il avait besoin d'un minimum de rigidité pour se servir de ses doigts.
Azra ne resta pas pour savoir s'il réussirait tout de même à s'en débrouiller. Il se précipita sur l'échelle à la suite de Tirassin. Derrière eux, la voix monstrueuse enfla en un abominable rugissement de rage :

« Courez autant que vous le voudrez, misérables petites choses ! Il n'y a pas d'échappatoire face à ma rage ! »

Sans se retourner, ils soulevèrent la grille et sortirent précipitamment dans la rue.

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
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David le nerd


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 Sujet du message: Re: Les égoûts
MessagePosté: Mar 25 Fév 2014 23:16 
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Inscription: Mar 21 Jan 2014 21:19
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Localisation: Kendra Kâr
La journée est ensoleillée. La jeune femme apprécie que les rayons du soleil viennent chatouiller les traits noirs qui couvent son corps, mais elle n’a guère le temps d’en profiter. Quand il y a du soleil, il y a du monde dans les rues. Alors, la noiraude prend immédiatement la direction de la forêt, plus fraîche et moins encombrée.
Slalomant entre les badauds, les yeux imperturbablement fixés sur le sol, elle sent leurs regards fixés sur elle et son attitude atypique, les murmures laissés dans son sillage se propageant à vive allure.

Aux confins de la ville, Thaïs est à l’endroit désiré : une lourde dalle de pierre claire qui, une fois décalée, s’ouvre sur un escalier, laissant place à une odeur nauséabonde. Ce sont les égouts.

Car pour se rendre en forêt du Nord Kendran de jour, la jeune voleuse empreinte systématiquement le même parcours : elle passe par les égouts, malfamés, pour rejoindre le réseau souterrain qui couvre la même surface que les terres cultivées. De l’autre côté de celles-ci, Thaïs refait surface à hauteur des plaines de calices roses qui, une fois traversées, mènent à la forêt. La route est longue et n’est pas sans danger. Par contre, elle est sans curieux, pour la plus grande joie de la ténébreuse.

Descendant prudemment les marches humides, elle s’enfonce dans la noirceur de cet endroit si peu accueillant. Un instant, elle hésite à allumer sa torche. Ces moments d’hésitation ne sont pas choses courantes chez l’empoisonneuse et rapidement elle recouvre sa présence d’esprit. Le noir intense n’est que chimère de sa vision, la différence de luminosité avec la surface étant simplement trop grande. Patiente, donc, mais jamais trop prudente, Thaïs prend soin de s’arrêter, le temps d’acclimater ses yeux à la pénombre.

Peu de temps après, elle poursuit sa descente, atteignant rapidement le sol suintant des égouts. Comme ses yeux, son odorat s’est maintenant accoutumé à l’odeur suffocante.

Faisant rapidement un tour du regard, elle se met à avancer par de longues enjambées, connaissant l’itinéraire sur le bout des doigts. Au départ, l’atypique s’égarait souvent dans ces boyaux malodorants, ce qui lui valu quelques mauvaises rencontres. L’expérience lui a appris à laisser sur les murs caverneux quelques marques, afin de s’y repérer aisément. Et depuis, elle ne s’en sert même plus. Par moments, quelques rayons de lumière venant des hauteurs l’atteignent, illuminant d’un rai l’eau qui s’écoule en un remous visqueux.

Alors qu’elle progresse vivement, Thaïs a cette étrange impression de se faire observer. Mais elle a beau scruter l’opacité, elle n’aperçoit rien de plus que quelques rats déguerpissant d’un pas léger. Pourtant, des bruits inhabituels, bien que presque inaudibles, lui parviennent aux oreilles.

Se persuadant qu’il ne s’agit que de son imagination qui lui joue des tours, elle poursuit. Elle ne doit pas perdre son temps. Jamais.

_________________
Thaïs - Humaine - Voleuse


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