L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 14:56 
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L'intérieur est sombre, mais ne sembla pas particulièrement agité. Un peut partout, des hommes boivent, rient, jouent aux cartes...

Le gérant, qui a l’œil, te remarque avec un air étonné.

« Qu'est-ce donc ? Un aldryde ? Ah bah ça c'est pas souvent qu'on voit des vôtres ! Je peux vous aider ? »

Plusieurs clients se retournent et regarde avec stupeur cette créature qu'ils n'ont jamais vu. L'un d'eux, visiblement ayant déjà pas mal bu, rit :

« Évite de lui servir une pinte, il pourrait se noyer dedans ! »

Le commentaire en fait rire quelques-uns, mais la plupart son trop occupés à te détailler. Le gérant s'énerve :

« N'insulte pas un client, Grédo ! Et vous tous, retournez à vos boissons ! Alors, que puis-je pour vous ? »

Les clients se détournent mais de nombreux coups d’œils furtifs viennent de toute part.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 15:33 
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Le lieu est sombre, et bien plus calme que je ne l'aurais pensé. Par contre, évidemment, ce ne sont pas les attablés à cette heure encore matinale qui manquent. Cela boit, mange, et joue. Foutus humains. Comment leur civilisation tient-elle encore debout ? L'un d'entre eux, le seul capable de se mouvoir en fait, s'étonne de ma présence. C'est étrange. C'est comme si voir l'un des miens n'était pas chose courante par ici. Et il le confirme avant de demander s'il peut m'aider.

Je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche qu'un ivrogne fait un commentaire. Sur ma taille. Et sur la possibilité de me noyer dans une pinte si elle m'est servie. Mes yeux noirs foudroient l'imbécile. De petits rires se font entendre, mais ce sont surtout des regards intrigués qui me sont lancés. Stupides géants. Le tenancier interpelle l'imbibé sous le nom de Grédo, lui ordonne de ne pas m'insulter puis incite les autres curieux à reprendre leurs activités. Insulté ? Par cette raillerie infantile ? Je scrute avec froideur l'idiot qui s'est fait remarquer.

"Dit l'inconscient, déjà par six pieds de fond alcoolisé. "

Je retire mon casque un instant, présentant ma balafre à la ronde, mais n'avisant que l'importun.

"Je préfère me baigner dans le sang. Humain de préférence. Et juste tiré du contenu.", fais-je avec une intonation glaciale.

J'enfile ma protection, me tournant vers le gérant et lui lançant un regard neutre.

"Mais aujourd'hui, ça va.", reprends-je avec un léger sourire satisfait. Je débarque à peine. J'aimerais savoir ce qui se raconte en ce moment. Et par curiosité..., fais-je en me tournant un peu. "D'où ça vient ce nom de rue ?"

Mes doigts glissent sur ma sacoche. Je les hais, mais je connais les humains. Les langues se délient plus facilement avec des yus. Mais tant que la bonne volonté est là, inutile d'y avoir recours. Et non, je ne vais pas prendre le risque de perdre du temps et des réflexes en buvant je ne sais quelle cochonnerie frelatée.



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Dernière édition par Nessandro le Dim 18 Jan 2015 16:14, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 15:47 
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Ton intervention met un certain malaise. L'homme que tu as interpelé est déjà retourné à son pichet, mais les autres semblent se dire que cette mauvaise plaisanterie ne mérite même pas d'être relevée. Ils retournent à leurs affaires. Le tenancier, un peut gêné, se lance dans un long exposé de rumeurs sans autre intérêt que de te convaincre que cette ville est d'un ennui mortel. Au sujet de l'enseigne, il rit :

« Mais c'est le nom de mon bar ! Depuis qu'un preux chevalier s'y est arrêté, attiré par l'odeur alléchante de ma bière ! Il est bien fameux, mon bistrot, assez pour donner son nom à la rue, d'ailleurs si vous voulez prendre quelque chose... »

Mais il se fait couper par le commentaire amusé d'un un vieil homme attablé un peu plus loin :

« Cormos, fripouille, toujours à raconter tes âneries ? Cette rue est une des plus vieilles de la ville, elle a été renommée comme ça il y a près de cinq siècles ! »

Le tavernier hausse les épaules :

« Tu sais toujours tout, Markos, sous prétexte que... »

Il laisse sa phrase en suspens, rougissant.

« Ouaip, complète le vieux. Sous prétexte que j'ai travaillé toute ma vie aux archives municipales, je suis capable de savoir d'où vient le nom d'une rue ! »

Le commentaire fait rire quelques clients au dépens du pauvre tenancier.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 16:13 
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L'épisode de ma réplique terminé, je passe outre et me concentre sur ce que le gérant gêné me répond. Un tas de petites rumeurs sans importance me font comprendre que la vie doit être bien ennuyeuse ici. Par contre, un rire précède une explication typiquement humaine quant au nom de la rue. Ce serait lié à l'arrêt d'un chevalier ici, à cause de l'odeur de bière. J'ai du mal à ne pas laisser un air blasé passer sur mes traits. Alors qu'il me propose de prendre quelque chose encore une fois, ce Cormos est coupé par un vieil homme amusé. Selon ce dernier, la rue fait partie des plus anciennes de la cité, et a été renommée de cette façon environ cinq siècles auparavant.

Cinq siècles. Un brin d'intérêt s'éveille mais je me contrôle avant de laisser un espoir s'afficher sur mes traits. L'humain âgé est au courant car il a travaillé toute sa vie aux archives, selon ses dires. La bravade du gérant ne fait donc pas long feu.

"Et on propose quelles boissons ici, au juste ?", fais-je, en jetant un regard au tenancier, décidé à me faire passer pour un client aussi banal que possible.

Mon corps pivote un peu, cherchant à attraper la silhouette de l'intervenant dans mon champ de vision. Ce Markos pourrait s'avérer utile, au moins pour satisfaire ma curiosité.

"On ne change pas un nom de rue à cause d'un simple chevalier, même en or.", déclare-je, dubitatif. "Faut qu'il ait fait quelque chose de remarquable pour ça."

Interroger sans en avoir l'air. J'en doute, mais ignorant qui se trouve dans cette salle, mieux vaut éviter d'être trop direct quand au rapport avec l'orbe du Gardien. S'ils n'ont jamais vu d'aldryde, alors une boule magique brillant de lumière, n'en parlons pas ! Je suis curieux tout de même. Etait-ce le Gardien en personne ? Une manifestation de sa volonté, comme à la citadelle ? Ou fais-je fausse route et il n'y a aucun lien avec l'objet de ma quête ?



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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 16:25 
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Le tenancier, toujours déboussolé, marmonne :

« Bah, de la bière. Blonde, brune, tout ce que vous voulez ! »

Le vieux, quand à lui, plisse les yeux :

« Pour ce que j'en sais, c'est peut-être juste un gars du coin qui a voulu donner un nom ronflant... je sais que la rue a été renommé, mais je ne me souviens plus pourquoi... Vous semblez bien curieux. C'est une caractéristique des vôtres, de s'arrêter pour demander le nom des rues ? »

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 17:06 
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Le tenancier bredouille des déclinaisons de bière. Non, décidément, je n'ai aucune envie de boire ce genre de chose. Entre souvenirs de fêtes arrosées au manoir et ce que la grosse moche m'a forcé à faire, pas question d'approcher de liquide alcoolisé avant un moment. Je ne fais d'ailleurs pas spécialement attention au gérant, remarquant un regard étrange de la part du vieux. Il plisse les yeux, mais je n'ai pas l'impression que ce soit signe de réflexion.

Il enchaine, évoquant la possibilité que ce soit juste un habitant des environs qui, à l'instar du gérant en fait, a juste voulu donner un nom ronflant à l'endroit. Il prétend ne plus savoir pourquoi, mais mon instinct me dit de ne pas m'y fier. Plus étrange encore, ce vieux rapace s'étonne de ma curiosité. Il veut savoir si c'est une caractéristique aldryde que de s'arrêter et de s'informer sur le nom des rues. Ce type ne m'inspire pas. D'ordinaire, les vieillards comme le vieux croulant partagent leur savoir à tout va. Lui, non.

"Les miens ne sortent pas beaucoup.", ironise-je. "Je ne crache pas sur du savoir, même trivial. Tant que ça parvient à piquer ma curiosité, je m'y intéresse."

Je garde dans un coin de mon crâne ce que j'ai appris sur les archives. Cet humain semblant avoir des trous de mémoire, rien de tel qu'un registre, s'il est lisible, pour me renseigner. Mais je demeure méfiant. Partir trop vite pourrait éveiller la suspicion. Et s'il est fait mention effectivement du Gardien à l'origine de ce changement, je ne veux pas de lui dans mes pattes. Les géants ont beau être stupides, certains le sont moins que d'autres.

J'avise le tenancier, toujours dans un drôle d'état.

"Je te laisse ton alcool, patron.", fais-je avec une pointe de moquerie. "Je n'en ai pas besoin, moi."

Ils sont fragiles ces humains. Juste parce que le vieux a décapité son histoire, c'est lui qui tire une sale tête. De là à rougir comme une larve, quand même... Sauf si la phrase qu'il a coupé n'avait rien à voir avec la profession du vieux. Qu'il pensait à autre chose, et que l'humain âgé l'a couvert avec son histoire d'archives.

Encore plus suspect. Je vais attendre encore un peu, pour voir si je peux tirer autre chose d'eux. Par précaution, je rajuste un peu la manche couvrant mon bras noirci. Même s'il fait sombre ici, on est jamais trop prudent.



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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 17:21 
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Le vieux Markos hoche la tête, le visage indéchiffrable. Il discutes pendant quelques temps de l'histoire de la ville, mais rien d'intéressant. Il parle du comté de Whiel qui a pris son indépendance, mettant à mal le commerce de Yarthiss, et comment la ville à tout de même réussi à s'adapter, restant l'une des plaques tournantes du commerce de la région. Au bout d'un moment, le tenancier, qui était parti, revient pour annoncer que « malgré l'immense honneur d'un tel invité », le but de sa gargotte est avant tout de servir des boissons. Le message est claire, il espère que tu ne vas pas trop t'attarder. Markos soupire :

« Dommage, c'est pas tous les jours qu'on trouve des gens intéressés par l'histoire de la ville, par ici. Et encore moins des petits hommes ailés ! »

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 17:42 
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Même si je tente de n'en rien laisser paraitre, je suis plus méfiant que jamais. Cependant, le vieux parvient à attirer mon attention avec ses palabres sur l'histoire de la ville. Je hais les humains. J'exècre tout ce qui les concerne, mais connaître son ennemi reste un bon moyen pour trouver comment le vaincre. Il fait si bien que je manque de tressaillir quand le tenancier revient. Je ne l'avais même pas vu s'éclipser celui-la. Il me fait comprendre avec une hypocrisie flagrante que si je ne suis pas enclin à boire comme le reste de la populace présente, ma présence n'est pas indispensable. Mettre des gens à la porte parce qu'ils ne s'enivrent pas. C'est Yuimen à l'envers...

L'ancien soupire, semblant trouver dommage que mes spirales lui soient retirées. Je fronce un peu les sourcils en l'entendant me qualifier de petit homme ailé.

"Aldryde. Pas petit humain. Al-dryde.", corrige-je avant de me diriger vers la sortie.

J'ai hâte de changer d'air, mais j'ai surtout l'impression qu'il va me falloir ouvrir l’œil encore davantage. Le temps que j'ai passé à l'intérieur ne reviendra jamais. Quand bien même j'y ai trouvé des bribes de savoir possiblement utiles, ce sont trop d'instants demeurés à respirer un air fétide et humain. Beurk. J'ai hâte de me débarrasser de cette puanteur, mais mon confort vient après ma recherche. Les archives mentionnées ont une chance de m'aider à trouver une autre piste.

Peut-être est-ce l'ambiance de cette cité ou juste la proximité humaine, mais je me sens étrangement oppressé. J'ai hâte de revoir Lyïl. Je me mets donc en quête du bâtiment où se trouve le pouvoir de cette cité. Et puisque je ne peux pas le manquer, je dirais que c'est le château. Je peux me tromper, mais ce doit être là ou pas loin que j'ai une chance de trouver les archives de Yarthiss.



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 Sujet du message: Une motivation supplémentaire
MessagePosté: Jeu 29 Oct 2015 15:25 
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" Oh ma tête... "

Je m'éveillai enfin de mon long sommeil. Je me trouvai dans un lit énorme. Étonné de me réveiller dans un tel endroit, j'eu tôt fait de jeter un coup d’œil autour de moi. J'étais dans une pièce plutôt spacieuse. Le sol baignait dans la lumière que quatre grandes fenêtres laissaient passer. Deux petits étagères se trouvait de chaque côté du lit. A son pied, un gros chien brun dormait paisiblement. Un mannequin en bois se trouvait près d'une des fenêtres. il portait une armure blanche comme la neige. A sa taille reposait une épée dans un fourreau de cuir brun. L'arme semblait aussi fine que celle de Nivïel. Mais un détail attira mon attention :

Incrusté dans le pommeau, un superbe diamant de couleur verte brillait de mille feux dans les rayons du soleil. Il dégageait une étrange lumière. Intéressé par cette découverte, je décidais de me lever du lit. Mais alors que je me mettais debout, je sentis une atroce douleur à la hanche. Je me rasseyais aussitôt, étouffant un cri.

Le chien m'avait entendu. Surpris, il vint à ma rencontre. Il leva la tête vers moi, et je plongeai mon regard dans ses grands yeux sombres. Puis, au bout de quelques secondes, il se désintéressa de moi et retourna se mettre en boule dans un coin.

Décidant de braver la douleur, je me levais à nouveau en tenant ma hanche. Je m'approchai de l'épée, tendais mon bras libre et ...

" Je serais toi, je ne toucherais pas à cette épée, Tyr. " dit Nivïel d'une voix glaciale.

Il était dans l'embrasure de la porte. Il s'approcha et, tirant une chaise, s'assit.

" Cette épée se nomme Grise. Elle n'est pas commune : en effet, il s'agit d'une des lames la plus tranchante du monde. Mais elle ne peut être maniée ... " continua-t-il en soupirant.

" Pourquoi ? " je lui demandai, ma curiosité étant été piquée à vif. " Il s'agit d'une si belle épée ... "

" Belle, je te le concède, Tyr, mais là n'est pas le problème. Cette lame est maudite. Ici, tu es chez moi, en ma demeure, près du château Hartfeld. J'ai une proposition à te faire, guerrier. "

" Et quelle est-elle ? "

" Grise se trouve dans ma famille depuis des générations. Or, elle est parcourue de fluides de nature ... dérangeante, et ne peut être maniée que lorsque son possesseur a autour du coup un certain collier. Ce pendentif s'appelle le Pawlett. "

" Le Pawlett ... " répétai-je en écho, absorbé par l'histoire de Nivïel.

" Et il se trouve - c'est là que tu interviens - que cette amulette a été volée par des Shaakts, des marginaux exclus de leur société, dénommés " Le cor de Thimoros ". Ils gardent le collier toujours avec eux. Et les Drows que nous avons combattu faisaient partie de ce groupe. L'un d'eux - le décapité - avait sur lui une carte qui mène à leur camp secret. "

Il s'arrêta le temps de reprendre son souffle.

" J'aimerais que tu vienne avec nous, Tyr. Nous serons quatre, si tu nous fait honneur de ta présence. Le camp n'est pas tout près, et tu auras le temps sur le chemin de reprendre tes forces, de guérir de ta blessure. J'ai vu avec quelle fureur tu t'es battu contre ces elfes, et l'aubergiste m'a conté ton histoire. Tu y gagnerais : j'ai entendu dire que les Drows cachaient dans leur base d'autres trésors cachés dont ... le livre de Thot. "

J'eu un frisson en entendant ces mots : le livre de Thot était l'un des plus vieux livres du monde : écrit par le guerrier savant Thot, il n'existait qu'en un seul exemplaire et avait disparu il y a bien longtemps ... Il n'en fallut pas plus pour me convaincre.

" Je viens avec toi, Nivïel : tu peux compter sur moi. "

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 9 Mar 2018 01:08 
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Elle ouvrit la porte sur un petit salon décoré.

-Entre, je t'en prie.

La maison n'était pas immense mais elle n'était pas petite non plus. Elle était cependant richement habillée. Les deux jeunes femmes entrèrent dans le petit salon. En face de la porte se dressait le vaisselier dans lequel on pouvait apercevoir quelques objets métalliques. Cliana était riche.

(Pourquoi est-elle garde ?)

La grande femme blonde fit visiter sa demeure à son hôte. Au rez-de-chaussée se trouvait la cuisine, le cellier, le petit salon et la salle à manger. À l'étage, il y avait deux chambres et une salle d'eau où chauffait un grand réservoir d'eau.

Cliana remplie une grande bassine avec des seaux d'eau tiède et Ældië enleva sa tunique en lambeau et sa broche. Avant de rentrer dans l'eau, elle regarda son reflet. Elle était maigre, bien plus qu'à son départ.

(Je comprend mieux pourquoi il m'aident, on dirait un squelette...)

Elle entra dans l'eau. Ses muscles endoloris se détendaient et elle se permit enfin de penser :

(Ça y est, mon voyage catastrophique est terminé.)

Cliana la laissa se détendre un peu avant de revenir vers elle.

-Tu permets ?

Elle tenait une brosse douce et elle avait posé un seau d'eau à côté de la bassine. L'elfe acquiesça et Cliana l'aida à enlever les marques de son périple. Une fois le bain terminé, la garde regarda les pieds meurtris de l'elfe. Elle passa un baume sur les plaies et elle tendit à son invitée une nouvelle tunique. Ældië l'enfila. L'habit était plus court que le précédent, trop court, même. Mais être dans une tunique neuve, propre, la comblait suffisamment.

-Je vais préparer le repas. Installe-toi pendant ce temps.

L'hinionne entra dans sa chambre et se laissa tomber sur le petit lit. Ce renouveau de confort lui faisait un sentiment étrange. Beaucoup n'avaient pas ce luxe. Elle profita donc du matelas puis elle descendit rejoindre son hôte. Les odeurs du repas s'envolaient jusqu'à la guérisseuse, lui rappelant sa vie sur Nirtim. Elle se remémora sa sœur, le seul élément qui lui manquait vraiment de son ancienne vie. Ses longs cheveux noirs et ses grands yeux verts... La mélancolie commençait doucement à s'installer lorsqu'elle arriva dans la salle à manger. Cliana venait de finir de préparer le bouillon et elle l'amenait sur la table en chêne.

-Tu descends pile pour le déjeuner.

Elle sortit deux assiettes en métal, creuses, et y versa le bouillon.

-Désolé pour ce repas assez peu consistant mais je n'avais rien d'autre en réserve pour deux personnes.

Ældië sourit.

(Elle en fait déjà tellement pour moi, je ne vais pas me permettre de râler sur le meilleur repas que j'ai mangé depuis des lustres.)

Une fois le repas fini et la vaisselle faite, Cliana expliqua la raison de son apparente richesse. Son père avait été un riche marchant avant de se faire tuer dans une embuscade? C'est cette tragédie qui fut au départ du choix de vie de la femme blonde. La jeune femme essuya ses yeux humides et repoussa ses longues mèches rebelles. Elle sortit ensuite une petite bourse qu’elle tendit à Ældië.

-Si tu veux te balader seule en ville et faire des achats.

Ældië essaya de nouveau de parler et un bruit rauque se fit légèrement entendre:

-... rci...

Il y avait une amélioration, elle retrouverais sa voix. L'elfe sourit et Cliana, étonnée d'entendre un son sortir de la bouche de l'hinionne, lui sourit en retour. C'était sans doute le début d'une belle amitié.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 13 Juin 2018 10:38 
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La lumière virait à l'ocre alors qu'Evelyn se dirigeait vers la périphérie de la ville. Au fur et à mesure de sa progression, les ruelles devenaient plus étroites et tortueuses ; des linges ternes pendaient à des fils tendus entre les fenêtres, et les pavés inégaux cédaient parfois la place à de la terre battue. La jeune fille évita d'un bond une flaque suspecte et bifurqua dans une mince allée menant à la cour d'une maison. Elle frappa trois coups légers à la porte.

Un judas s'ouvrit presque immédiatement, une bouffée de fumée à l'odeur forte et rance s'épanouit dans l'air du soir, puis la porte s'ouvrit sur une grande salle à demi éclairée, uniquement meublée de quelques tables crasseuses et de tabourets branlants. Si tôt dans la soirée, peu de gens l'occupaient à part quelques individus misérables, aux regards torves et habits dépenaillés. Les sbires de Joli-Coeur se retrouvaient dans cette vieille maison pour faire leur rapport, boire et éviter les forces de l'ordre. Cette citadelle de meurt-la-faim était occupée par une armée de miséreux tous terrifiés par Joli-Coeur, le plus misérables d'entre tous, qui mettait le grappin sur les nouveaux de la ville, les fraichement orphelins, les recherchés par la milice, les exclus du système, et les forçait à travailler pour lui.

(Où est-il?... Ah, au fond.)

Adossé à un mur blanchi à la chaux qui laisserait probablement une trace blanche du plus bel effet au dos de son manteau rapiécé, Joli-Coeur suivait la jeune fille du regard. Evelyn ne savait pas qui lui avait donné ce nom le premier, et était bien trop prudente pour poser la question, mais cette personne avait un sens de l'humour particulier : Joli-Coeur était l'individu le plus laid qui ait foulé le sol d'Imiftil. Son visage était très rond avec une texture de vieux cuir, des petits yeux étroits couleur vase, un nez de travers et une bouche disproportionnée à laquelle manquaient un nombre conséquent de dents. Sa tête toujours légèrement penchée vers la gauche donnait l'impression que son visage était de travers, impression renforcée par un tic nerveux qui faisait tressailler son sourcil en cas de contrariété. Pour l'instant, le sourcil était immobile ; Evelyn se dit qu'elle avait peut-être une chance de finir l'entretien en une pièce.

A son approche, Joli-Coeur ouvrit grand les bras et étira un peu plus sa bouche déjà trop grande.

"Regardez qui voilà! Alors petite Eve, que m'apportes-tu de beau?"

Le jeune fille s'assit sur un tabouret en face de son interlocuteur. Ils faisaient à peu près la même taille, Joli-Coeur étant exceptionnellement petit pour un humain et Evelyn n'étant elle même pas bien grande, mais le rapport de force entre eux-deux était clair : elle ne menait pas la conversation.

"Rien, malheureusement. J'ai eu des ennuis."


Sa voix lui apparut désagréablement fluette, à mille lieux de l'assurance factice qu'elle affichait en représentation. Cette dichotomie l'horripilait.

Visiblement, Joli-Coeur aussi avait de quoi s'enerver, quoi que pas pour les mêmes raisons. Son sourcil fit un bond fugace.

"De gros ennuis alors. Pire que ceux que tu vas avoir? Lanca-t-il avec une affabilité factice.

-Je... Je dirais équivalents?"

L'homme croisa les bras. Jetant un œil alentours, Evelyn surprit des murmures et des regards en coin de la part des quelques personnes présentes. Visiblement, tout le monde ici avait poussé l'art de la détection des mouvements de sourcil à un niveau presque inhumain, et le mécontentement de Joli-Coeur n'était pas passé inaperçu.

"-Un tour qui s'est mal passé. J'avais une bourgeoise dans le public, j'ai voulu l'impressionner et, hm... J'ai été un peu ambitieuse. Reprit-elle précipitamment. Je suis tombée dans le fleuve, ce qui a mis fin de manière précipitée à ma journée de travail.

-Ah, c'est dommage... Mais dis-moi, il me semble t'avoir donné plus d'une journée pour réunir la somme que tu me dois, non?

-La semaine a été dure... Les bourses sont vides et les gens moroses, les spectacles de rue n'attirent pas les foules. Se justifia la jeune fille.

-Ce n'est pas mon problème."

Le ton était sans appel. Finie la gentillesse affectée du début de conversation, Joli-Coeur laissait entrevoir sa vraie nature.

-"J'ai été clair la dernière fois, ma grande. Pourtant, tu restes à peu près aussi utile que le troisième pied de ce tabouret."

Evelyn se retint de lui faire remarquer qu'un tabouret à deux pieds aurait du mal à tenir debout. L'heure n'était pas au sarcasme.

"-Je peux rattraper ça.

-Et comment? Grogna Joli-Coeur avec un geste de la main. Depuis que je t'ai trouvée, tu ne m'as apporté que de la menue monnaie. Pour une fois que je te fixe un montant précis à atteindre, tu n'es même pas foutue de remplir ta putain de mission! "

Le grognement devenait rugissement.

"Donne moi une seule bonne raison de pas te refiler au premier crétin en quête de chair fraiche qui passe. Une seule!"


Un silence de mort régnait dans la salle. Pétrifiée, Evelyn réfléchissait à toute allure, passant toutes les opportunités possibles en revue. Le silence s'éternisait, elle devait dire quelque chose, n'importe quoi...

"Parce que je passe inaperçue."

Ce n'était pas la meilleure réponse possible, mais trop tard, elle devrait assumer et broder à partir de là. Joli-Coeur plissa les yeux.

"Explique."

"Les gens me regardent, c'est vrai, mais ils m'oublient vite. Je suis juste une artiste de rue comme une autre pour eux ; j'ai pas l'air dangereuse, je suis petite, il m'arrive même de rater mes tours!"

Evelyn glissa un regard vers son interlocuteur. Il était immobile, les sourcils froncés en un pli terrible, mais il ne l'interrompait pas. Elle continua:

"Peut-être que si je ne suis pas... rentable, c'est parce que mes talents d'acrobate ne sont pas adaptés à la situation. Peut-être qu'il y a d'autres moyen de gagner de l'argent qui seraient plus adaptés à mes capacités. Si vous voulez de l'argent, il faut aller le chercher là où il est!"

"Qu'est-ce que tu crois dire? Tu veux participer à un cambriolage?" Il partit d'un rire rauque. "Hors de question."

Les activités de Joli-Coeur, si tant est-que l'on puisse appeler ainsi le mélange d'escroquerie, de racket et de vol qu'il exerçait pour vivre, comprenaient des "coups". Ces "coups" étaient des virées dans des maisons un peu moins pitoyables que la moyenne du quartier, mais pas non plus très riches ; Joli-Coeur restait minable même dans ce genre d'opérations. En se contentant de cibles modestes, il était parvenu à éviter l'attention des autorités. Il n'emmenait avec lui que les plus loyaux et qualifiés de ses hommes et faisait preuve d'une prudence presque excessive : s'il y avait bien une chose qu'il craignait, c'étaient les forces de l'ordre. Jamais il n'accepterait qu'Evelyn, fraichement arrivée dans la ville et qui ne lui avait jamais donné la preuve de ses capacités, participe à ces entreprises. La jeune fille le savait. Elle savait aussi que si elle ne l'impressionnerait pas, elle ne passerait pas la nuit.

(Et impossible de fuir, il a des informateurs partout.)

Le sourire goguenard de Joli-Coeur semblait signifier que le conversation était terminée. Evelyn n'avait que quelques secondes pour retourner la situation.

"Pas y participer. En monter un."


Voir le sourire de son interlocuteur disparaitre d'un coup eût quelque chose d’extrêmement satisfaisant pour Evelyn. Restait à savoir si cela était de bon ou de mauvais augure.

"Qu'est-ce qui te fait croire que tu peux y arriver? Et surtout, qu'est-ce que j'y gagne?


'Vous gagnez un butin sans aucun risque pour vous. Pensez-y, vous ne serez absolument pas impliqué dans le projet, à part pour recevoir votre argent.

-Tu pourrais échouer, te faire capturer, et tout déballer sur moi. Objecta-t-il.

-Et risquer de me faire égorger dans ma cellule par un de vos sbires? Sans façons! Et puis, je connais déjà vos activités. Si j'avais voulu vous dénoncer, je l'aurais déjà fait."


Joli-Coeur se passa la main sur le menton, pensif. Puis il lacha :

"Trois jours, et pas de la baraque de miséreux. Débrouille-toi comme tu veux mais attaque une maison de bourgeois, et je veux les trois quarts de ce que tu trouveras. Si jamais ça me parait pas suffisant, tant pis pour ta demi-gueule. Et si tu échoues...
Il eût un rictus malsain. Disons que tu n'auras plus jamais l'occasion de me décevoir.



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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 15 Juin 2018 14:30 
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Un rai de soleil passait à travers les planches disjointes qui masquaient la fenêtre tandis que de minuscules grains de poussières semblables à des points d'or flottaient paresseusement dans l’atmosphère tiède de ce début de matinée. Evelyn ouvrit les yeux et resta immobile un instant sur sa paillasse, s’imprégnant de la paix ambiante et faisant glisser son regard sur les caisses vides empilées au sol, les pierres disjointes du mur et le tas de gravats et de débris provenant du toit à demi-effondré et soutenu par une épaisse poutre. Quelqu'un avait tenté de reboucher le trou en y clouant des planches, mais n'avait pas vraiment soigné son travail et la jeune fille pouvait apercevoir à travers les rainures le bleu pâle du ciel. Trouver cet ancien atelier abandonné en périphérie de la ville avait été la seule bonne chose qui lui était arrivée depuis son arrivée à Yarthiss, semblait-il.

Evelyn se redressa et entreprit consciencieusement de s'étirer. Sa souplesse, bien qu'en partie innée, nécessitait tout de même d'être entretenue. Tout en tirant sur ses articulations, elle songeait déjà à la manière dont elle allait remplir sa journée. L'objectif allait surtout être de trouver une maison pas trop gardée mais abondamment pourvue en richesses.

Une fois ses étirements terminés, la jeune fille s'habilla, se passa un peu d'eau sur le visage, mis son masque, attrapa une sacoche usée dans laquelle étaient conservés ses accessoires de scène, et sortit.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 9 Oct 2018 00:56 
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Surveillance



Le soleil peinait à percer l’obscurité ambiante lorsque Vyrl et moi nous rejoignîmes. Il ne perdit pas de temps et m’emmena directement dans un quartier qui semblait délabré par rapport au reste de la ville. Les rues étaient sales et par endroit les pavés laissaient place à la terre et les maisons, lorsqu’elles tenaient debout, n’étaient que des cabanes en bois ou des vieilles habitations qui menaçaient de s’écrouler à tout moment. Il n’y avait pas grand monde dans les rues à cette heure, quelques badauds rentraient après une soirée de beuverie et quelques petits groupes d’enfants commençaient déjà à fureter, sans doute à l’affut d’un voyageur égaré qu’il serait facile de détrousser. Cette ambiance ne me plaisait guère mais il fallait reconnaître qu’il n’y avait pas meilleur endroit pour installer la planque d’un groupe de voleurs. Vyrl nous orienta parfaitement dans le dédale de ruelles sombres et crasseuses, veillant à ne pas nous faire remarquer par qui que ce soit, tout au plus un poivrot avait levé une tête lourde de sommeil vers nous, avant de replonger en lâchant un ronflement. Nous approchâmes d’une bâtisse qui ressemblait en tout point aux autres masures délabrées des environs, mais je vis immédiatement que quelque chose était différent. Je pouvais voir deux personnes garder l’entrée et je repérai une troisième qui surveillait la rue depuis une des fenêtres.

- C’est là je suppose ?

- Oui, la planque du chef des Noirs Desseins.

Il m’expliqua que la bande avait gagné en force depuis quelques semaines grâce au nouveau chef, Jonas, un jeune homme qui ne rêvait que de se créer un empire criminel dans cette ville et sa région. Il y avait une quarantaine de membre, mais la plupart ne résidait pas dans la planque, elle était réservé au chef, à son élite et à ses favorites.

- Ses favorites ?

- Oui, il aime être entouré de femmes. Souvent elles sont plus vieilles que lui mais il arrive qu’il choisisse une nouvelle favorite au hasard dans la rue ou dans le groupe même. En général elles n’ont guère le choix, mais au moins elles sont bien traitées et même s’il s’en lasse, elles peuvent choisir d’intégrer la bande ou de reprendre leur vie d’avant.

Allons bon… Au moins il n’avait pas l’air d’être un monstre assoiffé de sang malgré sa volonté de créer un empire criminel. Je passai un moment à observer la planque depuis une ruelle, veillant à rester dans l’ombre. Vyrl ne me quittai pas d’une semelle mais il était nerveux et je commençai à me dire qu’il allait me rendre nerveuse à mon tour s’il continuait.

- Vyrl, calme-toi, tu me rends nerveuse !

- Ma petite sœur est en danger, comment veux-tu que je me calme ? On attend quoi exactement ?

Je soupirai parce qu’il avait raison. J’étais venue ici sans vrai plan et je voyais mal comment m’introduire dans la planque pour parler au chef… Une idée me vint, elle me répugnait mais il y avait gros en jeu, ça valait le coup d’essayer. J’enlevai mon capuchon et détachai mes cheveux.

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Quelque chose que je vais sans doute regretter. Tu as dit qu’il aimait les femmes ? Il va être servi.

- Quoi ? Tu veux aller le voir en tant que candidate pour être favorite ? Tu es cinglée ?

J'ignorai sa remarque et lui demandai si ce Jonas ne fréquentait que des humaines, parce que s’il n’aimait pas les autres races, mon plan tombait immédiatement à l’eau.

- Je l’ai vu avec une elfe une fois, mais il est rare qu’il y ait d’autres races dans ce bourbier. Honnêtement je ne sais pas.

Bon, j’avais une chance, autant la saisir. Je sentis que j’allais très vite le regretter mais c’était la seule idée valable que j’avais. J’allai sortir lorsque je vis du mouvement en face, je me baissai et vis trois personnes sortir. L’un d’eux était vêtu d’une cape noir et d’un chapeau et semblait plus âgé que les deux autres, qui portaient chacun une lance, ce qui m’étonna. Où étaient passés les poignards et les gourdins habituels ? Vyrl me souffla que c’était lui le chef et qu’il partait sans doute en tournée d’inspection. Apparemment il aimait bien montrer qu’il était le patron dans le coin et n’hésitait pas à le prouver en distribuant quelques coups s’il le pouvait.

- C’est peut-être notre chance, suivons-le. Il faudrait qu’on lui tombe dessus avant que les autres ne réagissent et qu’on lui fasse cracher le morceau. Allons-y.

Nous suivîmes donc le trio discrètement à travers le quartier. Il ne semblait pas du tout concerné par le fait d’être suivi, peut-être même qu’il ne l’envisageait pas, ce croyant tout-puissant, ce qui était une bonne chose pour nous. Un imprudent est une cible plus facile. S’il y avait bien une chose que Mère m’avait apprise, c’était celle-là… Au bout d’un moment il devint clair que suivre le trio ne mènerait nulle part. Ils restaient collés ensemble et prenaient toujours des ruelles étroites, ce qui ne facilitait pas l’approche. Je commençai à me dire que nous allions nous faire repérer lorsqu’un poivrot déboucha d’une ruelle adjacente et me heurta violemment, me faisant glisser et renverser un tonneau dans un fracas épouvantable. Je me retins de tomber de justesse mais le poivrot avait l’air énervé et s’approcha de moi.

- Heeey t… toi, on bou … b’scule pas les gens… j’vais tap... t’prendre respect.

Il essaya de m’empoigner mais chancela et faillit tomber, se rattrapant de justesse au mur avant de me fixer. Bon sang il puait, une vraie infection. J’étais en train de perdre les autres, je devais m’en débarrasser.

- J’ai pas le temps là, c’est vous qui m’avez bousculé, écartez-vous.

Ah, mauvaise idée, il s’énerva encore plus et se mit à brailler.

- Comment ! J’vais t’prendre respect t’vas… vas voir…

Alors que je pensais qu’il allait essayer de me frapper, une main le saisit par l’épaule et je vis un poing fermé l’atteindre en plein visage, l’envoyant au sol d’où il ne se releva pas. Je vis que c’était Jonas qui s’était approché et l’avait frappé. Et merde ! Je ne voulais pas qu’il nous voit. Mais il ne se douta de rien, bien au contraire.

- Foutu alcoolique ! Vous allez bien mademoiselle ?

Il me regarda avec de grands yeux qui se mirent à pétiller.

- Je vais bien, je vous remercie monsieur …

Il prit ma main et y déposa un baiser … allons bon, c’était quoi ça encore ? Il releva la tête, affichant un sourire d’une blancheur inattendue. De près il était plutôt beau garçon, un nez légèrement de travers, sans doute anciennement cassé, des cheveux d'un noir profond et des yeux d'un bleu qui devait devenir glacial s'il s'énervait.

- Appelez-moi Jonas demoiselle, je suis ravie d’avoir pu vous aider. Vous êtes seule ?

- Non j’ai …

En tournant la tête, je vis que Vyrl avait disparu. Il avait probablement décampé lorsque Jonas s’était approché. Il allait m’entendre ce couard !

-… J’avais un guide mais il s’est enfui. Vous êtes arrivé à point nommé, je vous remercie.

- Tout le plaisir est pour moi, il est rare de tomber sur pareil beauté dans ce bourbier.

J’aurai dû être flattée mais connaissant ce type, cela ne fit que me mettre mal à l’aise. Je le remerciai de nouveau et voulus prendre congé lorsqu’il m’invita à le suivre dans sa demeure. Enfin « invita », disons plutôt que ces sbires se mirent à m’encercler, indiquant bien que je n’avais guère le choix.

- Je ne peux décemment pas laisser repartir une personne telle que vous seule, ce serait criminel. Je tiens à vous escorter en lieu sûr pour vous fournir un guide de confiance. Puis-je avoir votre nom ?

Ma situation n’était pas terrible, mais en même temps cela rejoignait mon plan originel, autant jouer la comédie avant de trouver le bon moment pour déguerpir en profitant pour glaner quelques informations. J'affichai un sourire ravi.

- Je me nomme Yliria et je serai ravie de vous avoir comme escorte, Jonas.


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Dernière édition par Yliria le Mar 9 Oct 2018 14:54, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 9 Oct 2018 14:53 
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Délit de fuite


Il m’emmena donc dans la planque que j’avais surveillée une partie de la matinée et me fit entrer en me tenant la porte, quelle ironie. L’intérieur était étonnamment en bon état, propre et meublé. Je pus apercevoir une grande pièce avec de nombreux fauteuils ainsi qu’une cheminée et une pièce qui ressemblait à une cuisine. Rien à voir avec le délabrement de l’extérieur, ils cachaient bien le fait d’avoir des moyens ces voleurs. Jonas laissa son escorte en bas et me fit monter. Il y avait trois pièces à l’étage mais une seule ouverte, donnant sur une pièce spacieuse contenant plusieurs chaises, un fauteuil, un grand bureau en bois sombre et lustré sur lequel étaient posés beaucoup de papiers. Tout ça ne ressemblait pas à la planque d’une simple chef d’une troupe de voleur, il y avait sans doute autre chose. Jonas ferma la porte puis s’installa dans le fauteuil et m’invita à m’asseoir dans une des chaises qui lui faisait face. Il ouvrit une enveloppe avec un coupe-papier, sorti le document qu'elle contenait et le plaça sur une pile avant de s’adresser à moi.

- J’ai quelque chose à vous proposer demoiselle.

Nous y voilà … je sentis un léger frisson me parcourir. Je n’allai probablement pas aimer la suite.

- Je suis à la recherche de nouveaux membres dans ma petite organisation et j’aimerais vous donner une place.

Je ne m’y attendais absolument pas et n’eus donc aucune difficulté à feindre la surprise. A quel point ce type était confiant ? Il ne m’avait posé aucune question, il connaissait juste mon nom et encore j’aurai pu lui en donner un faux. Soit il estimait être intouchable, soit il ne me voyait pas comme une menace potentielle, ce qui était stupide dans les deux cas. Mais je tenais peut-être le moyen d’en savoir plus sur la sœur de Vyrl, autant jouer le jeu.

- Je viens seulement d’arriver, excusez-moi mais je ne connais pas votre organisation…

- Je dirige une petite affaire avec un petit nombre d’employé, mais nous grossissons à vue d’œil et je viens d’avoir un contrat extrêmement profitable et j’ai besoin de plus de collaborateurs.

Bon sang si Vyrl ne m’avait pas briefé j’aurai pu croire à ces paroles. Techniquement il disait la vérité, il omettait juste de parler du caractère illégal de ces activités. Pas si stupide que ça finalement.

- Je vois… pouvez-vous m’en dire plus ? Il est vrai qu’un travail ne serait pas de refus… Quel genre de travail proposez-vous exactement ?

Il se leva et fit le tour du bureau avant de s’adosser à lui. Il me regarda fixement et je pus lire une envie dans le regard. Nouveau frisson sur l'échine.

- Et bien la plupart de ce que je propose je me refuse à vous le proposer, ce sont des travaux ingrats qui ne vous siéraient pas. En revanche il y en a un que je peux vous proposer et qui peux démarrer immédiatement.

Il s’éloigne du bureau et passa dans mon dos avant de poser sa main sur mon épaule et de la descendre lentement dans mon dos. Le contact me fit frissonner et il dut prendre ça comme un consentement car il posa ses deux mains près de ma gorge et caressa lentement. Je déglutis, je n’avais pas envie d’en arriver là, il était grand temps de partir. Je me levai et lui fit face.

- Je … je vais y réfléchir si vous voulez bien…

Il me sourit mais se rapprocha de moi. Je reculai jusqu’à toucher le bureau sur lequel il me plaqua brusquement. Là je paniquai.

- Que… lâchez-moi !

Il lâcha une de mes mains et porta sa main sur mon cou. Je me figeai en voyant son regard, il n’y avait plus qu’une bête assoiffée, non pas de sang, mais de bien pire et j’étais la proie. C’est là que je regrettai de ne pas avoir d’arme sur moi. Il porta son autre main sur mes jambes et commença à relever lentement ma robe. Je devais l’arrêter, je devais l’empêcher…. Il arriva u niveau de mes genoux. Me calmer, je devais me calmer, réfléchir…. Il toucha le haut de mes cuisses. Cette fois se fut de trop. Une boule de feu apparut dans ma main et je la lui lançais en plein visage. Il hurla tandis que ses cheveux prenaient feu et qu’une odeur nauséabonde de chair brûlée emplissait la pièce. Mais plutôt que de tenter de fuir, il resserra sa prise sur ma gorge, cherchant à m’étouffer. La douleur et le manque d’air furent vite insupportables et je me débattis, cherchant quelque chose pour me défendre. Ma main heurta un objet et je m’empressai de le saisir et de frapper avec. Le coupe-papier que j’avais pris s’enfonça dans sa gorge et du sang jaillit, coupant net ses vociférations dans un gargouillis innommable, puis il s’affaissa avant de tomber sur le sol. Je restai un instant sur le bureau, reprenant mon souffle et essuyant le sang qui barbouillait mon visage. Mon cœur battait la chamade, j’avais eu tellement peur. J’avais tué un homme… J’avais brûlé le visage d’un homme avant de lui transpercer la gorge… bizarrement cela ne me fit rien, je pouvais toujours réfléchir et agir. Je devais d’ailleurs faire quelque chose, vite !

Les cheveux de Jonas brûlaient toujours, je me dépêchai de les étouffer avec sa cape. L'odeur était horrible et je réprimai un haut-le-coeur puis j’allai derrière le bureau pour observer les papiers. Avec un peu de chance, j’allais tomber sur un qui me renseignerai sur la sœur de Vyrl. Bijoux… Sacs…Poissons… Kisp… Tiens, ce nom me disait quelque chose. Je mis ce papier de côté et continuai de fouiller. Je finis par tomber sur quelque chose d’intéressant. Apparemment il y avait plusieurs enlèvements à mettre sur le compte de Jonas et de sa bande. En lisant rapidement en diagonale je repérai plusieurs informations importantes, comme des dates, des numéros de bâtiments et encore ce nom : Kisp. Je pris donc ces papiers en plus des autres et fourrai le tour dans la sacoche qui se trouvait sur le bureau avant de la mettre en bandoulière. Le problème maintenant était de sortir d’ici. J’avais du sang sur le visage et les mains et je savais que ça ne passerait pas inaperçu, même dans cet endroit. Il y avait bien une fenêtre, mais je n’allais pas risquer de sauter … Quelqu’un frappa à la porte pile à ce moment-là.

- Chef, vous êtes là ? Le gros est arrivé, il voudrait vous voir.

Merde merde merde. Je n’avais plus le choix. J’ouvrai la fenêtre et visualisai la hauteur. C’était le premier étage et la rue en dessous était complètement vide, pas le moindre objet, sac ou ordure pour me réceptionner. Tant pis, je devais tenter. Plutôt que de sauter comme une idiote, je m’agrippai au bord et me suspendis lentement jusqu’à avoir les bras tendus, avant de lâcher. La chute fut courte et l’atterrissage brutal. Je sentis ma cheville droite se tordre sous le choc et je glissai, me tapant le dos contre le mur d’en face et me cognant la tête par la même occasion. La douleur de ma cheville et de ma tête étaient vives et me clouèrent sur place quelques secondes avant que je ne songe à bouger. M’appuyer sur ma jambe était une torture et je clopinais jusqu'au bout de la ruelle avant de jeter un œil aux alentours. Personne sur ma gauche mais, sur ma droite, les deux hommes en faction devant la planque allaient me voir et j’étais tellement suspecte qu’un panneau « arrêtez-moi » sur mon torse serait moins voyant. Je remis mon capuchon, espérant cacher mon visage et j’allai tenter d’avancer, l’air de rien, lorsque j’entendis quelqu’un crier dans la maison. Les deux gardes se retournèrent et j’en profitai pour m’éloigner de la planque en rasant les bâtiments de gauche. Ma jambe me lançait terriblement et j’avais du mal à maintenir une vitesse constante. Je passai ainsi devant deux ruelles avant de m’écrouler, ruisselante de sueur, ma cheville n’était qu’une bulle de douleur atroce. J’avais probablement fait pire que simplement me la tordre. Je n’osai pas l’examiner et me forçai à me remettre en marche, en sautillant sur un pied. C’était ridicule et plus difficile que je ne l’aurais cru, la terre meuble ne m’aidant pas à conserver mon équilibre. Après une dizaine de minute, il fallait l’avouer, j’étais complètement perdue. Je n’avais jamais été dans cette partie de la ville et je n’avais aucun moyen de me repérer. Je pris à droite et continuai d’avancer, espérant tomber sur un lieu ou un visage familier. Au bout de la ruelle j’entendis un bruit de cavalcade venant dans ma direction. Avisant des planches posées contre le mur, je me hâtai de me cacher derrière. Je vis un groupe de cinq hommes dépasser la ruelle sans ralentir. J’espérai sincèrement qu’ils n’étaient pas à ma recherche, car je ne n’allais pas pouvoir leur échapper très longtemps.
J’attendis que les bruits de course ne s’éloignent avant de me remettre en route. Je traversai la rue et pris une nouvelle ruelle adjacente. De là, je commençai à entendre quelque chose, comme un bruit de fond. Espérant trouver une rue familière, j’avançai donc vers le bruit de fond lorsqu’un autre bruit derrière moi me fit l’effet d’une douche froide.

- Elle est là !

Je ne me retournai pas, je n’avais pas le temps ! Je me hâtai vers le bout de la ruelle et débouchai sur le port de commerce. J’eus un sourire d’espoir, mais j’étais loin d’être sortie d’affaire. Je slalomai entre les marins, essayant d’oublier la douleur de ma cheville avec plus ou moins de succès. Alors que j’espérai les avoir perdue, deux hommes apparurent face à moi, couteau à la main, le regard empli de haine. Je ne réfléchis pas, j’enlevai mon capuchon pour avoir un meilleur champ de vision puis je générai une boule de feu. Je n’allais pas me laisser faire ! Ils eurent un moment d’hésitation, après tout personne n’a envie d’être touché par ça, mais l’arrivée de trois autres hommes dans mon dos leur donna du courage et l’un des deux me chargea, son coutelas tendu au bout de son bras. Avec ma cheville blessée, j’eus du mal à esquiver son attaque et il m’entailla l’épaule gauche, m’arrachant une grimace de douleur. Je parvins cependant à lui lancer la boule de feu alors qu’il me dépassait, touchant son dos, le faisant tomber et mettant le feu à ses vêtements. Il se releva en hurlant et se jeta en courant dans le fleuve non loin. Les autres m’encerclèrent, prudents. J’avais de plus en plus de mal à me tenir debout, j’étais exténuée et ma respiration devenait saccadée. D’une minute à l’autre ils ‘allaient me sauter dessus tous les quatre et je serai submergée. Une idée, vite ! Ma cheville me faisait tellement mal que mon attention était divisée entre les hommes qui me tournaient autour et la douleur, m’empêchant de réfléchir convenablement. Je vis un groupe d’une dizaine de personnes s’approcher de nous. Et merde, ils étaient combien comme ça ?

- Que se passe-t-il ici ?

Un grand homme, visiblement un marin, détaillait la situation en croisant les bras et toisa les hommes avant de les invectiver.

- Bande de raclures d’égouts, vous êtes à quatre pour affronter une jeune fille seule et visiblement fatiguée, pitoyable. Déguerpissez bande de parasites !

Les quatre hommes ne l’entendirent pas de cette oreille. L’un d’eux lui répondit, avec une voix grave et tremblante de haine.

- Cette salope a tué le chef des Noirs Desseins, nous voulons sa tête et tu ferais mieux de ne pas te mettre en travers de notre route.

Le marin me regarda comme s’il avait du mal à croire leurs paroles puis éclata de rire avant de parler d’un ton jovial.

- Fallait le dire tout de suite que vous étiez de la bande des Noirs Desseins, ça change tout ! Les gars, massacrez moi ces raclures !

Les marins chargèrent les bandits en vociférant et les quatre hommes s’enfuirent sans demander leur reste. Les marins ne les poursuivirent pas loin, mais les insultèrent tout le long. Le grand marin s’approcha de moi, mais prudente, je reculais. Mauvaise idée, ma cheville ne supporta pas l’idée et je ne pus retenir un gémissement de douleur. J’haletais, ma vue se brouillait de plus en plus et je sentais de la sueur perler sur mon front mais je pouvais encore me défendre. Je générais une boule de feu tant bien que mal, faisant reculer les marins. Mais cela n’eut pas l’air d’impressionner le grand qui s’approcha de moi, s’agenouillant non loin.

- Gamine, éteins moi ça, et on va t’aider.

- Pas… besoin…

Oui j’étais stupide mais j’avais mal et je voulais simplement retourner à l’auberge, cesser de souffrir. Alors que j’allais tenter d’avancer, je vis arriver un nouvel attroupement. Aaah mais la paix !

- Skarld, qu’est ce qui se passe ?

- Ah Cap’taine, apparemment cette jeune fille a eu des ennuis avec les Noirs Desseins.

- Vraiment ? … Oh mais je te reconnais gamine ! Pourquoi vous ne l’aidez pas vous autres ?

Il désigna ma boule de feu qui faiblissait.

- Elle ne se laisse pas faire Cap’taine.

Faisant fi de ma boule de feu, le capitaine s’approcha de moi. J’avais du mal à discerner tant ma vue se brouillait, mais sa tête ne m’était pas inconnue.

- Capt’aine … Ivark ?

- Lui-même gamine ! Éteins-moi ça, qu’on puisse t’aider.

J’étais de toute façon trop fatiguée pour lancer ma boule de feu et je l’éteignis, provoquant un soupir de soulagement chez les marins. Le capitaine voulut me faire avancer mais ma cheville me lança de nouveau, m’arrachant une grimace de douleur. Il voulut examiner mais le simple contact de sa main me fit sursauter et je tentai de m’éloigner mais trébuchai et tombai à la renverse. Il se pencha sur moi.

- Je ne te veux pas de mal gamine, je veux juste examiner ta cheville.

J’avais du mal à parler.

- Pas… le temps. Je dois…

- Tu n’arriveras jamais à rien dans ton état. Il faut…

- Pas le temps !

J’avais crié la dernière phrase mais je le regrettai aussitôt, je devais économiser mes forces. Les marins me regardèrent comme si je délirais, ce qui était peut-être le cas, je n’étais pas en état de réfléchir. Bon sang ce que j’avais mal ! Je vis les marins s’écarter brusquement et un visage familier se pencha sur moi.

- Yliria, tu vas bien ? Je suis désolé je..

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, je lui assénai une claque. Enfin j’essayai et je parvins tout juste à donner une petite tape, je n’avais plus de force dans les bras, dans le reste du corps non plus d'ailleurs. Vyrl me regarda d’un air désolé ce qui ne me calma pas vraiment. Je détestai son air de chien battu !

- Espèce de …. Où….étais-tu ?

- J’allais….

- Pas le temps… tiens…

Je lui donnai la sacoche contenant les papiers que j’avais dérobés à Jonas. Il me regarda d’un air dubitatif après avoir examiné le contenu.

- Merci… mais je ne sais pas lire.

Aaaah mais c’était possible d’être aussi chiant ? J'en avais tellement marre que j'étais sur le point de pleurer de rage, et de douleur aussi. Le Cap’taine vint à mon secours en lui prenant la sacoche des mains et en feuilletant rapidement quelques documents. Il eut un rictus de rage et les rangea avant de me regarder, une lueur d’admiration ou de contentement dans le regard, je n’avais su dire sur le moment. J’étais toujours au sol et je commençais sérieusement à avoir mal au dos à force de rester allongée sur les pavés. Il appela un marin qui me souleva comme si de rien n’était. Je voulus protester mais je parvins tout juste à articuler un « non » indistinct avant que le marin ne se mette en route, le Cap’tain et Vyrl nous précédant. Je crois que ce fut à ce moment que je perdis connaissance.


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