L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Lun 25 Nov 2013 12:00 
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(HRP : Mes excuses pour ce retard. Soucis IRL de PC et d'acquisition d'un emploi.)





Je ne sais pas pourquoi, mais le shaakt me semble plus détendu. Peut-être est-ce parce que, comme il l'a mentionné, nos parcours sont proches. Si on m'avait dit que je trouverais une sorte de jumeau géant au détour d'un bouquin enchanté, non seulement j'aurais pris mon interlocuteur pour un fou, mais je lui aurais certainement planté une ou deux fléchettes dans la gorge pour le faire taire. Et pourtant, j'ai devant moi un elfe sombre avec qui je discute presque posément. Tandis que je finis de rajuster ma tenue, Hekell me fait part de ses plans : partir le jour suivant ou plutôt la nuit suivante, par voie maritime, et sur un autre continent.

Un bref instant, je me sens trahi, amer, mais sans bien comprendre pourquoi. Ce n'est pourtant pas la première fois que je me sépare d'une personne que je tolère ! Quoique...

Debout sur le lit rigide, ailes déployées, je l'entends me confier constituer l'un des rares êtres qu'il a été ravi de rencontrer. Par contre, même si sa remarque a pour effet de faire brièvement se serrer mon sternum, le surnom qu'il me donne me fait plisser les yeux. Je croyais pourtant l'avoir averti concernant l'usage de déformations de mon nom ! Et d'où cela vient ce "Nessou" ? Je grommelle un instant. Non pas que j'en veux à mon interlocuteur, mais plutôt à cette impression que cela sonne juste quand c'est lui qui le dit.

(Maintenant c'est sûr, j'ai attrapé une maladie bizarre dans ce maudit conte.)

Je conserve un instant le silence, quelque peu surpris de percevoir la naissance d'une esquisse de sourire sur mon visage.

"Déclaration que je te retourne, Heki-chou."

J'insiste bien sur le surnom mais je sais que mon expression faciale contredit le ton presque accusateur que j'emploie. Après avoir jeté un coup d'oeil derrière moi, je vole vers l'arrière, allant me poser sur l'oreiller présent. Mon regard sombre reste distraitement rivé à la silhouette de l'elfe. Il a déjà un plan assez précis en tête, même si "disparaitre" est un peu vague. Je réfléchis un moment sur ce que je dois faire de mon côté puis relève la tête.

"Avant de partir, je dois retrouver ma monture mais après..."

Je marque une courte pause, cherchant dans ma poitrine cet instinct qui me pousse à me mouvoir. Ce que je trouve me laisse un instant songeur, puis j'enchaine.

"Je t'avoue avoir été plutôt intéressé par cette magie sombre que les araignées ont utilisé contre nous..."

J'élève ma main droite, l'amenant à mes yeux. Le froid étouffant que j'ai ressenti quand l'attaque magique m'a frappé semble avoir laissé une forte empreinte en moi. Je n'y connais vraiment pas grand-chose en magie, mais je sens croître une envie impérieuse d'y remédier. Qui sait ? Peut-être pourrais-je m'en servir quand ma sarbacane ne sera pas assez efficace ?

Mon muscle cardiaque pulse avec un léger rythme supérieur. J'ai juste besoin de trouver quelque chose qui me donne de cette énergie sombre. L'amertume liée à l'idée qu'il me faille en faire l'acquisition auprès d'humains me reste en travers de la gorge, mais elle est masquée par ma subite soif de connaissance.



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Dernière édition par Nessandro le Dim 8 Déc 2013 20:33, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 8 Déc 2013 17:02 
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Heki-chou.. . Je ne pouvais que ricaner à un surnom aussi ridicule. Mais c'était de bonne guerre. J'écoutais Nessandro me faire part de ses projets. Retrouver sa monture, l'intérêt qu'il avait pour la magie noire. Les Prêtresses Shaakt étaient généralement férues de ce type de magie, mais je ne pouvais pas le conseiller de se rendre à Khonfas pour en apprendre plus.

"Si tu veux en apprendre plus tu devrais peut-être faire un tour dans le temple d'un de ces dieux pas très sympathique. Ca doit se trouver dans cette ville j'imagine."

Je saisis une dague en entendant des pas se rapprocher de la porte, ceux-ci continuent leur chemin sans s'arrêter. Je ne me sentais pas en sécurité ici, pas plus que n'importe où d'ailleurs. Je scrutais avec frustration l'oreiller de mon lit. J'avais tellement envie de me reposer un peu, rien qu'une heure, rien qu'un instant. Mais comment être certain de se réveiller, jamais mon esprit paranoïaque me laisserait sombrer dans le sommeil. Je me levais à nouveau pour me mettre à côté de la lucarne, scrutant les rues sombres. Voilà comment j'allais passer ma nuit. Surveiller le passage en me tenant prêt à fuir à la moindre vision d'un groupe d'elfes noirs.



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Dernière édition par Arkalan le Jeu 26 Juin 2014 15:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 8 Déc 2013 20:33 
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Suite à ma déclaration, Hekell me conseille de me rendre dans un temple d'une quelconque divinité sombre, pour m'informer. Je fronce les sourcils. Déjà que je risque de devoir payer un humain pour acheter de cette magie, je n'ai pas franchement l'intention de me reposer sur d'autres de ces créatures pour la comprendre. D'ailleurs, pour quel motif j'irai faire confiance à un officiant ? Les dieux n'ont jamais levé la plus petite écaille ou plume ou autre élément de leur corps pour me sortir de ma situation. Je n'ai pas l'intention de contracter la moindre dette envers eux.

Et puis, qui sait ce que les serviteurs maniant cette magie sombre pourraient avoir dans le crâne à mon égard ? Les corps de victimes disparaissent sans cesse, alors celui d'un aldron serait encore moins remarqué. D'ailleurs, il me faudra me méfier. Quand bien même cette énergie sans lueur m'intéresse, il est hors de question que je la laisse me contrôler.

"Je ne veux rien devoir aux dieux ni à ceux qui les servent. Manquerait plus que ça. Je ne me suis pas défait d'une laisse pour finir enchaîné par pire."

Je pousse un souffle méprisant par le nez.

"Et qui sait s'il n'y a pas quelques tordus dans le troupeau des temples. Enfin, plus que ce que les géants habituels sont, évidemment. "

Mes spirales auditives perçoivent des pas, mais c'est surtout la réaction du shaakt qui m'intrigue. Il sort brusquement une dague, comme s'il allait devoir se défendre d'un instant à l'autre. S'il voulait être prudent, il aurait mieux fait de trouver un toit de grange ou un souterrain. Quoique... Vu que ce sont des femelles qui le pourchassent, possible que ce soit les premiers endroits qu'elles fouillent.

Sans ajouter un mot, je le vois scruter de nouveau les environs par la lucarne. Si cela avait été un lutin, j'aurais pu le faire grimper sur une des poutres du plafond, mais je doute qu'un shaakt tienne longtemps là-dessus. L'image même me fait sourire en coin. Ridicule. Surtout s'il a le vertige. Il n'empêche qu'à le voir s'agiter ainsi, sa nervosité finit par m'affecter. C'est donc en poussant un souffle qui soulève une de mes mèches dorées que je m'empare de mes affaires et le rejoins auprès de la vitre. Je me pose sur le rebord, alternant un regard sur les immondes silhouettes qui y circulent, puis sur le visage balafré. Mes ailes s'étendent un instant puis je les replie dans mon dos.

"À trop regarder ce qui se passe en bas, tu vas faire des cauchemars éveillés. Et je n'ai pas l'intention de servir de cible si jamais tu perds le sens des réalités."

J'observe un instant l'oreiller puis reporte mon attention sur Hekell. Je me racle un peu la gorge, quelque peu contrarié. Pourquoi ai-je envie de me montrer tolérant et même sympathique envers lui ? Si j'essaie de me convaincre que ce n'est que pour cette nuit, je peux sans doute endurer mes propres mots... Non, je préfère encore déguiser mes intentions.

"Tu perds ton temps à rester debout. Je vais vérifier mon équipement, et je vais en avoir pour un moment. Va te coucher le premier. Si je vois quelque chose de louche..."

J'extirpe une fléchette de ma sacoche, affichant un air amusé.

"Ceci te fera passer le message."

Sur ce, je m'assois, posant le plastron rayé sur mes cuisses et le projectile à ma gauche. J'ai beau examiner la trace laissée par la dague sur la protection, je suis étrangement conscient de mon camarade à peau sombre.



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Dernière édition par Nessandro le Lun 3 Fév 2014 12:24, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 13 Déc 2013 18:48 
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Nessandro déclina mon conseil en utilisant des arguments plus que logique. Je ne pouvais qu'approuver face à ses dires. Il vint ensuite me rejoindre sur le rebord de la fenêtre, je répondis à une autre de ses piques par une grimace sérieuse.

"Depuis cette histoire de livre, je me demande même si nous sommes vraiment réels."

Je le regardais un instant avant de finalement hocher la tête et de retourner sur le lit. Je décidais de lui faire confiance, encore, au point de m'allonger.

"Si on était dans un livre, j'aurais préféré être un humain sans histoire. Le simple boulanger qui se lève tôt pour faire son pain, ou le commerçant qui crie que ses produits sont meilleurs que ceux de son voisin."

Je lâchais un léger ricanement en m'imaginant vendre quoi que ce soit maintenant alors que son père lui avait appris les rudiments du marchandage ou plutôt de l'escroquerie.

Pas encore certains de vouloir remettre toute ma survie aux mains du blondinet volant, je renonçais pour l'instant à fermer les yeux, me contentant de fixer le plafond et de secouer la tête pour rester éveillé en vain puisque à bout de force, je finis par m'endormir.



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Dernière édition par Arkalan le Jeu 26 Juin 2014 15:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 15 Déc 2013 15:01 
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Je relève le nez un instant, juste pour voir le géant sombre s'éloigner en direction du lit, et s'y allonger. Il doit vraiment être fatigué ou pas mal se reposer sur moi pour agir de cette façon. Je m'en veux une courte minute de m'en sentir un brin flatté. Il reprend la parole, simplement pour me préciser que si nous étions dans une histoire, il aurait préféré être un banal humain. Je fronce le nez, relevant la lèvre supérieure en une moue de dégoût à ces paroles. S'il avait été un humain, camarade d'infortune ou pas, je l'aurais laissé se débrouiller seul. Je lui aurais bien lancé une pique, mais son souffle bientôt régulier m'indique qu'il s'est assoupi.

Je hausse les épaules et me tourne un peu plus vers la vitre. Des silhouettes passent sans s'arrêter, se bousculant même sans se retourner. Un souffle méprisant envers ces géants s'échappe d'entre mes dents. Qu'importe ce qui est devant eux, même à leur taille, ils ne s'en inquiètent même pas. J'esquisse un sourire en coin en pensant qu'un jour viendra où le petit être qu'ils ont malmené leur rendra la pareille, au centuple, évidemment !

Sauvant mes yeux de ce vil spectacle, je m'intéresse à mon plastron. L'éraflure causée par la dague est bien présente. D'une façon ou d'une autre, il va me falloir la combler. Mais pas ici. D'abord parce que c'est un plastron aldryde que ces imbéciles risquent d'abimer, et que je n'ai pas l'intention de laisser le plus petit humain toucher à mes affaires. Dégageant une mèche blonde de mon front, je décide d'enfiler cette protection. Qui sait si le shaakt ne va pas jouer les porte-poisse cette nuit ?

Je tourne mon attention vers lui un instant.

( S'il est du genre à ne pas dormir du tout, il va devenir fou en plus d'être méfiant de tout. Bah, il n'avait qu'à ne pas naître géant après tout. )

Amenant ma sacoche à moi, j'en examine le contenu. Il me reste la moitié d'un sachet de baies séchées, mon briquet et quelques torches. J'ai aussi cette pierre bizarre avec un symbole, ramassée dans la toiture du kiosque. J'espère que son propriétaire est bien embarrassé maintenant, et tant mieux si c'est un humain. Tiens ? Il me reste aussi la bille d'eau de cette femelle bleue. Je n'ai aucunement confiance en cet objet. D'ailleurs, je me demande comment elle arrive à maintenir sa forme en dehors du conte. Je la range, extirpant ensuite la fiole de soin et ma gourde magique. Je soupèse les deux puis décide de transvaser le liquide concentré dans l'autre contenant. Cela me fera économiser de la place.

Je cogite un instant. Si je dois récupérer de la magie sombre, il va falloir faire l'acquisition d'une autre gourde. Pas question de me tromper de récipient ni de me surcharger de flacons risquant de se briser à la première acrobatie. J'agrippe ensuite la bourse de yus trouvée. Elle n'a pas l'air de peser bien lourd, me faisant douter de son contenu, jusqu'à son ouverture. Je retiens un sifflement intéressé. Elle n'a pas un poids important, mais la qualité des yus est impressionnante. J'ai de quoi acheter des provisions en nombre suffisant pour ne pas devoir remettre les plumes dans une ville avant un moment.

Rangeant le tout, je m'entoure de mes ailes en scrutant la nuit sombre. Je me sens un peu las, mais je n'ai pas sommeil. Mes pensées sont tournées vers mon harney.

( Où peux-tu être ? Es-tu retourné à ton nid ? M'attends-tu près de la souche ? )

J'ai hâte d'être au lever du jour mais, paradoxalement, savoir que le calme de cette pièce va prendre fin me peine un peu.

Dans la pénombre, je me mets à fredonner une mélodie aldryde. La seule que les akrillas et autres femelles n'apprécient pas. Trop lente, trop basse pour leurs gorges à découvert et hors de portée de leurs capacités plus que limitées, évidemment. Au lieu de la vie et de la nature, elle célèbre la nuit et le silence, chose que ces monstres pondeurs n'aiment pas. C'est bien pour cela que je l'adore. J'ignore qui l'a composé et pourquoi elle n'est pas interdite, mais maintenant que j'y pense, je ne l'ai entendu que de la bouche des rares mâles croisés.

Sans parler, remarquant un bout de lune qui se dégage d'un écrin de nuages, je meuble un peu le silence de la salle.



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Dernière édition par Nessandro le Sam 25 Jan 2014 17:27, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Lun 23 Déc 2013 19:59 
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C'est l'assaut d'une araignée géante dans mes songes qui m'éjecta d'un sommeil réparateur, me ramenant à la banale réalité d'une chambre sombre et au fredonnement d'une mélodie inconnue.

Je me redressais sur mon lit, me massant les yeux de mes paumes. Le jour ne s'était pas encore levé et Nessandro toujours pas reposé.

"Je peux prendre la relève si tu veux dormir un peu."

Je raclais ma gorge avant de poursuivre d'une voix moins enrouée par le sommeil et peut être par une légère émotion.

"Sinon il sera temps pour moi de faire mes adieux."



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Dernière édition par Arkalan le Jeu 26 Juin 2014 15:43, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Lun 23 Déc 2013 21:34 
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Les yeux ouverts, mon esprit s'évade un peu, me donnant l'illusion de prendre du repos. Pourtant, je ne dors pas. Je ne fais que laisser mes muscles se détendre. Le souffle régulier du shaakt et la disparition des sons insupportables des bipèdes renforce cette paix. Fredonnant, je ne vois pas vraiment le temps passer, mon regard sombre demeurant attaché aux nuages flottants devant l'astre mort. J'ai pourtant dû somnoler un peu car le mouvement de Hekell qui se redresse me surprend un brin.

Je m'étire puis me lève du rebord, m'orientant dans sa direction. Il me propose de veiller à son tour afin que je me repose. Après un raclement de gorge, cet être sombre m'informe devoir bientôt faire ses adieux. Sans que j'en sache exactement la raison, même si je commence à m'en douter, mon torse se serre un peu. Je décolle, mes affaires sur moi ou dans ma sacoche, casque sous le bras, et venant voler à un peu moins d'un bras de géant de lui. C'est étrange, surtout pour moi. Il y a encore quelques jours, je lui aurais lancé une pique blessante ou aurais ignoré sa proposition. Là, je suis juste... Conscient... Ou plutôt attentif à sa présence.

Je tente pourtant de masquer mon ressenti en m'étirant un peu. Mains derrière le crâne, tenant mon casque, j'incline un brin la tête.

"Tracas inutile. J'aurai sans doute moins de difficultés qu'un colosse à trouver un coin où me reposer plus tard."

Je l'observe un instant. S'attacher est une faiblesse. Je le sais. Je me le suis toujours dit, et pourtant quelque chose m'incite à penser qu'il me sera impossible de faire fi de ce lien avec le shaakt. Je n'aurais pas du l'approcher, ni lui parler, ni même reconnaître son existence. Sauf qu'il est trop tard pour cela, et l'inconfort que je ressens dans la poitrine à l'idée de ne plus avoir d'échanges avec lui m'apprend la leçon à la dure.

Je croise les bras dans l'air, voletant à sa portée. Je baisse un peu les yeux puis les remonte sur sa cicatrice et esquisse un sourire.

"En tous cas, je ne suis pas prêt de t'oublier. Tu peux prendre ça comme un compliment. Et j'en fais rarement, tu peux t'en douter."

Avant même de m'en rendre compte, mon corps s'avance, et je me vois tendre la main libre vers sa pommette. J'hésite au contact. Ce n'est vraiment pas dans mes habitudes. Pourtant, j'en ai envie. L'aversion que j'ai pour les bipèdes de grande taille semble momentanément endormie.

"Je ne vais pas te dire de rester prudent. Trop évident comme remarque. Juste..."

J'inspire vivement, cherchant à contrôler cet étrange sentiment qui se niche dans ma gorge. Mon poing se ferme, venant pousser un peu la joue de l'elfe ténébreux.

"Bonne chance... Hekell."

Je ramène mon bras à moi, faisant un léger battement d'ailes vers l'arrière, m'offrant une meilleure vision de cet être. J'affiche un sourire avant de coiffer mon heaume. Je me sens vulnérable en ce moment, et la protection sur mon crâne n'y change pas grand-chose. Je m'efforce de me montrer fort, personne ne pouvant l'être à ma place. Vivement que je me reprenne.

Je vais finir par croire que je me suis adouci.



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Dernière édition par Nessandro le Jeu 2 Jan 2014 10:26, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 27 Déc 2013 23:15 
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Le voici, le temps des adieux. Nous savions tous les deux que celà allait arriver et pourtant j'étais et je sentais que Nessandro aussi était ému. En témoignait le compliment et le contact physique que me donne mon ami volant. Je poussais un long soupir moi aussi avant de lui répondre :

"Arkalan. Mon vrai nom, c'est Arkalan."

Je laissais mes lèvres se fendre en un sourire avant d'ajouter :

"Prend soin de toi Nessandro."

Sur ce, en silence, je récupérais mes affaires, ma cape, mes dagues, mon arc avant de me diriger vers la porte de la chambre, je me retournais encore vers le blondinet en posant ma main sur la poignée de la porte.

"J'espère que nous nous reverrons un jour l'ami et qu'aucun de nous ne termine dans la cage de ces femelles que nous haïssons tant."

Je lâchais un dernier ricanement avant d'ouvrir la porte et de me glisser hors de la pièce après avoir vérifié que personne ne m'attendait dans le couloir. Je refermais ensuite la porte derrière moi et sortait de l'auberge, en silence, sans me retourner et si Nessandro observait en ce moment par la lucarne, il pouvait me voir, prendre la direction du port avant que le soleil ne se lève.



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Dernière édition par Arkalan le Jeu 26 Juin 2014 15:47, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 2 Jan 2014 10:26 
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Mes ailes me portent dans l'air avec aisance, et j'ai pourtant l'impression de percevoir un poids supplémentaire. Hekell me fait une soudaine confidence. Le shaakt m'apprend porter un autre nom en le désignant comme le véritable : Arkalan. J'en hausse légèrement un sourcil puis les épaules. Qu'importe qu'il ait plusieurs noms puisque c'est aussi mon cas. Je vais tout de même retenir les deux, histoire que si nos chemins se croisent une nouvelle fois je puisse m'assurer qu'il est bien ce shaakt. Toutefois, je ne le souhaite pas, pour son bien. Cela voudrait dire que quelque chose de suffisamment important l'aurait fait revenir sur ce continent.

Je demeure silencieux, combattant la pointe d'émotion fichée dans mon torse lorsqu'il me dit de prendre soin de moi, et surtout d'avoir la chance d'échapper aux femelles. J'en esquisse un sourire amer. Un instant, j'avais oublié la proximité de ces créatures honnies. J'attends et file m'accoler à la lucarne quand il quitte les lieux. Dans le petit matin, je pense distinguer sa silhouette le long d'un mur et finis par m'en détourner. Une forte lassitude m'envahit, et j'avise l'une des hautes poutres parcourant le plafond. Hors de question d'être pris à dormir sur l'un des lits si ces écoeurants géants arrivent.

Je prends place sur une structure de bois, place ma sacoche sous ma spirale auditive et ferme les yeux. Je devais être plus exténué que je ne le croyais car le sommeil me gagne en quelques instants.

Je ne rêve pas, mon repos si profond que c'en est impossible. Toutefois, je finis par être réveillé en sursaut par le claquement de la porte de bois. Un peu perdu, je demeure immobile, attendant que mes sens m'apprennent ce qui se passe.

( Tsss. Pas moyen de rester tranquille quelques heures. Et ce soleil qui me brûle les yeux ! J'ai dormi aussi longtemps ? )

Je me redresse lentement, massant le bras sur lequel j'étais allongé et rajustant la bride de ma sacoche. En contrebas, trois colosses discutent à voix basse. Bardés de capes, ils tiennent de petits flacons d'un étrange coloris. J'entends leurs rires stupides emplir la pièce tandis qu'ils se congratulent mutuellement. Apparemment, ces bipèdes ont fait l'acquisition de portions de magie sur les docks, et auprès d'un humain cherchant à ne pas attirer les regards. Etrangement, il ne se déplacerait jamais sans quelques gardes du corps. Je ne m'en soucie guère, leurs voix m'irritant déjà, et me faisant agripper ma sarbacane. La seule chose qui m'interrompt dans le processus de leur envoyer une ou deux fléchettes est le sujet qu'ils abordent : la magie d'obscurité. Ils ont l'air méfiant, regardant régulièrement par la lucarne proche, comme Arkalan. C'est surtout le cas du plus petit d'entre eux.

Sur ma poutre, je les surplombe tandis qu'ils se font enfin silencieux, trinquant de leurs flacons sombres. Malgré moi, mon regard se rive avec une certaine fascination à ce liquide ténébreux tandis que deux d'entre eux l'ingurgitent. Dommage. Encore du matériau intéressant gâché par ces créatures. J'écarquille soudain les yeux quand l'un des encapuchonnés se met à pousser des râles de douleur. Il tombe à genou et se roule sur le plancher, cherchant à rabattre sa capuche encore plus qu'elle ne l'est déjà. Immédiatement, celui de taille banale extirpe une dague, menaçant le petit, et exigeant des explications. Je perçois vaguement des excuses et une phrase bafouillée, du genre que le malade n'avait pas le "potentiel".

Immobile sur ma poutre, je regarde la lame filer vers la petite personne. Une giclée rouge repeint le sol. À cette attaque, une main sombre vient sauvagement s'accrocher à la gorge de l'assaillant. Mon instinct se réveille, me poussant à reprendre mon envol. Si je reste ici, je risque d'être pris pour cible par un sort mal lancé, s'il est possible pour ces bons à rien de réussir au moins cela. Tandis que les colosses puants s'écharpent, je me rue contre la lucarne, la débloque puis la repousse avant de plonger le long du mur. Lorsque j'estime ma vitesse suffisante, j'étends les ailes et reprends mon ascension.

( Maudits bipèdes. Ce réveil en sursaut m'a donné la migraine... Mais au moins, j'ai appris quelque chose d'intéressant. )

À l'instar de mes pensées, je suis une ruelle à bonne distance du sol, avec une idée précise : trouver ce vendeur de magie sombre.



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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 2 Mar 2014 06:11 
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Nous entrâmes dans l'auberge. Les conversations, dont le son me semblait déjà tonitruant de l'extérieur, étaient assourdissantes. Avant de pénétrer dans l'établissement, j'appréhendais l'agitation qui, je le savais, ne manquerait pas de troubler notre séjour, mais je n'aurais jamais imaginé que ça puisse être aussi mouvementé. Les gens étaient si nombreux qu'ils ne pouvaient même pas tous trouver une place autour d'une table. À ma droite, à quelques pas de moi, des hommes jouaient à lancer des petits cubes d'os décorés de points noirs en riant à gorge déployée. À en juger par le soupir de résignation d'un des hommes et les rires de ses compagnons qui repartirent de plus belle, je déduisis que la partie venait de se terminer. Mes soupçons se confirmèrent lorsque l'homme poussa quelques pièces vers celui qui était attablé devant lui. Je me désintéressai de leur jeu et je contournai Lindraël afin de jeter un oeil à la scène qui se trouvait tout au fond de la salle. Deux jeunes gens, un homme et une femme, vêtus de couleurs criardes, faisaient valoir leur talent devant la foule. La demoiselle chantait une chanson populaire tandis que le garçon l'accompagnait de son luth. Aucun des deux n'avait beaucoup de talent, mais le coeur qu'ils mettaient à l'ouvrage propageait la bonne humeur dans le public.

- Je vais chercher des informations sur la situation de la ville. Tâche de te faire discret, cette fois.

Je rassurai mon mentor, qui me dévisagea d'un air peu convaincu avant de se diriger vers l'aubergiste. La cacophonie ambiante m'empêchant de profiter du spectacle, je m'approchai de la scène, me faufilant entre les gens ivres et les jolies serveuses qui entretenaient leur vice. Arrivé près de la scène, j'aperçus une chaise libre près du mur. Je me dirigeai donc vers elle pour écouter les artistes confortablement. Malgré leur performance médiocre, je reconnus, non sans mal, un air que j'avais l'habitude d'entendre dans les tavernes d'Henehar. Je fermai les yeux, histoire de profiter des consonances familières de la musique.

Lorsque, après de longues minutes, elle prit fin, je me joignis à la populace qui applaudissait à tout rompre. Lorsque les auditeurs se calmèrent enfin, le couple se lança dans l'interprétation d'une musique plus douce, racontant les exploits de quelque héros. La douceur de la musique me permit de distinguer un son que je n'avais pas remarqué au premier abord. C'était un genre de chuintement métallique suivi d'un claquement. Intrigué, je cherchai l'origine du bruit. C'est alors que je vis, dans l'ombre derrière moi, quatre hommes. Je m'approchai et je découvris la source du bruit. Les hommes pratiquaient un jeu d'adresse qui consiste à planter un couteau entre leurs doigts écartés le plus rapidement possible. Je les observai en silence jusqu'à ce que l'un d'eux se rende compte de ma présence.

- Qu'est-ce t'as à nous regarder de même, le jeune?

- Je me demandais juste ce que vous pouviez bien faire, je ne pensais pas déranger, dis-je.

L'un des hommes s'approcha de moi et me détailla des pieds à la tête avant de se retourner vers son compagnon.

- Laisse-le, Robert. Il doit pas avoir plus de 22 ans. À son âge, t'étais curieux, toi aussi. Et puis, il fait de mal à personne!

Il me regarda à nouveau et me tendit la main.

- Moi, c'est Jimmy. Ça, c'est Matt et lui, c'est Frank. Et l'autre, c'est Robert.

Matt et Frank me firent un petit signe de tête et Robert me lança un regard noir.

- Je suis Ectalion. Et je n'ai pas 22 ans, mais bien 14.

Jimmy étonné, haussa les sourcils.

- 14 ans, vraiment? Tu fais beaucoup plus vieux! Enfin, j'oubliais presque les bonnes manières. T'as envie de te joindre à nous?

Frank se déplaça pour me faire un peu de place. Je posai donc mon siège à ses côtés. Matt prit un couteau au centre de la table et Jimmy me fit signe de prendre l'autre.

- Tu connais les règles?, me demande Jimmy.

Je lui fis signe que non.

- On doit se regarder dans les yeux durant toute la partie. Le premier qui hésite ou qui détourne le regard a perdu, m'explique Matt. Prêt? On y va!

J'avais les mains moites, mais je raffermis ma poigne sur le manche. J'enfonçai la lame dans le bois de la table, entre mon pouce et mon index.

(Je ne peux plus reculer.)

Je retirai la lame d'un geste mal assuré et le fichai dans la table entre mon index et mon majeur. Je répétai la manoeuvre quelques fois, tranquillement. J'étais bien parti, je commençais à être plus sûr de moi. Sans accélérer, mes mouvements devenaient de plus en plus fermes. Me sentant en confiance, j'accélérai la cadence. Mon adversaire en fit autant. Il gardait la même vitesse que moi, et je lui fus reconnaissant de ne pas me presser. Sans atteindre la vitesse qu'ils avaient plus tôt, nous avions une bonne cadence et je devais me concentrer de toutes mes forces pour ne pas me couper. Au bout de plusieurs minutes, Matt posa son couteau.

- Très impressionnant, pour un débutant! Il m'a fallu bien plus que quelques instants pour réussir à atteindre une telle vitesse! Mademoiselle, amenez-nous cinq chopes de bière!

Une serveuse qui passait par là lui fit signe qu'elle avait compris et repartit en direction du comptoir.

- D'où viens-tu, mon gars?, me demanda Jimmy.

- Je viens d'un petit clan de Phalanges de Fenris. Je vivais dans les montagnes de Nosvéris avant de rencontrer Lindraël, mon mentor, à Henehar. Il m'a apprit à être furtif et m'a enseigné tout ce qu'il savait sur l'art du vol. Mais je ne suis pas un bon élève. Alors que je m'entraînais en essayant de voler les autres membres du clan, on m'a vu faire et je me suis fait bannir. Je me suis sauvé à Henehar pour retrouver Lindraël, mais le chef du clan a envoyé un homme pour me surveiller. Lui et Lindraël se sont battus et nous avons été forcés de nous enfuir à bord du premier bateau. Nous venons à peine de débarquer.

La serveuse arriva avec l'alcool et Jimmy la remercia d'un signe de tête. Je pris une gorgée de la boisson et je fus surpris par son goût, plus doux que celui des autres bières que j'avais goûtées.

- Je te souhaite la bienvenue sur Nirtim, alors! On est des paysans de la République d'Ynorie, mais nos fermes ont été brûlées par des partisans d'Oaxaca. Chacun de nous à tout perdu... Ils ont violé nos femmes et tués nos enfants. Alors on a pris la direction de la grande Kendra Kâr et on est devenu mercenaires. Ça fait deux semaines qu'on attend que quelqu'un nous engage, mais il semblerait que notre manque d'expérience ne fasse pas de nous des alliés intéressants...

- Tu sais bien que c'est parce que ces maudits gens de la ville ont horreur des paysans, intervient Robert.

- Oui, ça aussi. Mais c'est pas seulement des citadins qui passent ici.

- Ouais, c'est vrai; plein de voyageurs s'arrêtent ici. C'est quand même l'auberge la plus populaire de la ville!

- Sauf que ces voyageurs qui passent ici ont rarement besoin de mercenaires. S'ils voyagent, c'est parce qu'ils savent se défendre, le contredit Frank.

- Ceux qui auraient besoin de nos services, c'est les nobles qui doivent se rendre dans une autre ville. De toute façon, c'est bien connu, les aventuriers ont rarement de quoi payer!

- Tu oublies qu'on fait pas ça pour l'argent, mais bien pour se venger d'Oaxaca.

- Je devrai bientôt quitter la ville. J'ai eu un petit malentendu avec un marin, en débarquant du bateau, et j'ai l'impression qu'il va en avoir parlé autour de lui. Moi et Lindraël allons voyager un peu partout sur le continent. Vous pourriez venir avec nous, ça vous ferait un peu d'expérience.

- En devenant mercenaire, je prévoyais avoir des tâches précises à remplir, mais peu importe, au fond. Et avec de l'expérience, on pourrait plus facilement se faire engager après.

Frank et Matt acquiescèrent, mais Robert se montra suspicieux.

- As-tu au moins de l'argent pour nous payer? On va pas risquer notre vie pour rien!

- Non, je suis désolé, je n'en ai pas...

Les quatres paysans eurent l'air profondément déçus.

- Bon... Ça vaut quand même la peine d'y réfléchir... Allez, c'est à mon tour de t'affronter, dit Frank.

Je m'emparai d'un des couteaux et je plaçai ma main, doigts écartés, sur la table. Mon adversaire fit de même et, les yeux dans les yeux, nous commençâmes le jeu. Nous commencions à accélérer lorsque j'entendis une voix grave murmurer dans mon oreille.

- C'est ça, pour toi, rester discret?

Je sursautai, ce qui eut pour effet de changer la course de la lame, qui s'enfonça d'un bon centimètre dans mon index. Je hurlai de douleur, mais la claque que m’assena Lindraël me fit taire.

- La ferme! C'est tout ce que tu mérites! Quand je te dis de faire quelque chose, je m'attend à ce que tu m'obéisses, jeune imbécile! Qui sait si ces charmants messieurs n'avaient pas l'intention de te traîner derrière l'auberge pour abuser de ton corps?

- S'ils veulent abuser de moi, ils auront tout le temps de le faire; je leur ai proposer de voyager avec nous, maugréai-je.

Silence. Lindraël me fixa avec ce regard glacial qui me faisait frissonner.

- Nous en reparlerons, finit-il par me dire. Pour l'instant, il est tard. Je nous ai loué une chambre au deuxième étage, la deuxième sur la gauche. Je monte me coucher, tu devrais en faire autant.

Il s'éloigna. Je compris que j'avais été trop loin. Mon mentor profitait de chaque occasion qu'il avait pour m'insulter, mais depuis le temps, je savais que ce n'était pas pour être méchant. Enfin, pas seulement. Mais lorsqu'il n'avait même pas le coeur à me rabaisser, c'était que j'avais fait quelque chose de vraiment grave. J'avais la bouche pâteuse lorsque je me retournai vers mes partenaires de jeu.

- Je ferais mieux d'y aller. Il est déjà assez en colère comme ça, mieux vaut ne pas le contrarier davantage. Réfléchissez à mon offre, on se reparle demain matin. Quant à moi, je vais tâcher de convaincre Lindraël que c'est une bonne idée, terminai-je entre mes dents.

Jimmy, Matt et Frank me saluèrent chaleureusement, tandis que Robert se contenta d'un grognement. Je vidai ma chope d'une traite avant de prendre la direction de notre chambre.

Arrivé devant la porte, je pris une grande inspiration avant d'entrer. Lindraël était assis sur l'un des deux lits qui meublaient la chambre, dos à la porte. Sans me regarder il me demanda:

- Tu es sûr que nous pouvons nous fier à eux?

- Je ne suis sûr de rien, mais leurs motivations me semblent nobles. Et quatre hommes pourraient toujours se révéler utiles, même s'ils ne savent pas se battre.

Lindraël poussa un profond soupir. Il se retourna vers moi.

- Je me fierai à ton jugement alors. J'aurais tout de même apprécié que tu m'en parles avant de leur proposer. Prends ça comme une occasion de me prouver que je peux avoir confiance en tes décisions.

Il se leva et s'avança vers moi, me dominant de toute sa taille.

- Toutefois, sache que, si tu t'es trompé, il te faudra faire des efforts énormes pour que j'aie confiance à nouveau et que je serai encore plus sur ton dos que je ne le suis déjà. Tu es averti.

Il se coucha et quelques secondes plus tard, il ronflait déjà. Je me couchai à mon tour, mais je mis plus de temps que lui à m'endormir. J'étais surpris; c'était la première fois qu'il me faisait confiance pour une décision importante et je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il devait y avoir une attrape. J'étais troublé lorsque je sombrai finalement dans le sommeil.

_________________
Ectalion, Voleur issu des Phalanges de Fenris


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 12 Juin 2014 16:53 
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Par une journée aussi ensoleillée, les rues de la Cité Blanche étaient particulièrement bondées de badauds en tout genre, de paysans chargés de provisions, de petits voleurs à la tire, de citadins tout à fait honnête appréciant les bains de foule...C'était un dessin assez courant que de voir ces allées désertes de nuit se remplir soudainement aux heures de pointes, laissant place à un brouahaha incessant. Les sabots des bêtes de traits claquaient en choeur sur le sol de la Grand Rue et les diverses bousculades qui y avaient lieu offraient quand à elles un chant en canon de grognements mécontents. Parfois, quelques enfants vêtus de haillons s'approchaient un peu trop près d'une personne bien plus richement vêtue et repartaient en courant, les bras rarement vides et un sourire satisfait sur leurs bouilles de voleurs en herbe.

Pour un paysan n'ayant pas connu la ville, il était facile de se perdre dans cette foule dense, ces rues étroites parfois dépourvues de noms, ou bien même de se faire dépouiller en un rien de temps malgré l'oeil attentif des gardes en patrouille. Un connaisseur ne prenait donc la Grand Rue qu'en cas d'extrême nécessité, ou bien s'il devait être amené à transporter quelque chose à travers la Capitale. Aleskander était un connaisseur, pour avoir passé une enfance honnête dans d'honnêtes quartiers, et il ne se laissa pas prendre au jeu du mouvement de foule.

Passé les portes, il bifurqua rapidement vers une ruelle étroite, laissant un moment son regard s'attarder sur les volets entrouverts d'une maison bancale, apercevant les silhouettes d'habitants vaquant à leurs occupation de la vie quotidienne. Un mendiant était assis, à quémander dans cette rue vide, et le seigneur n'eut même pas un regard pour ce pauvre homme, qui ne souffrait probablement d'aucun handicap et n'allait évidemment pas se précipiter à un temple pour se faire soigner de ses maux. Dans les classes populaires, un verre d'alcool valait cent prêtres.

Aleskander prenait bien soin de marche au milieu de la voie, n'hésitant pas à faire s'écarter les quelques personnes qu'il pouvait croiser à contre-sens : le milieu d'une route était en ville réservée aux gens ayant un statut élevé, puisque les déchets allaient s'écouler sur le bord des voies de circulation où marchait la piétaille : il aurait pu se fondre au peuple, faire comme les autres et laisser un artisan protéger ses bottes des petits besoins de la populace, mais cela serait aussi anecdotique qu'inutile. Il avait le privilège de venir ici en tant que noble et en jouirait autant que possible.

Une porte claqua près de lui alors que la ruelle étroite s'élargissait doucement, rejoignant une autre rue plus large, moins assombrie par les hautes bâtisses et surtout dépourvue de déjections odorantes : il approchait des zones pourvues d’égout, et la petite balade allait prendre des airs plus nobles. Les brouahahas des maisonnées lui arrachèrent toutefois un sourire : le pauvre mendiant rentrait chez lui en pestant et claquant sa porte, déçu de n'avoir pas pu s'attirer les faveurs d'un noble. Un piège d'évité, tant d'autres à esquiver aussi habilement.

Les pavés anarchiques et mal entretenus laissèrent place à des pierres plus finement ciselées, usant toujours un peu les chevilles mais bien plus agréables pour marcher malgré tout. La lumière du jour caressait les bâtiments et indiquait une après midi avancée à Aleskander, une pointe d'orange venant couvrir le ciel et repeindre les façades, tandis que son ombre au sol s'élargissait grandement en avant : c'était le moment d'éviter le genre de ruelles qu'il venait d'emprunter, et ne pas confondre une auberge accueillante avec un coupe-gorge rempli de bandits et autres voyous en tout genre.

Finalement, il arriva sain et sauf à bon port, un lieu qu'il avait déjà fréquenté dans le passé, sans s'y être accoutumé, et dans lequel il était certain de retrouver sa proie : une Auberge. L'Auberge de la tortue guerrière, un endroit accueillant et relativement paisible où se retrouvaient les voyageurs ayant de quoi se payer gîte et couvert, mais également les citadins venant céder aux talents culinaires du cuisinier, assez réputé dans la classe modeste, un peu moins dans la Haute et hors de prix pour la plèbe et les va-nu-pieds.
Il poussa avec un soupir de soulagement la porte de l'édifice, qui grinça un instant avant de laisser place à un bruit de fond, mélange de rires gras et bruyants, de discussions de table paisibles et de quelques légers instruments de musique jouant timidement dans un coin de la pièce : le rythme était reposant et il n'y avait pas de réelle originalité dans les notes, une simple toile de fond pour l'atmosphère de l'auberge, en somme.

Alors qu'il aurait normalement été le premier à s'installer au comptoir, le seigneur Kerbon hésita un instant en ne voyant pas apparaître dans son champs de vision la personne qu'il était pourtant venu dénicher : Hector de la maison Qualth, absent à l'appel.
La vision d'un noble n'avait cependant rien d'extraordinaire et hormis quelques regards intrigués, mécontents ou même intéressés, personne ne fit le moindre geste en rapport avec son entrée, l'ignorant même royalement au profit d'intéressantes conversations sur le souper qu'ils avaient eu la veille ou le rat qu'ils avaient écrasé dans la cave. L'ennui du quotidien revenait à Aleskander comme un doux souvenir, lui qui était maintenant petit seigneur et allait pouvoir se débarrasser de ce genre de tracas : pendant que certains ronchonnaient sur le contenu de leurs placards, lui se préparait à anéantir un voisin, s'approprier ses terres comme butin de guerre et crouler sur l'or. Tout cela par le miracle du mariage.

Une main épaisse le tira de ses réflexions et défit le sourire qui fendait son visage à l'instant, une main large comme sa tête qui lui tapa amicalement le dos : derrière lui se trouvait Hector, une tête de plus, la chevelure approximative et l'air d'un gros nounours cloué sur le visage. Malgré tout, un air assez surpris rendait le contact difficile. « Tu as quitté tes habits noirs, on dirait ? Ne reste pas planté là, allons nous asseoir, il faut que tu me racontes ! » clama-t-il dans sa stupeur, poussant avec aisance le jeune seigneur vers la tablée la plus proche.

S'emparant d'un tabouret assez branlant, Aleskander s'installa, tandis que son compagnon prenait place en face de lui. Sa bedaine semblait le gêner pour se placer convenablement au dessus de la tablée, et il dû tenir ses distances de façon assez comique pour ne pas se comprimer l'estomac. D'un claquement de doigt, il interpella un serveur.
Les deux hommes optèrent d'un commun accord pour de la volaille à la fournaise, un met cher mais exquis qu'ils avaient déjà pu tester dans le passé et qui leur avait régalé les papilles le temps d'un soir. Pour l'alcool, le seigneur Kerbon s'était à peine remis de sa folie de la veille, et opta pour de l'hydromel, le moins fort possible pour ne pas lui faire renverser ses boyaux par terre. Sage décision après une telle idiotie.

Glissant une main dans son manteau, Aleskander en tira n parchemin, copie manuscrite de la lettre qu'il avait écrit la veille et qui circulait déjà un peu partout dans Kendra Kâr : la curiosité morbide des humains avait vite fait fonctionner l'imaginaire collectif, et l'on voyait dans cette déclaration la mise à feu et à sang de la campagne, alors que peu de sang serait sans doute versé, voir même pas du tout versé.
Après quelques lignes de lectures, Hector renifla, bomba le torse et jaugea longuement le jeune homme en face de lui, ne se laissant même pas perturber par l'assiette de viande blanche bien cuite qu'on déposait devant lui et son camarade, leur souhaitant un bon repas. Il fixa Aleskander quelques minutes de plus puis brisa le silence : « J'ai déjà eu l'occasion d'en entendre parler, mais je ne pensais pas que tu serais sérieux » lui confia-t-il. « Tu n'es qu'un petit seigneur de campagne et tu souhaites déjà manger ton voisin ? C'est audacieux, mais pas étonnant. » acheva-t-il, reposant le papier sur la table, à l'écart.

Ils n'avaient pas de couvert, et le poulet serait mangé avec les mains, d'épais mouchoirs leur étant laissé pour pouvoir se nettoyer les mains en cas de besoin, ainsi qu'un pot rempli d'eau pour s'essuyer plus convenablement. Attaquant avec un solide appétit le poulet, le seigneur Kerbon resta silencieux : Hector n'avait pas fini de le sermonner, il le savait bien.

« Tu n'es pas là pour prendre des nouvelles, j'ai bien compris ça. » soupira l'ours aux riches parures. « Nous sommes partenaire commerciaux, les affaires et uniquement les affaires, bien sûr, bien sûr. Mais je vais te parler en tant qu'ami. Ta déclaration de guerre, le mieux serait de l'oublier. Tu pourrais fâcher le Roi, et les nobles locaux connaissent Wiltreth depuis plus longtemps que toi. Le bougre a de l'expérience et tu n'es qu'un jeune coq dans la grande basse-cour, alors je vais couper court pour toi : il te faudra plus qu'un partenaire commercial. Il te faudra du soutien. Des amis plus ou moins fidèles. Je ne te demande pas de déclarer ta flamme à toute cette foutue cité, mais au moins le temps de régler ton conflit. » expliqua-t-il, d'un ton calme et instructeur.

Un verre de vin lui glissa dans le gosier alors que l'hydromel d'Aleskander n'avait même pas été entamée. Ce dernier se pencha en avant et, d'un ton plus intime, lui expliqua ses intentions une nouvelle fois. Il était en guerre et le resterait tant qu'il n'y aurait pas un vainqueur, il avait déjà prévu d'arpenter la cour et jouer l'étiquette, mais il avait besoin d'un autre soutien. Il lui fallait monter ses tarifs. En tant que partenaire, le seigneur Qualth s'était arrangé pour disposer de sa propre caravane avec Castel Puyval, achetant les marchandises à un prix légèrement plus bas que les tarifs de la Cité Blanche, et fournissant en échange la ville de quelques petites aides, allant de la protection à l'obtention d'outils neufs, de matériel, d'enclos, de travaux d'artisanats, le tout à prix réduit.

Depuis un moment, ce pacte avait pris des allures d'arnaque rudement bien orchestrée, et à l'époque de ce « pacte » entre amis, la situation du Castel n'était pas la même. La Cité Blanche n'achetait qu'une partie des provisions et ces tarifs n'étaient pas acceptés par les autres marchands, ils se retrouvaient avec un stock pourrissant et un déficit intenable pour faire vivre la communauté : Qualth avait présenté là une option tout à fait honorable, mais l'augmentation des demandes en vivre de la Cité Blanche avaient quelque peu changé la donne, l'accord commercial d'Hector devenant une restriction gênante à bas prix plus qu'une véritable aide. Mais se priver d'Hector serait également s'infliger un allié de moins, l'un des seuls influents dont il pouvait disposer. Un ennemi commercial était bien la dernière chose qui devait lui arriver.

Seulement, Aleskander n'aimait pas les impasses, et encore moins l'inactivité. Dehors, le soleil s'était couché derrière les murailles et la nuit avait étendu son voile noire scintillant sur la voûte céleste, allumant milles feux dans le ciel et dans les chaumières. Ce repas ne mènerait nulle part, et le seigneur Kerbon perdait son temps à tourner autour du pot sans jamais pouvoir obtenir d'aides.
D'un geste, il se releva, déposant quelques pièces pour payer sa part. Le regard hésitant entre la colère et la surprise, Hector s'apprêta à ouvrir la bouche, mais aucun son n'en sorti et il se contenta de poignarder son ami d'un regard meurtrier.

Faisant fi des sentiments de son camarade, le jeune Kerbon tourna les talons, emportant son hydromel, et s'éloigna dans la pénombre des rues kendranes...


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 18 Déc 2014 21:30 
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Tu es réveillée en pleine nuit. Il te faut quelques instants pour réaliser que tu n'es plus dans ta chambre et enveloppé dans un genre de draps aux mains d'un groupe d'individus. Au moins, ils ont eu la décence de te garder... disons « habillé ». Tu n'es plus dans la taverne, mais dans les rues, emporté vers un destin inconnu.
Les individus sont vêtus de noir et masqués. L'un d'eux remarque que tu es réveillée et t'adresse la parole :

« Ne vous inquiétez pas, nous ne vous voulons aucun mal ! Nous appartenons à un groupe qui n'aime pas se dévoiler... Nous avons juste besoin de vous pour une affaire que seul un elfe peut résoudre... en fait... »

Il reçoit une tape à l'arrière du crâne qui le fait taire. Cependant, cette voix jeune, ce regard... même avec le voile sur son visage, tu reconnais le garçon qui t'a servi à l'auberge ! Mais que peuvent bien vouloir ces gens pour t'embarquer de manière si discourtoise ? Un problème que seul un elfe pourrait résoudre ? Étrange...

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Mer 15 Avr 2015 03:57 
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Selen plus calme et posé que l’impétueuse rouquine signifia qu’ils pouvaient se compter chanceux de s’en être tiré à si bon compte, malgré les deux types qu’ils venaient de tuer. Sibelle se contenta de hocher la tête. Bien qu’elle ne fût pas complètement convaincue par ces arguments, il n’était pas dans sa nature de défendre ses idées par un flot de paroles.

Il l’a rassura ensuite au sujet de sa blessure lui spécifiant qu’il avait plus de peur que de mal. Malgré cela, il appuya sa main droite sur son épaule blessée et Sibelle put voir une discrète lumière blanche s’en échapper. Elle comprit qu’il possédait certains pouvoirs de guérison, mais ne fit aucun commentaire à ce sujet. Préférant demeurer discrète pour le moment et trouver elle-même ses propres réponses par la simple observation.
C’est après ces quelques brefs échanges qu’ils s’engagèrent dans la rue les menant à l’auberge de la Tortue Guerrière.

En à peine cinq minutes, l’auberge, un imposant bâtiment de trois étages, se trouvait droit devant eux. Sachant faire preuve de galanterie, Selen ouvrit la porte, laissant passer Sibelle devant lui. Elle ne se fit pas prier pour franchir le seuil de l’établissement. Sobre, mais bien entretenue, la salle principale assez bondée en cette heure de la journée comptait plusieurs tables. Un foyer se trouvait à leur droite et le comptoir tout au fond à leur gauche. Sans s’attarder aux clients plus ou moins bruyants de l’établissement, Sibelle se dirigea directement et d’un bon pas vers le fond de la pièce.
Derrière le comptoir se tenait un bel homme apparemment dans la jeune trentaine, un blondinet à la fière allure et au sourire engageant.

L’estomac dans les talons, la guerrière s’empressa d’exprimer ses besoins :

« Je désirerais un bon repas et une chambre pour la nuit. Mais avant tout, je voudrais pouvoir profiter d’un bon bain chaud, si cela pouvait être possible. »

À leur droite, sur un tabouret de bois, se tenait un nain plutôt grassouillet qui peinait à garder son équilibre tant il était ivre. Ayant écouté la demande de Sibelle, il se permit de faire un petit commentaire.

« Si tu as besoin d’aide pour te laver le dos, je suis disponible ! » Réussit-il à articuler de sa voix pâteuse.

Le visage de la rouquine s’empourpra, et ses jointures blanchirent tant elle serrait ses poings pour se contenir… mais elle en fut incapable. Sans dire un mot, sans même tourner son regard vers le malotru, elle poussa violemment du pied le petit tabouret. Il n’en fallut pas plus au nain, déjà en équilibre précaire, pour choir par terre sur son gros derrière.

En bon propriétaire des lieux, l’homme habitué à toute sorte de clientèle et à de tels incidents étouffa un rire avant de répondre aimablement à la rouquine contrariée :

« C’est avec plaisir que nous vous fournirons gîte, repas et bain chaud ! »

Faisant signe à une belle brunette à la longue chevelure, il poursuivit :

« Je vous laisse entre les mains de ma femme Tina, elle s’occupera de vous. »

La guerrière paya donc à l’avance sa chambre, et se tourna vers Selen :

« On se retrouve ici, devant un bon repas ? »

Aussitôt qu'il aurait répondu, Sibelle suivrait la propriétaire des lieux, impatiente de se débarrasser de tout ce sang séché.

_________________
Sibelle, Maître d'armes


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Mer 15 Avr 2015 13:01 
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Nous entrâmes dans l’auberge de la Tortue Guerrière, que Sibelle ne semblait pas connaître. Avec ses nombreuses chambrées, sa grande salle commune assez calme à l’accoutumée, et ses meubles de bois sombre et chaud vernis, ils s’y sentiraient bien pour prendre du repos. L’endroit, que je côtoyais maintenant depuis quelques temps, puisque j’y logeai depuis mon périple dans les obscures caves de Nosvéris, était bien plus paisible et calme que les bars que j’avais l’habitude de sillonner avant, notamment le vicieux Purgatoire de Tulorim, où j’avais fait mes armes en tant que serveur. Cela convenait parfaitement à ce que nous désirions tous deux : du repos.

Si le quotidien était d’une relative sérénité, cela ne voulait pas dire que tous les clients étaient des gens corrects et bienséants, ainsi que nous le prouva ce nain ivre et grossier, qui proposa non sans dépasser le cadre d’une relation de comptoir d’aller gratter le dos de l’elfe pendant qu’elle allait prendre un bain. Sibelle, forte de caractère, ne se laissa pas faire, et envoya un coup de pied dans le tabouret du malpoli, qui titubant déjà de son ébriété s’en retrouva tout renversé, les quatre fers en l’air, et le bedon de travers. Le temps qu’il mit pour se relever, la blanche s’était taillée en compagnie de la maîtresse de maison pour aller se laver des crasses du combat.

Pour ma part, ça attendrait un peu. Je fis signe à Sibelle que je l’attendrais là, alors qu’elle quittait la pièce. Ce faisant, l’ivrogne s’était remis en position plus ou moins verticale, et cherchait du regard la responsable de sa chute, pour l’en punir, sans doute, de quelque remontrances naniques. Je l’apostrophai d’un air sombre.

« Ne cherchez pas d’autre responsable que votre comportement grossier et la dive bouteille à laquelle il est dû. Allez plutôt purger votre ivresse dans un lit douillet, qui serait plus séant, sans en douter, à votre postérieur que le parquet de cette salle. »

Soufflé, ne trouvant que répondre, il se rassit néanmoins sur son tabouret, grognon et râlant dans sa barbe hirsute, mécontent de n’avoir su que trouver répondre à un paltoquet dans mon genre, et renfrogné de sa misérable attitude. Je m’étais pour ma part déjà tourné vers le tavernier, Sam Timùn, qui tout sourire de mon intervention, fut toute ouïe de ma demande.

« Pourriez-vous veiller à ce que le repas soit prêt lorsqu’elle aura fini de se baigner ? Je vais pour ma part m’installer à une table, si vous pouviez y apporter un pichet de votre rosé, et quelques biscuits salés… »

Il opina avec énergie, et je le laissai à la préparation de cet apéritif de rigueur. J’allai m’installer à une table un peu excentrée, pas trop dans le passage, mais qui offrait une vue suffisante sur la salle pour ne pas s’en sentir exclu. Ne connaissant rien des goûts sociaux de l’elfe blanche, je ne me serais pas permis de lui imposer une table trop extrême, dans un sens comme dans l’autre. Sam m’apporta assez rapidement ce que j’avais demandé, et je me servis un godet de vin, que je sirotai lentement en grignotant les quelques fines tranches de pain rôti frotté à l’ail, au fromage sec et à la tomate.

Et profitant ainsi d’un calme retrouvé, j’attendis le retour de cette nouvelle connaissance, de laquelle il me tardait en vérité d’en apprendre plus sur son histoire et sa vie.

_________________
- Selen Adhenor -


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 17 Avr 2015 02:58 
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Tachée de sang et affamée, Sibelle emboîta le pas de la ravissante propriétaire à la fine silhouette sitôt que Selen lui fit signe qu’il l’attendrait. La dénommée Tina, tout aussi charmante que son mari avec ses jolis yeux noisette, emprunta le large escalier de bois et conduisit Sibelle au dernier étage.

« Vous y serez plus tranquille pour jouir d’une bonne nuit de repos. » Dit-elle aimablement.

Visiblement fière de son établissement rustique, sobre, mais d’une propreté exemplaire, la femme ouvrit tout grand la porte de la chambre à l’extrémité du corridor et invita Sibelle à y entrer, attendant ses commentaires.

« Ça m’ira parfaitement ! » déclara Sibelle qui venait d’entrer dans la pièce. Un lit, une commode, et un grand bain en bois situé dans le coin de la chambre, la guerrière n’en demanda pas plus.

La femme repartit prestement à peine quelques minutes avant de revenir aidée de quelques femmes de chambre portant plusieurs chaudières remplies d’eau chaude. Certes, le bain ne serait pas plein, mais la rouquine s’en contenterait. Elle ne demandait pas à être immergée sous l’eau, mais seulement pouvoir retirer toute la saleté accumulée.
Quelques minutes plus tard, propre et habillée de vêtements de rechange, portant à nouveau son bustier à présent étincelant, Sibelle regagna le rez-de-chaussée.
Un rapide coup d’œil circulaire lui permet de repérer rapidement son récent compagnon d’armes. Même si ce dernier l’avait plus ou moins nié, la guerrière considérait qu’il lui avait épargné de graves blessures, sans son intervention, la guerrière ne serait peut-être pas en état de déguster un bon repas.

Sans perdre une seconde de plus, elle alla le retrouver pour prendre place à ses côtés. Elle eut à peine le temps de s’asseoir que le séduisant Sam arriva avec deux assiettées appétissantes contenant viande rouge et abondance de légumes, sans oublier de beaux gros morceaux de patates bien dorées. Après avoir empli de vin le godet de Sibelle, l’aubergiste s’en retourna.

N’étant pas très habile à entretenir la conversation, la rouquine ne trouva rien de mieux que de reparler de leur combat commun afin de rompre le silence.

" Ce fut un plaisir pour moi de combattre à vos côtés"

_________________
Sibelle, Maître d'armes


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