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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Sam 12 Nov 2016 05:10 
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Debout, bien droite, le menton relevé, les yeux légèrement plissés, le regard franc et transperçant, la guerrière en imposait malgré une stature tout à fait banale. Son attitude fière, sa confiance en soi et son assurance transpiraient par toutes les pores de sa peau à un point tel que la jeune elfe grise dut user dans tout son courage pour lever sa tête et croiser le regard de Sibelle sans sourciller.

La jeune femme inexpérimentée accepta l'offre de Sibelle et lui fournit la preuve nécessaire afin d'appuyer ses dires et de prouver sa bonne foi. Les yeux fermés, Sibelle se répéta à voix basse quelques fois les paroles d'Estë afin de les mémoriser. Cela fait, l'elfe blanche salua sa protégée et tourna les talons. C'est au moment précis où Sibelle allait franchir le seuil de la porte que la petite l'interpella timidement, la remerciant de son geste, précisant qu'elle lui devait la vie. Sibelle s'arrêta, tourna sa tête en direction d'Estë pour répondre fièrement et humblement:

«Je n'ai fait que mon devoir. Celui de tout yuimennien qui se respecte et qui possède des valeurs et des principes nobles.»

Cela dit, la guerrière ferma la porte derrière elle, la verrouilla et s'en alla d'un pas décidé, pressée de s'acquitter de la mission qu'elle venait de se donner.

Quelques heures s'étaient écoulées depuis qu'elles s'étaient retirées dans leur chambre, le soleil était sur le point de se coucher et l'ambiance de l'auberge était considérablement plus animée. La petite famille avait terminé son repas depuis un bon moment et avait cédé la place à des gens qui venaient pour boire, discuter entre amis ou entre inconnus. Des clients de l'après-midi, ils ne restaient plus que les vieux joueurs de cartes qui ignorèrent complètement Sibelle lorsqu'elle dévala les marches deux par deux pour se rendre au comptoir. Deux jeunes femmes blondes se ressemblant par leur attitude, leur sourire et leur décolleté généreux captaient toutes leur attention.

Sibelle put ainsi s'entretenir avec la propriétaire afin de s'assurer que la petite ne sera pas importunée et aussi s'informer du chemin à suivre afin de se rendre au temple des maîtres.

(((355 mots )))
(((suite au temple des maîtres)))

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Dernière édition par Sibelle le Mar 22 Nov 2016 03:37, édité 6 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 18 Nov 2016 04:59 
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Toujours aussi calme et maître de la situation, le guerrier hocha positivement la tête lorsque la guerrière expliqua qu’elle avait fait le nécessaire pour éviter à la jeune apprentie la visite de ses agresseurs pendant sa courte absence.

D’un geste de la main en direction de la sortie, il invita Sibelle à l’accompagner jusqu’à sa petite protégée. Toujours aussi calme, il haussa par contre un sourcil exprimant de l’étonnement lorsque Sibelle refusa toute récompense. Tout en esquissant un léger sourire, il expliqua que cette phrase utilisée comme preuve de son identité n’était rien d’autre que la devise de l’ordre des danseurs d’opales.

D’autres femmes auraient craqué devant le sourire léger du charismatique officier de l’ordre, mais Sibelle ne faisait pas partie de celles-là. Certes, elle avait remarqué le charisme et le charme de l’hinion, mais elle s’intéressait aux propos de l’homme plutôt qu’à celui-ci. Guerrière de prime abord et d’un caractère trop impulsif, elle entretenait très peu de relations sociales avec les gens. Mais pour l’heure, l’histoire de l’ordre des danseurs de l’Opale l’intéressait suffisamment pour qu’elle prenne l’attitude d’un élève docile écoutant son maître.

Tout en sortant du temple des maîtres, le fier commandeur de la guilde, réitéra que malgré son refus, ils avaient une dette envers elle. Il lui proposa donc, en guise de récompense, de lui raconter l’histoire de l’origine de l’ordre des Danseurs d’Opales, une histoire que peu connaissaient puisqu’elle était gardée jalousement depuis des millénaires. Acceptant ce type de gratitude, Sibelle opina du chef et suivit l’homme dans le couloir richement décoré menant à la sortie.

Une fois dans la rue, il baissa suffisamment la voix afin de s’assurer que seule Sibelle pourrait entendre leur discussion. Tout en marchant en direction de l’auberge de la tortue guerrière, il expliqua que la devise de l’ordre fut prononcée par le fondateur de Yuimen, alors qu’il avait refusé d’exécuter des innocents, malgré l’ordre formel reçu des membres du clergé de Sithi, ses supérieurs.

(C'est par ma seule volonté que mes armes se meuvent.)

Sibelle appréciait cette devise qui correspondait à sa philosophie de vie et surtout à son caractère difficile.

Intéressée et attentive, Sibelle demanda quelques précisions :

« Et comment se prénommait le fondateur, ce grand général respecté par ces hommes ? » demanda Sibelle alors qu’ils descendaient les marches du temple.

« Ethernëm Ithil, il était un général de l'armée Sindel en poste à l'une des frontières du Royaume Sindel d'Eden. L’ordre reçu du clergé allait à l’encontre de ses principes et de celui des sindellis. Les hommes d’Ethermëm, le suivirent dans ce choix, bien qu’il s’agissait là d’une trahison aux yeux du puissant clergé de Sithi. »

Voulant s’assurer bien comprendre, Sibelle l’interrompit de nouveau :

« Ils gouvernaient les Elfes gris ? »

De bon gré, le commandeur répondit tout en poursuivant son histoire :

« Oui, tout comme ils le font aujourd’hui. Le clergé envoya donc une puissante armée pour maîtriser Ethernëm et ses hommes. Le général Ethernëm ne voulut combattre contre des soldats de son propre peuple. Il invoqua alors une très ancienne tradition. »

Trop absorbée par la discussion, Sibelle ne fit pas attention aux aurores polaires qui illuminaient le ciel. Elle voulait en savoir davantage :

« Et en quoi une tradition pouvait-elle faire éviter le combat ? »

Tout en marchant d’un bon pas, vers l’auberge de la tortue guerrière, il poursuivit :

« L’ancienne coutume stipulait qu’il était possible d’exiger un duel contre le champion du clergé évitant ainsi une guerre au sein de son peuple. Le clergé n’eut le choix et fut contraint d’accepter cette demande qui relevait d’une ancienne coutume. Ce champion, une légende, un combattant invaincu se prénommait Tharkel, il était commandant de la garde royale, mais aussi général de la division envoyée par le clergé pour disséminer les « traîtres ». Le duel eut donc lieu par une nuit couverte. À un moment du combat, un rayon de lune éclaira Syriën (l'épouse de Ethërnem) et Tharkel la prit pour Sithi (qui était la mère de Syriën) et en fut distrait. Quand il reprit ses esprits, les deux lames d'Ethernëm se croisaient sous sa gorge. Le champion avait été vaincu. Un combat qui se termina sans qu’aucune goutte de sang fût versée. Par la suite, Tharkel qui réalisa à quel point les ordres reçus étaient indignes et contraires aux principes de Sithi, décida de rejoindre son vainqueur (et son épouse Syriën) dans leur rébellion contre la corruption du clergé. À eux trois, ils formèrent le triumvirat qui fonda officiellement les Danseurs d'Opale et les dirigèrent jusqu'à la chute d'Eden. La grande majorité des soldats des deux armées suivirent leur général respectif, prenant honteusement conscience du crime qu’ils s’apprêtaient à commettre en suivant les ordres du clergé. L’Ordre des Danseurs d’Opales fut reconnu par les souverains et constitua un contre-pouvoir à la toute-puissance du clergé. Notre fondateur fut nommé à la tête des armées Sindel et les dirigea des siècles durant sans jamais dévier de ses principes, il n'accepta jamais un ordre qui aille à leur encontre. Lorsque vint la fin d'Eden, les Danseurs d'Opale donnèrent librement leurs vies pour offrir à leur peuple le temps de fuir. Ils luttèrent jusqu'au dernier pour le protéger, non parce qu'ils en avaient reçu l'ordre, mais parce que tel était le choix que chacun d'eux fit en son âme et conscience. Nous ne combattons pas pour la gloire, le profit ou le pouvoir, ni parce qu'on nous l'a ordonné. Nous combattons quand nous jugeons personnellement juste et nécessaire de le faire et, selon nous, le rôle fondamental d'un guerrier est de préserver des vies, pas d'en éteindre. Voilà, Dame, ce que signifient ces mots. »

Ce récit avait fait fort impression sur Sibelle qui remercia l’homme qui avait bien voulu lui partager ce secret autrefois si bien gardé.

« Je comprends à présent votre fierté et celle d’Estë d’appartenir à votre ordre. Votre commandeur Ethernëm et le champion vaincus étaient des hommes d’exception. Il n’est pas rare de nos jours de voir des soldats obéir sans réfléchir à des généraux sans sens de l’éthique. »

Cette dernière phrase termina cette discussion puisqu’ils étaient arrivés à l’auberge et qu’il ne serait plus possible d’y discuter sans être écoutés.

Sibelle entra donc la première dans l’auberge qui était à présent bondée du monde. La propriétaire leva la tête lorsqu’elle vit Sibelle accompagnée de l’hinion, puis retourna à sa commande auprès des trois hommes affamés. Les deux elfes marchèrent discrètement jusqu’à l’escalier pour se rendre à la chambre de la jeune blessée.

Sibelle mit la clé dans la serrure, ouvrit la porte et laissa le commandeur entrer le premier, pour refermer derrière eux. La jeune elfe grise dormait allongée sur le lit. Sibelle jeta un coup d’œil au plateau de nourriture pour constater avec soulagement qu’Estë s’était nourrie en son absence.


(((1121 mots)))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 18 Nov 2016 15:48 
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Le Commandeur se contenta d’acquiescer d'un hochement de tête aux dernières paroles de Sibelle, juste avant qu'ils n'entrent dans l'auberge bondée. Dès qu'ils atteignirent la chambre dans laquelle Estë se remettait de ses blessures, Sylayëm s'approcha de la jeune guerrière et examina la manière dont elle avait été soignée, prenant soin de ne pas la réveiller. Visiblement satisfait, il se pencha ensuite pour déposer un léger baiser sur le front d'Estë, un geste paternel qui disait assez que le sort de la jeune femme lui importait véritablement. Il se redressa pour faire face à Sibelle et reprit la parole à mi-voix:

"De nos jours comme toujours, Dame, rares sont ceux qui réfléchissent vraiment à la nature et à la portée de leurs actes. Et parmi ces rares personnes, combien ont le courage de se dresser contre les puissants qui dirigent leurs vies, quand bien même ils savent que la voie est corrompue?"

La question était purement rhétorique, le commandeur n'attendait apparemment pas que Sibelle y réponde car il poursuivit pensivement:

"Nous vivons de sombres temps, et je crains fort qu'ils ne s'assombrissent de plus en plus. Avez-vous remarqué ces étranges manifestations météorologiques qui illuminent le ciel ces derniers jours? La plupart des gens se contente d'admirer le spectacle, les illuminés annoncent la fin du monde, mais les sages sont véritablement inquiets. On dit que les Alrydes sont de plus en plus agités, ils évoquent le feu du ciel, la vie et la mort, la fin du cycle de leur calendrier. En parallèle la domination d'Oaxaca s'étend comme la peste, des peuples entiers sont éradiqués ou réduits en esclavage, sur ce monde et sur d'autres. Une nouvelle déesse est apparue en Imfitil, mettant en péril les équilibres fondamentaux, plusieurs peuples d'autres mondes ont lancé des appels à l'aide ces derniers temps...Bref il y a de trop nombreux signes inquiétants pour que nous puissions nous permettre de les ignorer, mais cela ne semble pas inciter les dirigeants de ce monde à s'unir pour percer ces mystères et y mettre bon ordre."

Une sourde colère sembla brièvement flamboyer dans son regard à ces évocations, mais elle céda presque immédiatement la place à une inflexible résolution, le commandeur n'était pas homme à se laisser abattre par l'adversité. Il dévisagea Sibelle de son regard perçant, gardant le silence pendant quelques secondes avant de reprendre:

"Chacun de nous a un rôle à jouer en ces temps troublés. Le nôtre, celui de l'Opale, est de veiller à préserver un équilibre qui permette la vie, nous ne permettrons pas que Yuimen subisse le sort d'Eden. Nous nous battrons pour nos idéaux et nos principes, nous lutterons pour que les peuples puissent un jour vivre libres et en paix sur ce monde. Et vous, Dame, pour quoi vous battrez-vous? Quel rôle jouerez-vous dans tout cela?"

Il marqua une pause puis acheva son discours sur ces mots:

"Nous aurions bien besoin de guerriers et de guerrières avec des principes aussi nobles que ceux dont vous avez fait preuve...vous accueillir parmi nous serait une joie et un honneur, Dame Sibelle."


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Sam 19 Nov 2016 00:20 
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Demeurée en retrait près de la porte, Sibelle observait le comportement du commandeur avec attention. Ce dernier, prévenant pour la jeune Estë, s'approcha d'elle et examina d'abord ses pansements. Il ne fit aucun commentaire, mais Sibelle put percevoir une mimique de satisfaction sur son visage. Puis, l'hinion se pencha vers sa protégée, et tout comme un père envers sa fille, il lui déposa un léger baiser sur le front. Sibelle fronça légèrement ses sourcils d'incompréhension. Cette dernière n'étant pas habituée à ce genre de comportement d'un maître envers son élève. Puis, tout en réfléchissant, elle se rappela que l'ordre s'avérait être la famille d’Estë et ce fier commandeur probablement son père adoptif.

Lorsqu'il se redressa vers Sibelle, cette dernière ouvrit la bouche pour prendre congé de ces deux membres de l'Ordre. Elle avait accompli son devoir et pensait maintenant rejoindre l'anyore pour se rendre à Yarthiss retrouver Selen et Duncan. Mais le commandeur la devança:

"De nos jours comme toujours, Dame, rares sont ceux qui réfléchissent vraiment à la nature et à la portée de leurs actes. Et parmi ces rares personnes, combien ont le courage de se dresser contre les puissants qui dirigent leurs vies, quand bien même ils savent que la voie est corrompue?"

Sans laisser le temps à Sibelle de répondre, il poursuivit:

"Nous vivons de sombres temps, et je crains fort qu'ils ne s'assombrissent de plus en plus. Avez-vous remarqué ces étranges manifestations météorologiques qui illuminent le ciel ces derniers jours? La plupart des gens se contentent d'admirer le spectacle, les illuminés annoncent la fin du monde, mais les sages sont véritablement inquiets. On dit que les Aldrydes sont de plus en plus agités, ils évoquent le feu du ciel, la vie et la mort, la fin du cycle de leur calendrier. En parallèle la domination d'Oaxaca s'étend comme la peste, des peuples entiers sont éradiqués ou réduits en esclavage, sur ce monde et sur d'autres. Une nouvelle déesse est apparue en Imfitil, mettant en péril les équilibres fondamentaux, plusieurs peuples d'autres mondes ont lancé des appels à l'aide ces derniers temps...Bref il y a de trop nombreux signes inquiétants pour que nous puissions nous permettre de les ignorer, mais cela ne semble pas inciter les dirigeants de ce monde à s'unir pour percer ces mystères et y mettre bon ordre."

Sibelle avait remarqué ces aurores la nuit précédente, mais n'y avait pas porté plus d'attention que ça, elle n'avait pas entendu les rumeurs et les inquiétudes face à ce phénomène naturelle qui implique les pôles magnétiques de Yuimen et le vent solaire. Ainsi, elle fut surprise d'apprendre que les aldrydes y voyaient un présage à la fin du monde, à la fin du cycle de leur calendrier.

Puis l'homme, qui ne manquait pas de verve, se tut soudainement, dévisageant la guerrière de son regard perçant à un tel point que, mal à l'aise, elle porta instinctivement sa main droite sur la pomme de son épée.

Quelques secondes de silence intense suivirent avant qu'il ne reprenne la parole:

"Chacun de nous a un rôle à jouer en ces temps troublés. Le nôtre, celui de l'Opale, est de veiller à préserver un équilibre qui permet la vie, nous ne permettrons pas que Yuimen subisse le sort d'Eden. Nous nous battrons pour nos idéaux et nos principes, nous lutterons pour que les peuples puissent un jour vivre libres et en paix sur ce monde. Et vous, Dame, pour quoi vous battrez-vous? Quel rôle jouerez-vous dans tout cela?"


Se relâchant quelque peu, la fière guerrière, le corps droit et le menton légèrement relevé, répondit d'une voix sûre, sans être trop forte afin de ne pas réveiller la jeune endormie.

" Je me bats pour la justice, pour l'honnêteté, pour la vérité.... Mon obstination à suivre mes idées m'a quelques fois nui, mais jamais ne m'a fait fléchir."

Le commandeur enchaîna aussitôt:

"Nous aurions bien besoin de guerriers et de guerrières avec des principes aussi nobles que ceux dont vous avez fait preuve...vous accueillir parmi nous serait une joie et un honneur, Dame Sibelle."

Cette fois, surprise par une telle proposition, la guerrière recula d'un pas et s'adossa contre le mur. Elle avait apprécié le récit de l'origine de l'ordre des danseurs d'Opales et avait bien senti que cet ordre lui correspondait, mais jamais elle n'aurait osé demander de pouvoir en faire partie. Elle demeura donc silencieuse quelques secondes avant de réussir à répondre :

"L'honneur serait pour moi ! Mais je dois vous prévenir, j'ai un fort caractère et je suis impulsive, raison pour laquelle je pars souvent seule à l'aventure."

La guerrière sous le choc de la proposition inattendue, se redressa et sans quitter l'hinion des yeux, le dévisageant à son tour laissant aller le flot de questions qui l'envahissait:

" Mais pour devenir l'un des vôtres, dois-je subir des épreuves ? Passer par un comité de sélection ? Démontrer des faits d'armes ? Dois-je être parrainée ? Passer par une initiation ? Suivre une formation, un apprentissage ?

La guerrière avait débité toutes ces paroles dans un souffle. On ne sentait pas de l'inquiétude dans sa voix, mais plutôt une volonté forte de faire partie de ce groupe, un enthousiasme non dissimulé. Et ses yeux noisette brillaient d'espoir.

(((874 mots )))

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Dernière édition par Sibelle le Mar 22 Nov 2016 03:53, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Sam 19 Nov 2016 05:13 
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Intervention de guilde pour Sibelle


Lorsque Sibelle porta la main à son arme, les yeux de Sylayëm Illinwë se plissèrent imperceptiblement et sa posture se modifia subtilement avec la grâce féline propre à ceux qui ont l'art du combat dans le sang. Nul doute qu'il serait en mesure de réagir promptement si la situation l'exigeait, mais il n'esquissa pas le moindre geste pour approcher ses mains de sa lame et poursuivit son discours comme si rien ne s'était passé. Sibelle lui exposa les raisons pour lesquelles elle se battait et ajouta que son obstination lui avait nui de temps à autre, ce qui soutira un léger sourire à son interlocuteur. Il haussa un sourcil ouvertement amusé lorsque la guerrière lui affirma avoir un fort caractère doublé d'impulsivité et rétorqua simplement:

"Mais j'espère bien que vous êtes telle que vous vous décrivez, Dame Sibelle. Nous ne recrutons pas des moutons pour nous fournir de la laine, mais des combattants capables de prendre des décisions rapides en accord avec leurs principes et de s'y tenir."

Aux nombreuses questions que l'Hinïonne lui posa ensuite, il répondit en soutenant sans vaciller le regard intense qu'elle posait sur lui:

"Devenir Danseur d'Opale est un choix personnel, un état d'esprit, un chemin de vie. Vos actes seront l'épreuve et ce ne sont pas tant les hauts faits d'armes que la manière dont vous les aurez accomplis qui diront si vous êtes digne ou pas d'être des nôtres. Et en cela, nul juge ne sera jamais plus intransigeant que vous-même. Quant à être initiée, vous l'êtes en ce moment même, ce qui me place d'une certaine manière dans le rôle du parrain. Concrètement, vous serez considérée comme Apprentie dans un premier temps, puis en fonction de vos actions et de votre implication, vous monterez en "grade" et aurez alors accès à des informations plus sensibles ainsi qu'aux redoutables techniques de combat des Danseurs d'Opale."

Il marqua une pause pour laisser à son interlocutrice le temps d'assimiler ses paroles puis reprit:

"J'imagine que vous avez compris que notre ordre est lié à Sithi, la Déesse Sindel de la Lune. Il faut savoir que nous ne la considérons pas comme une divinité à proprement parler. Pour les Sindeldi d'Eden elle était leur Mère, leur créatrice et leur protectrice, elle marchait parmi eux, ce n'était pas une entité que seuls quelques rares élus avaient une chance d'apercevoir. Elle représente pour nous l'équilibre entre toutes choses, il ne saurait y avoir de lumière sans obscurité et réciproquement, mais aussi la Mère, qui veille avec amour sur ses enfants et les protège quelles que soient les erreurs qu'ils commettent. Elle n'est pas présente sur Yuimen, aussi est-elle devenue pour la plupart d'entre nous un symbole plus qu'autre chose, mais ce sont ses principes qui dirigent notre ordre depuis sa création voilà un peu plus de vingt-trois millénaires. Ce qui a changé c'est qu'à l'origine cet ordre était exclusivement Sindel et n'était voué qu'à la protection des Sindeldi, ce qui n'est absolument plus le cas aujourd'hui pour des raisons que je vous expliquerai peut-être un jour si cela vous intéresse."

Son visage se fit grave lorsqu'il aborda la suite:

"Un point important en rapport avec ceci est que nous sommes considérés par le Clergé de Sithi du Naora comme des hérétiques. Je vous conseille vivement d'éviter de mentionner notre ordre en présence d'un prêtre de Sithi, cela pourrait vous valoir de très sérieux ennuis. Un jour viendra où nous reprendrons place au Naora et remettrons ces fanatiques corrompus à leur juste place mais, en attendant, soyez prudente et ne révélez pas votre appartenance à l'Opale à n'importe qui."

Il jeta un regard pensif à la jeune Sindel endormie puis le reposa sur Sibelle pour achever son long discours:

"J'ignore quels sont vos projets, mais je pense qu'il serait sage que notre ordre s'intéresse de plus près à ces étranges phénomènes météorologiques dont je vous ai parlé. Le Roi Solennel a fait placarder des affiches disant qu'il recherche des aventuriers pour enquêter sur ce mystère. Accepteriez-vous de représenter l'ordre dans cette mission?"


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 20 Nov 2016 20:11 
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On dit qu’une faute avouée est à moitié pardonnée, mais cela ne s’applique malheureusement pas au caractère. Sibelle avait avoué son impétuosité, mais cela ne la diminuait pas pour autant. Le sourire de son vis-à-vis face à cette révélation la contraria quelque peu et sans se renfrogner, elle fronça les sourcils et demeura silencieuse tout en écoutant la suite.

«Mais j'espère bien que vous êtes telle que vous vous décrivez, Dame Sibelle. Nous ne recrutons pas des moutons pour nous fournir de la laine, mais des combattants capables de prendre des décisions rapides en accord avec leurs principes et de s'y tenir. »

Cette explication suffit pour décontracter la guerrière.

Attentive, elle attendit patiemment la réponse à ses nombreuses questions. L’hinion lui expliqua que devenir Danseur d'Opale était un choix personnel, un état d'esprit, un chemin de vie. Ses actes constitueront les épreuves et ce n’était pas tant les hauts faits d'armes que la manière dont elle les aurait accomplis qui indiqueraient si elle était digne ou pas d'être des leurs. Et pour la question de parrainage, vu les circonstances qui l’avaient amené à connaître l’existence de cette guilde, il jouerait lui-même ce rôle. Sibelle débuterait comme apprentie puis gravirait des échelons dépendamment de ses implications et de ses actions. Non assoiffée de prestige ou de pouvoir, monter en hiérarchie n’aurait pas intéressé Sibelle si ce n’était qu’elle aurait ainsi accès à plus d’information et qu’elle pourrait ainsi accéder à l’apprentissage de certaines redoutables techniques de combat des Danseurs d’Opale. Après une courte pause, le commandeur parla de Sithi, la déesse sindel de la Lune, de son lien avec l’ordre. Elle représente pour eux l’équilibre entre toutes choses et aussi la mère qui veille avec amour sur ses enfants et qui les protège. Absente sur Yuimen, elle est pour beaucoup de Danseurs d’Opales, un symbole plus qu’autre chose. Sans oublier cependant que ce sont ses principes qui dirigent l’ordre depuis sa création.

La mimique du commandeur se fit plus sérieuse lorsqu’il précisa un point qui lui semblait important et délicat. Il ne fallait pas que Sibelle perde de vue que le Clergé de Sithi considérait les Danseurs de l’Opale comme des hérétiques. Il lui conseilla donc d’éviter de mentionner le nom de l’ordre en présence d’un prêtre de Sithi.

Après avoir jeté un œil à Estë toujours endormie, il poursuivit :

«J'ignore quels sont vos projets, mais je pense qu'il serait sage que notre ordre s'intéresse de plus près à ces étranges phénomènes météorologiques dont je vous ai parlé. Le Roi Solennel a fait placarder des affiches disant qu'il recherche des aventuriers pour enquêter sur ce mystère. Accepteriez-vous de représenter l'ordre dans cette mission? »

Le silence s’installa quelques minutes, et Sibelle ne fit rien pour l’interrompre. Elle avait reçu beaucoup d’information et voulait se donner le temps de les digérer. Elle ouvrit enfin la bouche pour faire part de sa décision à celui qui deviendrait son parrain.

« Je devais partir pour Yarthiss par Anyore afin de rejoindre deux nouveaux compagnons qui s’y rendaient pour enquêter sur Brytha. »

L’elfe blanche, orgueilleuse comme pas une, omit de mentionner la raison qui l’avait poussé à quitter le navire et à opter pour un voyage aérien plutôt que maritime.

« Cependant, je pense que je peux enquêter de mon côté sur cette déesse, il n’est pas impossible qu’elle soit impliquée dans ces phénomènes d’aurores boréales qui semblent inquiéter le roi de Kendra Kâr. J’avais remarqué les affiches placardées dans toute la ville et j’accepte de représenter l’ordre des Danseurs de l’Opale dans cette mission. Ce sera une occasion pour moi de faire mes preuves. »

Elle marqua une brève pause avant de conclure :

« Et qu’attendez-vous de moi précisément ? »

(((619 mots )))

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Dernière édition par Sibelle le Mar 22 Nov 2016 03:55, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 20 Nov 2016 22:03 
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Intervention de guilde pour Sibelle


Le Commandeur ne fit pas mine de briser le silence qui s'était établi, sans doute avait-il conscience que Sibelle avait besoin d'un peu de temps pour digérer ce qu'il venait de lui apprendre. Son intérêt fut manifeste lorsque la guerrière évoqua Brytha et l'hypothèse que cette dernière puisse être liée aux événements en cours lui fit froncer les sourcils comme s'il réfléchissait très sérieusement à cette éventualité. Lorsque l'Hinïonne déclara qu'elle acceptait de représenter l'ordre pour mener l'enquête, il laissa un franc sourire éclairer son visage et inclina la tête en guise de remerciement avant de répondre à sa question:

"Nous attendons de vous que vous honoriez nos principes et que vous agissiez dans le sens qu'ils définissent. Nous sommes des protecteurs, notre rôle est d'empêcher l'avènement de pouvoirs trop absolus, l'usage immodéré de fluides, bref de maintenir sur ce monde un équilibre permettant aux peuples de continuer à y vivre, en paix de préférence. Ce sera à vous de définir ce qu'il convient de faire, pour l'heure nous ignorons tout de ce qui se passe et il serait malavisé de ma part d'établir une stratégie dans ces conditions. Quant à Brytha, c'est un mystère qu'il nous faudra éclaircir, son apparition soulève en effet de nombreuses questions et pourrait poser problème. J'ignore s'il y a un lien entre elle et ces événements dont nous parlions, mais c'est une possibilité. Inquiétante, mais réelle."

Il marqua une pause avant d'ajouter à mi-voix:

"Accessoirement, l'Opale aura besoin d'alliés et de soutiens dans les temps à venir, le secret qui nous a longtemps entouré était nécessaire mais il nous a aussi isolés. Il nous serait très utile d'avoir quelques amis influents à la cour de Kendra-Kâr, d'autant plus que le Prince du Naora s'est épris de la fille du Roi Solennel et que cela contrarie puissamment le Clergé de Sithi. Votre mission pourrait ouvrir quelques portes en ce sens, à vous de décider lesquelles vous franchirez. Vous représenterez les Danseurs d'Opale dans cette mission délicate, vous parlerez en notre nom, soyez prudente mais ne craignez pas d'impliquer l'Ordre si vous jugez que c'est utile, nous vous soutiendrons sans restriction aussi longtemps que vous honorerez nos principes."

Il détacha de son cou un pendentif semblable à celui que Sibelle avait trouvé sur Estë et le tendit à la guerrière:

"Gardez précieusement ceci, vous en aurez besoin pour accéder à nos territoires le jour venu. Pour nous trouver, allez jusqu'à Mertar puis suivez le fleuve en direction de Darhàm, vous finirez par tomber sur une forteresse bâtie sur une île entourée de rapides. Je m'y trouverai et vous pourrez me faire part des résultats de votre mission. Si vous avez besoin de nous contacter plus rapidement, allez voir l'homme avec qui je discutais au temple des Maîtres, c'est un ami sûr. Je dois maintenant m'occuper d'Estë et retourner à mes tâches, en attendant notre prochaine rencontre soyez prudente, je pressens que votre mission ne sera pas exempte de dangers."

Il s'approcha d'Estë et la souleva précautionneusement sans la réveiller, de manière à la porter sur un bras comme une enfant, puis il se dirigea vers la porte et se retourna brièvement pour ajouter avant de sortir:

"N'oubliez pas: c'est par votre seule volonté que vos lames se meuvent. Puisse Sithi veiller sur vous, Dame Sibelle."


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Dim 20 Nov 2016 23:35 
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L’elfe blanche ne faisait jamais rien à la légère. Et si elle s’était engagée à enquêter sur ce phénomène étrange pour la solde des Danseurs de l’Opale, c’est qu’elle était décidée à y mettre toute son énergie, à affronter tous les dangers, et même à risquer sa vie pour arriver à ses fins.

Plus que consciente de l’engagement qu’elle venait de prendre, elle sentait son estomac gargouiller, comme il lui arrivait lorsqu’elle prenait des décisions importantes. C’était un mélange confus entre la nervosité et le désir de se mettre en action.

Le nouveau parrain de Sibelle inclina la tête et lui offrit un franc sourire. Il dicta ensuite ses derniers conseils. Il s’attendait à ce qu’elle honore les principes de l’ordre, qu’elle agisse dans le sens de ceux-ci. Il répéta qu’ils étaient des protecteurs et que leur rôle était d’empêcher l’avènement de pouvoirs trop absolus et de maintenir ce monde en équilibre, permettant aux gens du peuple d’y vivre en paix. Il ne pouvait lui dicter une stratégie quelconque, il en savait trop peu sur la situation. C’était à Sibelle que revenait le fardeau de définir ce qui lui convenait de faire. Il exprima également ses inquiétudes au sujet de Brytha. À mi-voix, il expliqua que la présence de Sibelle dans cette mission ordonnée par le roi pourrait s’avérer utile à l’ordre et leur permettre de se faire quelques amis influents au sein de la cour du palais. Il répéta que Sibelle représentait les Danseurs d’Opale et qu’elle parlerait en leur nom. Ils la soutiendraient sans restriction aussi longtemps qu’elle respecterait leurs principes.

Tout en prononçant ces dernières paroles, il détacha un pendentif de son cou et le tendit à Sibelle. Sibelle l’accepta fièrement. Après lui avoir jeté un bref regard, elle le mit à son cou. Elle avait reconnu immédiatement ce bijou. Il s’agissait du sosie de celui que portait Estë, un croissant de lune minutieusement fait d’un métal ouvragé encerclant une pierre noire comme l’opale.

Ce pendentif n’avait pas qu’un rôle décoratif, il lui permettrait d’accéder aux territoires des Danseurs d’Opales le moment venu. Pour les trouver, il lui suffirait de se rendre à Mertar et de suivre le fleuve en direction de Darhàm, jusqu’à ce qu’elle arrive à une forteresse bâtie sur une île, encerclée de rapides. C’est à cet endroit que son parrain s’y retrouvera et c’est à ce moment qu’elle pourra lui faire part de ses résultats. Si elle ressentait le besoin de le contacter plus rapidement, le maître d’armes du temple des maîtres serait l’intermédiaire à contacter.

Ayant terminé de prodiguer ses conseils, il se tourna vers la jeune blessée, ramassa ses effets, la prit dans ses bras. Au dernier moment, il se tourna vers Sibelle :

« N'oubliez pas: c'est par votre seule volonté que vos lames se meuvent. Puisse Sithi veiller sur vous, Dame Sibelle. »

Puis il sortit de la chambre tout en fermant la porte derrière lui.

Sibelle demeura interdite, quelques minutes, immobile dans cette chambre à présent déserte. En moins d’une heure, tous ses projets avaient changé. Elle était à présent membre d’un ordre en tant qu’apprentie et une mission lui était confiée.

(((524 mots )))

(((chateau de Kendra Kâr)))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 5 Jan 2017 03:45 
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En suivant les indications que m'avait donné le marchand je parvins en face d'un haut bâtiment. L'aspect de la masure ne laissait aucun doute sur sa nature. Une large porte surmontée d'une belle enseigne, deux étages au dessus du rez-de-chaussée, une multitude de fenêtres et tout autant de chambres... J'étais bien arrivé à l'auberge de la tortue guerrière.

Me félicitant d'avoir pris la peine de demander mon chemin avant de partir à l'aventure dans l'immense ville, je poussai la porte de l'établissement. Quelques têtes se levèrent à mon entrée. Les rares regards tournés vers moi survolèrent mon visage, s'attardèrent un instant sur Dexter posé sur mon épaule, revinrent sur moi avant de m'ignorer de nouveau. Mon séjour aux thermes avait au moins eu le mérite de me donner une allure plus civilisée.

La grande salle était pleine de tables, la plupart étaient déjà dressées bien que vides. Cela n'avait rien de bien surprenant étant donné l'heure encore matinale. Le déjeuner ne serait pas servit avant un moment mais l'endroit était déjà prêt à accueillir la multitude de clients qui devaient demeurer ici plus ceux venant de l'extérieur. Les affaires étaient visiblement bonnes et ça se sentait. L'atmosphère de l'endroit était légère et accueillante.

Un homme derrière le comptoir, un chiffon à la main, avait arrêté de nettoyer et me regardait avec un air interrogatif mais engageant. Je traversai la salle dans l'indifférence la plus totale des rares personnes présentes pour m'assoir sur une chaise haute en face de l’aubergiste. Dexter sauta aussitôt sur le comptoir et commença à s'étirer sous le regard désapprobateur de mon hôte. Ce dernier s'adressa cependant à moi avec un ton chaleureux.

Il se présenta comme Sam Timùn, propriétaire des lieux avec sa femme. Après avoir été rassuré que je couvrirai les éventuels dégâts causés par Dexter nous commençâmes à parler prix. Ses tarifs étaient très raisonnables et nous nous mîmes vite d’accord. Il saisit alors une clef accrochée derrière lui et, sans plus de cérémonie, me demanda de le suivre. Après que Dexter ait retrouvé sa place sur mon épaule j'obtempérai. Ma chambre était au second étage à l'angle du bâtiment. Ainsi j’avais deux fenêtres, l’une donnait sur la grande rue et l'autre sur une modeste maison, à l'est de l'auberge.

Alors que prenais tranquillement mes repères dans la chambre simple mais confortable, l'aubergiste me demanda si il pouvait m'être d'une utilité quelconque. Le repas du soir m'étant déjà réservé, qui dort dîne était une des règles de la maison, je faillis le remercier quand une idée ma traversa. Je lui demandai l'emplacement du temple du Meno puis me ravisant une carte de la ville. Je voulais pouvoir repérer les différents endroits où ma mère avait été susceptible de se rendre. Il hocha la tête et partit pour revenir si vite avec ma demande que je n'eus même pas le temps de défaire entièrement mon sac. Cette fois j'avais tout ce dont j'avais besoin et il me laissa profiter tranquillement de ma chambre.

La première chose que je fis une fois seul fut de m'occuper de ma pilosité. Toute ma barbe y passa. J'allais m'attaquer aux cheveux lorsqu'un bruit attira mon attention au dehors. Des d'armures de métal. En temps normal je n'aurai même pas haussé un sourcil mais la mésaventure de ce matin était bien trop proche pour que je ne me montre pas précautionneux. Lentement je m'approchai de la fenêtre donnant sur la grande rue pour observer ce qui était en train de se passer.

Mon instinct avait été bon, un groupe de milicien était devant le bâtiment et certains rentraient déjà dans l'auberge. Aussitôt je m'assis dos au mur sous le bord de la fenêtre avant qu'ils ne puissent m'apercevoir. J'avais été stupide de penser que trente minutes suffiraient à me faire oublier, évidemment que les gardes n'avaient pas abandonné aussi vite. J'eus une pensé pour le garçon que j'avais laissé assommé dans les thermes. Je ne me rappelais même plus de son prénom.

Le temps n'était pas aux regrets, j'entendais déjà que les soldats montaient l'escalier. Il fallait que je trouve un moyen de partir et vite. Le bâtiment était probablement déjà totalement cerné et de toute façon il y avait un seul escalier. Les seules issues possibles étaient les fenêtres. La première donnant sur la grande rue n’était pas envisageable. Mon seul salut résidait donc dans la petite maison à l'est de l'auberge que j'avais repéré à mon arrivé. Si j'arrivais à atteindre son toit peut être que je pourrais sauter sur le suivant, ainsi de suite et semer mes poursuivants.

Je fus tiré de mes réflexions par les bruits d'armures qui se faisaient de plus en plus en proches. Tant pis pour le plan, j'improviserai au fur et à mesure. D'un bond je fus sur mes pieds. Je me précipitai vers la porte et la verrouillai. D'un geste sec, je brisai la clef dans le mécanisme. Cela me ferait gagner un peu de temps. A la hâte je me mis à rassembler toutes les affaires que j'avais éparpillées sur le lit. Je dérangeai visiblement Dexter qui avait entreprit un petit somme pour se remettre des émotions de la matinée mais c'était le cadet de mes soucis. C'était probablement à cause de lui que mon signalement était si facilement repérable. Des hommes accompagnés d'un ratissa il ne devait pas y en avoir tant que ça à Kendra Kar.

Alors qu'il ne me restait plus que ma bourse posé sur le lit, j’eus un moment d’hésitation. On frappa à la porte et la voix de l’aubergiste me demanda poliment d'ouvrir pour une simple vérification. Tout en essayant de prétendre la nudité pour gagner du temps, je vidai l'étendu de ma richesse sur les draps. Après mon achat dans la boutique du mage et la prix de l’auberge il ne me restait plus grand chose. Je récupérai juste les deux pierres magiques et laissai le reste des pièces. J'espérai que cela suffirait à couvrir les frais engendré par mon passage ici.

Alors que je commençai à ouvrir la fenêtre, ma ruse ne fit plus du tout effet. Les coups amicaux à la porte cédèrent la place à de violents impacts et à des sommations. A chaque assaut j'entendais les gonds craquer derrière moi. Ce n'était qu'une question de secondes avant que la porte ne cède.

Je me tenais debout sur le bord de la fenêtre. Dexter était dans la poche que je lui avais fabriquée et s'était visiblement rendormi. Devant il y avait mon objectif. Un toit de tuiles rouges. Il était à moins de deux mètres. Sans élan cela représentait tout de même un grand saut et si j'échouai... Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil pour voir quel serait mon point de chute. Six mètres plus bas, du pavé. Je survivrai probablement mais pas sans conséquences. Je déglutis avant de regarder à nouveau devant moi. C'est à ce moment que la porte céda sous un ultime assaut. A l'instant où le garde me hurlait de m'arrêter je m'élançai à l'encontre du vide.



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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Mar 28 Fév 2017 17:29 
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Précedement

Maltar respire un grand coup avant de pousser la porte et rentrer d'un pas précautionneux dans l'établissement, sous le regard inquisiteur du patron. Celui-ci semble surpris de voir un Gobelin rouge en guenilles, débouler dans son établissement. Son regard est chargé d'apriori. Le gobelin prend un air volontairement fatigué et avance jusqu'au comptoir, sans brusquerie. Il ne semble pas encore y avoir foule à cette heure. Tant mieux. Il prend sa voix la plus douce, qui reste plus tourbe et fumée que miel.


"Bonjour. Pardonnez mon allure, mais j'arrive de loin et le voyage a pas été simple... Les routes ne sont décidément plus sûres... Mais Bref, je ne voudrais pas vous embêter avec mes problèmes... On m'a vanté vos piaules... Chambres. En auriez-vous une de libre dès maintenant. Et un bain! Avant toute chose. Je me damnerais pour un bain! Et puis se serait dommage de salir votre jolie auberge avec les crasse du voyage."


Il n'en pense pas un mot et est déjà plus propre qu'à son gout suite à son décrassage du matin. Mais tous ce qui peut lui permettre d'avoir l'air plus civilisé est à faire.


"Il faudrait aussi la pension pour mon cheval... Et faire passer mes vêtements à la blanchisseuse, ils en ont bien besoin."


L'aubergiste, sans se départir d'un sourire commerçant, semble hésiter sur l’attitude à adopter. Ce gobelin n'a pas l'air dangereux, et semble même plutôt courtois. Mais c'est un gobelin, rouge en plus! Et ça c'est bizarre. Et puis vu ses guenilles, est-il seulement solvable? Pendant qu'il hésite, sa gueule d'ange et l'air aimable qu'il conserve donne envie à Maltar de lui briser un tabouret dans les côtes, puis de lui encastrer l'un des pieds dans la gueule jusque dans le mur derrière lui.

Il finit par répondre.

"C'est huit yus la journée pour vous plus le box et le grain pour votre monture. Deux yus le bain. Ma femme peut nettoyer vos vêtements, pour deux... Non, trois yus. Payables d'avance."

Maltar ne se sent pas en position de négocier. Il sort sa bourse, compte, réfléchit un peu puis pose une poignée de pièces sur le comptoir.

"Tenez voici déjà pour la semaine, le bain et le nettoyage. Je mets mon cheval où?"

"Merci. "

L'aubergiste se détend à la vue de la monnaie, qu'il empoche.

"Allons chercher votre monture pour l'installer"

Puis il se retourne en fixant les plafonds de bois et crie à l'étage, la main en porte voie:

"Tina! Prépare la huit et fait couler un bain s'il te plait."

Tous deux sortent. Maltar détache sa monture et suis le blondin jusqu’à une grande porte à gauche du bâtiment, donnant sur une cours et l'écurie. Il engage la conversation.

"Vous vous appelez comment?"

"Sam, Sam Timùn. Et vous ?"

"Maltar, juste Maltar. Enchanté."

Maltar lui tend la main, que l'autre sert d'une poigne virile, mais sans excès.

Puis Sam lui pointe l'écurie du doigt.

"Vous pourrez laisser votre cheval dans le deuxième box à droite, je passerai m'occuper de lui un peu plus tard. Vous aurez besoin d'aide pour monter vos affaire ?"

"Ça ira, merci."

(Plutôt manger des navets que de le laisser tripoter mes affaires.)

"C'est tout naturel. Votre chambre est au premier étage, vous pouvez y monter vos affaire tout de suite, ma femme est en train de la préparer. Plutôt que refaire le tour, vous pouvez rentrer par cette porte-là." Il pointe du doigt. "C'est le premier escalier, puis au premier étage deuxième a droite. Retrouvez-moi au comptoir avant de monter, je vous donnerai vos clés. Il est au bout du couloir."

Sam retourne dans l'auberge, laissant Maltar décharger sa quincaillerie. Deux minutes plus tard, le voilà chargé comme une fourmi. Des affaires (dont sa mandoline) en bandoulière sur l'épaule droite, d'autres sur l'épaule gauche, d'autres affaire plein les bras. Laborieusement, en faisant attention à ne rien accrocher avec ses affaires qui on la vilaine tendance à frotter les deux côtés des portes et des couloirs à la fois, il va jusqu'au comptoir où Sam l'interpelle.

"Vous êtes sûr que vous n'aurez pas besoin d'aide Mr. Juste?"

(M'sieur Juste?! J'ten foutrait d'M'sieur Juste... Boarf puis merde on s'en fout...)

Maltar ne fait donc aucune remarque à propos de son nouveau patronyme, et se contente de répondre.

"Non, non, c'est bon, pas de soucis. Posez juste la clé sur le sac, là, devant mon menton... Oui voilà, comme ça. Merci."

"C'est un plaisir Mr. Juste."

Maltar "Juste" trouve sa chambre ouverte. Le pas de la porte laisse à voir une chambre simple mais douillette. Sur le sommier de noyer massif, un matelas épais avec dessus un traversin bien dodu. Les draps et les couvertures sont propres et ont l'air d’être solides et de bonne facture. Le tout est surmonté d'une épaisse couette garnie de duvet d'oie. Un petit guéridon est à côté du lit. Sur une table à droite de la porte se trouve une bassine et un pot à eau en métal pour faire ses ablutions, avec un pain de savon. En dessous de cette table se trouve un pot de chambre émaillé blanc avec des oiseaux bleu. Au fond de la salle se trouve une grande armoire bouhenienne*. Celle qu'il suppose être Tina, la Taulière, une belle brune plantureuse d'un bon mètre 70, dans une robe de travail violette protégée d'un tablier blanc, est en train de finir de faire le lit. Maltar la salue en allant jeter un œil à l'unique fenêtre de la chambre. Celle-ci donne sur la grand’rue, avec vue sur une boutique tenue par un elfe de l'autre côté de la rue.

Pour le gobelin, tout cela ressemble au grand luxe. Tout confort, et peu de chance qu'on le surprenne de quelque manière ici. Pendant que Tina finit de faire son lit, Maltar finit de rentrer ses affaires dans la chambre, pas mécontent de se poser enfin après son long voyage.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 9 Mar 2017 01:52 
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Lorsqu'elle a fini de préparer la chambre, Tina laisse seul le gobelin en train de décompacter une partie de ses affaires. L'oreille tendu, il écoute les grincement dans l'escalier de la femme qui descend, puis remonte quelques minutes plus tard Chargée d'un gros baquet d'eau bouillante.

"Si vous êtes prêt, le bain l'est aussi." Dit elle en souriant.

"Parfait. Je vous suis?

Si vous le voulez bien."

Le gobelin laisse ses affaires et verrouille sa chambre pour prendre la suite de la jeune femme. Elle le guide dans une grande salle au même étage. Plusieurs grandes étoffes sont étendues en travers des murs, créant différents espaces avec au milieu de chacun une grande bassine de bois cintrés d'acier, où chacun peut se baigner dans une relative intimité. Maltar commence à se dévêtir en tournant le dos à la femme penchée qui vide une partie de son baquet dans l'eau fraîche déjà dans le baquet. Elle se redresse et le contemple de haut en bas, circonspecte devant les innombrables cicatrices que le gobelins laisse apparaître en enlevant sa vieille chemise. Elles lui zèbrent le dos, déchire ses épaules, marquent durement l'arrière de ses bras. Le temps s'éternise pendant qu'on entend l'eau chaude et froide se mêler.

"Vous menez une vie dangereuse.

Qu'est ce qui vous fait dire ça?" Répond Maltar que la conversation ennui déjà, mais que se dit qu'il serait mal-avisé de noyer son hôtesse de suite.

Il se retourne. Le regard de Tina se promène de tranchées en de traces de sutures sur le torse sec et musculeux du "Barde".

"Où avez vous donc attrapé tout cela? "

Le gobelin montre unevilaine marque sur son biceps.

"Ça, c'est le souvenir d'un orque un peu grincheux.

Il était dangereux ?

Pas assez faut croire, je suis encore là et pas lui


Et celles-ci? " Dit elle en pointant son flanc. "Quelle est la grosse bête qui à pu vous faire des griffures pareilles?

Un Likor noir, pas loin de Akinos. Avec un doigt dans chaque œil il avait du mal à y voir, sinon s'était ma tête... Une fois qu'il a aussi perdu l'usage de ses bras, ça allait tout de suite mieux... On n'est jamais tranquille nulle part. Regardez." Il montre un reste de pincement sur son avant bras, presque à son poignet. "Un cocatrix, il y a quinze jours, entre Dahram et Mertar." Puis il montre de multiples sillons sur sa peau écarlate. "Et ça c'est une bande de malandrin, deux jours plus tard... Ils n'ennuieront plus personne. Vous savez, il n'a jamais été aussi difficile de traverser le continent. Même les routes principales sont dangereuses."

Elle regarde ses mains, que Maltar bouge sans cesse alors qu'il parle.

Et là, votre paume, qu'a t'il bien pu vous arriver. C'est pas commun une marque comme ça. C'est quoi? Une brulure?

"J'ai dû arrêter une boule de feu, dans une rue de Luminion... Ma main ou ma face... Il souriait moins quand je l'ai attrapé par le col avec ma main restante." Il marque une pause. "Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez de vivre ici. Le continent est à feu et à sang. La mainmise de Oaxaca se raffermie. Pas pour le meilleur. Il y a de plus en plus de sauvages qui apparaissent un peu partout... Même si j'ai un peu contribu" à réduire leur nombre. Bien malgré moi notez. Voyager tranquille, sans mauvaise surprise, ne serait pas de refus de temps à autre."

Tina cesse de verser l'eau chaude et change la conversation.

"Voilà, votre bain doit être bon. Appelez moi si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Pourrez vous aller m'acheter un pantalon, une chemise et des sous-vêtements propre? Je n'ai plus rien à me mettre et je ne voudrais manger nu ce soir ce soir pendant que mon linge sera à laver. Pourrez vous me rendre ce service?"

Il lui Donne quelques yus.

"Voilà pour les vêtements. Je vous laisse choisir."

Avec plaisir Monsieur juste. Profitez bien de votre bain, je vais voir ce que je peux faire."

('fin elle se taille!)

La femme laisse Maltar seul. Il fini vite de se dévêtir, se glisse dans l'eau avec un délice inattendu. Pour la première fois depuis des mois, il se sent en sécurité et dans l'eau chaude, se laisse aller à s'assoupir.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Lun 13 Mar 2017 16:17 
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Au bout d'un temps certain, Maltar sort de sa somnolence dans une eau qui n'a que trop fraichit. La première chose qu'il remarque est la pile de vêtements pliés, maintenant posée sur un petit tabouret, à porté de son bras droit. Une serviette se trouve aussi dessus. Le gobelin tressailli. On s'est approché au plus prêts de sa baignoire! Son rythme cardiaque s'accélère alors qu'il s’apprête à bondir, puis ralentit. Ce n'est probablement que Tina, venu lui apporter ses vétements et ce n'est pas maintenant qu'elle (ou qui que ce soit d'autre) est partie depuis peut être plus d'une heure qu'il faut s'agiter. Par contre... Il peine à croire que la personne venu porter ces vétements ai la discrétion d'une spadassin shaakt. La somnolence s'est transformée en profond sommeil, il ronquait comme un gros bourgeois trop plein de pain et de vin, avec ronflement, filet de bave et tuti quanti.. Si quelqu'un était venu le planter, il ne l'aurait pas plus entendu venir que la taulière...

Le bain est décidément une chose diabolique et dangereuse. Il n'en prendrait plus.

Il se sèche et s'habille du simple pantalon marron noyer et de l'ample chemise de lin écru (dans laquelle on aurait pu en mettre deux comme lui) laissés à sa disposition. Il part ensuite dans sa chambre prendre quelques affaires, puis quitte l'auberge en prévenant au guichet Tina qu'il reviendrait pour diner. Celle-ci, souriante, lui dit au passage qu'il a maintenant "meilleure mine", qu'il a l'air "bien reposé" et qu'il a l'air beaucoup plus jeune quand il dort*. Saleté! Sur ces entre-faits, le gobelin lui demande ce que vend la boutique en face, puis sort en la remerciant.

* Tina affirme à Maltar qu'il avait l'air de dormir comme un bébé lorsqu'elle était monté lui porter ses affaires et que cela faisait plaisir à voir. Mais entre ce que l'on dit a Maltar et ce qu'il en retient...



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Dernière édition par Maltar le Mar 5 Sep 2017 21:49, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Jeu 18 Mai 2017 12:05 
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Ses emplettes chez Lilo finies, Maltar se promène dans le quartier afin de parfaire sa parure vestimentaire de parfait citoyen. Un petit veston vert émeraude, sobre et élégant, à enfiler sur sa chemise. Une cape de la même couleur, réversible, avec une doublure or (toujours prévoir un vêtement réversible pour s'évanouir dans la foule). Pour compléter sa vêture, il jette aussi son dévolu sur une paire de bottines hautes fermées par quatre boucles de laiton et un couvre chef. Devinez quoi, vert aussi. Un rappel de son ancienne couleur de peau, qui inconsciemment le rassure.

Maltar n'aime pas porter ces vêtements. Trop de tissus qui peut se coincer partout. Trop visibles, trop confortables! Le confort ça ramolli. Cela dit, cette identité visuelle affichée lui semble un bon moyen d'éviter qu'un fâcheux ne le confonde pas avec un éventuel personnage petit et noueux, vêtu d'un pantalon crasseux brun-boue/noir suie, d'une chemise à l'inverse noir-suie/brun-boue, d'un foulard noir entourant sa tête, d'une paire de bottes bondissantes bien molletonnées d'une "rare élégance" et d'une paire de gants à griffe. Petit être pouvant être aussi désigné sous la nomination de "Maltar en maraude".
Le gobelin à aussi la vilaine impression de ressembler à un saltimbanque. Mais comme il en est plus ou moins un maintenant, autant essayer de se faire à l'idée. Cela a parfois du bon que l'habits fasse le moine.

Maltar achète aussi une mandoline d'assez bonne qualité, qui contrairement à l'autre ne présente pas le danger de foutre le feux à un robe ou foudroyer un chat à la première corde grattée. Il la choisit au dimensions de sa seconde mandoline, et prend deux étuis. Il rentre ensuite à l'auberge, monte dans sa chambre, et "range" dans son nouveau livrets sa mandoline magiques dans son étui et son nécessaire à maraude.

Pendant les jours qui suivent, Maltar passe l'essentiel de son temps à lire à la grande bibliothèque de la cité. Avide de savoir, il se plonge dans de longues recherches sur l'histoire de la citée puis sur les contes et légendes de Nirtim et d’ailleurs. Espérant tirer profits de son nouvel état de gobelin magique et de sa mandoline, il étudie aussi dans les ouvrages traitant du sujet. Magie du feu, des éclaires, fluides, il lit tout ce qu'il trouve. Souvent, il place au moment de partir un ou deux ouvrages dans son "carnet de souvenir", ce qui lui permet de ramener de la lecture à l'auberge le soir. Moins souvent, il les ramène le lendemain à la bibliothèque. Décidé à faire quelques chose de constructif de son temps, il finit par se rendre chez le vieux Moboutou pour lui acheter quatre potions de fluides élémentaires. Puis peu sensible aux conseils du vieux et partant du principe qu'il n'a pas de temps à perdre, il les boit doutes la même soirée, accompagné d'une bonne lampée de poire pour fêter ça. S'ensuit une longue semaine de "grippe" fluidaire. Maltar à l'impression d'avoir les boyaux en feu et la foudre dans les neurones. Ou le tonnerre dans l'estomac et un brasier dans son crane, selon. Pendant une semaine il ne quitte le lit que pour le seau. Tenant à peine sur ses maigres jambes, c'est Tina qui pendant cette semaine lui monte ses repas. Chaque fois, elle lui conseil de prendre un bain pour faire tomber la fièvre. Mais le gobelin reste inflexible. Plus de bain! Alors il mange sa soupe de riz, boit avec dégoût son bouillon de légume et reste au lit dans une ambiance de mort.


Une semaine et huit livre perdu plus tard, il va mieux. Ses bourses déjà fortement amaigrie, il laisse le reste de ses économies au conservatoire de la ville, où il prend ses premier cours de musique. Solfège et tout, comme un gamin studieux. Un tout les après midi. Sa routine s'organise autour de cela. Levé à l'aube, il prend un copieux petit déjeuné préparé par Tina puis (avec peu d'entrain) fait ses ablutions. Puis il se rend à la bibliothèque, et se plonge dans la lecture et les étude. A midi, il part pour le conservatoire. Sur la route il s’arrête dans une gargote de la ruelle victoire où Mme Lacouenne vend un délicieux ragoût de chat vendu pour du lapin. Puis il finit son trajet au conservatoire et jusqu'au crépuscule consacre son temps à l'apprentissage de la mandoline. A qui veut l'entendre, il conte son histoire de pauvre gobelin, dernier survivant d'une famille ayant eu le malheur de remettre en cause le pouvoir d'Oaxaca la "mal réglée", qui à chaque lunaison accompagne ses écarts d'humeur d'un flot de sang. Il explique aux plus curieux comment il a du fuir la campagne d'Omyre pour chercher refuge dans la bonne ville de Kendra Kar et comment après milles et une péripéties il a fini par y arriver. Puis il rentre à la tortue guerrière, dîne et monte dans sa chambre pour étudier encore un peu à la lumière de la bougie avant de s'endormir du sommeil de la crapule qui se fait passer pour un juste.

Tout aurait pu durer longtemps, mais au bout de quelques semaines, un soir...


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Dernière édition par Maltar le Mer 13 Sep 2017 16:53, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 26 Mai 2017 19:12 
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Localisation: Kendra Kâr
"Je crois qu'on y est."

Kay sauta à bas de sa monture et, les rênes dans la main, observa plus en détail le bâtiment devant lequel elle se trouvait : il était grand, il faisait trois étages. La façade extérieure se laissait escalader par des lierres verdoyants, mais l'enseigne se balançait allègrement sous le léger courant d'air, son bois et sa peinture, frais. La jeune femme n'avait pas eu tant de mal à trouver l'auberge, en fin de compte. Pénétrant entre les murailles bien défendues de Kendra Kâr, elle s'était soudainement trouvée dans l'incapacité de redonner le nom de l'endroit où elle était censée se rendre ; elle avait le vague souvenir qu'il était question d'un animal d'apparence chétive, mais rendu fort par un adjectif. Le Lapin armé ? Non, ce n'était pas cela... Cet oubli lui avait fait subir une montée de chaleur, tandis qu'elle s'apprêtait à errer pour un temps indéterminé, mais sûrement long. Cependant, la chance lui sourit puisque l'auberge se trouvait sur la grande avenue qu'elle s'était contentée de remonter.

"Tu crois qu'ils auront un endroit pour te loger, ma belle ?"

La guerrière flatta l'encolure de Chevauchante tout en lui parlant d'un ton calme. Cela faisait longtemps qu'elles n'avaient plus vu autant de monde - encore moins d'humains, puisqu'elles revenaient d'une place forte garnie majoritairement d'elfes - et le cheval piaffait quelque peu nerveusement. Kay finit par l'accrocher à un piquet, juste devant l'entrée de l'auberge de la Tortue Guerrière, et pénétra dans l'atmosphère chaude et accueillante.

(Il faut que je trouve Estë maintenant...)

Seulement un prénom, c'était un peu léger. Au moins, la guerrière savait que celle qu'elle cherchait était également une elfe grise. À Kendra Kâr, ça ne devait pas courir les rues. De plus, elle logeait certainement dans cette auberge. Alors, que faire ? Devait-elle aller directement parler au patron - un homme brun aux traits encore jeunes qui offrait à tous un sourire étincelant ? Attendre à une table jusqu'à ce que la Sindel arrivât ? Kay finit par se décider à aller au comptoir boire d'abord un remontant, néanmoins, en remontant la large pièce, ses yeux noirs comme sa lisse chevelure rencontrèrent une jeune elfe, assise dans un coin. Elle avait la peau grise des Sindeldi. La jeune femme hésita quelques secondes, avant de se diriger vers elle et de l'aborder avec un timide sourire.

"Bonjour. Je cherche une amie avec qui j'ai rendez-vous ici. Elle s'appelle Estë."

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


Dernière édition par Kay de Kallah le Sam 14 Oct 2017 20:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la Tortue Guerrière
MessagePosté: Ven 26 Mai 2017 23:24 
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La jeune Sindel, encore adolescente sans doute, rendit à Kay un sourire d'une égale timidité avant de répondre:

"Bonjour, madame. Je suis Estë."

D'un geste pouvant passer pour de la nervosité, elle dégagea légèrement de son col un pendentif que Kay ne pouvait manquer de reconnaître, le même lui ayant été remis à Clair de Lune récemment. Le regard de la jeune Elfe se posa d'ailleurs quelques secondes sur le pendentif identique que la maître d'armes portait autour du cou avant de l'inviter à prendre place d'un signe de la main.

"Nous avons à parler, si vous êtes bien celle que je crois. Mais avant, dites-moi, qui vous envoie? Quels mots vous a-t'il chargé de prononcer?"

Toute jeunette qu'elle fut, Estë n'était visiblement pas dénuée d'une certaine prudence, la seule vue du symbole de l'Opale ne lui suffisait apparemment pas pour se départir de sa méfiance.


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