PrécedementMaltar respire un grand coup avant de pousser la porte et rentrer d'un pas précautionneux dans l'établissement, sous le regard inquisiteur du patron. Celui-ci semble surpris de voir un Gobelin rouge en guenilles, débouler dans son établissement. Son regard est chargé d'apriori. Le gobelin prend un air volontairement fatigué et avance jusqu'au comptoir, sans brusquerie. Il ne semble pas encore y avoir foule à cette heure. Tant mieux. Il prend sa voix la plus douce, qui reste plus tourbe et fumée que miel.
"Bonjour. Pardonnez mon allure, mais j'arrive de loin et le voyage a pas été simple... Les routes ne sont décidément plus sûres... Mais Bref, je ne voudrais pas vous embêter avec mes problèmes... On m'a vanté vos piaules... Chambres. En auriez-vous une de libre dès maintenant. Et un bain! Avant toute chose. Je me damnerais pour un bain! Et puis se serait dommage de salir votre jolie auberge avec les crasse du voyage."Il n'en pense pas un mot et est déjà plus propre qu'à son gout suite à son décrassage du matin. Mais tous ce qui peut lui permettre d'avoir l'air plus civilisé est à faire.
"Il faudrait aussi la pension pour mon cheval... Et faire passer mes vêtements à la blanchisseuse, ils en ont bien besoin."L'aubergiste, sans se départir d'un sourire commerçant, semble hésiter sur l’attitude à adopter. Ce gobelin n'a pas l'air dangereux, et semble même plutôt courtois. Mais c'est un gobelin, rouge en plus! Et ça c'est bizarre. Et puis vu ses guenilles, est-il seulement solvable? Pendant qu'il hésite, sa gueule d'ange et l'air aimable qu'il conserve donne envie à Maltar de lui briser un tabouret dans les côtes, puis de lui encastrer l'un des pieds dans la gueule jusque dans le mur derrière lui.
Il finit par répondre.
"C'est huit yus la journée pour vous plus le box et le grain pour votre monture. Deux yus le bain. Ma femme peut nettoyer vos vêtements, pour deux... Non, trois yus. Payables d'avance." Maltar ne se sent pas en position de négocier. Il sort sa bourse, compte, réfléchit un peu puis pose une poignée de pièces sur le comptoir.
"Tenez voici déjà pour la semaine, le bain et le nettoyage. Je mets mon cheval où?""Merci. "L'aubergiste se détend à la vue de la monnaie, qu'il empoche.
"Allons chercher votre monture pour l'installer" Puis il se retourne en fixant les plafonds de bois et crie à l'étage, la main en porte voie:
"Tina! Prépare la huit et fait couler un bain s'il te plait."Tous deux sortent. Maltar détache sa monture et suis le blondin jusqu’à une grande porte à gauche du bâtiment, donnant sur une cours et l'écurie. Il engage la conversation.
"Vous vous appelez comment?""Sam, Sam Timùn. Et vous ?""Maltar, juste Maltar. Enchanté."Maltar lui tend la main, que l'autre sert d'une poigne virile, mais sans excès.
Puis Sam lui pointe l'écurie du doigt.
"Vous pourrez laisser votre cheval dans le deuxième box à droite, je passerai m'occuper de lui un peu plus tard. Vous aurez besoin d'aide pour monter vos affaire ?""Ça ira, merci." (Plutôt manger des navets que de le laisser tripoter mes affaires.)"C'est tout naturel. Votre chambre est au premier étage, vous pouvez y monter vos affaire tout de suite, ma femme est en train de la préparer. Plutôt que refaire le tour, vous pouvez rentrer par cette porte-là." Il pointe du doigt.
"C'est le premier escalier, puis au premier étage deuxième a droite. Retrouvez-moi au comptoir avant de monter, je vous donnerai vos clés. Il est au bout du couloir."Sam retourne dans l'auberge, laissant Maltar décharger sa quincaillerie. Deux minutes plus tard, le voilà chargé comme une fourmi. Des affaires (dont sa mandoline) en bandoulière sur l'épaule droite, d'autres sur l'épaule gauche, d'autres affaire plein les bras. Laborieusement, en faisant attention à ne rien accrocher avec ses affaires qui on la vilaine tendance à frotter les deux côtés des portes et des couloirs à la fois, il va jusqu'au comptoir où Sam l'interpelle.
"Vous êtes sûr que vous n'aurez pas besoin d'aide Mr. Juste?"(M'sieur Juste?! J'ten foutrait d'M'sieur Juste... Boarf puis merde on s'en fout...)Maltar ne fait donc aucune remarque à propos de son nouveau patronyme, et se contente de répondre.
"Non, non, c'est bon, pas de soucis. Posez juste la clé sur le sac, là, devant mon menton... Oui voilà, comme ça. Merci.""C'est un plaisir Mr. Juste." Maltar "Juste" trouve sa chambre ouverte. Le pas de la porte laisse à voir une chambre simple mais douillette. Sur le sommier de noyer massif, un matelas épais avec dessus un traversin bien dodu. Les draps et les couvertures sont propres et ont l'air d’être solides et de bonne facture. Le tout est surmonté d'une épaisse couette garnie de duvet d'oie. Un petit guéridon est à côté du lit. Sur une table à droite de la porte se trouve une bassine et un pot à eau en métal pour faire ses ablutions, avec un pain de savon. En dessous de cette table se trouve un pot de chambre émaillé blanc avec des oiseaux bleu. Au fond de la salle se trouve une grande armoire bouhenienne*. Celle qu'il suppose être Tina, la Taulière, une belle brune plantureuse d'un bon mètre 70, dans une robe de travail violette protégée d'un tablier blanc, est en train de finir de faire le lit. Maltar la salue en allant jeter un œil à l'unique fenêtre de la chambre. Celle-ci donne sur la grand’rue, avec vue sur une boutique tenue par un elfe de l'autre côté de la rue.
Pour le gobelin, tout cela ressemble au grand luxe. Tout confort, et peu de chance qu'on le surprenne de quelque manière ici. Pendant que Tina finit de faire son lit, Maltar finit de rentrer ses affaires dans la chambre, pas mécontent de se poser enfin après son long voyage.