[Devant la prison]
Shaoran attendait depuis une bonne dizaine de minutes, adossé à un mur de la prison, lorsque un grand et fin Yornien vint à sa rencontre. Son teint blafard et ses coup d'oeils paranoïaque juraient avec son costume de page. A en juger par ses long traits tirés et sa peau parcheminé, il devait donner dans les 60 ou 65 ans. Arrivé à la hauteur du jeune homme, il se pencha du haut de son mètre quatre-vingt dix, pour lui demander à voix basse :
Est-ce-vous, le jeune garçon du Nord, dont mon maître m'a parlé ?...
Shaoran détestait le contact. Et le visage sec du grand vautour lui parraissait un peu trop près. Cependant, il se devait de s'imposer en tant que maître de la conversation, pour ne pas se faire avoir. C'est sur la défensive que l'ont commet le plus d'erreurs...
Le jeune Yornien se redressa pour se retrouver, littéralement, nez-à-nez avec le vieux serviteur. Sans desserrer les dents, il crachât :
Tout à fait... Et je croyais, à ce propos, devoir affaire à lui et non à un des ses sous-fifres...
Si le grand Yorien se sentis blessé, il n'en laissa rien paraître. Néanmoins, au grand soulagement de Shaoran, il se recula un peu, et débita une tirade d'excuse aussi franche qu'un prêteur sur gage des bas-quartiers :
Mon maître est un homme très occupé. Il n'as pas pu se déplacé lui-même... Mais il s'excuse, et vous prie de le pardonner. N'ayant d'autre alternative, il m'a demander de le représenter pour vous remettre le pli dont il a fait mention lors de... De votre dernière rencontre.
Dis plutôt qu'il ne voulait pas se déplacer, mais qu'il tenait à donner des ordres à son nouveaux fouille merde, répliqua, dans sa tête, le jeune homme.
Au lieu d'exprimer sa pensé à voix haute, il tendis tout simplement la main, pour recevoir ses instructions. Le serviteur hésita l'espace d'un instant, risqua quelques coups d'oeil autours d'eux, et commença, visiblement mal à l'aise :
Vous ne préféreriez pas plutôt que nous allions...
Non, coupa sèchement Shaoran, paume toujours ouvert vers le ciel nuageux.
Avec une moue désaprobatrice, le vieil homme lui remis un papier plié en deux. Shaoran l'ouvrit, et tendis dans un même temps la main gauche. Sous les regards étonnés du page, il détailla le papier. Il s'agissait d'une sorte de plan. D'une bâtisse de belle taille, si on en croyait le nombre de piece.
Ne voyant rien venir, le jeune Yornien releva les yeux vers le vieux larbin.
Oui ? Interrogea celui-çi sans comprendre.
Shaoran tendis alors un peu plus sa main, comme pour appuyer un propos silencieux. Le page comrpis alors ce que voulait le jeune homme et bargouinna.
Ah ! Heu.. Le... Enfin, mon maître tient à... à s'excuser, mais... Comment dire... Vous connaissez les affaires. Et.. heu...
Le coupant court, l'adolescent lui remis fermement le plan avec, il le découvrit seulement maintenant, des inscriptions au dos. Il détourna les talons, et commença à partir en direction du nord.
Mais... Que faites...
Je ne traite qu'avec des gens correctes, jeta Shaoran sans se retourner. Vous m'aviez promis 50 Yus dès maintenant. Ils n'y sont pas, je ne fais pas votre sale boulot.
Jeune homme ! Arrêtez-vous donc, et traitons en gens raisonnable. Je vous propose un arrangement. 25 maintenant, et 75 une fois l'objet en possession de mon maître.
L'adolescent stoppa, et, toujours de dos, lança :
35 maintenant, et 90 une fois terminé.
Le page s'étrangla.
Je... Mon maître ne descendra pas en dessous de...
25 et 85.
Shaoran recommença à marcher.
Très bien ! Très bien ! Vous avez gagné !
Le vieux serviteur le rattrapa à grandes enjambées. Il lui colla entre les mains le plan, et 25 Yus sonnants et trébuchant, puis parti tout aussi vite.
Shaoran, planté là, se permis un haussement de sourcil. Cette histoire ne lui disait rien qui vaille... Rien d'écrit, pas de nom, pas de trace... Rien ne l'empêchait d'empocher les 25 Yus tout de suite, et de disparaître dans la nature. Rien sauf les 85 petites pièces qui l'attendaient à la fin. Et la curiosité.
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Il n'y a que dans la lumière que l'on prend conscience des ombres qui nous enserrent