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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Sam 3 Juil 2010 18:35 
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<Le marché>

J'ai pus traverser le marché et les rues sans aucuns problèmes. Avec cette cape, les gens m'ignoraient.

(Quelle matinée mouvementée!)

Je suis exténuée. Le bilan des deux derniers jours: Deux affreux jojo liquidés, un combat avec un maître d'arme, et une simple pomme pour tenir le coup.

(Normal que je sois si affaiblie! Il me faut un vrai repas. Cela fais bien deux semaines que je ne me suis pas nourri correctement. J'irais donc dans une taverne ce soir pour manger. Maintenant je vais récupérer un peu dans une petite sieste.)

Je monte le vieil escalier qui craque sous mes pas, pour aller dans ma chambre à l'étage, et sans prendre le temps de me changer, je me laisse tomber lourdement sur le lit et m'endors aussitôt.
Commence alors un drôle de rêve:

Il y ma mère, debout, d'un teint fantomatique, qui me regarde. Un murmure se fait entendre:

"Elwing... Eeeeeeeelwing..."

Ma mère disparait ensuite pour laisser la place à la porte de sa chambre, entrouverte. Un lumière intense émane de la porte. Elle s'approche et s'ouvre brusquement avec un flash aveuglant, et découvre une tête d'un homme Shaakts, au yeux d'un violet pur. Il y a quelque chose d'étrange sur ce visage... Oui, à pars ses yeux, il est flou. Il me fixe avec mépris. Il pars dans un nuage de fumée et découvre la chambre dans un grondement terrifiant. La chambre n'a pas de mur, elle est entourée du néant. Dans le lit, au coin de la chambre, ma mère y est allongée. Elle m'appelle. Je m'approche, et serre sa main contre moi.

"Elwing..."

"Oui mère?"

"Elwing... Tue les Shaakts. Fait les souffrir comme ils ont bien pus faire souffrir d'honnêtes gens."

Brusquement le visage du shaakt réapparais. Cette fois ci, il est net. Il m'est inconnu, mais bizarrement je le reconnais. C'est mon père.

"TUE LES!!"

Je me réveille en sursaut. Je suis en sueur et essoufflée. Dehors, il fait nuit, et aucun bruit ne se fait entendre dans les rues.

(J'ai dormis tout ce temps?)


Encore bouleversée je me lève et me dirige vers la bassine d'eau pour me rafraichir la figure.
Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est. Peut être qu'avec un peu de chance il n'est pas trop tard pour un bon steak dans une taverne?
Mon corps me fait souffrir. Mon entraînement ne me laissera pas sans aucune marque.
Sur le chemin vers la porte d'entrée, je passe devant le miroir du salon. Je suis pâle.

(Un tour dans une taverne ne me fera que du bien!)


<Les rues de Kendra Kâr>

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"Voleur, c'est quand on trouve un objet avant qu'il soit perdu." (Coluche)
"Voici deux voleurs. Celui-ci est pauvre, et vole les riches.[...] Cet autre est riche et vole les pauvres." (Victor Hugo)

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Dernière édition par Elwing le Sam 10 Juil 2010 13:24, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 7 Juil 2010 14:00 
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Vous croyez au destin ? Vous avez le sentiment que votre futur est déjà décidé et que peu importe le chemin que vous empruntez, la destination sera la même ? À ces questions, j’ai toujours répondu : Non, puisqu’en fait, je crois que ce qui nous arrive sans que nous l’ayons consciemment décidé n’est que coïncidence et hasard. Et si j’avais tort, je crois que bien malheureux serait celui qui aurait entre les mains, le scénario de son destin.
Et pourtant, nonobstant ce que je viens de déclarer, certains événements que j’ai vécus, alors que j’étais une toute jeune lutine, ont malgré moi ébranlé mes propres convictions.

La journée déclinait et j’avais passé l’après-midi en compagnie du vénérable lutin à la magnifique barbe blanche et aux petites lunettes rondes. Tel un maître artisan et avec toute la patience du monde, ce lutin, passablement ridé, à la redingote violette m’avait grandement aidée dans la fabrication de mes nouvelles bottes. Fière de mon labeur, je les avais enfilées en toute vitesse, après avoir remercié M. Porsal par une chaleureuse accolade. Ce dernier, sans doute ému de mon geste et trop orgueilleux pour m’en faire part, s’était discrètement retourné vers son établi, prétextant faire un peu de rangement dans ses outils et les divers matériaux utilisés pour la confection de mes nouvelles chaussures de lutine.
Pour ma part, j’étais toute joyeuse et je n’avais qu’une seule envie, celle de faire une petite balade ainsi chaussée. D’un autre côté, je n’osais partir ainsi comme une petite gamine trop impatiente d’essayer son jouet. J’étais presqu’une adulte après tout, je devais contrôler mes pulsions infantiles. C’est alors que mon estomac est venu à ma rescousse en émettant une sourd grondement me fournissant ainsi un parfait prétexte pour sortir étrenner mes nouvelles chaussures.
Consciente que je n’étais pas la seule à avoir entendu les plaintes de mon ventre vide, j'ai rougi un peu, mais j'ai tout de même profité de l’occasion :

« Et si j’allais nous chercher quelque chose à manger. Un fruit frais du marché, ça vous irait ? »

Gwerz avait sûrement de quoi nous sustenter dans son énorme garde-manger fabriqué de ses propres mains, mais vieux et sage, il avait compris mon désir de sortir de la maison.
Il a alors acquiescé de bon cœur en me prévenant de ne pas flâner en chemin puisque la nuit n’allait pas tarder à se montrer le bout du nez.
Avec empressement, j’ai donc ramassé mon sac et mon arc et me suis dirigée vers la fenêtre. Juste avant de quitter la pièce, je me suis retournée et j’ai été soudainement envahie par un vent de nostalgie. J’ai alors regardé le vieux lutin et tout le fatras qui l’entourait comme si c’était la dernière fois.

Et puis, j’ai balayé ce sentiment du revers de la main et je me suis rendue sur le toit en passant à travers le hublot qui faisait office de porte.

Si la notion de destin n’était que pure invention des vivants pensants, comment expliquez-vous alors que j’ai su à ce moment là, que dans cette demeure je ne reviendrais plus ?

--> Les rues de Kendra Kâr

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Dernière édition par Guasina le Jeu 15 Juil 2010 22:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 11 Juil 2010 19:18 
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Sur la route pour arriver chez Ehemdim, j’ai pu entrevoir une partie du château de Kendra Kâr, il est vraiment magnifique. Après avoir regardé Griffin rentrer chez lui, j’ai ouvert la petite barrière qui fermait la propriété d’Ehemdim. En avançant dans la petite allée qui mène à sa porte j’ai pris le temps d’admirer l’architecture du bâtiment. Il avait toujours eu des goûts de luxe et apparemment, il n’avait pas changé de ce côté-là. Je m’approche de la porte et y frappe deux coups successifs mais suffisamment fort pour qu’il puisse les entendre.

Je ne m’attendais pas à ce que la porte s’ouvre alors que je frappais dessus. Tout cela n’indiquait rien de bon. Ma main s’était dirigé automatiquement vers le pommeau de mon épée. Ayant poussé la porte du bout du pied, je m’introduisit dans la pièce. Un capharnaüm impressionnant régnait dans cette dernière comme si une grande bataille venait d’y être livré. J’avançais prudemment dans la pièce en scrutant tous les coins. Des objets cassés jonchaient le sol, des armes étaient éparpillées partout ou mon regard se posait. Mais que s’était-il passé ici ?

J’avançais doucement dans la pièce, pour passer ensuite dans une autre qui jouxtait l’entrée. Le désordre était le même mais cette fois je me trouvais dans la salle d’arme. Une magnifique salle à dôme qui donnait sur un jardin. Je pensais qu’il y avait beaucoup d’armes sur le sol de l’entrée mais je me trompais, le plus gros du matériel d’Ehemdim se trouvait dans cette pièce. Des épées, des boucliers, des armures, des bâtons, des dagues, des poignards, des hallebardes, et pleins d’autres armes dont je ne connaissais pas la provenance étaient disséminées sur le sol ou alors accrochés au mur.

En avançant vers le jardin, j’entendis des gémissements, on aurait dit des gémissements de douleurs. Je me suis précipitée vers les sons car je reconnaissais la voix d’Ehemdim. Il était sous un tas de feuilles près d’une petite fontaine. A mesure que je dégageais les feuilles, je prenais peur. Il avait des blessures partout sur le corps, ses vêtements étaient déchirés, des bleus commençaient à faire leur apparition sur certaines parties de son ventre. Son visage se crispait de douleur, je ne l’avais jamais vu dans cet état. Certes, il avait déjà souffert de quelques blessures par le passé pendant l’entraînement mais jamais comme ça. Je commençais à avoir peur pour moi et pour lui, la ville de Kendra Kâr n’était pas censée être surveillé par une milice, non ?

J’avais réussi à dégager son corps entier et des larmes commencèrent à couler sur mes joues, j’avais mal pour lui. Il devait certainement avoir des os de cassés en plus des blessures visibles. Il fallait que je trouve de l’aide pour le soigner et pour essayer de donner un semblant de rangement à sa maison. Mais d’abord il me fallait des réponses. Je me suis penchée vers lui pour l’embrasser et il a instantanément ouvert les yeux.

- « Ae… Aena… Aenaria… que… fais… tu… là ? »

- « Chut, ne dis rien mon amour. Tu es gravement blessé, il faut que tu te calmes et que tu te reposes. Il faut que j’aille chercher de l’aide sinon tu risques de mourir. Je ne connais pas encore l’étendue de tes blessures. »

- « Mr… Mr Pal… Paluel… herbo… riste… à cöté… de… chez… moi… »

- « Mais oui, suis-je bête ! Je reviens, je vais le chercher. Je t’en supplie, tiens le coup jusqu’à mon retour. »

Je suis partie en courant du jardin pour traverser de nouveau la salle d’armes et sortir à toute vitesse de la maison. Je ne connaissais pas M. Paluel mais apparemment son fils et Ehemdim entretenaient de bonnes relations. J’espérais vraiment qu’il pourrait nous aider.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 11 Juil 2010 20:41 
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Je m’étais précipitée vers la sortie, j’avais enjambé son muret et je m’étais rapidement retrouvé devant la porte des Paluel. Je n’osais pas frapper, après tout, je ne le connaissais pas. Je connaissais seulement Griffin mais d’après ce qu’il m’avait dit, son père était un homme bien et compétent. Je toquais à la porte et c’est Griffin qui me répondit.

- « Aenaria, que faites-vous ici, vous avez une mine affreuse ! »

- « Il est arrivé une chose terrible, Ehemdim a été attaqué, il est très mal en point, probablement mortellement blessé, j’ai besoin de ton aide et certainement de l’aide de ton père. »

- « Je vais chercher mon père, attendez moi ici. »

Je l’ai vu disparaître dans l’embrasure de la porte, partant à la recherche de son père. Quelques secondes plus tard, je l’ai vu revenir avec la personne qui devait être son père. Il était grand, imberbe, avec un petit début d’embonpoint. Il portait un pantalon de travail marron et une chemise en lin blanc.

- « Bonjour madame, vous devez être l’amie d’Ehemdim dont m’a parlé Griffin ? »

- « Oui monsieur, je m’appelle Aenaria et je viens demander votre aide. Ehemdim a été gravement blessé. »

- « Coupures, fractures et autres ? »

- « Oui, oui et oui. Il a déjà perdu beaucoup de sang. Il arrivait à peine à respirer lorsque je l’ai vu. Je vous en supplie, rejoignez-moi rapidement là-bas. »

- « Je vais chercher tout ce qu’il faut pour le panser. Griffin, va avec Aenaria, tu pourras lui être utile, vu que tu connais la maison d’Ehemdim. Je vous rejoins aussi vite que possible. »

- « Merci, allons-y Griffin. »

Nous avons couru vers la maison d’Ehemdim pour s’il était toujours conscient, ce dont je doutais fortement. J’espérais vraiment que M. Paluel pourrait nous aider. J’avais vraiment peur de ne plus revoir Ehemdim, si cela devait être le cas, je n’osais même pas y penser.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 14 Juil 2010 22:58 
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Griffin et moi arrivâmes rapidement dans le jardin d’Ehedim. Il était toujours conscient, ce qui me soulagea grandement. Griffin regarda attentivement Ehemdim et me regarda moi ensuite.

- « Il est vraiment mal en point. J’espère que mon père pourra l’aider. »

- « J’espère surtout qu’il va arriver rapidement. Que pouvons-nous faire en attendant ? »

- « Il va falloir le transporter dans sa chambre à l’étage, ce sera plus simple pour le soigner. Pour cela il faudrait trouver un moyen de le transporter sans lui causer plus de douleur. »

- « Il faudrait lui faire un brancard de fortune, je ne vois que cela. Je crois que j’ai vu ce dont j’ai besoin dans la salle d’armes. Je reviens. »

Je laissais donc Ehemdim au bon soin de Griffin. Je me précipitais vers la salle d’armes pour y ramasser deux lances et de la corde, cela devrait suffire à faire un brancard. J’emmenais le tout dans le jardin. Je déposais la corde au pied de la fontaine et les deux lances sur la fontaine. Ayant sorti mon épée de son fourreau, je tranchais le bout des lances pour enlever les parties coupantes, pour éviter que quelqu’un se blesse. M. Paluel n’était toujours pas là, cela m’inquiétait, que faisait-il ? Ehemdim était en train de souffrir le martyre. J’ai déposé sur le sol les deux lances sans pointes tout en les espaçant suffisamment pour pouvoir accueillir le corps d’Ehemdim. J’ai pris la corde et j’ai commencé à faire un entrelacs et des nœuds sur les deux lances épointées. J’ai continué jusqu’à satisfaction sous le regard impressionné de Griffin.

- « Je pense que ça devrait tenir suffisamment longtemps pour le transporter dans sa chambre. »

- « Ou avez-vous appris à faire cela ? »

- « Dans l’armée, tout comme Ehemdim. Nous nous connaissions avant mais c’est durant la formation militaire que nous avons vraiment appris à nous connaître. Tu penses que ça tiendra le coup. »

- « Largement. Vous avez fait un travail magnifique. Il va falloir le déposer dessus maintenant. Nous devrions peut être attendre mon père. »

- « J’entends du bruit à l’intérieur de la maison, ce doit être lui. Nous pouvons attendre son avis. »

Effectivement, mes oreilles ne m’avaient pas trompé, M. Paluel arriva dans le jardin en trottinant. Il s’assit à côté d’Ehemdim et regarda l’étendue de ses blessures. Il regarda son fils puis son regard se dirigea ensuite vers moi. Je n’arrivais pas à lire dans ses yeux le message qu’il essayait de me passer. J’avais trop peur d’y lire du désespoir. Je n’avais pas fait des milliers de kilomètres pour vivre ça. D’abord la trahison de mon frère et maintenant Ehemdim, s’il devait mourir, non il valait mieux ne pas y penser.

- « Nous allons pouvoir le transporter grâce au brancard que vous avez confectionné, Aenaria. »

- « Est-ce qu’il va survivre ? »

- « Nous devrions nous dépêcher, plus vite il sera dans son lit, plus vite je pourrais le soigner. »

- « Vous n’avez pas répondu à ma question, M. Paluel. Va-t-il survivre ? »

- « Si nous pouvons lui prodiguer des soins rapidement, il survivra. »

- « Alors dépêchons-nous. Aenaria, aidez-moi à la mettre sur le brancard. »

- « Faites bien attention à ne pas lui faire plus de mal qu’il n’en a déjà. »

Griffin et moi avons positionné le brancard le plus près possible d’Ehemdim de manière à avoir à le bouger le moins possible. Je me positionnais ensuite à la tête alors que Griffin faisait de même au pied. J’attrapais ses épaules alors que Griffin attrapait ses pieds. Son père vint nous donner de l’aide en l’attrapant par la ceinture. Un soutien supplémentaire était le bienvenue. Nous avons soulevé Ehemdim qui cria de douleur et nous l’avons déposé sur le brancard de fortune le plus vite possible. Il criait toujours de douleur, il souffrait qu’on le bouge.

- « Je vais passer devant pour vous montrer la route. Il faudra que juste que vous fassiez attention dans la salle d’armes, c’est un véritable champ de bataille. »

Griffin et moi avons soulevé Ehemdim qui cria de nouveau. Il fallait ne pas le bouger ou du moins un minimum. Sa chambre se trouvait au premier étage, je ne connaissais pas du tous les lieux, les Paluel étaient déjà venus ici de toute évidence. Je suivais M. Paluel tout en faisant attention à mes pieds pour ne pas tomber. Il avait raison, c’était un véritable champ de bataille. Lorsqu’il ira mieux, je lui poserais mes questions. Pour l’heure, nous devions l’emmener sain et sauf, enfin presque, jusque dans sa chambre. L’escalier fut la partie la plus délicate de l’opération. Il fut difficile de le stabiliser alors que nous montions. Mais une fois en haut, il fallut le déposer sur son lit. La manœuvre fut délicate mais nous avions réussi à la faire sans qu’Ehemdim ne crie trop de douleur. Une fois sur son lit, M. Paluel et Griffin commencèrent à le déshabiller. Griffin sortit de la pièce sur demande de son père pour aller chercher de l’eau chaude et des linges propres. Pendant ce temps, j’aidais M. Paluel à finir de déshabiller Ehemdim. Il gémissait toujours de douleur. J’entendis Griffin qui revenait dans la chambre avec de l’eau chaude et des lignes propres. Il déposa le tout sur une console près du lit.

- « Veuillez sortir maintenant Aenaria, mon fils et moi allons prendre soin de lui. Il est entre de bonnes mains. Ne vous inquiétez pas. »

Je pris le chemin de la sortie, je savais bien que je ne pourrais pas rester. Je refermais la porte derrière moi en sortant et je commençais déjà à entendre les cris de douleurs d’Ehemdim. Je ressentais sa douleur au plus profond de mon être, je me sentais mal. Rester derrière la porte à attendre n’était pas bon pour mes nerfs. Je devais rester pourtant, on ne sait jamais s’ils avaient besoin de moi. Je tournais en rond dans le couloir au rythme des cris d’Ehemdim. Cette situation devenait insupportable, j’avais l’impression d’être un lion en cage, non pire d’être un mari qui attend que sa femme accouche ! Ses cris, ses longues plaintes de douleur, passaient à travers la porte et me glaçaient le sang.

Si les Paluel pouvaient le supporter, moi je ne pouvais plus. J’ai préféré descendre dans la salle d’armes pour y mettre de l’ordre et pour me calmer les nerfs. Je descendis les escaliers et me retrouvais dans l’entrée puis dans la salle d’armes. Le bazar qui régnait dans la salle me laissait penser que quelqu’un ou plusieurs personnes étaient venus dans un but précis pour obtenir quelque chose mais quoi ? J’espérais trouver des réponses en rangeant la pièce, il y avait peut être des traces du passage de ce ou ces personnes. Je commençais à trier les instruments offensifs et les instruments défensifs. Certaines armes étaient abîmées, d’autres cassées, le reste était encore en état de fonctionnement. Je prenais soin de séparer le tout et de ranger ce qui devait être rangé sur les murs. Je commenças enfin à voir le sol de la salle, un damier de marbre blanc et gris qui allait très bien avec les murs blancs. Cette salle devait être très lumineuse par grand soleil. Je continuais mon rangement pendant encore un bon moment tout en me questionnant sur l’état de santé d’Ehemdim. Il fallait que je garde mon esprit occupé pour ne pas penser à lui et le rangement était le seul moyen que j’avais trouvé.

Je ne savais pas depuis combien de temps je rangeais la salle d’armes lorsque je me rendis compte que j’avais fini. Je ne savais plus quoi faire maintenant. J’allais continuer à m’inquiéter si je ne faisais rien mais mon cœur voulait des nouvelles. J’arrêtais de tourner en rond et décidais de monter les escaliers qui me conduiraient à Ehemdim. Alors que j’arrivais devant sa porte et que je m’apprêtais à frapper, Griffin sortit de la chambre.

- « Aenaria, vous tombez bien. J’allais vous chercher justement, mon père a fini. Vous pouvez le voir. »

- « Comment va-t-il ? »

- « Mon père vous en dira plus, mais il va s’en sortir. »

Je soupirais de soulagement à cette annonce. Griffin me laissa passer et je me retrouvais dans la chambre. Ehemdim était allongé sur son lit, probablement endormi. M. Paluel était assis de l’autre côté du lit à prendre son pouls. Je m’en approchais pour m’asseoir dessus. M. Paluel le va les yeux du bras d’Ehemdim et me fixa du regard.

- « Tout va bien, je lui ai fait boire une infusion à base de plantes pour se reposer. »

- « Quelle est l’étendue de ses blessures, ne m’épargnez pas. »

- « Il avait l’épaule gauche de déboîtée et le poignet cassé, trois côtes de cassées du côté droit, les jambes n’ont que des coupures et des blessures peu profondes. Il avait de nombreuses entailles sur le torse. Mon fils et moi avons nettoyé et pansé les plaies pour éviter une éventuelle infection. Il devrait se réveiller dans peu de temps. Il va devoir se reposer dans les jours à venir. Je viendrais voir si tout va bien. »

- « Je vais rester ici avec lui, je ne veux pas le laisser tout seul dans cet état. Je lui dois bien ça. »

- « Bon, cela me rassure, je viendrais tous les matins pour changer ses pansements et s’il cicatrise correctement. Nous devrions nous reposer, la journée a été longue pour tout le monde. »

- « Je ne sais pas comment vous remercier M. Paluel. »

- « Commencez par m’appeler Millian et pour le reste ne vous inquiétez pas. »

- « Merci Millian. Vous avez raison, je devrais me reposer. Bonne soirée Millian. »

- « Bonne soirée à vous aussi. Si jamais vous avez besoin, n’hésitez pas à venir frapper à notre porte. J’ai laissé sur le guéridon de quoi faire une tisane pour la douleur. »

- « Merci beaucoup, pour tout encore une fois. »

Il a pris ces affaires, a contourné le lit, m’a donné une tape amicale dans le dos et a fermé la porte derrière lui. Je restais là à regarder Ehemdim dormir. Je m’allongeais à ses côtés et lui caressais le visage. Il avait l’air si paisible, si calme, ne ressentant aucune douleur. Je tombais de sommeil, la journée avait été longue, Millian avait raison. C’était le moment que choisi Ehemdim pour émerger. Il regarda autour de lui et tomba sur moi.

- « Bonjour ma belle. »

- « C’est bonsoir. Comment est-ce que ça va ? »

- « Fatigué, j’ai mal partout mais c’est supportable. C’est toi qui m’as trouvé ? »

- « Oui et heureusement que je t’ai trouvé. Qu’est-ce qui s’est passé ? »

- « Ton frère et ces frères de sang sont venus me rendre une petite visite qui n’avait rien d’amicale. Ils ont pris toutes les armes qui leur passaient sous la main et ils se sont fait un malin plaisir à ma frapper avec. Je n’ai jamais aimé ton frère mais là, s’il devait croiser ma route, je le tuerais de mes mains. »

- « Je suis désolée, non je ne devrais même pas l’être. Je ne suis pas responsable pour les actes de mon frère. »

- « Ne t’inquiètes pas, je me suis défendu et j’en ai blessé deux gravement. Donc ils devraient rester ici pour se soigner pendant un moment. »

- « Super j’arriverais peut-être à les coincer pendant mon séjour prolongé à Kendra Kâr. Je vais pouvoir m’occuper de toi. »

- « Cela me fait plaisir, je vais pouvoir profiter de ta présence. Lorsque tu ne t’occuperas pas de moi, tu auras le temps de visiter la ville. Je te conseille d’aller au temple des plaisirs, tu comprendras pourquoi. Mais pour le moment, est-ce que tu peux m’aider à me mettre sous les draps, que je puisse dormir correctement. »

- « Bien sur. »

Je descendis du lit et me retrouvai de son côté. Je l’ai aidé à lever son buste pour plier la couverture, j’ai fait de même avec ses jambes. La manœuvre lui arracha un petit cri, je ne voulais pas lui faire de mal. Une fois terminée, je l’ai recouvert du drap et de la couverture. Je prenais soin de lui comme s’il était mon fils. J’ai fais le tour du lit, ai enlevé mes vêtements et me suis couchée à ses côtés. Je l’ai embrassé et nous nous sommes endormis, lui avant moi. Je le regardais dormir tout en repensant à ses dernières paroles, le temple des plaisirs.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 20 Juil 2010 19:31 
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<Des rues de KK>

L’intérieur du bazar était bien plus grand que la boutique de son père, pourtant il n’y avait que très peu de place pour circuler. A peine deux petites allée faisant le tour d’un tas de bric à brac indescriptible. Il régnait en plus dans cette salle une pénombre qui semblait dévorer la moindre parcelle d’espace. Les deux seuls lustres à chandelles peinaient à maintenir une luminosité suffisante pour évaluer correctement la valeur d’un objet. Cette pénombre persistait même en plein jour puisque la grande baie vitrée était voilée de marchandises.

En plus du désordre impressionnant qui régnait dans cette boutique, les marchandises étaient, pour la plupart, couverte de poussière. L’humain gras et aviné qui somnolait derrière le comptoir ne devait pas faire de ménage souvent ici et cela déplut fortement à Svengar.

Il trouva cependant une petite boussole, une gourde vide et un peu de parchemin jaunit dans ce fouillis. Il plissa les yeux pour en déterminer la qualité et fit la mou en voyant que c’était de vieux objets usés.

(Grmblbl si ces bibelots sont aussi vieux que je le pense, il ne me couteront pas grand chose au moins.)

Tournant la tête vers le…commerçant.

« Hey l’ami, combien coutent ces articles ? »

Le marchand ouvrit les yeux de mauvaise grâce et fixa le nain qui le dérangeait pour des broutilles. Il avait les joues rougit par le mauvais vin et des cernes sous les yeux que seul les zombies n’avaient pas à envier. Sa voie était pâteuse et peu sûr. De nombreuses taches rougeâtres piquetaient sa chemise élimée et mal défraichi. Il était l’archétype même du poivrot de base. Svengar, déjà perplexe sur la qualité de la marchandise, se posait de plus en plus de question sur le bien fondé d’acheter ici du matériel.

« Ça te f’ra 80 yus, messire nain. »

Ces deux derniers mots étaient plus crachés que prononcés et Svengar en fut interloqué. La petite escapade dans la rue l’avait fait, l’espace d’un instant, rêvé et là c’était un dur retour à la réalité. Pire encore le prix était totalement excessif par rapport à la marchandise.

« Vous rigolez ??? Ces articles ne sont de loin pas neuf ni en très bon état pour mériter un tel prix. Je vous en donne 20 Yus, tout au plus ! »


Le marchand eu l’air ulcéré qu’on lui réponde sur ce ton, il rougit plus encore qu’il ne l’était déjà et Svengar pouvait sentir la colère battre derrière les yeux torves de l’ivrogne. Il répondit d’ailleurs d’un ton peu amène, à la limite des insultes franches.

« Z’êtes pas chez Lilo le voleur ici, mon p’tit monsieur. Si v’z’êtes la pour m’insulter en m’proposant vot’ argent sale, reposez c’que vous avez pris et fichez le camp de ma boutique !!! Je ne vous vendrais rien, étranger ! »

Plus surpris par la bêtise de cet homme que par son vulgarisme, Svengar n’essaya même pas de le raisonner. Il avait apprit rapidement à faire profil bas lorsqu’il était prit à partie parce qu’il était un Nain. Il reposa sans soin les objets qu’il tenait.

« Je vais donc de ce pas chez ce monsieur Lilo qui, s’il est en si mauvaise estime ici, c’est qu’il doit être bien plus honnête que vous. »


Le marchand rit grassement suite à sa remarque et le fixa avec un sourire mauvais.

« PFAH !! Vous ?! Chez l’voleur ?! J’aim’rais bien être une ‘tite souris pour voir la confrontation, tiens. ‘S’rez pas déçu du voyage moi j’vous l’dit, m’sieur l’nain. »

Svengar sortit sans autre commentaire et se dirigea bille en tête vers la boutique de ce monsieur Lilo, sans savoir où c’était ni pourquoi le marchand avait proféré ces mots. Il était sérieusement remonté après cet échange de paroles malhonnêtes et il n’avait qu’une idée à l’esprit, foncer chez ce concurrent et acheter tout ce qu’il lui fallait là-bas.

<Vers les rues de KK>

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Svengar Aventurier Nain lvl 7


Place ta confiance dans le fer et la pierre
Car ils ont toujours été les meilleurs alliés des Nains


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Juil 2010 04:21 
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Les rues de Kendra-Kâr sont calmes la nuit, d'une part parce que les gardes font suffisamment bien leur travail et dissuadent les malandrins et d'autre part parce que la nuit en Kendra Kâr il n' y a rien à faire en dehors des tavernes. Mais s'il y a bien un personne qui n'est pas d'accord c'est notre petit Luneoh! Selon lui il y a des tas de choses à faire la nuit! Chasser les lucioles, faire peur aux oiseau et aux chats, et encore mieux, la cerise sur le gâteau, voler les chaussettes des pauvres Lutins qui ont pu s'endormir n'importe où!
C'est donc dans le but de trouver quelques uns de ses congénères que notre lutin voleurs de couvre pied parcourt la ville. Mais un lutin c'est petit et les rues humaines sont immenses et il n'est pas aisé de s'y déplacer sans monture digne de ce nom! Un rat, un chat, n'importe quoi fera l'affaire du moment que la chose se déplace vite, très vite. Mais rien, il n'y a rien! La rue est déserte et notre voleur de chaussettes commence vraiment à s'ennuyer, personne à qui subtiliser quoique ce soit! Une nuit bien étrange s'il en est, mais Luneoh ne se décourage pas et c'est avec l'agilité des lutins (et aussi avec l'aide de ces mains collantes) que ce dernier entreprends de descendre le mur principale de la bâtisse sur laquelle il se trouve. Non il ne fait pas ça pour s'amuser...enfin si mais ce n'est pas la raison principale. Ce qui intéresse Luneoh au plus haut point c'est ce qu'il pourra découvrir DANS la maison et c'est dans ce but qu'il cherche un moyen de s'y introduire. Il cherche encore et encore et au bouts de quelques minutes,bingo, il décide de passer...par la chatière! Posant pied à terre, il se dirige vers la porte et c'est le plus discrètement possible qu'il pousse le battant de bois afin de ne pas réveiller les propriétaires des lieux. Voilà il est à l'intérieur et tout y est immense! Par où commencer, quel endroit fouiller, il y a t-il des lutin ici? C'est à peu près les questions que notre protagoniste se pose en ce moment face à tant de grandeur.

(Oulah trouver un lutin ici sera à peu près aussi facile que de trouver un cerveau dans le crane d'un nain!)

Mais Luneoh garde espoir et commence sa petite balade lorsqu'il est surpris pas un grognement effrayant et assourdissant. N'osant plus bouger il se demande ce qui va lui arriver...mais rien ne se passe, les grognements continuent mais aucune créature immonde ne viens s'attaquer à notre malandrin, aucun monstre à trois têtes ne viens le pourchasser. Quelque peu rassuré, le lutin tout en continuant de chercher un trésor merveilleux se rends compte de c'est bruit affreux proviennent tout simplement d'un humain grassouillet endormi. Cet homme aurait-il manger quelque chose qu'il ne fallait pas? Comment un homme peut-il produire des sons pareils? C'est incroyable! Après de longues minutes de réflexion tout en se grattant la tête, Luneoh en arrive à la conclusion que cette personne devra voir un médecin de toute urgence dés son réveil! Enfin notre lutin à d'autre chat à fouetter! Il se remet donc en quête de merveilles à subtiliser et remarque tout près du lit une sorte de grosse boîte en bois avec plusieurs compartiment dont un est resté ouvert.

(Il me semble que les humains rangent leur habits à l'intérieur, c'est du moins ce que grand-père Trifouille m'a dit.)

Luneoh commence donc son ascension vers le sommet quand soudain...Boom! Il rate son coup et chute violemment sur son postérieur. Le fessier endolori, le voleur ne perd pas de vue son objectif pour autant, il est d'ailleurs tellement concentré qu'il ne fait pas attention à tout ce qui l'entoure et ne remarque donc pas le gros chat gris qui vient de se réveiller. Le chat fixe le lutin d'un œil affamé et on peut aisément deviner ce qu'il pense. Quelque chose comme « Je me demande quel goût à le lutin?! »Et comme vous pouvez vous en douter la boule de poils roux ne se fait pas attendre pour sauter toutes griffes dehors sur son futur repas qui escalade la commode. Et...Incroyable! Les dieux doivent être avec Luneoh ce soir! Car une deuxième chute le sauve in extremis de l'assaut du félin, ce dernier se cognant méchamment le museau contre le coin du meuble ne s'en remet pas tout de suite. Ce qui laisse le temps à notre lutin de courir, courir aussi vite que ses petites jambes le lui permettent. Ce n'est pas que l'animal est bien gros mais Luneoh n'est pas vraiment doué pour la bagarre et qui plus est il n'aime pas faire du mal à autrui. Il préfère donc s'enfuir et la peur aidant quelque peu, il parvient à monter au somment d'un guéridon positionné non loin de la commode. De là, il peut non seulement voir le chat, mais aussi le contenu du tiroir ouvert qui, comble de la chance, (enfin si se faire poursuivre par un chat dans une maison habitée par un humain gras et effrayant peut s'apparenter à de la chance bien sur) contient de nombreuses....chaussettes!
Ces dernières étant faites pour les humains sont très grande et Luneoh n'a jamais pu en voler, ni même en voir de si près! Le lutin est tellement ému que quelques larmes lui montent au yeux sans jamais couler. C'est empli de bonheur qu'il monte sur la commode d'un petit bond gracieux avant de plonger dans les tiroir de ses rêves. Des chaussettes, des tas de chaussette de toutes les couleurs (et de toutes les odeurs aussi malheureusement) Comment se décider? Laquelle emmener? Elle sont toute si jolies! (Du moins aux yeux de Luneoh.) Aller! Le lutin en choisi un au hasard et essaye tant bien que mal de la nouer autours de son petit corps pour la transporter. Une fois la chose faite, notre lutin vérifie que le chat est toujours un peu sonné...enfin suffisamment pour qu'il puisse s'échapper sans risque et redescend la commode par le chemin qui par deux fois a provoqué une chute. Et comme le dit le proverbe « jamais deux sans trois ». Le derrière du lutin viens se poser avec un certain manque de délicatesse sur la tête du pauvre chat qui, sous ce léger choc se « rendort ».

Plus rien n'empêche Luneoh de prendre la poudre d'escampette avec son butin et de fuir le plus loin possible dans la nuit Kendranne. Le voleur fait grincer une toute dernière fois la chatière et escalade le mur descendu une ou deux heures plus tôt. Lunoh va alors s'adosser à la cheminer pour pouvoir contempler tranquillement son nouveau bijou. Une chaussette humaine...lui un lutin avait réussi à subtiliser un chaussette à une créature presque dix fois plus grande que lui!


(Si grand père Trifouille voyait ça, il n'en croirait pas ses mirettes!)

Une chose est sure, cette chaussette aura une place d'honneur dans la collection de Luneoh, foi de lutin si cette chaussette n'est pas traité avec le plus grand soin, il veut bien être jeter tout nu au milieu de la place de son village! Et c'est ainsi que, un immense sourire barrant sont visage, notre petit lutin s'en va ranger sa merveille à la place qui lui est due.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 27 Juil 2010 17:40 
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Ma récupération fut perturbée, pas parce qu’Ehemdim avait beaucoup bougé durant son sommeil – et m’avait gracieusement donné quelques coups au passage, que je lui pardonnais, il était blessé – mais parce qu’une tempête avait fait rage pendant toute la nuit. J’avais entendu des objets voler dans les rues, des branches claquer contre la fenêtre de la chambre, des tuiles voler du toit de la maison, des gens crier à cause du bruit engendré par la tempête. Je ne savais pas ce qui pouvait se passer pendant la nuit mais cela devait être affreux.

J’avais vraiment passé une sale nuit, moi qui n’aspirais qu’à me reposer chez Ehemdim, c’était bien raté. Ma tête me faisait mal, je pleurais de fatigue. Je voulais me reposer, j’allais finir par prendre le remède d’Ehemdim pour dormir. Le bruit dehors était infernal, une fois réveillée, il m’était impossible de retrouver le sommeil. J’avais déjà essuyé des tempêtes dans mon pays natal mais celle-là me faisait peur, je n’étais vraiment pas rassurée. Etre au côté d’Ehemdim, cela me rendait plus forte mais pas dans une situation pareille. A situation exceptionnelle, émotion exceptionnelle.

Je préférais regarder Ehemdim dormir plutôt que me concentrer sur les bruits du vent au dehors. Ses rêves étaient hantés de cauchemars au vue de ses mouvements. Un grand bruit me fit sursauter, encore une branche contre la fenêtre, enfin je l’espérais vivement. J’avais une boule au ventre, une sensation indescriptible qui me faisait sursauter à chaque fois que le vent se manifestait un peu trop fort. J’avais tout simplement peur que ce soit le petit commando après lequel je courais qui faisait ces bruits à l’intérieur de la maison. Ehemdim et moi avions pourtant l’habitude avec l’armée de dormir dehors en toutes circonstances mais là, c’était bien différent, ce vent me glaçait le sang à tout point de vue.

Je regardais Ehemdim alors que mes pensées vagabondaient sur Naora. Les nuits que nous avions passées à dormir à la belle étoile durant ces cinq années, les tours de garde que chacun prenait pour surveiller le campement. A chaque fois qu’une tempête se préparait nous avions la chance de nous trouver à proximité d’une ville. Revenant dans le temps présent, je pris la main d’Ehemdim pour la serrer dans la mienne, sentir ma présence à ses côtés calmera peut être ses angoisses nocturnes. Ma main libre parcourait son visage. Sa tête se tourna vers moi, il dormait toujours à point fermé. Pendant l’espace d’une seconde, je croyais l’avoir réveillé.

Je fis enfin attention au fait que la chambre était bien silencieuse tout à coup. Le vent se calmait quelque peu, j’allais enfin pouvoir fermer l’œil, du moins je l’espérais. Je gardais la main d’Ehemdim dans la mienne, me tournais vers lui et fermais les yeux dans l’espoir de trouver un peu de repos.

Mon repos fut de courte durée car lorsque je me réveillais, les premières lueurs du soleil apparaissaient dans le ciel. Je devais avoir dormi trois ou quatre heures maximum, fichu tempête. Mettre les pieds dehors seraient difficile aujourd’hui, j’imaginais l’état des rues, la circulation serait difficile dans les jours à venir. Si le temps me le permettait… non je ne pouvais pas me détourner de mon chemin. Je me levais et enfilais rapidement mes vêtements. Je n’arrêtais pas de penser aux personnes dehors mais il y avait une personne dedans qui requérait toute mon attention.

Je le laissais dormir et sortit en quête de M. Paluel, il était bien connu qu’un herboriste commençait toujours sa journée de bonne heure. J’espérais qu’il serait déjà debout à cette heure matinale. Alors que je m’apprêtais à sortir de la chambre, Ehemdim se réveilla et m’interpella.

- « Ou est-ce que tu comptes aller de si bon matin ? »

- « Je voulais voir l’étendue des dégâts, il y a eu une grosse tempête toute la nuit, le vent à l’air de s’être quelque peu calmer depuis que le soleil s’est levé. »

- « Et donc tu n’as pas dormi de la nuit ? Je me trompe ? »

- « Non tu as visé juste. Je reviens, je vais faire un tour en bas pour voir si tout va bien et je remonterais te border ! »

Je ne lui laissais pas le temps de répondre et prenais la poudre d’escampette. Je descendis les escaliers et me retrouvai dans la salle d’arme. Apparemment, elle n’avait pas souffert de la tempête, toutes les fenêtres avaient tenu le choc. Espérons que la situation ne change pas ! Je me baladais ensuite dans les différentes pièces du rez-de-chaussée. Il y avait une cuisine bien équipée – j’oubliais parfois qu’Ehemdim adorait cuisiner – une salle à manger et un grand salon accueillant. Les pièces étaient toutes meublées avec goût, je pouvais respirer l’odeur d’Ehemdim dans toutes les pièces. Il me semblait impossible de réunir un aussi beau mobilier en si peu de temps, mais avec Ehemdim impossible n’existait pas.

Après avoir fait un rapide tour d’horizon, je remontais à l’étage pour vérifier toutes les pièces. A part la chambre d’Ehemdim – grande et plutôt spacieuse – je ne connaissais pas non plus l’étage. Je fis le tour des pièces et découvrit une deuxième chambre, puis une troisième – il était prévoyant – une pièce qui devait faire office de bureau, une grande salle de bains et enfin une salle fermée à clé. Je n’avais pas la clé, je ne pouvais que supposer le contenu de la pièce, certainement l’armure de guerre d’Ehemdim.

Je rentrais dans sa chambre et le trouvais debout au bord du lit. Quelle ne fut pas ma surprise en le voyant ainsi.

- « Ehemdim Lomindor, êtes-vous devenu complètement fou ? »

- « Fou de toi, je le suis déjà. »

- « Si tu penses m’intimider de cette façon, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude mon cher. Recouche-toi tout de suite, ordre de Millian. Et ne boudes pas, tu dois te reposer. »

Je m’avançais vers lui tout en parlant pour bien lui faire comprendre que c’était moi qui décidais et non lui. Il avait encore le corps endolori et je comprenais son envie de sortir de son lit mais repos absolu pendant quelques jours. Il s’assit confortablement dans son lit et je l’aidais du mieux que je pouvais sans lui causer plus de douleur. Une fois correctement installé, je me penchais vers lui, l’embrassais et lui murmurais quelques mots au creux de l’oreille.

- « Moi aussi, je suis folle de toi. »

Il me regarda avec des yeux tendres et amoureux. Je l’embrassais une nouvelle fois mais cette fois notre baiser dura plus longtemps. Même malade, il ne pensait qu’à ça. Je me détachais de lui gentiment.

- « Alors fais-moi le plaisir de te reposer et prendre un peu soin de toi ! Je suis là pour t’aider. »

Je lui donnais une petite tape sur son bras gauche. Il sursauta de douleur même si je pensais qu’il simulait quand même beaucoup.

- « Arrête de faire ton malin, je vais aller chercher Millian pour qu’il vienne changer tes bandages. Je reviens vite. »

Je pris rapidement le chemin de la porte et enfin le chemin de la sortie de la maison.


=> les rues de la ville

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 27 Juil 2010 20:55 
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Nous sommes rapidement montés dans la chambre. Ehemdim n’avait pas bougé d’un centimètre en mon absence. En nous voyant entrer, il nous sourit.

- « Bonjour Millian, pas trop souffert de la tempête ? »

- « J’expliquais à votre tendre moitié qu’à part des arbres dans le jardin, il n’y a pas de blessures à dénombrer. »

- « Sa tendre moitié ! On n’est pas encore marié à ce que je sache ? Ou aurais-je raté un épisode ? »

- « Je vous ai dit cela pour vous taquiner, vous êtes tellement gentille et tellement ouverte aux humains que cela vous rend attendrissante. Votre race n’est pas encline à nouer de fortes relations avec d’autres races et encore moins des humains. »

- « C’est peut être pour cela qu’on nous disait que nous étions bizarres. »

- « Je pense plutôt que dans notre cas, ce serait les voyages forment la jeunesse, du moins à notre échelle. Je crois que ce sont nos 5 années de voyages qui nous ont ouvert les yeux. »

- « Je penche pour Aenaria. Bon si nous voyons comment se porte notre malade. »

- « Allez-y, il est tout à vous. Je vais vous laisser tranquille. Je serais dans la cuisine si vous avez besoin de moi. »

- « Aenaria, attends. Prends la clé dans la commode à côté de moi, tu trouveras facilement ce qu’elle ouvre. »

Je m’approchais de lui alors que Millian restait encore un peu en retrait en attendant de voir ce qu’il allait se passer. J’ouvrais le tiroir de la commode et en sortais une clé en argent. Elle devait certainement ouvrir la porte fermée de l’étage. Je me dirigeais vers Ehemdim, l’embrassais une dernière fois. Ce fut lui qui me murmura quelque chose à l’oreille.

- « Regarde dans le coffre bleu. »

Je me détournais de lui et le laissais au bon soin de Millian. Je lui fis un signe de la tête et ressortais de la chambre. Je pris la direction de la fameuse porte et glissai la clé à l’intérieur de la serrure. Je pensais découvrir une pièce alors qu’en fait la porte menait à un étage, le grenier ? Je pris mon temps en montant les marches. Le suspens fut de courte durée, car je découvris un véritable trésor de guerre. Des armes plus brillantes les unes que les autres, des boucliers, des cuirasses et le fameux coffre bleu. Je m’avançais vers ce dernier me demandant ce qu’il pouvait renfermer. Je m’assis devant et l’ouvris en faisant attention aux objets autour. Je découvris une cuirasse en cuir souple pour femme. Je me demandais comment Ehemdim avait peu obtenir un tel objet et surtout pourquoi il avait des équipements pour une femme.

Les questions viendraient plus tard. Je laissais la cuirasse dans le coffre et redescendait du grenier. Je pris soin de bien refermer derrière moi et descendit les escaliers pour me rendre dans la cuisine, je commençais à avoir faim. Dans la cuisine, je trouvais tout ce dont j’avais besoin pour faire un bon ragout, des carottes, des pommes de terre et un beau morceau de bœuf. Je ramassai quelques buches près de la cheminée et allumai un feu. Je pris une grande marmite et la remplit d’eau au trois quart et la déposai ensuite sur la crémaillère au dessus du feu. Je trouvais ensuite un couteau propre sur le plan de travail et entreprit de couper la viande sans me couper les doigts, ce que j’avais l’habitude de faire. Une fois la viande en morceaux, je fis de même avec les légumes après les avoir épluché. Lorsque j’entendis le bruit significatif de l’eau qui bout, je mis le tout dans ma marmite. Je trouvais près du plan de travail des aromates – du thym, du laurier, du sel et du poivre – que je mis en petite quantité. Je pris la cuiller de bois près du feu et remuer afin de bien mélanger les ingrédients, je n’avais plus qu’à surveiller la cuisson.

Au même moment, j’entendis quelqu’un descendre l’escalier, Millian forcément. Je sortis de la cuisine et allais à sa rencontre.

- « Je ne sais pas ce que vous faites dans cette cuisine mais l’odeur est divine. »

- « Je fais juste cuire du bœuf avec quelques légumes. Alors comment va-t-il ? »

- « Tout va bien, le plus dur est passé. Il n’y a plus de risque d’infection maintenant. J’ai rarement vu quelqu’un cicatriser aussi vite. Les blessures les plus légères devraient mettre une semaine à se refermer. Pour ce qui est de son poignet et de ses côtés, il risque de sentir la douleur encore quelques jours. Mais d’ici un mois, les côtes seront remises et le poignet devrait être ressoudé. Il sera bon pour le service après ça. »

- « C’est vraiment une bonne nouvelle. Merci beaucoup. Vous voulez vous joindre à moi pour manger ? Ca ne sera pas prêt avant deux bonnes heures. »

- « Votre offre est alléchante mais je dois la décliner. Je dois absolument aller m’occuper de mon jardin, mais je garde l’idée en tête. Bonne fin de journée. »

Il prit le chemin de la sortie et moi le chemin de la chambre. Je voulais des explications. Je trouvais Ehemdim allongé sur les couvertures. Il avait l’air d’aller bien.

- « Je suis bon pour le service. »

- « Mais bien sur ! Millian a dit pas avant un bon mois. Alors tu as intérêt à suivre ces recommandations à la lettre, de toute façon je serais là pour veiller au grain. Au fait, c’est quoi cette cuirasse ? »

- « C’est un cadeau de mariage en avance. »

Je me précipitais vers le lit et sautais pour atterrir de l’autre côté d’Ehemdim en douceur. Je m’allongeais à son côté et l’embrassais passionnément. Je voulais le prendre dans mes bras mais j’avais trop peur de lui faire mal. Nos baisers s’enchaînaient toujours plus tendres, toujours plus intenses. Il lâcha mes lèvres.

- « Je t’aime Aenaria. »

- « N’arrêtes jamais de le penser et de le dire. Tu es la seule personne qu’il me reste sur cette terre, à part mon frère mais ses jours sont comptés. »

- « Calme-toi, tu vas avoir du temps devant toi. J’ai posé quelques questions à Millian et apparemment, deux des amis de ton frère risquent de passer encore plus de temps que moi dans un lit. Et à mon avis, Aenarion attendra leur rétablissement pour repartir. Il a trop peur de toi et de ce que tu pourrais lui faire sans sa garde rapprochée. »

- « Tu n’as pas tort. Bon maintenant, pourquoi est-ce que tu m’as parlé du temple des plaisirs hier soir ? Qu’est-ce que c’est exactement ? »

- « Vas-y et tu comprendras. Il se trouve non loin de la bibliothèque et du château, tu ne peux pas le manquer avec son architecture spéciale. »

- « Tant de mystères… D’accord, je vais y aller ce matin. Je vais aller mettre deux buches sous notre repas. Je reviens vite. »

Je l’embrassai sur le front et fit le tour du lit pour sortir de la chambre. Une fois en bas, je pris quand même le soin de mettre mes poignets et de prendre mon épée, je me méfiais de ce que je pouvais trouver au coin de la rue.


=> le Temple des plaisirs

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 5 Aoû 2010 12:07 
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La lune.
Cette nuit il n’y avait pas de lune. Cela faisait trois semaine que Selar logeait avec ses compagnons, dans le séjour de Bachic.

Quelques jours après leur installation une tempête s’était abattu sur la ville. Heureusement la maison de Bachic avait tenu le coup. Pendant ces deux semaines, le jeune voleur et ses amis aidèrent les rescapés. Ce fut un travail épuisant. Toute la bande se mit au travail. Mais Taenic, le plus jeune, ne supportait pas la vue des corps agonisant. Il fut décider que ce dernier s’occuperait de distribuer les vivres au survivant, accompagné de Thiered son grand frère. Les quatre autres orphelins accompagnés de Selar, se rendirent dans le quartier pauvre de la ville. C’est ici qu’il y avait le plus de travail. Les maisons était presque toutes endommagés. Seule quelques-unes d’entre elles tenait encore debout. Une odeur âcre de sang, d’urine et de transpiration se mêlait à celle de la pourriture des cadavres. On voyait des macabés à perte de vues. Partout, des gens priait Yuimen devant leurs proches blessés, espérant qu’ils survivraient. Si et là, les adeptes de Gaïa bénévole aidaient les blessés graves. Nos jeunes amis, eux, se contentait de dégager les corps et les blessés. Tout les morts était emmenés en dehors de la ville attendant leur incinération. Il n’y avait pas assez de place pour inhumer tout les cadavres. Il fut donc décider de tous les brûler. Selar était accompagné d’Erwin, qui était un de son meilleur ami, il était présent lors de l’arrestation d’Artog. Erwin était aussi le cadet du groupe. Il y avait aussi Beldar, Comed et Alwin. Ces trois là, était très proches, il venait tous trois du ’’tonneau-ville’’ de Bouhen. Il espérait trouvait une famille à Kendra Kar. Après plusieurs jours de travail, il ne restait que très peu de travail. Et les jeunes amis purent enfin prendre leur repos.

Ce soir, Selar après avoir couchait les plus jeunes comme à son habitude. Ne trouvant pas le sommeil, il resta. Pensif. Sortant son katar, l’apprenti voleur commença à l’examiner. L’arme était parfaite : ni trop lourde ni trop longue. Mais une chose intrigua Selar : la double poignée. A quoi cela pouvait bien servir ? Le prenant en main, il remarqua que la poignée du haut était moins solide. Tentant le tout pour le tout : il serra le poing. Selar sursauta. L’arme qu’il avait en main se transforma. La lame du katar se divisa en trois. Il se demanda à quoi cela pourrait bien lui servir. Selar se promit de le demandait à son hôte dès le lendemain.

Le chef de troupe observa son bandana… d’où lui venait-il ? La dernière chose dont il se souvienne, était le jour où sa tante lui avait offert pour son anniversaire une paire de vieilles chaussures. Selar sentit ses paupières se refermer. Il se glissa sous son drap c’était la première fois de sa vie qu’il dormait sous un toit et sur un matelas. C’est ainsi que le cœur léger, notre apprenti voleur s’endormit.

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Dernière édition par Selar le Ven 27 Aoû 2010 09:48, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 8 Aoû 2010 09:04 
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Le lendemain, Selar fut réveillé à l’aube par le chant des oiseaux. Aujourd’hui, le jeune voleur devait se rendre dans la cour qui se trouve derrière la maison. Bachic lui avait promis de lui apprendre les rudiments du combat au corps à corps. La maison du maître voleur était spacieuse.
Une fois arrivé dans la cour, Selar remarqua qu’en plein milieu de la terrasse se trouvait un épouvantail vêtu d’une armure.

« Bonjour Selar » le salua Bachic. Se retournant l’apprenti voleur vit son instructeur, Ce dernier était grand et mince. Il était vêtu d’une robe de nuit.

« Bonjour maître, répondit Selar.
- Bien dormi ?
-Oui, monsieur, hier j’ai remarqué qu’il y avait un mécanisme sur mon katar. Selar l’actionna. Je me demandais à quoi pouvait ‘il bien servir ?
- A toi de le découvrir, tu vois ce pantin essaye d’en faire sortir le plus de paille en un coup. »

Selar s’approcha du pantin, il divisa la lame en trois et chargea. L’arme ricocha contre l’armure. Il fut désorienté par le choc. Regardant l’armure, l’apprenti voleur remarqua qu’il n’avait réussi qu’à l’effleurer.

« Et oui, quand tu divise ta lame en trois tu répartis ta force sur trois points, les pointes de chaque lame. Le fait d’avoir trois lames peut-être très utiles. Maintenant essaye de perforer l’armure avec une seule lame. »

Suivant les conseils de son maître mais n’y croyant pas trop. (Comment une lame si petite pouvait-elle brisait une armure ?) Selar chargea, la lame s’enfonça dans le pantin.

« Comme tu as pus le remarquer la lame étant très petite, il n’y pas de perte d’énergie. La lame possède la même force que celle d’un coup de poing. La seule différence est que cette force n’est pas répartit sur toute la surface de ton poing mais sur un seul et unique point le bout de la lame. Ce qui permet de percer n’importe quelle armure standard. »

Le jeune voleur était émerveillé. Il avait réussit à percer une armure.

« Maintenant, reprit Bachic, fait le plus grand trou que tu peux dans le pantin. »


Selar s’exécuta. Mais même après plusieurs essaie, il n’arrivait pas à faire mieux. Le maître voleur l’interrompu.

« Souviens-toi de ce dont tu m’as parler ce matin. Ce mécanisme doit rester cacher, tu ne dois le montrer à tes ennemis qu’en cas de derniers recours. »

Une idée immergea de l’esprit de du jeune homme (et si … ) Selar s’élança. Percutant l’armure de plein fouet, la lame pénétra comme à son habitude. Le jeune voleur actionna le mécanisme et tourna le poignet de cent quatre-vingt degrés. Il retira son arme. Bachic l’applaudit. Il retira l’armure du pantin. Le katar avait fait un trou deux fois plus grand sur le pantin que sur l’armure.

« Voilà, le katar est une arme terrible qui fait énormément de dégâts interne. Imagine qu’une personne en subit une attaque. »
Selar fut écœurer par toutes les possibilités qu’offre cette arme.
« Mais heureusement, il n’en existe que très peu, et peu de gens savent en fabriquer. Comme tu as put le remarquer, le katar n’occupe qu’une seule main. Donc tu peux choisir une autre arme. Je te conseillerai une griffe ou un autre katar. Maintenant pars à l’aventure et reviens me voir après avoir acquis une certaine expérience et trouver ta deuxième arme. »

Après avoir saluer ses anciens camarades, Selar partit vers sa grande destinée qui est l’aventure.

>>

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Dernière édition par Selar le Ven 27 Aoû 2010 09:48, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 9 Aoû 2010 22:34 
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« Calion ! Calion ! Réveille toi ! »
Calion ouvrit les yeux, le soleil baignait sa chambre d'une forte lumière. C'était Timéo qui l'avait réveillé.
Le fils de Gwenaël venait le réveiller tout les matins depuis qu'il logeait ici. Gwenaël avait été d'une tel bonté quand elle lui avait proposé de loger ici et son fils était charmant du haut de ses 7 ans.
Timéo l'arracha à ses pensées :

« Allez Calion, viens, on va déjeuner ! »
« Oui, j'arrive, je m'habille et on y va. »

Calion s'habilla rapidement et descendit prendre son petit déjeuner.
Gwenaël l'attendait en bas, elle avait préparé un gâteau et servi le thé.

« Alors Calion, bien dormi ? » lui demanda t-elle en lui coupant une part de gâteau.
« J'ai dormi comme une souche, les lits sont vraiment confortables chez vous, ça me change de la paillasse sur laquelle je dormais pendant mon entrainement, à Gwadh. »

Calion mangea sa part de gâteau.
Il était délicieux comme toujours avec un arrière goût d'orange du aux zestes que Gwenaël
avait mis dans la préparation.

« Que compte tu faire aujourd'hui ? » lui demanda t-elle.
« Je vais aller au port pour regarder les navires et aller faire un tour dans mon bateau peut-être pêcher un petit peu ce matin. »
« Je peux venir pêcher avec toi, Calion ? »
« Si ta mère veut bien c'est d'accord Timéo. Qu'est ce que tu en dit Gwenaël ? »
« Si ça lui fait plaisir Timéo peut y aller »
« Alors on y va ,conclut Calion, va te préparer Timéo ! »

Une fois prêt Timéo et Calion partirent donc pour le port.
« A tout à l'heure, maman ! » fit Timéo en fermant la porte.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 10 Aoû 2010 16:09 
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Localisation: Sur la Perle Rouge, entre KK et Tulo, avec Willow !
<Les rues>

La maison était étrange. A la fois puante et parfumée, sale et ordonnée. Les morceaux de mur qui s'effritaient étaient maladroitement masqué par des tapisseries.
Avec un jolie sourire, Garcia me tendit un papier et un crayon.

« C'est la charte. Elle stipule qu'a partir de ton engagement, tu es nourrie et logée ici. En échange, tu dois faire les travaux qui te sont confiés. Les jeunes employées ne sont pas assignées à des maisons de clients, ce travail est réservé aux bonnes plus expérimentées. En attendant, tu effectuera des travaux pour la ville. Voici tes horaires. Tu commences le matin à 5 heures, à midi, tu as une pause de 15 minutes, le temps de manger la collation que l'on t'aura donné avant de partir. Le soir, tu rentres à 20 heures et mange dans la salle commune qui se trouve ici. Pas de salaire bien évidemment, tu es payée en nourriture et en logement. T'engages-tu ? »

Je déglutis avec difficulté. C'était un travail monstre, j'étais petite et frêle, bien incapable de supporter ce rythme de travail! Et pourtant il le fallait, je le savais.
( Bon, je repère où peut se trouver le pendentif, je le récupère, et je m'en vais vite fait d'ici )

Je levai les yeux vers Garcia. Elle n'était absolument pas comme je l'imaginais, je la voyais... moins jolie, moins grande et moins mince. Moins raffinée aussi. En un sens, il était naturel qu'elle le soit, Uroldir m'avait expliqué qu'elle était la bonne de Dorothée, Dorothée la fortunée...
Et puis pourquoi ne confiait-elle les maisons qu'aux bonnes expérimentées?
( Je suis sûre que c'est pour effectuer des vols dans les maisons. Mais elle ne veut pas y envoyer n'importe qui, sous peur d'être dénoncée. Alors elle teste les bonnes avant de voir si elles sont de confiance. Et si elle m'a engagée, ce n'est sans doute pas pour ma petite taille qui me rend moins efficace, mais plutôt pour ma manie d'emprunter les choses, comme tout kender qui se respecte, ce qu'elle considère sans doute comme du vol. )

« Ça me va. » Répondis-je, et joignant le geste à la parole, j'apposais ma signature en bas de la page, après l'avoir lue en diagonale.

Garcia la plaça dans une enveloppe, fit couler de la cire fondue et y enfonça son sceau pour la celer. Elle retourna l'enveloppe, y écrivit Loys, d'une écriture ronde et délicate, et la rangea dans sa poche intérieure.


« Parfait, parfait... murmura-t-elle pour elle, puis elle reprit, à mon intention : Suis moi, Louise, je vais te montrer ta chambre »


Je faillis faire un remarque sur l'erreur de mon prénom, mais me tut au dernier moment et suivit Garcia docilement. Elle me mena dans un long couloir, se posta devant une des portes -la 17- et l'ouvrit. Une chambre simple, un lit de chaque coté de la pièce, contre le mur, et entre les deux lits a peine l'espace pour circuler, et une table de chevet, su laquelle se trouvait divers effets personnels. Sur le lit de droite se trouvaient divers objets : Une lampe à huile, des vêtements roulés en boule, quelques bijoux sans valeur et un petit miroir. Sur le lit de gauche, une couverture à la propreté douteuse, pliée en vitesse.

« Tu peux t'installer. Pour l'instant les autres sont au travail, tu descendra diner lorsque la cloche sonnera, tu commences demain. »

Garcia me sourit. Alors qu'il était sincère et parlant quelques minutes plus tôt, il était ici pinçant et ironique. J'y restais impassible, la fixant toujours sans ciller. Elle tourna les talons.

« Oh, j'oubliais... Tu ferai mieux d'être en forme. Nous nous débarrassons des inefficaces. »

Sur ces paroles, elle claqua la porte, me laissant seule dans cette minuscule chambre qui était désormais mienne.

Il devait être le milieu d'après-midi, j'étais à peine partie à l'aube de ce matin. J'étais épuisée, je m'affalai nonchalamment sur mon lit et rejoignis aussitôt les bras de Zewen.

Je me réveillais un peu plus tard. J'empruntais le miroir sur le lit voisin, et refis avec soin mes tresses, le sommeil les ayant transformées en deux baguettes d'où des mèches rebelles s'échappaient sauvagement. J'enroulais ensuite avec méthode mes tresses autour d'un ruban en soie rouge, et en fit deux petits chignons sur le haut de mon crâne. Satisfaite, je reposai le miroir où je l'avais pris, et je m'assis en tailleur sur mon lit. Je sortis le croquis d'Uroldir de ma poche. Je le triturai entre mes doigts sans même le déplier, puis regardai le dessin avec insistance, passant même à plusieurs reprise mes doigts lentement sur le dessin, comme si j'avais voulu l'encrer à jamais dans ma mémoire, comme si le regarder ainsi me permettrai de l'avoir entre les mains.

La poignée de la chambre se baissa. Avec précipitation, je rangeai le papier dans ma poche. La porte s'ouvrit, ma camarade de chambre entra. Je la dévisageai en silence. C'était une Kendrane, avec des jambes infiniment longues. Elle avait les cheveux rasés et un visage très féminin. Sa bouche était fine, ses yeux en amande foncés. Elle portait de grosse boucles d'oreilles, et était très mince, presque maigre. Elle ne me vit même pas, jeta les affaires de son lit à terre et s'avachit épuisée sur sa couchette. Elle inspira très fort, et expira doucement.

« Salut. » Dis-je.

Elle se redressa brusquement et me sourit :

« Tiens, salut toi. Super, je ne serai plus toute seule. »

J'esquissais un sourire, elle m'en rendit un, triste :

«  Toi aussi tu es condamnée maintenant ? »
« Condamnée ? »
« Oui... A servir Garcia jusqu'à la fin de tes jours... »
« La fin de mes jours...? »
« Tu n'as pas lu la charte, n'est ce pas. » Comme j'acquiecsai, elle poursuivit :
«  Eh bien, elle stipule que tu dois servir Garcia pour toujours. Trop tard pour regretter... Si tu veux partir, elle montrera ta signature a un sergent de la milice, les garde t'attraperont et t'emprisonneront. Je l'ai appris quand j'ai voulu quitter ses services. »
« Ça ne me fait pas peur, je n'ai pas l'intention de rester ici indéfiniment. »

Elle se mit à rire, tout doucement, et ajouta :

« Tu es bien naïve ma petite... »

La cloche sonna, elle se leva et m'invita à la suivre :

« L'heure de manger ! Viens, je vais te présenter aux autres filles. Au fait, moi c'est Karinn. »
« Loys. »

<Les habitations>

_________________


Dernière édition par Loys le Ven 13 Aoû 2010 10:56, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 11 Aoû 2010 23:49 
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Dur de démarrer un journal. Pourtant, je sais que les derniers mois que j’ai vécu ont vu passer des événements qu’il ne faut pas passer sous silence. Le monde entre dans des heures sombres et j’ai ma place dans le grand échiquier qui apparaît. Les ombres s’étendent et Oaxaca étend sa poigne sur Yuimen. Mais les malheurs n’arrivent jamais seul et d’autres menaces apparaissent. Mais nous y reviendrons plus tard.

J’ai appris à mes dépends que le manque de savoir peut être un ennemi et j’écris ces lignes pour offrir aux générations futures les clés de la sagesse Ranaène et des dangers salissant le monde. Ce bloc de glace, cristal mnémotechnique, sera –je l’espère– une aide précieuse à l’élu de Yuia qui le trouvera.

Je pourrais commencer par ce qui me mena sur les routes, mes premiers pas dans la magie et l’expédition invraisemblable sur Verloa, comment mes déboires et le sang versé m’ont amené dans des histoires qui me dépassent. Mais la découverte du bloc où j’inscris en ce moment mes pensées profondes me parait d’un lyrisme plus attrayant.


Sur les cimes de Nirtim… Non, avant ça, bien avant ça… Ce ne serait pas compréhensible sans la mission qui m’y a amené, ni la raison qui m’a poussé à y aller. Et pour ça, il faut comprendre comment la ville m’a changé, comment l’argent m’a changé…

Oui, je crois que c’est un bon début. Après le petit cours de médecine appliquée de Milanne, j’étais retourné à l’auberge de la tortue guerrière pour un ragoût fade et une paillasse usée et la nuit fut un temps de réflexion car le sommeil se refusait à moi. Cela avait été une journée pleine de surprise et l’achat des terrains pour Fortescue m’avait permis de me rendre compte de quelque chose : j’étais riche.

Après tous mes efforts et les difficultés affrontées, je me retrouvais à Kendra-Kar, ville cosmopolite, avec plus d’argent que je ne saurais en dépenser, dans les bons papiers du roi et de quelques autres personnes influentes, attendant que mon amour revienne de mission et profitant de ce repos pour améliorer ma magie tranquillement. Si le paradis devait exister, il revêtirait les murs de pierre blanche kendrans. Arrivé à ce constat, je changeais imperceptiblement, m’enlisant dans les jours qui suivirent dans un luxe et une débauche de tout ce que la ville pouvait offrir aux bourses semant leur contenu aux quatre vents.

Dès l’aube, je quittai ce repère d’aventuriers sans le sou et explorai les rues propres et pavées du quartier noble. Se faire valoir comme riche lorsqu’on porte des frusques de lin usées est difficile, mais l’or et la bague portant le sceau royal font l’effet d’un passe-partout sur une serrure et à la fin de la matinée, je trouvais mon petit coin de paradis : un hôtel particulier dont la propriétaire, une certaine Dame Margault, baronne en mal d’argent, peinait à tenir. La mort de son mari à la guerre de Pohélys et l’engagement de son fils dans l’armée pour protéger le pays la laissait seule avec une maigre rente. Non qu’elle trouvait en moi une compagnie agréable, mais l’argent que je pouvais lui apportais lui promettait de retourner dans les cercles mondains et retrouver une vie aristocratique. Peu m’importe ses raisons, elle se faisait un plaisir d’accueillir un héros ayant servi le roi et elle m’offrait suffisamment de liberté pour qu’on ne se gêne pas. Le majordome de la maison tenait propre mes vêtements –non qu’il y en ait beaucoup pour le moment– ainsi que ma chambre, m’apportait des repas somptueux quand je n’allais pas en ballade et surtout, feignait de ne rien connaître de mes allers et venues via une porte dérobée qui devait être le passage favori du fils pour prendre la poudre d’escampette.

S’ouvrit alors à moi les portes de la débauche luxueuse, le plaisir sans compter. Je découvris les joies du palais au travers des confiseries où d’habiles pâtissiers mariaient le sucre raffiné elfique au cacao exotique d’Imiftil, d’un petit salon de thé tenu par un Ynorien centenaire capable d’extraire les aromes de n’importe quelle plante ou encore de taverne où la viande fine et les fruits avaient la part belle. Mais la nourriture n’était pas le seul domaine où je pouvais me délester de mes yus sans vergogne. Finit les chemises en toile mal cousues, les pantalons en coton irritant, les tuniques de lin usé… Bienvenus soie, calicot, taffeta, mousseline et velours ! Les couturiers fortunés du quartier noble se donnaient à cœur joie dans des créations farfelues et coûteuse en textiles rares. Les teintures offraient des palettes de choix terriblement tentantes et le soin des mains habiles déliait les réserves que j’avais en montagnard ignare qui ne connaît rien à la mode. Je plongeais sans retenu dans ce monde, osant laisser carte blanche à quelques couturiers, me couvrant rapidement de chemise à jabot de flanelle blanche, gilet bleu roi cousu d’or, chausses en cuir de bouloum, veston blanc recélant de milles reflets iridescents et argentés grâce à une nouvelle technique de tissage de soie moirée…


Mon nouveau train de vie allait grandissant et ma bourse, malgré sa grosseur, commençait à s’alléger. Mais je n’en avais cure, d’autant plus lorsque Dame Margault remédia à ce soucis en trouvant une opportunité que ni elle ni moi ne voulions laisser passer. Un soir –sûrement le troisième– alors que je rentrais d’une séance d’essayage, les lèvres encore rosies par les macarons à la framboise dégustés à l’ombre d’un pin de la bise d’Ynorie, la baronne m’invitait à sa table. Supposant qu’elle recevait des gens et voulait profiter de ma présence pour animer le diner, je me préparais en m’habillant de mes premiers vêtements nobles et en faisant le brin de toilette nécessaire à lisser ma tignasse sauvage, puis me dirigeais d’un pas conquérant vers la salle à manger. Ce fut en passant la porte que je compris que le but du diner était loin des mondanités auxquels je m’imaginais…



*~¤~*


« Entre Lillith, entre, nous allons passer à table. »

La lumière des chandeliers diffusait sur les boiseries des murs une douce chaleur. Les lourds rideaux de velours sombre et les fauteuils rembourrés faisant face à une cheminée de marbre amenait une ambiance cosy mais austère, sans doute empreinte du deuil récent. La baronne se tenait droite dans une robe à pli dont le satin couleur lie-de-vin seyait à merveille au décor. Son bustier renforcé d’un corselet lui dictait une posture un peu trop stricte pour cette femme encore trop jeune pour être aigrie. J’en venais même à me demander ce qu’il se passait. Cependant, son sourire estompa mes craintes. Sa voix regorgeait d’une douceur presque maternelle et son attitude tranquille calmait les craintes qu’un tête à tête solennel pouvait m’inspirer.

Une fois assis, chacun d’un coté de la table chargée d’une vaisselle distinguée, une servante aussi discrète qu’une ombre apporte deux soupes de lentilles fumantes. Après cette entrée arrive un souri d’agneau, une des viandes les plus tendres que j’avais eu l’occasion de pouvoir déguster. Contrairement à ce que je pensais, Margault n’aborda aucun sujet important pendant le repas, parlant juste du mauvais temps qui s’installé en ville, les histoires du quartier noble, ou encore de la boutique de Sephora Aldora qu’elle avait eu le plaisir de découvrir et visiter, vantant les objets originaux vendus là-bas. Ce ne fut qu’une fois le repas fini, entre deux tasses de tisane, qu’elle se lança.

« Lillith, si je t’ai invité ce soir, c’est pour te faire une proposition. Je vais jouer directement cartes sur tables : j’ai un projet, mais pas l’argent nécessaire pour. J’ai donc besoin d’un investisseur, toi. »

Assimilant l’information, je déglutis inconsciemment. Je ne m’y connaissais pas en affaires et j’avais l’affreux sentiment que je n’allais pas saisir les détails capitaux de ce projet.

« Investisseur ? En quoi je serais utile ? Quel projet est-ce donc ? »

« Eh bien, une famille riche de Bouhen est passé à Kendra-Kar il y a quelques jours et mes parures de bijoux ont impressionné. Au cours des conversations, j’ai pu déterminer que certains bijoutiers kendrans pourrait avoir énormément de succès de la nouvelle noblesse à la tête de Bouhen. Ils n’ont pas des gemmes de la qualité de celle de la capitale. Je connais bien les différents joailliers de la cité et je suis persuadée qu’une bonne distribution sur Bouhen pour permettre de faire un certain profit ! »

« Donc… Etre intermédiaire entre les bijoutiers de Kendra-Kar et les clients à Bouhen ? »

« Avec un revendeur de Bouhen plutôt. Le but est de créer une liaison maritime pour apporter les marchandises. Le transport de marchandises peut devenir très lucratif. Et ce n’est pas tout. Je me suis renseignée sur les marchés des villes du coin et j’ai pu voir d’autres opportunités pour rentabiliser le navire. »

« Attendez ! Un bateau ? Il faut acheter un bateau ? »

« Un navire oui, pour un transport rapide, en grandes quantités et relativement plus sûr. Mais le point important, c’est que j’ai trouvé d’autres marchés où il pourrait être utile : Les herbes aromatiques cultivées autour de Bouhen et quelques autres épices locales sont très appréciées à Oranan. Et Oranan possède une carrière avec des pierres de bonne qualité et les rumeurs parlent d’une série de nouvelles fortifications en chantier qui vont apparaitre pour sécuriser Kendra-Kar à cause de la guerre. En somme, le navire apporterait à Bouhen les pierres semi-précieuses, pour ensuite prendre des stocks d’épice à revendre sur Oranan et il rentrerait sur Kendra-Kar les cales pleines de blocs graniteux. »

Je restais abasourdie devant sa planification des choses. Elle me détailla son projet en citant des fournisseurs, des potentiels acheteurs, les taxes portuaires, les rendements. Elle avait achevé de me brouiller l’esprit, mais je dois dire que tout cela était alléchant. Entre deux gorgées de son infusion de baies sauvages, elle continuait son discours.

« Bon, évidemment, il faudrait pas mal d’argent pour avancer le stock, surtout les joyaux. Il faudra donc partir sur de petites quantités, mais j’ai calculé qu’on pourra atteindre un stock au maximum des possibilités des cales au bout d’une vingtaine de jours de circuit commercial efficace. Et après ça, on pourrait dégager 1500 yus de bénéfice tous les 10 jours ! »

« Ca fait beaucoup ! Mais comment peut-on faire après avec ces 1500 yus ? »

« Alors, voilà ce que je propose : Tu apportes l’investissement de base et moi je m’occupe de la gestion de l’affaire. Le bateau est à ton nom et on divise les bénéfices en 3 parts égales. La tienne, la mienne, et la troisième pour améliorer le navire, acheter des meilleurs équipements, louer des services de protections. Qu’en penses-tu ? »

« Eh bien ça parait tentant. Je m’y perds un peu dans tout ça, mais vous avez l’air de vous y retrouver. Et cet investissement, qu’est-ce que ça représenterait ? »

Son visage se crispa légèrement, mais elle afficha un air assurée.

« Il y a beaucoup de frais pour démarrer certes, mais avec relations, j’ai pu avoir des arrangements avantageux. Je me suis renseigné du coté du port et il y a un galion à vendre, d’assez bonne qualité, dont le mât a été refait par un charpentier doué et équipé de deux catapultes pour se défendre en mer. Certes, la qualité a un prix, mais elle nous assure d’éviter les pirates et d’arriver plus vite. Le capitaine veut me le vendre à 2500 yus, mais je suis sûr de pouvoir le faire descendre de 300 yus. Après, il faut de quoi avancer quelques pierres précieuses pour lancer la machine… Il faudrait donc 3000 yus pour démarrer. »

« Trois… milles. C’est… »

« C’est une somme, je sais bien. Mais avec mes calculs, même en comptant large pour prévenir tout incident, les pièces d’or investies seront de retour en un mois pour les bénéfices généraux, 2 mois pour tes bénéfices. C’est une occasion en or dont la seule limite est le financement de départ que peu de gens peuvent avancer. »

« Mais moi je le peux, c’est ça ? »

« Soyons réalistes Lillith. Vous avez obtenu une somme colossale pour service rendu à la couronne, mais vous n’avez pas vraiment de revenus réguliers. Si vous voulez garder le rythme de vie que vous avez adopté ces derniers jours, vous dilapiderez tout en quelques mois. A coté, ma fortune s’amenuise et le vide qu’est devenue ma famille me laisse trop de temps pour ressasser le passé. »

Sa voix devenait presque suppliante. Elle avait trop de dignité pour exploiter plus loin la voie de la veuve éplorée, mais son désarroi était tangible. Et moi, statue d’indécision, je ne savais à quel saint me vouer ni quel attitude adopter.

(Elle touche juste avec ces arguments et l’offre est alléchante… Ce qui me manque pour foncer dedans, c’est juste de comprendre ces histoires de commerce. Elle aurait pu tout aussi bien raconter des balivernes, je ne pourrais pas en vérifier la différence.)


*~¤~*


Le choix était difficile et Dame Margault eu la politesse de ne pas hâter la réponse. Elle me concéda le temps de la réflexion. Après une longue nuit à retourner dans cela dans ma caboche, je finis par accepter. J’en étais venu à la conclusion que j’avais toujours vécu avec peu et que cet argent m’était presque tombé du ciel. Le parier sur cette entreprise audacieuse n’était au final pas risquer trop de ma personne. Dans le pire des cas, la perte de l’argent ne sera pas si grave et je trouverai bien un moyen de m’accrocher aux branches. Cela ne pourrait pas être pire que de combattre des dragons ou passer un séjour en enfer.

> Suite


(((Les prix exposés dans le rp sont basés sur le système de commerce maritime qui était encore en cours de travail à l'époque. Par rapport à la règle actuelle, cela correspond maintenant à l'achat d'un navire à vitesse rapide à 1000 yus. Le gm peut néanmoins m'enlever les 3000 yus si le désire pour l'achat rp de matériaux et employés pour lancer le commerce qui me permettra une vie de riche)))

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Dernière édition par Lillith le Dim 15 Aoû 2010 23:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 12 Aoû 2010 20:00 
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Je pris mon temps pour traverser la ville et rentrer chez Ehemdim. J'étais montée à l'étage pour lui dire au revoir mais il dormait encore. Je lui laissai alors un petit mot sur la table de chevet lui expliquant mon absence à son réveil.


Mon amour,

Je suis allée au Temple des Plaisirs, comme tu me l'avais demandé. J'y ai rencontré Pulinn, une femme charmante, qui te passe le bonjour et te souhaite un prompt rétablissement.
Ne sachant pas la raison de ma venue au Temple, elle m'expliqua que tu avais une mission à remplir et que tu m'avais envoyé pour l'accomplir. Je fus prise au dépourvu à ce moment-là, mais Pulinn me rassura.
D'ailleurs, elle ne m'a rien dit des attributions ou des fonctions du Temple, j'aurais le loisir d'en apprendre plus à mon retour.
Oui, je vais partir. Je vais faire un voyage sur un nouvel Aynore. Donc je ne sais pas combien de temps je serais absente.

Tu vas me manquer, fais attention à toi et ne soit pas inconscient. Il y a un délicieux ragout qui t'attends dans la cuisine.

Je t'aime,

Aenaria.


Mon sac et le reste de mes affaires sur mes épaules, je descendis l'escalier et posais mon bardât dans l'entrée. Le départ devait être imminent maintenant.

Mon nez m'indiqua que le ragout était prêt. Je baissais le feu pour qu'Ehemdim puisse en manger à son réveil. Sa maison était à peu près en ordre, il sera plus simple pour lui de circuler maintenant. Il va me manquer durant le voyage.

Il m'avait déjà donné beaucoup mais j'avais l'impression de manquer de quelque chose encore. Je fis un dernier petit tour dans la salle d'armes et je trouvais une paires de jambières élégantes qui iraient très bien avec le reste de ma tenue. Les enfilant, je me dis qu'ainsi j'aurais un petit souvenir de plus de mon amour.

_________________


Dernière édition par Aenaria le Lun 21 Fév 2011 19:58, édité 6 fois.

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