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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mer 18 Mar 2015 19:00 
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<--- L'heure du déjeuner devait être dépassée quand j'atteignis les portes de la cité. Comme la fois précédente, un grand nombre de personnes y entraient en même, provoquant un désordre que trois miliciens tentaient tant bien que mal de maîtriser. Il était bien plus nombreux la dernière, si bien que cette fois-ci, je n'eus pas à être fouillé. Mais en passant, l'un des hommes qui gardaient la porte me jeta un coup d’œil suspicieux et glissa un mot à l'oreille de son voisin.

(Ne traînons pas Kymera, je sens quelque chose. Il va se passer quelque chose bientôt et je le ressens. Dépêchons-nous de disparaître)

Sans leur laisser le temps de mûrir la réflexion qu'ils menaient, je dépassai rapidement ces individus aussi intrigués qu'intriguants. --->

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Lun 11 Mai 2015 00:58 
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Localisation: Mertar
Le reste du voyage se passa dans un silence absolu. Taé n'avait su quoi dire quant au départ de sa sœur, et encore moins vis à vis de la mort de son deuxième frère. Et pour tout dire, c'était sans mieux ainsi. Hivann ne s'en était toujours pas remis et il restait encore plusieurs heures avant leur arrivée à Oranan. C'est avec des bandages de fortune qu'il réussit à survivre le reste du voyage... Aux côtés du cadavre d'Ethian, qu'ils n'avaient pu se résoudre à abandonner. Sans Rawf, ils auraient sans doute se contraindre à le laisser. Mais le fidèle loup et écuyer de la famille les avait aidés jusqu'au bout. C'est seulement de mémoire et avec le peu de souvenirs qu'il avait de son passé qu'il sut mener la calèche jusqu'à son but et il fit un travail remarquable à ce sujet. Il n'avait seulement pas les talents nécessaires pour faire en sorte que sa nouvelle famille se sente mieux.

Quand ils arrivèrent aux portes d'Oranan, il sembla à Hivann que tout se terminait. Il ne savait pas lui-même s'ils seraient accueillis dans cette village, en sachant ce qui était arrivé au jeune lieutenant. Il était clair, de toute façon, qu'il n'accuserait pas sa fille d'un tel meurtre. Il porterait ses propres péchés et cela inclurait la perte de ses enfants.
La calèche fut arrêtée à distance de l'une des tourelles gardant la porte. Beaucoup de personnes étaient encore présentes, sans aucun doute à cause de cette même mission qui concernait le recrutement d'aventuriers de tout Yuimen. Mais ils furent heureusement mis à l'écart. Quand le véhicule s'arrêta, Hivann dût demander à Rawf et sa fille de l'aider à descendre. Ils le menèrent ainsi jusque devant les portes. Là, seulement, il usa de toute sa force pour se dégager de son assistance et se tenir debout, seul. Il retira son chapeau afin de montrer la Pierre d'Oubli qui le caractérisait, révélant son identité.

"Je suis Ser Hivann Goont, aîné de ma propre maison. Voici Taé Goont et Rawf, mon écuyer."

"Vous n'êtes plus Ser, monsieur Goont. Vous n'êtes plus même un citoyen de cette ville. un décret porté par le Gouverneur lui-même vous interdit de venir ici."

Il n'y eut qu'un seul soldat, un simple soldat, pour lui répondre et le remettre à sa place. Sa fille le regarda, un air de panique dans les yeux. Lui-même ne s'attendait pas à un refus, compte tenu de ce que lui avait promis son fils. Aussi, il ne s'arrêta pas là.

"Mon fils, le lieutenant Ethian Goont, m'a garanti qu'en échange de mon enclin à participer à un second procès contre ma personne, ma famille aurait le droit de résider dans sa ville première."

"Je ne vois qu'un seul membre de votre famille, monsieur."

Le garde, toujours perché en hauteur, les toisait d'un regard méprisant. Il devait faire partie, encore, des nombreuses personnes à haïr cette famille. Jouer dans les règles ne suffirait pas. Faire le malin non plus. Si Hivann voulait faire entrer la seule fille qu'il lui restait en dehors de Thôko, il devrait montrer ce que cet homme voulait. Et ce qu'il voulait, c'était ce que tous les habitants de cette ville voulaient : la mort d'un traître à la République. Quant à Taé, elle, elle n'avait jamais eu connaissance d'une telle entreprise. Même en ayant Ethian les rencontrer, elle ne savait pas ce que cela avait impliqué, si ce n'était qu'il était à l'origine de leur retour dans cette ville. Mais ce nouveau jugement, c'était une chose qui la surprenait plus que tout. Elle ne s'y était absolument pas attendue et désormais, il se retrouvait incapable de réagir.

"Mon fils Lùthian est décédé à Mertar. Ma fille Sujima nous a quittés et renie désormais notre nom. Enfin, j'ai tué Ethian de mes mains. Son corps est à présent dans cette calèche derrière-moi."

Le garde resta interdit. L'annonce de la mort de ses enfants ne sembla pas le toucher, mais celle d'Ethian le fit presque vaciller. Non seulement c'était la mort d'un lieutenant de la garde, mais en plus, Hivann se rendait coupable de l'assassinat de son propre fils.

"Mais c'est faux !" tenta de répliquer Taé. Mais elle fut bien vite stoppée d'un revers de la main de son père.

"Je suis venu expier mes péchés en me rendant coupable de tous les crimes que j'ai commis à l'intérieur ET à l'extérieur de cette ville. Et cela à une seule condition : que mes enfants soient pardonnés. Vous voulez me punir ? Punissez-moi, mais laissez entrer mes enfants !"

"Les ordres sont strictes. Je..."

"Ma fille Taé ne s'en sortira pas à l'extérieur ! Nous avons des ennemis partout et elle, elle n'a rien demandé. Elle n'avait pas besoin de cela ! Laissez-la entrer, je vous en prie ! Vous n'avez pas une seule idée de ce que nous avons enduré ! Laissez-la et emprisonnez-moi si cela vous plait ! Pitié !"

Hivann en était encore venu jusqu'à supplier. Sa fierté ynorienne, le ravalement de ses larmes, son honneur... Tout cela était bien moins important désormais. Et cette façon de flancher tourna en sa faveur. Le garde, aussi sévère avait-il paru, semblait désormais ému. Il n'était pas si jeune, à le voir. Sans doute était-il parent lui aussi, c'est pourquoi il comprenait l'intensité et cette supplication. Alors il en resta là.

"Je... Je vais demander." fit-il, manifestement troublé.

Un court moment d'absence où Taé en profita pour exprimer tout son outrage. Elle qui venait de perdre la moitié de sa famille, elle avait de quoi imposer sa réaction.

"Je viens de perdre mes deux frères, ma sœur et tu comptes te jeter dans la gueule du loup ? Je ne vais certainement pas rester ici sans toi."

"Si, ma fille, il le faut."

"Certainement pas, papa !"

"Tu resteras, quoiqu'il arrive !"
explosa-t-il de rage, amplifiant la douleur de ses blessures.

Elle le regarda encore, sans vraiment le reconnaître. Malgré sa faiblesse physique, il semblait si menaçant et déterminé qu'elle n'osa pas dire quoi que ce soit de plus. Elle baissa les yeux, sans savoir quoi faire pour le sauver. Rawf, par instinct, se permit mettre de poser l'une de ses gigantesques pattes rassurantes sur l'épaule de la jeune fille, qui se laissa bercer par le loup.

"Regarde cette ville... C'est Oranan. C'est le berceau de notre famille. Si la promesse dde Lùthian est respectée, vous n'aurez plus rien à craindre. Et si cela doit passer par mon exécution, je l'accepte volontiers. J'ai... J'en ai trop fait pour pouvoir continuer ainsi."

Le garde arriva alors, toujours sur cette tour.

"Votre fils a bien fait son travail. Vous êtes autorisés à rentrer, tous les deux. Votre fille ira rejoindre un parent et vous serez arrêté immédiatement."

A ces paroles, Hivann exprima un étrange soupir de soulagement, bien que partagé par une peur du sort qu'on lui réserverait. Mais ces mots ne s'arrêtèrent pas là.

"En revanche, puisque vous acceptez de vous soumettre à un nouveau jugement, vous devez citer de quels crimes vous avez été accusé et vous vous accusez."

Une humiliation publique. Il avait beau avoir été mis à l'écart de la file, exprimer tous crimes, c'était comme se condamner lui-même, sans se laisser une chance de survivre à son propre procès. Mais voir sa fille ainsi, livrée à elle-même, suffit à le convaincre. Malgré toutes blessures, il éleva la voix le plus fort possible et énonça tous les crimes qu'il avait commis, dans l'ordre chronologique, jusqu'à maintenant.

"A cause de cette Pierre d'Oubli, je vais sans doute oublier d'énoncer certains de mes crimes... Mais les voici, tous. A la mort de ma femme, Inoka, j'ai fait assassiner ses guérisseurs, messieurs Mariko et Gentaichi. J'ai ensuite contacté madame Chisé et monsieur Kuwabara pour autoriser l'usage et l'échange de substances illicites au sein de l'armée Ynorienne. Je suis coupable de corruption pour avoir autorisé les sorts hors-normes, contre nature et meurtriers de monsieur Tanaka, et certainement d'autres personnes dont j'ai oublié le nom, mais dont je me souviens de l'effet de leurs magies. Je suis coupable de corruption pour avoir autorisé la création de potions addictives dans les milieux de guérison, forçant l'altération biologique de leurs consommateurs. J'ai fait cambrioler les maisons de victimes dont je n'ai jamais connu le nom, mais essentiellement détentrices d'objets d'arts et d'ouvrages de qualité supérieure. Je suis coupable d'avoir expérimenté moi-même la création de drogues, d'exercices alchimiques, de créations de sorts hors-normes, contre nature et meurtriers. Je suis coupable de corruption envers au moins six gardes de la République d'Ynorie, pour la réalisation de mes méfaits et de ceux de feu ma fille Sujima Goont. En ayant quitté l'Ynorie, j'ai été coupable du meurtre d'au moins vingt personnes à Darhàm, toutes membres du gang des Foudroyés, menés par le Grand Lamin. J'ai tué au moins six gardes d'Oaxaca à Mertar. J'ai aussi assassiné un nain nommé Umordîl dans les ruines de Mertar. Ces mêmes ruines où j'ai abandonné un nombre indéfini de victimes qui auraient pu être sauvées des agissements d'une créature monstrueuses. J'ai brûlé un lieu sacré, le Sanctuaire Perché, dans les Duchés des Montagnes. J'ai infiltré cette ville, Oranan, sans être vu et ai violé la Maison Rouge et le Pavillon d'or. Je suis coupable des meurtres perpétrés dans ces deux lieux il y a exactement dix jours. En y repensant, j'ai rencontré de nouveau Iwa Ishwari. Iwa Ishwari, avec qui j'ai été coupable d'adultère en la personne de ma femme, Inoka Goont. Iwa Ishwari avec qui j'ai été débauché et ai organisé nombre de mes anciens crimes. En retournant à Mertar, assistant à l'assassinat de mon fils, j'ai tué le Grand Lamin, une mère et son enfant ainsi que Maître Amaury, responsable des échanges commerciaux de la cité. J'ai assassiné environ vingt-trois membres de sa garde et enfin, en prenant la route pour Oranan, j'ai tué mon propre fils, le lieutenant Ethian Goont, dont j'ai le corps pour preuve."

Tous les regardèrent ainsi, sans l'arrêter. Taé se figea même. Elle savait qu'il avait trempé dans de nombreux crimes, mais jamais elle n'avait entendu de tels détails. Même Rawf voulut le corriger un instant, voyant que son maître était en train de prendre sa défense. Quand il eut terminé, quatre gardes passèrent la petite porte incrustée dans la gigantesque porte principale gauche de la ville. Deux l'encadrèrent et deux autres allèrent vérifier le contenu de la calèche.

"Il dit vrai." fit l'un des gardes.

Sur ces mots, Hivann fit tomber son paquetage, ainsi que le Fusil qu'il avait porté tout ce temps à l'épaule, enroulé dans un large tissu. Il fit signe à Rawf d'aller le ramasser. Le loup se baissa et une fois à sa taille, le vieil homme s'adressa à lui, de la manière la plus sincère possible.

"Rawf... Il n'existe pas de meilleur et plus loyal écuyer que toi, tu entends ?"

Le loup, qui s'était montré jusqu'ici "simplement" serviable, sans jamais vraiment montrer ses réels sentiments, afficha de gros yeux mouillés. Sans pour autant pleurer, il se redressa, enfilant les affaires de son seigneur.

"Merci, Ser Goont, rawf. Vous avez été très bon avec moi."

"Protège bien mes filles, d'accord ?"

Il acquiesça simplement, restant droit et fier. Puis Hivann se tourna vers sa fille qui le regardait partir, les larmes aux yeux.

"Pourquoi...? Pourquoi est-ce que tu fais ça ?"

"Parce que c'est le seul moyen, pour nous deux. Tu as besoin de cette ville, de vivre dans un endroit qui te puisse te convenir. Tout sera mieux sans moi. Avec ta sœur, Thôko, vous irez mieux. Je n'ai plus les épaules pour vous aider de la manière dont je l'ai fait jusqu'ici. Me faire juger, c'est le meilleur moyen de vous garantir un nouveau départ."


Les gardes l'avaient déjà trop laissé s'exprimer. Ils lui mirent alors des menottes de métal, insufflées d'une magie étrange qui bloqua immédiatement les fluides qui circulaient encore en lui. Ils le poussèrent ensuite, le forçant à repousser les limites de son corps, compte tenu de ses blessures encore trop ouvertes. On ne permit pas non plus au loup et à la jeune fille de l'accompagner. Les deux autres gardes avaient fait en sorte de marquer une distance entre eux, si bien qu'ils étaient encore à l'extérieur quand Hivann fut mené jusqu'à l’entrebâillement de la porte de la ville.

"Je suis fier de tous mes enfants, tu entends Taé ? Je suis heureux que tu m'aies suivi jusqu'au bout. Vous êtes ma raison de vivre et ma raison de mourir. Les dieux ne sauraient rien faire pour me retirer cette mémoire, fut-elle seulement présente dans l'âme qui quittera mon corps. Pour toujours, il n'y aura que les fiers descendants de Goont."

Rawf, resté droit jusqu'au bout, commença à flancher alors que la vision de la porte se refermait sur ses yeux. Il eut tout juste de temps de voir la main de sa fille, tendue vers lui, et les gardes émus.
Tout était terminé désormais.

Fin du Livre I

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Multi de Ziresh et Jôs.

Ser Hivann Goont, Archer-Mage niveau 10.


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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Ven 17 Juil 2015 23:55 
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C'est en arrivant non loin des portes et en voyant la garde armée jusqu'aux dents fouillant chaque chariot et interrogeant chaque personne entrant dans la cité que je réagis. Ne venais-je pas d'Omyre? Et ces équipements améliorés par les treize n'avaient-ils pas de signe distinctifs pouvant trahir ma provenance? Un séjour dans les geôles n'était pas franchement prévu au programme...

Je profitais donc de mes derniers pas pour enlever et dissimuler mon anneau orné d'un crâne avant de passer entre les mains des miliciens...

"Ah, le voila!

Ca commençait bien...

"Qui êtes vous, d'où venez-vous, que venez-vous faire ici? On vous a repéré de loin et votre trajectoire semble venir tout droit de la cité maudite. Alors? Qu'avez-vous à dire à ça?"

Il faudra me dire ce qu'il m'a pris de venir ici...

"Je m'appelle Tathar, je viens des montagnes en aillant fait un détour par la forêt, je suis druide, je me sens mieux en étant entouré d'arbres et je viens ici pour renouveler mon stock de vivre et acheter de l'équipement... Pour votre dernière question, l'idée m'a effleuré l'esprit d'aller faire un tour par là-bas, mais j'ai préféré venir ici... Alors, c'est bon je peux entrer?

"Et qu'est-ce qui me dit que vous ne dites pas ça pour me faire plaisir? Ouvrez donc votre sac! Allez plus vite que ça!"

Encore un qui voulait faire du zèle, saleté de troufions de bas étages... Je n'avais pas le choix, il fallait obtempérer. J'ouvris grand mon sac pour qu'il puisse découvrir le bazar que j'avais dedans. Parchemins et potions en tous genres, une vraie boutique d'alchimiste!

"C'est quoi ce bazar? Elles font quoi ces potions?

"Vous avez qu'à essayer pour voir mais je vous garanti pas du résultat... Je pourrais vous dire ce qu'elles font mais qu'est-ce qui vous dit que je vous dirai la vérité?"

Il jeta un regard à la file de gens qui commençait à s'allonger et à ses camarades qui semblaient s'impatienter, à croire qu'il ne devait pas être très apprécié au sein de l'escouade. Tant mieux!

"Hm, bref, c'est bon circulez! et attention à ce que vous faites en ville!"

Soulagé que ce soit fini, je lui marmonnais un "oui oui", avant de filer droit devant moi en me mélant à la foule.

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Là, rien à redire en revanche. Mettre ses boules sur la table et y aller à l’aveugle en prenant des risques, en jouant le tout pour le tout, ça colle bien à ton perso, rien à redire.

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Dim 2 Aoû 2015 19:03 
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(Qu'est-ce que c'est que ça encore ?)

Ædräs avait donc remonté le flux inverse - et relatif - des gens se rendant à la zone d'embarquement. Et même sans cela, celui, bien réel des dizaines de voyageurs convergent vers les portes d'entrée d'Oranan n'aurait pu lui faire manquer ces dernières. Curieuse, elle s'était mêlée à cette foule hétéroclite contenant autant d'humains que... Que d'autres gens que des humains. Elle reconnu pourtant les races, les ayant un jour aperçu dans la boutique de son père. Elle regrettait désormais de ne jamais avoir voulu en savoir plus. Mais un autre problème se posait, actuellement.

(Ça sent mauvais...)

Deux soldats. Ils fouillaient chaque personne attentant à la cité. Levant les yeux, elle en vit d'autres, sur les remparts, armes à portée de main. La troupe semblait tendue comme si elle s'attendait à un soudain ennemi surgissant... Ædräs se retourna. Surgissant de collines dénudées qui permettait de voir arriver l'ennemi. Bien dénudées les collines, d'ailleurs. Même en comptant le labour, on n'aurait pas fait mieux en voulant le faire exprès.

(Je n'ai pourtant pas entendu qu'une guerre se prépare...)

Bon, elle n'était pas non plus très au courant des conflits en cours. Enfin, en temps de paix - à ce qu'elle pouvait le supposer, il n'y avait pas besoin d'autant de soldats. Un petit tour dans ses souvenirs lui confirma que Kendra Kâr ne menait, pour sa part, pas cette politique. Ce qui était intéressant. Mais il était certain qu'elle en apprendrait bien davantage dans la ville même. Si elle passait le contrôle.

(Le mec m'a pas dit que je ne devais rien dire à personne ?)

N'avait-il pas non plus ajouté que si on la découvrait, ils ne feraient rien ? Et son ordre de mission qui était tranquillement dans sa poche ! Ædräs sentit un malaise grandir en elle. Brusquement, elle fit volte-face. À Kendra Kâr il y avait deux portes. Forcément, cette cité devait sûrement avoir deux entrées, elle aussi ! Un raisonnement stupide évidement... mais qui était logique pour quelqu'un n'ayant jamais rien vu d'autres que la ville dans laquelle il était né.

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2015 21:28 
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Un bouchon se forma à notre arrivée aux portes car une troupe armée, composée de cavaliers et de fantassins se préparait à sortir. Profitant de cet arrêt, ma compagne s'éloigna dans la foule avant de revenir chargée de deux grands sacs qu'elle chargea sur le cheval de bât. Les minutes s'étirèrent ensuite puis soudain tout sembla se débloquer, les militaires s'étaient mis en marche, libérant les flux d'entrants et de sortants. Nous franchîmes les portes de la cité une trentaine de minutes après y être arrivé et nous nous dirigeâmes vers le nord-est et la forêt séparant Oranan d'Omyre...

Un tracas n'arrivant pas seul, en plus du fait de devoir mentir sur mes Emoras, j'allais devoir faire avec la troupe de soldats, puisqu'elle nous devançait de quelques centaines de mêtres et semblait aller dans la même direction que nous... Je saisi donc l'occasion de lancer la conversation et faire les présentations avec la jeune femme que j'accompagnais.

"Pfff, je ne sais pas pour vous, mais je me sens mieux quand je suis à l'exterieur d'une ville... D'ailleurs, je m'appelle Tathar, j'ai quelques aptitudes dans la maîtrise des plantes et je n'avais pas de but précis avant de vous rencontrer! Et vous? Parlez-moi un peu de vous... enfin, sans vouloir vous obliger...

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Jeu 3 Sep 2015 20:27 
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Localisation: Chez moi^^
Sortir de la ville s'avère très simple, trop peut-être, vu que vous passez simplement grâce à un parchemin que sort Saraki de sa cape.

Une fois les portes passés, elle grimpe sur sa monture et attrape la longe de l'animal de bât.


(((La suite ici)))

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mer 2 Déc 2015 23:29 
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Localisation: Oranan
Le sang. Ce liquide épais et écarlate coulait à nouveau sur les membres affaiblis d'Hild. Les branches asséchées des arbres morts des Bois Sombres avaient écorchés sa peau déjà marquée. De puis combien de temps fuyait-elle ? Des jours ? Des semaines ? Dans sa course, la notion du temps s'était perdu. Elle n'avait que sa destination en tête : Oranan. Seuls ses souvenirs abimés et les quelques informations qu'elle avait pu en avoir la guidaient. Son voyage incertain ne lui garantissait pas la destination prévue. Cependant, Hild ressentit au plus profond de son être que la voie empruntée était la bonne.

( Aie ! )

Sa cheville s'était tordue à nouveau. Omniprésente, la douleur se faisait de moins en moins supportable. Chaque pas réveillait en elle de nouveaux maux. Ses forces s'épuisaient dangereusement. La hargne, ce moteur qui jadis lui faisait tout encaisser, ne suffisait plus : il lui fallait de l'eau, de la nourriture et du repos. Tout cela l'attendait au bout du chemin mais encore fallait-il l'atteindre. ( Avance. Mais avance. ) Ces mots se répétaient sans cesse dans sa tête, tentant vainement d'anesthésier sa douleur. Sa vue commença à se troubler. Elle secoua furtivement la tête afin de retrouver ses esprits. ( Encore, avance encore )

Relever la tête était un supplice mais nécessaire. La lumière du soleil l'aveugla un instant puis, les yeux mi clos, elle scruta devant elle. Après des jours de fuite, les puissants murs de la ville d'Oranan se dressaient fièrement devant la jeune femme, enfin. Il ne lui suffisait que de quelques dizaines de mètres pour atteindre le seuil de la cité.

Alors que son pied allait entamer un nouveau pas, sa vue se troubla encore. En un instant, plus aucun de ses membres ne lui répondit : la chute était inévitable. Tandis qu'elle perdait connaissance, Hild crut entendre des voix au loin venir vers elle, provenant de deux silhouettes blanches et vertes, se brouillant de plus en plus. Petit à petit, elle ne vit plus que la lumière ardente du soleil, si étrangère à ses yeux. Et l'obscurité revint.

Suite : L'interrogatoire

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Merci à Itsvara pour la signature

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 22:06 
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Localisation: Kendra Kâr
Le réveil avait été long et pénible. Entrecoupé de cauchemars et de peur panique. Phyress avait fait dès lors la rencontre d'Ariana, une jeune humaine aux cheveux blonds. Elle portait en son ventre un enfant. A en juger la taille de celui-ci, Ariana était à quelques semaines du moment fatidique.

Elle avait généreusement offert à Phyress une bolée de cidre doux et sucré et un bouillon aux herbes assez fluide.
" Malheureusement.. Les temps sont durs ici et nous n'avons pas mieux à vous offrir. "

Phyress, presque recroquevillée sur elle même malgré sa jambe encore très douloureuse remerciait d'un sourire timide la jeune femme. Son mari Ulfrik conduisait le chariot et toutes deux à l'arrière discutaient. Il était évident que dans l'état actuel des deux femmes, elles ne pourraient pas prendre la route et cet élan de charité apaisa la crainte de Phyress d'avoir été embarquée aussi loin de chez elle. Non pas qu'Ariana le lui expliqua directement, mais Phyress remarqua sans mal que les maisons qu'ils venaient à croiser n'avaient rien de l'architecture Kendranne et qu'elle devait être bien loin de chez elle pour n'avoir jamais rien vu de tel.

" Mon mari chassait le lièvre et vous a retrouvée évanouie. On a pensé cru que vous étiez trépassée. Il m'a même demandé d'aller crier haro."

Phyress se sentit honteuse d'avoir été retrouvée ainsi, misérable et blessée alors qu'elle rêvait justement d'aider les autres, c'est elle qui finalement, avait été la propre victime de ses fantasmes. Elle se cacha derrière une bonne lampée de ce bouillon encore chaud qui lui décontracta l'estomac noué de n'avoir rien avalé ces derniers jours. Ses lèvres quant à elles étaient si sèches que la commissure de sa bouche s'ouvrit lorsqu'elle buvait la dernière gorgée. Un mince filet de sang vint dans sa bouche pervertir le goût du poireau par un ton métallique et amer.

Ariana demanda d'une voix douce :
" D'où venez-vous ? Et comment vous appelez-vous ? "

Phyress hésitait. Elle n'avait pas l'habitude de discuter avec les gens de son passé et de sa vie. Pour elle, dire à un étranger d'où vous venez, et il voudra savoir où vous allez, d'où vous êtes originaire, insistant sur le fait que vous ayez bien des racines quelques part et pousseraient le vice jusqu'à vous plaindre si par malheur, vous n'en aviez pas. Cela dit, il était impossible de se montrer mal aimable face à la douceur qui émanait d'Ariana. Elle avait fait preuve de tant de bonté pour se priver de ration de nourriture malgré qu'elle soit enceinte et encore, Phyress n'avait pas remarqué que la bonté de cette femme l'avait poussée à installer le corps de la jeune tisseuse à la meilleure place du chariot, là où la couchette de fortune était plus épaisse et chaude que celle qu'elle utilisait pour se protéger du froid.

" Mon nom c'est Phyress. Je voulais chasser le Bouloum pour aider ma mère.. Être plus heureuse. Un repas chaud et de la viande ça aide à mieux accepter sa condition parfois. "

Sans le vouloir, le destin avait décidé qu'il porterait là Phyress loin de sa mère et de son village natal. Elle qui toute sa vie avait désiré vivre quelque chose en dehors de ce village, subit alors un cas de conscience.

Sa mère se porterait sans doute mieux sans elle, de toutes façons Phyress passait trop de temps à s'entrainer pour réellement contribuer à la vie de sa maison, sa mère à elle seule travaillait et nourrissait les deux bouches. Peut-être vivrait-elle mieux sans Phyress ?

Une petite larme vint couler le long de sa joue et Ariana doucement l'essuya du revers du pouce avant de récupérer le bol vide pour l'essuyer d'un pan de sa robe.
" Nous arrivons à Oranan. Ulfrik ne s'oppose pas au fait que vous restiez avec nous au moins jusqu'à l'hiver. Les routes sont peu sûres et vous êtes blessée. "

La jambe encore douloureuse, Phyress opina du chef. Elle ne savait pas comment survivre, pas plus qu'un chien de compagnie abandonné en plein marché.
" Allons, nous arriverons bientôt à Oranan, vous allez voir, en travaillant un peu, nous pourrons gagner de l'argent. Ulfrik peint dans les temples des scènes Divines. Vous trouverez peut-être un guérisseur sur place pour vous aider et une fois sur pieds, si vous souhaitez vous joindre à nous, et bien vous pourrez contribuer. A plusieurs, nous aurons toujours de quoi nous offrir un lit sec et un bon repas chaud. "

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Ven 29 Jan 2016 15:00 
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Localisation: Oranan
Lachesis trébuche en retenant un cri. Malgré l'heure matinale, les lieux sont déjà bondés. Les convois de marchands venus des quatre coins d'Ynorie ou presque se pressent pour être les premiers à pénétrer dans la cité fortifiée.
La jeune femme croise aussi des personnes visiblement originaires de Kendra Kâr ou Bouhen, chose qui, même si elle a passé sa vie à bourlinguer, ne lui était jamais arrivée jusque là.
Les poneys et autre chevaux de trait ainsi que les petits bœufs et bestiaux emplissent l'air d'un parfum familier et rassurant. Paille et crottin. Lachesis se sent moins perdue tout à coup, comme si ses sens s'étaient raccrochés à ce petit détail olfactif pour faire taire la panique latente qui menaçait dans la périphérie de sa poitrine. Les sons aussi ne lui sont pas étrangers. Hennissements, meuglements, cris de protestation et saluts. Tout cela lui rappelle la campagne qui a toujours été sa maison. Si Lachesis s'est déjà aventurée dans des villes mineures du pays, jamais encore n'avait-elle posé les yeux sur un tel monstre. Oranan est massive mais semble pourtant compacte, à la fois présente et lointaine. Les hauts murs cachent toute trace de vie, comme si, créature difforme issue d'un cauchemar, elle dévorait tout ceux qui passaient à sa portée et les enfermait dans les ténèbres.

Deux enfants chahuteurs courent et virevoltent entre les personnes faisant la queue pour passer la garde. Ce sont eux qui ont déjà manqué de déséquilibrer Lachesis. Ils semblent se disputer un jouet mais leurs rires prouvent bien que la bataille pour la possession du petit marteau de bois à pointe relié à une grosse boule peinte de rouge est plus amusante que l'utilisation de l'objet. La guérisseuse se demande tout de même comment le jouet fonctionne, elle n'en a jamais vu.

Le soleil d'été est déjà plutôt haut malgré l'heure et un vent tiède fait se ployer l'herbe courte encadrant la route pavée. Quelques arbres taillés artistiquement dressent fièrement leurs branches aux formes complexes. Ils poussent dans de larges pots de terre cuite et forment une allée qui force les visiteurs à quitter les bas côté de la route et à se serrer les uns aux autres. Lachesis referme vivement sur son torse sa cape qui l'étouffe un peu dans la chaleur et la moiteur ambiantes que le courant d'air peine à dissiper. Malgré l'inconfort, elle se refuse à toucher les corps la cernant plus que nécessaire. Trouvant refuge près d'un bœuf harnaché qui mâchonne calmement les brins de foin de la petite mangeoire accrochée à ses cornes, la semi elfe ose enfin observer plus avant la raison du rythme paniqué de son cœur. Inexorablement, elle se rapproche des lourdes portes de bois décoré et peint en rouge. Le chambranle massif est encastré dans de hauts murs blancs percés de meurtrières sombres et menaçantes. Un nouvel élan de claustrophobie l'assaille mais elle se contraint au calme. (C'est ridicule !)

Les minutes s'écoulent calmement, malgré le tumulte intérieur de Lachesis. Bientôt, elle se retrouve confrontée au garde. Jeune, sa mise n'en est pas moins élégante et d'un raffinement martial qui prouve (comme si c'était nécessaire) qu'Oranan est une capitale riche et ayant portée la guerre au rang d'art. Sa chevelure soyeuse d'un noir profond est longue et nouée en deux tresses plaquée sur le haut de son crâne et qui semblent se réunir en une seule natte à partir de sa nuque. Un duvet doux se dessine sur son menton. Il semblerait qu'il souhaite porter bientôt la barbe tressée qu'arborent la plupart des Ynoriens de haut rang. Lachesis observe discrètement l'armure en lamelles de cuir et de métal ouvragé qui dessine sur son pectoral de complexes motifs que la jeune femme n'arrive pas à comprendre. En tout cas, cela ressemble à un arbre. Peut-être celui de l'emblème de la cité ?

« Monsieur ? »

Lachesis sursaute. (Est-ce à moi qu'il parle ? Ce ne peut être qu'à moi. Qu'est-ce qu'il m'a demandé ? Depuis combien de temps est-ce que je le fixe, plantée comme une gourde ?)

« E-excusez-moi, vous m'avez demandé quelque chose ? »


Agacé, le garde rajuste le carquois de bois laqué auquel est fixé un arc élégant, de couleur sombre et parcouru de veinures relevé à l'or.

« Mademoiselle » se reprend t-il après avoir entendu la voix fluette de Lachesis et croisé son regard. « Je vais avoir besoin de vérifier votre besace et votre sacoche. »

(Je suis vraiment idiote. Quelle première impression idiote !)

D'un geste malhabile, Lachesis tend ses possessions à l'homme armé qui lui jette des regards en biais, le sourcil (épilé) relevé. Alors qu'il fouille rapidement le sac de toile de jute brune et solide ainsi que la sacoche de cuir beige, un second garde, vêtu de la même manière, s'approche, surement intrigué du changement dans le rythme d'entrée des visiteurs. Plus petit et large que son collègue, il est aussi plus vieux. Et moins amical, un éclat vicieux teintant ses yeux dont le blanc tire étrangement vers le jaune.

« Bah alors, qu'est-ce qui te prend tout c'temps pour fouiller un seul gosse ? »

« C'est une jeune fille. Je crois qu'elle est étrangère, elle n'avait pas compris ma demande de fouiller son sac. »

La réponse est polie et très gentille. Lachesis n'ayant pas le moindre accent, ce qu'il sait très bien. Avec un sourire mauvais, le petit remonte sa ceinture à la boucle portant lui aussi un motif d'arbre et se plante juste à côté de Lachesis. Il a visiblement envie d'attirer des ennuis au jeune garde car il poursuit sur un ton tellement fort que leurs compagnons postés à quelques mètres de la, dans leur caserne de bois, se retournent, intrigués.

« Étrangère ? T'es sûr que tu prends pas just' du retard pour lever de la donzelle ? R'garde-moi ça, elle a même pas le têton qui pousse, gros dégueulasse. Toi, montre-moi ton minois d'Étrangère que j'vois si faut faire fouetter çui-là pour incompétence. »

Lachesis hésite. Elle déteste ce garde vulgaire et méchant et répugne à l'idée qu'il l'observe de ses yeux malades et pervers mais le jeune garde se retrouve dans cette situation à cause d'elle et elle déteste l'injustice. Elle détache donc sa lourde cape de laine bleue gris, révélant son corps étroit, recouvert d'un kimono de coton blanc court et d'un pantacourt de lin gris. Son épée bâtarde bat doucement son côté dans son fourreau de cuir cabossé et sans habillage.
D'abord, le méchant garde relève les sourcils, peu habitué à voir une jeune femme aux cheveux courts. Il se lèche ensuite les lèvre, apparemment appréciateur des minuscules bosses qui se devinent sous le fin tissu de coton (Sérieusement ? C'est qui le dégueulasse ?) puis fait une moue dégoutée à la vue des trois balafres fines et couleur de perle qui marbrent la joue de Lachesis. Un instant déstabilisé par l'intensité du regard d'encre de la semi elfe, il remarque enfin les oreilles.

Pas aussi fines que celles d'un elfe, mais assez pour choquer. Le rire part, si puissant qu'il ressemble plus à un hurlement.

« Une demie. Après toute mes années de carrière, ç'doit être la troisième fois qu'j'en vois ? Et toi Kenji, t'en as déjà vu ? Faut faire attention à c'-là. C'est des demi-sangs, tu sais pas c'qui leur passe par le crâne. M'est avis qu'on devrait lui faire la fouille au corps. »

Kenji ne peut retenir un glapissement de protestation alors que le pervers approche ses mains aux doigts courtauds et gonflés d'une Lachesis plus blanche qu'un linge.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? »

La voix est profonde et chaude, elle vient du fond de la terre et est animée d'une autorité qui semble évidente, naturelle. Le pervers se fige, un expression horrifiée sur le visage.
L'arrivant est grand pour un Ynorien et son armure d'un noir profond rehaussé d'une patine carmin semble à la fois plus simple et plus imposante que celle de ses inférieurs.
Car c'est sans aucun doute possible un haut gradé. Ses yeux sont fins et débordent d'intelligence. Ses hautes pommettes et sa large mâchoire glabres sont adoucies par un sourire calme. Répondant à l'obsession des Ynoriens pour leur chevelure, la sienne est épaisse, nouée de manière lâche mais élégante et étudiée sur le côté par un ruban de soie carmin et semble plus douce que le plus onéreux des kimonos royaux.

« Circulez, mademoiselle. »

Ne se le faisant pas répéter, bien que le ton soit toujours aussi calme et agréable, Lachesis rattache sa cape et, en rabattant sa capuche, récupère ses bagages avant de s'enfuir à petits pas. Elle prend tout de même le temps de s'incliner poliment face à Kenji et au haut gradé mais n'accorde qu'un regard méprisant au gros libidineux.

Elle n'entend pas ce qui s'ensuit mais peu lui importe. (Ce haut gradé est vraiment une personne intéressante. Je n'avais jamais vu quelqu'un inspirer autant le respect et la confiance. Je n'ai pas eu peur de lui. Moi ! Ce doit être un chef qu'il vaut la peine de suivre.)

L'incident aura eu le bénéfice de calmer les angoisses que Lachesis pouvait nourrir envers les murailles, lui rappelant qu'après tout, le vrai danger se trouve chez les personnes qui se cachent derrière. Mais de bonnes choses peuvent s'y trouver aussi. Comme le jeune Kenji ou le haut gradé.

Après une petite course, Lachesis se faufille enfin dans les ruelles d'Oranan.

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La haine est le chemin choisi par les faibles d'esprit et de corps



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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mar 1 Nov 2016 14:09 
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Le semi-elfe ne put s'empêcher de serrer le pommeau de sa rapière tandis qu'il se rapprochait lentement de Madsagnir. Au bout de quelques mètres, il put mieux distinguer les personnages. Des soldats. A en croire les armures rouillées et les armes de qualité douteuse, il s'agissait d'une piètre compagnie de mercenaires, pas de la milice oranienne. Deux d'entre eux, un homme barbu et une femme plus jeune, étaient en pleine discussion avec la colosse. Marthalion accéléra le pas, et, bousculant quelques guerriers au passage, il vint se ranger à côté de Madsagnir.

" Je vais vous le demander une énième et dernière fois. Où avez-vous trouvé ces gants ? " demanda la femme à la géante non sans lancer un regard suspicieux au nouvel arrivant.

" C'est quand même drôle de votre part, voleurs, de me demander où je les ai trouvé alors que c'est vous qui me les avez volé. Comme vous le voyez, je reviens toujours, et pas sous la forme d'un fantôme. Je sais qu'avec votre équipement, vous auriez bien besoin d'un petit coup de pouce financier, mais si vous voulez de l'or, allez plutôt vendre les armes qui sont les moins abîmées. Ou alors ton corps de catin, même s'il rapporterait moins que le matériel. " répondit Madsagnir d'un ton rude.

Le visage de la mercenaire vira au rouge. Elle empoigna une hache à la lame émoussée à sa ceinture, la dégaina et s'apprêta à l'abattre sur celle qui venait de lui refuser les gants. Marthalion saisit sa rapière, mais l'homme barbu fut plus rapide : il agrippa le bras de sa camarade et le maintint d'une forte poigne.

" Nous n'avons plus rien à faire ici. Partons. " dit-il d'une voix grave.

Entraînant avec lui la femme qui montrait les dents, il poussa Marthalion d'un coup d'épaule et passa les portes, suivi par ses soldats qui ne cachaient pas leur étonnement. Le rapport de force était pourtant parfaitement inégal, au moins du dix contre un, peut-être quinze. Lorsque le dernier mercenaire eut disparut de son champ de vision, le semi-elfe se tourna vers l'humaine, la tête secouée de questions. Mais cette dernière lui coupa l'herbe sous le pied.

" Plus tard. Viens donc voir les chevaux, on a de la route. "

Le bâtard ne s'attendait pas du tout à ce qu'on lui propose d'aller au lac d'Hynim sur le dos d'une monture. Marcher ne le dérangeait pas, Madsagnir ne semblait pas manquer d'endurance et surtout, un cheval coûtait cher. Alors deux...

Le duo sortit de la ville et marcha sur quelques centaines de mètres dans le silence. Puis ils arrivèrent près d'une petite ferme délabrée. Madsagnir entra dans la grange et en ressortit avec deux canassons : un gros cheval de trait à la robe grise et au regard perdu, et un autre, plus fin, au pelage noir tacheté de blanc, tel de la neige sur les montagnes naines. Celui-là semblait également plus vif que son homologue.

" J'te présente Iulia ! " annonça Madsagnir en tapant sur le flanc de la jument grise. " Elle est à moi. Elle est un peu froussarde, mais elle écoute bien, et mange pas trop, c'est tout ce que je lui demande. Quand à lui... Je connais pas son nom. C'est celui du vioc qui m'a donné les gantelets, tu te rappelles ? T'as qu'à lui en donner un nouveau. Je suis sûre que ce sera toujours plus beau que celui que ce con devait lui donner. "

Marthalion s'approcha du cheval sombre qui l'espionnait d'un œil à demi-fermé. Il tendit la main et lui caressa l'encolure, douce au toucher.

" Il l'a oublié à Oranan ? " demanda le semi-elfe.

" Je pense plutôt qu'il nous l'a laissé. Il était juste à côté de Iulia dans l'écurie quand je l'ai trouvé, alors que je ne l'avais pas vu là auparavant. Pas d'inquiétude, ce n'est pas un cheval volé. Tout du moins, si on l'a volé, c'était sans le vouloir. "

Marthalion fronça les sourcils. Pour un départ d'Oranan, si ce n'était pas le cheval de l'homme qui les avait rencontré, c'était très médiocre. L'humaine lui indiqua une selle posée contre la grange. Le bâtard s'empressa d'aller la chercher et l'attacha au cheval, toujours sans nom, qui devenait de plus en plus agité. Lorsque tout fut paré, Marthalion bondit sur son dos, plaça ses pieds dans les étriers et attrapa les rênes. Le cheval raclait son sabot contre le sol. Madsagnir termina à son tour de fixer l'outil et grimpa – avec moins de grâce – sur sa jument.

" On va voir ce que vaut l'animal. Paré ? "

" Paré !" cria Marthalion.

Il donna un coup de talon sur l'arrière-train de la bête. Et il regretta aussitôt son geste. Le cheval partit au galop en soulevant un nuage de poussière, et Marthalion eut tout juste le temps d'entendre le ricanement de Madsagnir qui disparut avec la distance.

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Dim 27 Nov 2016 15:37 
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Après avoir conduit la liche aux boutiques appropriées puis l'avoir laissée au terrain d'entrainement selon son souhait pour effectuer mes propres emplettes, je me rends aux portes de la cité. Déjà ouvertes, elles laissent circuler moins de monde que je l'aurais cru. Il y a toutefois assez d'affluence pour que je sois loin de pouvoir identifier tous les visages. Quelques marchands se tiennent non loin, et je songe que si je veux escorter Azra, je vais devoir prendre quelques provisions. La frontière est tout de même à plusieurs jours à cheval d'ici.

Songeur, je suis en train d'examiner les rations proposées quand je sens une brutale pression sur mon épaule. Un instant hébété, je m'aperçois que le grand Hidate est à côté de moi, la chevelure défaite et un air un peu essoufflé. Les regards de nos voisins convergent brièvement vers lui, et surtout vers le fait que, hormis un pantalon de toile et ses katanas, il ne porte rien sur lui. Être torse nu sur le terrain d'entrainement est une chose, mais en public ? Cela ne ressemble pas au Hidate que je connais. Avec une brutalité étonnante, il plaque son autre main sur mon épaule libre et me scrute. Et sa prise devient inconfortable.

"Hidate, tu as de la poigne."

Réalisant ce qu'il fait, il me lâche, remet machinalement une mèche derrière son oreille et croise les bras. Il finit par me scruter avec un zeste d'appréhension.

"Tu sembles... Sur le départ..."

Je cligne des yeux à plusieurs reprises. Le milicien a certainement trouvé mon mot, mais je n'aurais pas imaginé qu'il fasse un lien si vite. Détournant les yeux, je m'efforce d'avoir une expression neutre.

"J'ai proposé à Azra de le raccompagner à la frontière."

Le stoïque géant fronce imperceptiblement les sourcils, mais pour qui le connait, c'est une expression franchement visible. Il n'est vraiment pas d'accord, et toute son attitude me le fait sentir. Il n'a pas franchement besoin d'ouvrir la bouche pour que je comprenne ses pensées. Je viens à peine d'arriver. Je ne leur ai encore rien raconté sur cet autre monde, ce que j'y ai fait, ni n'ai pris le temps de m'informer de ce que j'ai raté en Yuimen. L'expression irritée de l'ynorien se voile un peu d'une lueur peinée. Il serre les poings, et j'ai la nette impression qu'il hésite entre dévoiler ses pensées et les garder pour lui.

Mon grand ami pousse un souffle par le nez, presque un soupir. Décidément, jamais je ne l'ai connu aussi expressif. Et il n'a pas l'air d'accepter que je reprenne déjà la route. Un brouhaha aux portes m'empêche presque d'entendre ce que mon interlocuteur me dit. Sentant que je ne l'ai pas entendu, il répète, et en ynorien.

"Reste."

J'écarquille les yeux. Un ordre ? Non. Une demande. Presque une supplique en vérité. Le fier géant se frotte les bras pour se réchauffer, frappé par une rafale fraiche. Je suis touché par son attitude, mais j'ai proposé moi-même la chose au semi-mort. Je me vois mal revenir dessus maintenant.

Les voix autour de nous s'intensifient, et c'est une sorte de surprise choquée qui saisit l'assemblée. Alors que quelques gardes des portes tentent de dominer le tumulte et de faire place, une poignée de silhouettes fait irruption dans les lieux. Tenues souillées de terre et de sang, marchant difficilement en s'appuyant les uns sur les autres, des ynoriens blessés font leur entrée. Alors que les responsables des portes dépêchent un messager pour aller quérir les guérisseurs du temple de Gaïa, Hidate m'attrape vigoureusement l'épaule.

"Kiyo'. Là !"

Je suis son regard et découvre parmi les arrivants deux silhouettes familières. Junji et Genji. Les jumeaux miliciens. S'appuyant l'un sur l'autre, les deux hommes sont les seuls à ne pas céder à la fatigue et à poursuivre devant eux, malgré leurs blessures. Car oui, d'après ce que je vois, ce sont eux qui sont les plus visiblement meurtris. Genji a un bandage grossier autour du front et du bras. Ses vêtements sont lardés d'entailles. Son frère semble davantage mal en point, sa tenue souillée de sang, en particulier au niveau du dos et des jambes. Je le devine chanceler et me précipite en même temps que mon grand ami à leurs côtés.

"Junji, Genji ! Courage ! Nous allons nous occuper de vous. Hidate !"

Trop de monde. Trop de curieux. Le géant acquiesce, met un genou à terre et tend les bras derrière lui, vers Junji. J'aide son frère à l'installer sur le dos du maître d'armes et soutiens l'autre jumeau. C'est peut-être stupide, mais je ne veux pas attendre les autres guérisseurs ici. Toutefois, je concentre ma magie de lumière, faisant appel à ma clarté d'esprit pour bénir et redonner courage aux blessés tout autour de nous. La magie curative est bien faible, mais je sais qu'elle permettra aux arrivants de tenir jusqu'à l'arrivée des guérisseurs. L'état de mes amis m'inquiète grandement, mais je me vois mal conduire un examen en pleine rue. Et surtout, la présence d'Ayame peut aider son fiancé à tenir le coup.

Laissant le bras de Genji reposer sur mon épaule, je fais de mon mieux pour le soutenir. Un peu hagard, il me scrute et toute la tension qui l'habite a l'air de se dissiper. Il s'appuie davantage sur moi, visiblement soulagé. Je songe au semi-mort et l'aperçois tandis que Hidate passe non loin de lui, et se précipite à grands pas vers l'herboristerie.

"Pardonnez-moi, Azra. Il semblerait que je ne puisse pas honorer ma proposition."

Je lui adresse un signe de tête désolé et poursuis ma route. Sous les doigts tenant le flanc de Genji, je sens les bandes de tissus grossier moites et teints de substance séchée par endroits.

"Ki... Yo'.... Junji... Il faut..."

"Conserve tes forces, Genji. Je vais m'occuper de vous."

Un souffle douloureux lui échappe, mais il acquiesce tout de même à plusieurs reprises. Mon cœur commence à accélérer brutalement, surtout lorsque je perds presque Hidate de vue. Je vais les aider. Oui ! Pas d'autre possibilité ! Je ne compte plus laisser un proche me quitter sans tout tenter auparavant !



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Dernière édition par Kiyoheiki le Sam 3 Déc 2016 12:19, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Dim 27 Nov 2016 16:02 
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Finalement, Azra arriva sur place juste à temps pour assister à un étrange spectacle : Kiyo et le dénommé Hidate accueillent deux blessés. Apparemment, ils les connaissent, ce sont deux miliciens qui ont besoin d'aide. Le nécromancien entend des rumeurs... apparemment, les routes ne sont pas sûres. Il reste toujours des maraudeurs d'Omyre...

Le semi-sheekt s'excuse, affirmant qu'il n'a pas le temps de l'accompagner. Qu'il doit s'occuper d'eux.

« N'ayez crainte, je pourrais me débrouiller tout seul. À notre prochaine rencontre, Kiyoheiki... »

Tout en disant cela, il se détournait déjà pour s'éloigner sur la plaine, dos au passé et tourné vers l'avenir. Direction, le sud-est, vers le château d'Endor et les Messagers du Corbeau.

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Merci et à Inès pour la signature
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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mar 6 Déc 2016 00:11 
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La distance qui séparait la zone d'embarcation des portes de la cité fut vite avalée et je disparus vite au milieu de la foule, entre une charrette tirée par des bœufs et un groupe de cavaliers. Au loin, je pouvais apercevoir l'homme rondouillard qui était à ma poursuite, seulement, ses chances de me retrouver étaient quasiment nulles et cela me rassurait au plus haut point. Du moins au début, car au final, la file de gens ne semblait pas beaucoup avancer... Après cinq ou six minutes à rester sur place, je finis par demander à mon voisin ce qui pouvait bien prendre autant de temps...

"Ben ma cocotte, z'avez pas vu les affiches?! Parait qu'y recrut' pour retourner dans l'aut' monde, c'ui qu'y-z'ont sauvé l'aut' fois en combattant les troupes d'la Oaxaca d'malheur... D'la s'cousse, les gardes ont fort à fair' avec les aventuriers de tout pwoil!"

Oaxaca... ainsi donc j'avais bien fait d'écouter mon frère lorsqu'il m'avait parler d'Oranan, de leur guerre perpétuelle avec ses sbires, de ma recherche de réponses... Si je voulais trouver un moyen de prouver que mon père était bien l'un des leurs et de le capturer, c'était bien ici qu'il fallait que je sois... D'ailleurs, j'allais avoir besoin d'alliés... S

Soudain, la file se remit en marche, et je fus comme happée sous les portes de la ville.

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mar 6 Déc 2016 16:22 
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Quelques jours après ma rencontre avec Azra, Oranan était en vue. Avant même que nous atteignîmes les portes de la cité notre arrivé fut signalée. Divers passants nous avaient vu et étaient parti prévenir les gardes. Ils ne devaient surement pas avoir l’habitude de voir un liykor et malgré ma grande cape il m'était difficile pour de passer inaperçu en plein jour. J’aurais préféré arriver de nuit par un chemin détourné mais Tora avait insisté pour une entrée diurne par l’entrée principale. Il m’avait rassuré sur le fait que tout se passerait bien mais j’étais nerveux. C’était la première fois que je rentrerai dans une ville humaine aussi grande et l’accueil que j’avais reçu dans les petits villages jusque maintenant me laissait envisager le pire. Les paysans qui s’affolaient à notre approche rajoutaient à mon appréhension.

Quand nous arrivâmes aux abords de la ville un groupe de garde en armures armés de lances nous attendait de pied ferme. Tora me demanda de rester en arrière le temps qu’il explique la situation. J’obtempérai et le regardai avancer sereinement vers les militaires. Les gardes voyant que je restai en retrait se détendirent un peu et l’un d’eux se détacha du groupe pour parler avec Tora.

Ils étaient trop loin pour que je puisse entendre ce qu’ils se disaient mais le garde salua cérémonieusement Tora quand ce dernier s'approcha. Tora semblait parler d’un ton calme tandis que son interlocuteur me jetait fréquemment des regards inquiets. Au bout d’un moment il me fit signe de m’avancer. Restant courbé pour avoir l’air le moins menaçant possible, j’allai lentement à sa rencontre. Il continuait de parler avec le garde qui semblait légèrement plus serein qu'à notre arrivée. Le reste des hommes s’étaient mis au repos mais continuaient de me regarder avec un air méfiant.

Tora, même avec son déguisement de paysan, avait vite été reconnu par les hommes en faction à la porte. Il s’était porté de garant pour moi et, malgré sa réticence, le chef du groupe n’eut d’autre choix que d’obéir aux ordres de son supérieur. Quand Tora expliqua qu’il allait devoir se rendre à la milice pour y expliquer la situation le soldat en charge détacha même un des ses hommes pour qu’il m’accompagne. « Afin qu’il n’y est pas d’incidents à cause d’un malentendu » précisa t il avec un air gêné à mon égard. L’homme qui fut désigné volontaire de force n’était clairement pas emballé par l’idée de passer du temps à mes côtés. Je tentai un sourire pour le rassurer mais la vision de mes crocs sembla provoquer l’effet inverse. Il jeta un regard suppliant à son supérieur qui lui répondit par un froncement de sourcil.

Ces formalités finies nous pûmes finalement avancer vers la grande porte. Les badauds qui étaient restés pour assister au dénouement de la situation s’écartèrent craintivement à notre passage. Des murmures de peur nous entouraient mais personne n’osait dire quoique ce soit à haute voix avec le garde qui nous accompagnait. Au final ça présence me rassurait. En rentrant dans la ville j’étais légèrement plus serein contrairement à mon accompagnateur qui était anormalement pâle.

Après

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 Sujet du message: Re: Les portes d'Oranan
MessagePosté: Mar 13 Déc 2016 15:47 
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III.1 Un réveil paisible.

La suite des évènements se passent assez vite. Pendant que je profite d’un bain chaud, presque irréel pour moi, Sylve rassemble les affaires pour notre voyage. C’est profondément endormie dans l’eau devenue crasseuse qu’elle me réveil pour profiter du dernier repas avant le départ. Depuis que je suis ici je suis choyé. Est-ce une histoire de karma, est-ce ma récompense pour toutes ces années ou bien quelque chose de terrible va m’arriver ? Une fois sec, j’enfile mes habits achetés récemment, mais je mets un peu de temps, peu habitué à ce genre vêtements particuliers de la région. Le repas est toujours aussi savoureux, avec de la viande accompagnée de petits légumes. Par habitude, je me goinfre plus que je ne mange, de peur qu’on ne me subtilise mon repas. Une fois terminée nous débarrassons la table et quittons la demeure de la semi-elfe. Je jette un dernier regard à ce lieu où j’ai passé mes meilleurs moments depuis des décennies. Bien que suite à mon apprentissage à Kendra-Kâr s’enchaîne à un retour ici, j’ignore dans combien de temps je pourrais gouter à nouveau à cette quiétude.

Nous nous dirigeons vers la sortie de la ville sous un ciel ensoleillé. Peu habitué à tant de lumière je rabats une capuche, prévue initialement pour la pluie. En plus de me cacher de la lumière, je me cache aussi du regard des autres et cela m’arrange. Arrivée au convoi, une tonne de gens s’affairent. De nombreuses caravanes pleines de marchandises se chargent et au milieu de tout ça, Sylve s’entretient avec le chef de cet attroupement. Sous ma capuche j’aperçois quelques regards furtifs dans ma direction et visiblement ma présence dérange. Je vois la jeune femme agiter ses bras et brandir le document du conseil pour enfin faire capituler l’homme. Ce dernier nous installe dans un des véhicules en compagnie d’autres personnes, qui une fois que je me dévêts de ma capuche, se vide immédiatement. A ce moment-là je crains que le voyage ne soit plus long qu’il ne devrait. Au bout d’un moment le convoi fini par partir et comme personne ne souhaite monter avec nous, Sylve m’enjoins à installer mes affaires comme je le souhaite.

"Au moins nous serons tranquilles, ce n’est peut-être pas plus mal." Tente de me rassurer la semi elfe.

Je hausse légèrement des épaules en signe d’acquiescement, mais j’aurais préféré me mêler aux gens comme si je faisais partie pleinement de groupe.

"Ne t’attends pas à dormir toute la journée. Je ne sais pas grand-chose de la magie ni des procédés à t’apprendre, mais tu auras certainement besoin de savoir lire et écrire à peu près correctement. Donc, je t’ai préparé de quoi pratiquer."

Elle sort de son sac une ribambelle de parchemins avec de nombreuses inscriptions dessus. Beaucoup de textes, d’illustrations qui ont un même point commun flagrant : tout est incompréhensible, rien ne me parle. Face à mon incrédulité, la femme se retient de rire et viens à mon aide pour commencer mon initiation à la langue commune des hommes.

III.3 Une chevauchée douloureuse.

_________________

Italique : langue Shaakt
Normal : langue commune

Multi de : Jorus Kayne et Relonor


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